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Acouphènes : comment les soulager naturellement ? Avec Xavière Desmet, thérapeute spécialiste des acouphènes et du stress

  • 23 nov. 2025
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Portrait de Xavière Desmet, thérapeute spécialiste des acouphènes et du stress, invitée du podcast États Dames pour un épisode sur la santé auditive.


Trigger warning : cet épisode évoque les acouphènes chroniques, l’errance médicale, le stress intense et la détresse psychologique (pensées noires).


Les acouphènes touchent plus de 8 millions de personnes en France, souvent dans le silence et l’incompréhension. Un bruit continu dans la tête, des sifflements, une sensation de ne jamais avoir de repos… et trop souvent cette phrase glaçante :

« Il va falloir vous y habituer, on ne peut rien faire. »

Dans cet épisode d’États Dames, je reçois Xavière Desmet, docteure en pharmacie, aujourd’hui yoga-thérapeute et hypnothérapeute. Après une période de stress intense, elle se réveille un matin avec des acouphènes qui vont bouleverser sa vie. Face à l’errance médicale et au manque de solutions, elle décide de reprendre le pouvoir sur sa santé et de chercher elle-même des moyens de soulager ses symptômes.


Son témoignage est à la fois très concret et profondément rassurant : oui, il est possible d’apaiser les acouphènes et de retrouver une qualité de vie.



Qui est Xavière Desmet ?

À l’origine, Xavière est docteure en pharmacie. Elle a travaillé en psychiatrie durant son internat et connaît bien les limites et les effets secondaires de certains médicaments.

Après le déclenchement de ses acouphènes, elle va progressivement :

  • comprendre scientifiquement ce qui se passe dans le cerveau et le système nerveux,

  • découvrir la yoga-thérapie,

  • se former à la yoga-thérapie et à l’hypnose,

  • se spécialiser dans l’accompagnement des personnes souffrant d’acouphènes, de stress et d’anxiété.


Aujourd’hui, elle propose des programmes en ligne et des accompagnements personnalisés pour aider d’autres personnes à sortir de cet enfer sonore.


Quand les acouphènes surgissent : le matin où tout bascule

Tout commence en février 2020. Xavière se réveille un week-end :

  • tensions dans la nuque

  • fatigue intense

  • vertiges

  • puis un bruit aigu puissant dans les oreilles, type “métro parisien qui freine”.


D’abord, elle pense que ça va passer. Elle a déjà eu de petits acouphènes occasionnels. Mais là, le bruit reste.Les symptômes s’ajoutent : maux de tête, troubles de l’équilibre, difficulté à avaler, hyper-sensibilité au bruit…


En toile de fond, une période extrêmement stressante :

  • charge mentale élevée,

  • travail très intense,

  • début de la pandémie,

  • pollution massive à Sydney à cause des feux de forêt,

  • air toxique, confinement à domicile, masques déjà portés en continu.


Petit à petit, son corps crie stop. Et un matin, tout bascule.


Errance médicale, examens… et la phrase qui détruit : “Il va falloir vous habituer”

Comme beaucoup, Xavière passe par :

  • les urgences,

  • un neurologue,

  • un ORL,

  • un IRM, un angiogramme, un audiogramme


Résultat :

➡️ Pas de tumeur, pas d’anévrisme, rien d’“anormal” sur les examens.

➡️ Diagnostic : acouphènes subjectifs.

On lui propose alors un traitement expérimental, un médicament utilisé chez les épileptiques et dans certaines douleurs neuropathiques. Le neurologue la prévient :

« Vous n’allez plus tellement vous sentir vous-même. »

Pharmacienne et passée par la psychiatrie, Xavière sait exactement ce que ce type de traitement peut provoquer. Pour elle, c’est non.

Puis viennent ces phrases terribles, répétées par plusieurs professionnels :

« Il n’y a rien à faire. »« Il va falloir vous habituer. »

Elle rentre chez elle avec le bruit, sans solution.S’installent alors : désespoir, colère, solitude, pensées très sombres.Personne ne comprend vraiment la violence de ce qu’elle vit.


Comprendre les acouphènes : un symptôme, pas une fatalité

En cherchant par elle-même, Xavière découvre :

  • la différence entre acouphènes objectifs (rares, 5 % des cas) et subjectifs (95 %),

  • le rôle du système nerveux central et du système nerveux autonome,

  • l’hyperexcitabilité du cortex auditif,

  • les liens avec le stress chronique, la surcharge nerveuse, la sensibilité au bruit…


Elle réalise une chose essentielle :👉 Les acouphènes ne sont pas une maladie en soi, mais un symptôme d’un déséquilibre profond.

C’est à partir de cette compréhension qu’elle va pouvoir agir.


La découverte du yoga et de la respiration : le premier déclic


Un peu par hasard, Xavière s’inscrit à un cours de yoga en ligne :

  • respiration,

  • mouvements doux,

  • relaxation,

  • méditation.


Après une heure de pratique, elle se sent apaisée pour la première fois depuis longtemps. Ses acouphènes diminuent légèrement. Ce n’est pas miraculeux, mais c’est un signe.

Ce moment est un tournant :

“Pour la première fois, j’avais quelque chose entre les mains qui me faisait du bien.”

Elle décide alors de :

  • continuer à pratiquer,

  • plonger dans la littérature scientifique,

  • comprendre pourquoi ces techniques agissent sur le système nerveux et le cerveau,

  • se former à la yoga-thérapie, qui applique le yoga à la santé.


Yoga-thérapie & acouphènes : une approche ciblée du système nerveux


Xavière explique dans l’épisode que la yoga-thérapie agit sur plusieurs plans :

  • régulation du système nerveux (sympathique / parasympathique),

  • réduction de l’hyperexcitabilité du cerveau,

  • détente des muscles, fascias, nuque, mâchoire, souvent très impliqués dans les acouphènes,

  • diminution du stress, de l’anxiété, du cortisol,

  • amélioration du sommeil,

  • stimulation de la neuroplasticité (capacité du cerveau à se réorganiser),

  • meilleure prise de conscience du corps et des émotions.

Elle propose par exemple un exercice simple de respiration pour stimuler le nerf vague (au cœur du système parasympathique, celui qui calme) :

Inspirer par le nez normalement,puis expirer par petites séries, en plusieurs fois, jusqu’à vider complètement l’air.

En quelques minutes, le corps se relâche, l’activité cérébrale ralentit, le système nerveux s’apaise.Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais il illustre l’idée : utiliser des outils concrets pour calmer le cerveau qui “s’emballe”.


Des acouphènes qui diminuent… puis finissent par disparaître


Avec le temps, la régularité et un travail global sur son mode de vie (alimentation, sommeil, gestion du stress…), Xavière constate :

  • des améliorations progressives,

  • des phases de recul, puis de nouveaux progrès,

  • puis, au fil des mois, une disparition de ses acouphènes.

Elle précise que ce n’est ni magique ni linéaire :c’est un travail en escalier, avec des pas en avant, des pas en arrière, des ajustements constants.

Mais surtout : c’est possible.


Les programmes de Xavière pour les personnes qui souffrent d’acouphènes


Suite à son propre cheminement, Xavière a créé :

  • un programme spécifique Acouphènes,

  • un programme spécifique Stress,

  • des consultations individuelles en ligne (Zoom), pour aller plus loin et personnaliser.


Ses programmes (sur 5 semaines) comprennent :

  • des vidéos de pratique guidée,

  • des audios de relaxation,

  • des exercices de respiration,

  • des fiches d’exercices à faire au quotidien,

  • des conseils sur l’alimentation, l’hygiène de vie, les plantes, la gestion du stress,

  • une approche claire, expliquée, pour rendre la personne actrice de sa santé.



Son message pour celles et ceux en errance médicale


Xavière adresse un message très fort à toutes les personnes qui se sentent abandonnées :

  • Oui, il est important de faire les examens pour écarter une cause grave.

  • Mais une fois que c’est fait, ne plus rester dans la peur est essentiel.

  • Les acouphènes sont un symptôme, le signe d’un déséquilibre, pas une condamnation.

  • Il est possible de retravailler avec son corps, son système nerveux, son mode de vie.


Elle insiste sur :

  • l’importance de prendre soin de son stress,

  • de protéger son sommeil,

  • de limiter certains stimulants (café, alcool, nicotine…),

  • d’adopter une alimentation anti-inflammatoire,

  • de demander du soutien psychologique si nécessaire,

  • de se faire plaisir et de ne pas s’oublier.

“Les acouphènes révèlent une vulnérabilité. On ne la choisit pas, mais on peut choisir comment on apprend à vivre avec et à la transformer.”

Où retrouver Xavière Desmet et l’épisode ?

🎧 Écouter l’épisode audio sur les acouphènes :

“Les acouphènes sont entrés dans ma vie : mes secrets pour les soulager” – sur le podcast États Dames

🎥 Voir l’épisode en vidéo avec les exercices pratiques :

sur YouTube

🔗 Retrouver Xavière :


FAQ – Acouphènes : comprendre, apaiser et retrouver l’équilibre


Qu’est-ce qu’un acouphène ?

Un acouphène est un son perçu dans l’oreille ou dans la tête sans source sonore extérieure. Il peut prendre la forme d’un sifflement, d’un bourdonnement, d’un bruit électrique, d’un souffle, d’un son strident ou encore d’un bruit de fond continu.

Les acouphènes sont-ils une maladie ?

Non. Les acouphènes sont plutôt un symptôme, c’est-à-dire le signe qu’un déséquilibre ou un dysfonctionnement existe quelque part dans le corps ou le système nerveux. Ils peuvent être liés à différents facteurs : audition, stress, tensions corporelles, sommeil, système nerveux ou état émotionnel.

Quelle est la différence entre acouphènes objectifs et acouphènes subjectifs ?

Les acouphènes objectifs sont rares. Ils peuvent parfois être entendus par une autre personne et être liés à une cause physique identifiable, comme un trouble vasculaire ou musculaire.

Les acouphènes subjectifs sont les plus fréquents. Ils ne sont entendus que par la personne concernée et peuvent être associés à des dérèglements du système nerveux, du cortex auditif ou du système nerveux autonome.

Pourquoi faut-il consulter un professionnel de santé en cas d’acouphènes ?

Il est important de consulter pour écarter une cause médicale nécessitant une prise en charge : trouble ORL, problème vasculaire, neurologique, auditif ou autre affection sous-jacente. Même si les examens ne montrent rien d’anormal, cette étape permet d’avancer plus sereinement.

Pourquoi les acouphènes peuvent-ils être si difficiles à vivre ?

Parce qu’ils sont invisibles, souvent incompris, et peuvent donner un sentiment d’impuissance. Le bruit peut devenir envahissant, provoquer de l’anxiété, perturber le sommeil et affecter profondément la qualité de vie.

Quel lien existe-t-il entre stress et acouphènes ?

Le stress peut activer fortement le système nerveux et maintenir le corps en état d’alerte. Chez certaines personnes, cette hyperactivation peut favoriser ou amplifier les acouphènes. À l’inverse, les acouphènes peuvent eux-mêmes générer du stress, créant un cercle vicieux.

Les acouphènes peuvent-ils être liés au système nerveux ?

Oui. Dans l’épisode, Xavière Desmet explique que les acouphènes peuvent être associés à une hyperexcitabilité du système nerveux auditif, notamment du cortex auditif, ainsi qu’à un déséquilibre du système nerveux autonome.

Pourquoi certains professionnels disent-ils “il faut vous habituer” ?

Parce qu’il n’existe pas toujours de traitement médical simple ou unique pour faire disparaître les acouphènes. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. Des approches complémentaires peuvent aider à mieux les vivre, les apaiser ou réduire leur intensité.

La yoga-thérapie peut-elle aider les personnes souffrant d’acouphènes ?

La yoga-thérapie peut être une approche complémentaire intéressante. Elle utilise la respiration, la relaxation, la méditation, les mouvements doux et la reconnexion au corps pour aider à réguler le système nerveux et diminuer l’état d’alerte.

Qu’est-ce que la yoga-thérapie ?

La yoga-thérapie est une application du yoga à la santé. Elle s’appuie sur des techniques ciblées de respiration, relaxation, visualisation, méditation, mouvements doux, étirements et régulation émotionnelle. Elle ne nécessite pas d’être souple ou sportif.

Pourquoi la respiration peut-elle aider à apaiser les acouphènes ?

Certaines respirations peuvent stimuler le système nerveux parasympathique, associé à l’apaisement et à la récupération. En allongeant l’expiration, on peut favoriser une sensation de détente et réduire l’état d’hyperactivation.

Qu’est-ce que le nerf vague et pourquoi est-il important ?

Le nerf vague est un nerf majeur du système parasympathique. Il participe à la régulation du stress, de la respiration, du rythme cardiaque et de l’état de détente. Certaines pratiques respiratoires peuvent contribuer à le stimuler.

Peut-on faire un exercice simple pour stimuler l’apaisement ?

Oui. Xavière propose par exemple d’inspirer normalement par le nez, puis d’expirer en plusieurs petits temps jusqu’à vider complètement l’air. Cet exercice peut être pratiqué quelques minutes pour favoriser une détente progressive.

Les tensions corporelles peuvent-elles jouer un rôle dans les acouphènes ?

Oui. Les tensions au niveau du cou, des cervicales, de la mâchoire, des épaules ou des fascias peuvent parfois aggraver certains acouphènes. Le bruxisme, par exemple, peut aussi être associé à des tensions influençant le système auditif.

Le sommeil a-t-il un impact sur les acouphènes ?

Oui. Un sommeil de mauvaise qualité peut fragiliser le système nerveux et augmenter la perception des acouphènes. Mettre en place une routine de sommeil régulière peut aider le corps à récupérer.


L’alimentation peut-elle jouer un rôle ?

Selon Xavière Desmet, adopter une alimentation favorable au cerveau et limiter certains stimulants peut soutenir l’équilibre général. Elle évoque notamment l’importance d’une alimentation anti-inflammatoire, des oméga-3, et la réduction de la caféine, de l’alcool ou de la nicotine.

Pourquoi faut-il éviter d’avoir peur de ses acouphènes ?

La peur peut augmenter l’activation du système nerveux et amplifier la perception des acouphènes. Une fois les causes médicales urgentes écartées, apprendre à ne plus les vivre comme une menace peut aider à sortir du cercle stress-acouphènes.

Peut-on faire disparaître complètement les acouphènes ?

Chaque parcours est différent. Certaines personnes peuvent observer une diminution importante, voire une disparition progressive, tandis que d’autres apprennent surtout à réduire l’impact des acouphènes sur leur quotidien. Le chemin peut être progressif, non linéaire, avec des hauts et des bas.

Que faire quand on se sent seul face aux acouphènes ?

Il est important de ne pas rester isolé. Se faire accompagner par un professionnel de santé, un thérapeute formé, un psychologue ou rejoindre des ressources spécialisées peut aider à mieux comprendre ce que l’on vit et à retrouver du pouvoir d’action.

Quel message retenir de cet épisode ?

Les acouphènes peuvent être très éprouvants, mais ils ne condamnent pas à l’impuissance. Après avoir écarté les causes médicales, il est possible d’agir sur le stress, le sommeil, l’hygiène de vie, le système nerveux et la relation au corps pour retrouver plus d’apaisement.



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