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Au cœur de l’après-cancer : ce vide dont on ne parle pas avec Flo

  • 5 juin
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 juin

Portrait de Flo, invitée du podcast États Dames, qui partage son expérience du cancer du sein et de l'après-cancer.


Quand on parle du cancer, on évoque souvent l'annonce de la maladie, les traitements, la chirurgie, la chimiothérapie ou encore la radiothérapie.


Mais que se passe-t-il lorsque tout cela s'arrête ?


Que ressent-on lorsque les rendez-vous médicaux deviennent moins fréquents, que l'entourage pense que tout est derrière nous et que l'on se retrouve seule face à une vie qui ne ressemble plus tout à fait à celle d'avant ?


Dans cet épisode d'États Dames, Flo revient sur son parcours avec un cancer du sein diagnostiqué à l'âge de 38 ans. Elle partage sans filtre ce qu'elle a vécu pendant les traitements, mais surtout cette période méconnue que l'on appelle l'après-cancer.


Un témoignage qui met en lumière les émotions, les questionnements, les bouleversements et les ressources qui émergent lorsqu'il faut réapprendre à avancer après la maladie.



Cet épisode aborde le cancer du sein, les traitements oncologiques, la peur de la mort, l'impact de la maladie sur la parentalité, la reconstruction après les traitements et la santé mentale.


Le saviez-vous ?


La fin des traitements contre le cancer ne marque pas forcément la fin des difficultés.

De nombreuses personnes évoquent un sentiment de vide, de décalage avec leur entourage, une perte de repères ou encore une peur persistante de la récidive. Cette période, parfois appelée « l'après-cancer », reste encore peu connue du grand public alors qu'elle représente une étape importante du parcours de soin.


« J'étais descendue du train des traitements. J'étais assise sur le quai de la gare à regarder les trains passer. Et je n'avais aucune idée dans quel train je devais monter pour la suite. »


Les moments clés de l'épisode

  • La découverte d'une boule dans le sein

  • L'annonce du diagnostic à 38 ans

  • La peur de laisser ses enfants

  • Le mode « viking » pour traverser la maladie

  • La chirurgie et la chimiothérapie

  • La perte des cheveux

  • Le soutien de l'entourage

  • Le vide après les traitements

  • La difficulté à reprendre sa vie

  • La reconversion professionnelle

  • Le besoin de redonner du sens à son parcours

  • La reconstruction après le cancer


Quand le cancer bouleverse une vie déjà bien remplie


À 38 ans, Flo est maman de deux enfants. Elle vient de changer de poste dans son entreprise lorsqu'elle découvre une boule dans son sein.

Très rapidement, les examens s'enchaînent.

Mammographie.

Échographie.

Biopsie.

Puis le diagnostic tombe : un cancer du sein hormonodépendant.

Comme beaucoup de femmes confrontées à cette annonce, Flo comprend immédiatement que sa vie vient de basculer.

Mais très vite, une pensée prend le dessus sur toutes les autres.

Ses enfants.

L'idée qu'ils puissent grandir sans elle devient son moteur pour avancer.


Le combat contre la maladie


Après une première chirurgie conservatrice, les analyses révèlent une atteinte ganglionnaire.

Le protocole évolue alors vers plusieurs mois de chimiothérapie, suivis de radiothérapie puis d'hormonothérapie.


Face à la maladie, Flo développe ce qu'elle appelle son mode « viking ».

Une manière de continuer à avancer malgré la peur.

Malgré les incertitudes.

Malgré les effets secondaires.


Son arme principale : l'humour.

Parce que parfois, rire devient une façon de survivre.


La perte des cheveux : un symbole fort


Lorsque la chimiothérapie débute, Flo pense immédiatement à la perte de ses cheveux.

Comme pour beaucoup de femmes, cette étape représente bien plus qu'un simple changement physique.

Elle décide pourtant de vivre cette période à sa manière.

Elle se rase la tête dès les premiers signes de chute de cheveux et choisit souvent de sortir tête nue.

Un choix assumé qui reflète sa volonté de rester elle-même malgré la maladie.


Quand les traitements s'arrêtent


On pourrait croire que la partie la plus difficile est derrière soi.

Pourtant, c'est à ce moment-là qu'apparaît ce que Flo décrit comme un immense vide.

Pendant des mois, la vie est organisée autour des rendez-vous médicaux, des examens et des traitements.


Puis tout s'arrête.

Et soudain, il faut réapprendre à vivre sans ce cadre.


Cette période peut être déroutante.

L'entourage est soulagé.

Les cheveux repoussent.

Les traitements lourds sont terminés.

Mais intérieurement, beaucoup de questions demeurent.


L'après-cancer : ce vide dont on parle si peu


Flo utilise une image particulièrement parlante.

Elle compare la fin des traitements à une descente de train.

Le train des soins.

Le train du combat.

Une fois descendue sur le quai, elle se retrouve à regarder les autres trains passer sans savoir lequel prendre.


Cette sensation de flottement est fréquente chez les personnes ayant traversé un cancer.

Certaines ressentent de l'anxiété.

D'autres une perte de repères.

D'autres encore un profond besoin de redonner du sens à leur vie.


Peut-on reprendre sa vie d'avant ?


Pour Flo, la réponse est claire.

Non.


On ne reprend pas sa vie d'avant.

Parce qu'un cancer laisse des traces.


Des traces physiques.

Des traces émotionnelles.

Des traces dans les projets, les relations et les priorités.


Cela ne signifie pas que tout devient négatif.

Au contraire.


Certaines personnes découvrent de nouvelles forces, de nouvelles envies ou de nouveaux projets.

Mais elles avancent avec une version différente d'elles-mêmes.


La reconstruction après le cancer


Après les traitements, Flo entreprend un bilan de compétences.

Elle découvre le coaching et commence à réfléchir à ce qu'elle souhaite construire pour la suite.

Petit à petit, une évidence s'impose.


Accompagner d'autres femmes confrontées à des ruptures de vie.

Des femmes qui, comme elle, cherchent à retrouver du sens après une épreuve.


Aujourd'hui, son parcours lui permet de transmettre un message fort :

Nous avons toutes des ressources en nous.

Et nous ne sommes pas obligées d'avancer seules.


Ce que Flo souhaite transmettre aux femmes


À travers son témoignage, Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer.


Certaines femmes auront besoin de temps.


D'autres auront envie de tout changer.

D'autres encore souhaiteront retrouver une certaine stabilité.


Toutes ces réactions sont légitimes.

Le plus important est de respecter son propre rythme.

Et de s'autoriser à être douce avec soi-même.


FAQ – L'après-cancer


Qu'appelle-t-on l'après-cancer ?

L'après-cancer correspond à la période qui suit la fin des traitements principaux contre le cancer. Même lorsque la maladie est contrôlée ou en rémission, de nombreuses personnes continuent à faire face à des conséquences physiques, psychologiques et émotionnelles qui peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

Pourquoi certaines personnes se sentent-elles perdues après la fin des traitements ?

Pendant des mois, le quotidien est rythmé par les rendez-vous médicaux, les examens et les traitements. Lorsque tout s'arrête, certaines personnes ressentent une perte de repères. Elles doivent réapprendre à vivre sans ce cadre médical tout en intégrant ce qu'elles viennent de traverser.

Est-il normal de ressentir un vide après un cancer ?

Oui. Ce sentiment est fréquent et largement documenté. Beaucoup de personnes décrivent une sensation de vide, de flottement ou de décalage avec leur entourage après la fin des traitements. Cela ne signifie pas que quelque chose ne va pas, mais simplement que le corps et l'esprit continuent leur travail de reconstruction.

Pourquoi l'entourage pense-t-il souvent que tout est terminé ?

Parce que les signes visibles de la maladie disparaissent progressivement : les traitements sont terminés, les cheveux repoussent et les examens deviennent moins fréquents. Pourtant, les conséquences émotionnelles et physiques peuvent être encore très présentes pour la personne concernée.

Qu'est-ce que la peur de la récidive ?

La peur de la récidive est la crainte que le cancer revienne. Cette inquiétude est très fréquente après un cancer et peut réapparaître lors des examens de contrôle, à l'apparition d'un symptôme inhabituel ou à certaines périodes de l'année liées au parcours de soins.

Peut-on reprendre sa vie comme avant après un cancer ?

Chaque parcours est différent. Certaines personnes retrouvent rapidement leurs habitudes tandis que d'autres ressentent le besoin de réorganiser leur vie. Beaucoup expliquent que le cancer a modifié leurs priorités, leur rapport au temps, au travail, à la famille ou à leur santé.

Pourquoi la fatigue peut-elle persister longtemps après les traitements ?

La fatigue liée au cancer est différente d'une fatigue classique. Elle peut persister plusieurs mois après la chimiothérapie, la radiothérapie ou certaines thérapies ciblées. Elle est souvent influencée par les traitements, le stress, le manque de sommeil et les bouleversements émotionnels vécus.

L'après-cancer peut-il avoir un impact sur la santé mentale ?

Oui. Certaines personnes traversent des périodes d'anxiété, de tristesse, de perte de confiance en elles ou de questionnements existentiels. D'autres peuvent développer des symptômes proches du stress post-traumatique. Un accompagnement psychologique peut être bénéfique.

Est-il fréquent de changer de projet professionnel après un cancer ?

Oui. Beaucoup de personnes ressentent le besoin de redonner du sens à leur vie après une épreuve de santé importante. Cela peut se traduire par une reconversion, une reprise d'études, un changement de rythme de travail ou un nouvel engagement personnel.

Comment retrouver confiance en son corps après les traitements ?

La reconstruction est progressive. Certaines femmes retrouvent confiance grâce à l'activité physique adaptée, aux soins de support, à la thérapie, à la méditation, à la sophrologie ou encore à travers des groupes de parole avec d'autres patientes.

Où trouver du soutien lorsqu'on traverse l'après-cancer ?

Il existe de nombreuses ressources :

  • Les psychologues spécialisés en oncologie

  • Les associations de patients

  • Les groupes de parole

  • Les soins oncologiques de support

  • Les coachs spécialisés dans l'accompagnement après la maladie

  • Les podcasts et témoignages de personnes ayant vécu des expériences similaires

Comment soutenir un proche qui traverse l'après-cancer ?

La meilleure aide consiste souvent à écouter sans minimiser ce qu'il ressent. Éviter les phrases comme « c'est derrière toi maintenant » ou « il faut tourner la page » peut permettre à la personne de se sentir comprise dans cette période parfois complexe.

Pourquoi parler de l'après-cancer est-il important ?

Parce que cette étape reste encore méconnue alors qu'elle concerne des milliers de personnes chaque année. Donner la parole aux patientes permet de mieux comprendre les réalités vécues après la maladie et de lutter contre l'isolement que certaines peuvent ressentir.

Que peut apporter le témoignage de Flo à d'autres femmes ?

Le témoignage de Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer. Son parcours montre qu'il est possible d'avancer à son rythme, de traverser les doutes, de demander de l'aide et de reconstruire progressivement une vie qui a du sens après la maladie.


Transcription rédigée


Le diagnostic : quand tout bascule


À 38 ans, Flo découvre une boule dans son sein.

Un an plus tôt, elle avait déjà signalé cette anomalie à son gynécologue. Malgré ses inquiétudes et les antécédents de cancer du sein présents dans sa famille, elle est rassurée et repart sans examen complémentaire.

Les mois passent.


Puis, à l'automne 2022, la masse devient visible.

Cette fois, Flo insiste et demande elle-même une mammographie et une échographie.

Très vite, les examens s'enchaînent.

Les réactions des professionnels de santé lui font comprendre que quelque chose ne va pas.

Quelques jours plus tard, le diagnostic tombe : un cancer du sein.


Sa première pensée n'est pas la colère ni même la peur.

Elle pense immédiatement à ses enfants.

À cette vie qu'elle n'avait pas imaginé voir bouleversée de cette façon.


À ce moment-là, ses enfants ont 9 et 5 ans. Elle est séparée de leur père depuis peu et vient tout juste de prendre un nouveau poste dans son entreprise.

La maladie s'invite dans un quotidien déjà chargé.


Passer en mode survie


Très rapidement, un protocole de soins est mis en place.

Une tumorectomie est programmée afin de retirer les tumeurs identifiées dans son sein.

Au départ, les médecins espèrent éviter la chimiothérapie.

Mais l'analyse des ganglions révèle que le cancer a commencé à migrer.

Le protocole change.


La chimiothérapie devient indispensable.

Pour Flo, cette annonce marque un tournant.

Pourtant, elle refuse de s'effondrer.


Elle décrit cette période comme son « mode viking ».

Un état d'esprit qui lui permet d'avancer malgré les incertitudes.

Une façon de regarder la maladie en face sans lui laisser toute la place.


Son arme principale ?

L'humour.

L'autodérision.

La capacité à relativiser ce qui peut l'être lorsque l'on se retrouve confrontée à l'essentiel.


La peur de laisser ses enfants


Même si elle avance avec détermination, un moment particulier reste gravé dans sa mémoire.

Un jour, elle regarde ses enfants jouer.

Et soudain, elle les imagine sans elle.


Cette pensée la traverse de plein fouet.

À cet instant précis, quelque chose se passe.

Elle comprend qu'elle va se battre.

Pas seulement contre la maladie.


Mais pour continuer à être là.


Pour les voir grandir.

Pour partager encore des années avec eux.

C'est ce qui deviendra son moteur pendant tout le parcours de soins.


Apprendre à vivre avec les traitements


Pendant six mois, Flo suit une chimiothérapie.

Comme beaucoup de femmes, elle sait que ses cheveux vont tomber.

Plutôt que d'attendre, elle choisit de reprendre le contrôle.


Dès les premiers signes de chute, elle se fait raser la tête.

La perruque ne lui correspond pas.

Elle préfère souvent sortir tête nue, malgré les regards et parfois les interrogations.

Ce choix devient une manière d'assumer pleinement ce qu'elle traverse.

Une façon de rester elle-même malgré les changements imposés par la maladie.


Tout au long des traitements, elle continue d'avancer.

Elle s'occupe de ses enfants.

Elle reste active.


Elle s'entoure de ses proches, de sa famille, de ses amis et de ceux qui choisissent d'être présents à ses côtés.


Quand les traitements s'arrêtent


Puis vient le moment que tout le monde attend.

La fin des traitements.

Les dernières séances.

Les derniers rendez-vous rapprochés.

Le retour progressif à une vie plus normale.


Mais pour Flo, ce n'est pas un soulagement immédiat.

Au contraire.


C'est à ce moment-là qu'apparaît ce qu'elle appelle le grand vide.

Pendant des mois, sa vie a été organisée autour des soins.

Puis soudainement, tout s'arrête.


Et une question s'impose :

« Et maintenant ? »

Elle utilise une image très forte pour décrire cette période.

Elle explique être descendue du train des traitements.

Assise seule sur le quai de la gare.

À regarder les trains passer.

Sans savoir dans lequel monter pour continuer son voyage.

(...)


Ressources utiles

  • Association Chacun son Everest

  • Institut National du Cancer (INCa)

  • Ligue contre le cancer

  • RoseUp Association

  • Mon Réseau Cancer du Sein


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Parce qu'aucune femme ne devrait traverser seule les épreuves liées à sa santé.



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