top of page

Au cœur du cancer du sein triple positif : le parcours de Valène, maman de trois enfants

  • 4 juin
  • 10 min de lecture
Portrait de Valène, maman de trois enfants, qui témoigne de son parcours avec un cancer du sein triple positif dans le podcast États Dames.

Valène est maman de trois enfants lorsqu'elle découvre une grosseur dans son sein droit lors de vacances en famille. En quelques semaines, sa vie bascule. Les rendez-vous médicaux s'enchaînent, les examens aussi, jusqu'au diagnostic : un cancer du sein triple positif.


Dans cet épisode d'États Dames, elle revient sur les différentes étapes de son parcours : l'annonce de la maladie, la chirurgie, la chimiothérapie, la perte des cheveux, la mastectomie avec reconstruction mammaire et l'après-cancer.


À travers son histoire, Valène évoque ses peurs, ses questionnements, son rôle de mère et les ressources qui lui ont permis d'avancer un jour après l'autre.



Cet épisode aborde les thèmes du cancer du sein, de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la peur de la mort, de la récidive et de l'impact émotionnel de la maladie sur la vie familiale.


Portrait de Valène, maman de trois enfants, qui témoigne de son parcours avec un cancer du sein triple positif dans le podcast États Dames.

Le saviez-vous ?


Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France.

Un cancer du sein triple positif signifie que les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone ainsi qu'une surexpression de la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie.


Portrait de Valène, maman de trois enfants, qui témoigne de son parcours avec un cancer du sein triple positif dans le podcast États Dames.
« La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier se rappellerait peut-être plus de moi. »

Les moments clés de l'épisode

  • La découverte d'une grosseur dans le sein pendant des vacances en famille

  • L'annonce du diagnostic d'un cancer du sein triple positif

  • La peur de laisser ses enfants grandir sans leur mère

  • La décision d'accepter la chimiothérapie malgré ses craintes

  • Les effets secondaires des traitements

  • La perte des cheveux et la reprise de contrôle sur son image

  • La mastectomie bilatérale avec reconstruction mammaire immédiate

  • L'acceptation progressive d'un nouveau corps

  • La peur de la récidive

  • Le regard différent porté sur la vie après la maladie


Quand une simple découverte bouleverse une vie


Comme beaucoup de femmes, Valène mène une vie active entre son métier d'assistante maternelle, sa famille et ses projets d'avenir.

Lors de vacances à la montagne avec ses proches, elle découvre une grosseur dans son sein droit. Très rapidement, une intuition s'impose à elle. Quelque chose ne va pas.


Dès son retour, les consultations médicales s'enchaînent. Mammographie, échographie, biopsie. Quelques jours plus tard, le diagnostic est confirmé : un cancer du sein infiltrant de grade 3.


Même si elle pressentait la maladie, entendre le mot « cancer » change tout.


Quand la peur concerne avant tout ses enfants


Au moment de l'annonce, Valène ne pense pas d'abord aux traitements ou aux opérations.

Elle pense à ses enfants.

Son fils aîné est adolescent. Ses deux plus jeunes sont encore très jeunes.

L'idée de ne pas les voir grandir devient sa plus grande peur.

Cette inquiétude va accompagner chacune des étapes de son parcours et devenir l'une des principales raisons qui la poussent à continuer à avancer malgré les difficultés.


Accepter les traitements malgré les craintes

Avant de tomber malade, Valène avait déjà vu plusieurs proches traverser le cancer.

La chimiothérapie était pour elle synonyme de souffrance et de souvenirs douloureux.

Pourtant, face à la maladie, elle choisit de suivre les recommandations médicales.

Cette décision marque le début d'un parcours fait de rendez-vous médicaux, d'interventions chirurgicales et de traitements parfois difficiles à supporter.


La chimiothérapie et ses effets secondaires

Les premières séances de chimiothérapie sont particulièrement éprouvantes.

Fatigue intense, nausées, vomissements, douleurs, perte d'appétit : les effets secondaires occupent une place importante dans son quotidien.

Comme de nombreuses femmes touchées par un cancer du sein, Valène doit également faire face à la perte de ses cheveux.

Pour traverser cette étape, elle choisit de s'entourer des femmes importantes de sa vie lors d'une soirée organisée spécialement avant de se raser la tête.

Un moment de soutien, de partage et de solidarité féminine qui restera marquant dans son parcours.


La mastectomie et la reconstruction mammaire

Après les traitements, une nouvelle étape l'attend : la mastectomie.

Valène fait le choix d'une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate.

Si l'opération répond à ses attentes sur le plan médical et esthétique, l'acceptation de son nouveau corps demande du temps.

Apprendre à se regarder dans le miroir, apprivoiser les changements physiques et reconstruire son image de soi font également partie du chemin de guérison.


Vivre avec la peur de la récidive

La fin des traitements ne signifie pas forcément la fin des inquiétudes.

Comme beaucoup de patientes, Valène doit apprendre à vivre avec la peur de la récidive.

La moindre douleur inhabituelle peut raviver les angoisses.

Avec le temps, cette peur devient plus discrète, mais elle ne disparaît jamais totalement.


Ce que le cancer a changé dans sa vie


Aujourd'hui, Valène porte un regard différent sur son existence.

La maladie lui a appris à ralentir, à profiter davantage de ses proches et à accorder plus d'importance aux moments simples du quotidien.


Elle explique également combien le soutien de sa famille, de ses amis et de son entourage a été essentiel pour traverser cette épreuve.


À travers son témoignage, elle rappelle qu'il est possible d'avoir peur, de douter, de craquer parfois, tout en continuant à avancer.


FAQ – Cancer du sein triple positif


Qu'est-ce qu'un cancer du sein triple positif ?

Un cancer du sein triple positif est un cancer dont les cellules possèdent des récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie.

Quels sont les premiers signes d'un cancer du sein ?

Le signe le plus fréquent est la découverte d'une boule dans le sein. D'autres symptômes peuvent apparaître comme une modification de la forme du sein, un changement de l'aspect de la peau, un écoulement du mamelon ou une douleur inhabituelle.

Comment est diagnostiqué un cancer du sein ?

Le diagnostic repose généralement sur plusieurs examens : consultation médicale, mammographie, échographie mammaire et biopsie. La biopsie permet de confirmer la présence de cellules cancéreuses et de déterminer le type de cancer.

La chimiothérapie est-elle systématique dans le cancer du sein triple positif ?

Le traitement dépend de nombreux facteurs : taille de la tumeur, atteinte ganglionnaire, âge de la patiente et caractéristiques biologiques du cancer. Dans certains cas, la chimiothérapie est recommandée afin de réduire le risque de récidive.

La chimiothérapie fait-elle toujours perdre les cheveux ?

Certaines chimiothérapies entraînent une perte totale ou partielle des cheveux. Cela dépend du protocole utilisé. Les cheveux repoussent généralement après la fin des traitements.

Qu'est-ce qu'une chambre implantable ?

La chambre implantable est un petit boîtier placé sous la peau et relié à une veine. Elle permet d'administrer les traitements, notamment la chimiothérapie, sans devoir piquer les veines à chaque séance.

Qu'est-ce qu'une mastectomie ?

La mastectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer tout ou partie du sein atteint par un cancer. Elle peut être réalisée seule ou associée à une reconstruction mammaire.


Peut-on reconstruire un sein après une mastectomie ?

Oui. La reconstruction mammaire peut être réalisée immédiatement lors de la mastectomie ou dans un second temps. Plusieurs techniques existent selon la situation médicale et les souhaits de la patiente.

Est-il normal d'avoir peur d'une récidive après un cancer du sein ?

Oui. La peur de la récidive est fréquente après la fin des traitements. De nombreuses femmes décrivent cette inquiétude comme l'une des conséquences psychologiques les plus importantes de la maladie.


Comment retrouver confiance en son corps après un cancer du sein ?

Chaque femme avance à son rythme. L'acceptation des changements physiques peut prendre du temps. Le soutien des proches, des professionnels de santé ou de groupes de parole peut être une aide précieuse dans ce processus.


Peut-on reprendre une vie normale après un cancer du sein ?

De nombreuses femmes retrouvent progressivement une vie personnelle, familiale et professionnelle après les traitements. Cette période de reconstruction est propre à chacune et peut nécessiter du temps.

Quel message Valène souhaite-t-elle transmettre aux femmes touchées par le cancer ?

À travers son témoignage, Valène rappelle qu'il est normal d'avoir peur, de pleurer, de douter ou de se sentir en colère. Elle encourage les femmes à avancer un jour après l'autre, à s'appuyer sur leurs proches et à ne jamais oublier qu'elles sont bien plus que leur maladie.

Transcription de l'épisode

Retrouvez ci-dessous la transcription intégrale du témoignage de Valène sur son parcours avec un cancer du sein triple positif, depuis la découverte de la maladie jusqu'à l'après-cancer.


Valène :

Ma vie avant la découverte de la grosseur, c'était une vie bien remplie. Je suis maman de trois enfants. Mon fils avait 16 ans à l'époque, ma fille 6 ans et mon petit dernier 2 ans.

Je suis assistante maternelle. Avant cela, j'étais aide-soignante en unité protégée Alzheimer. J'ai choisi ce métier parce que je retrouvais l'accompagnement humain que j'aimais tant, mais dans un univers plus joyeux.


Je travaillais énormément. Jusqu'à 60 heures par semaine. J'étais fatiguée, mais j'avais un objectif : devenir propriétaire. Je faisais tout pour réaliser ce projet.


Quand j'ai senti cette boule pour la première fois, j'étais en vacances à Saint-Lary avec ma famille. Après une journée de ski, je suis rentrée à l'appartement et j'ai pris une douche.

C'est là que j'ai senti cette grosseur sur le côté de mon sein droit.

Ce n'était pas une toute petite boule. Elle était dure. Immédiatement, j'ai paniqué.

J'ai appelé mon mari puis ma cousine pour qu'ils vérifient. Tous les deux l'ont sentie également.


Au fond de moi, j'étais persuadée que c'était un cancer.


Nous avions déjà connu plusieurs cancers dans notre entourage. Chaque année ou presque, quelqu'un tombait malade.


Alors lorsque j'ai senti cette boule, ma première pensée a été :

« Ça y est, c'est mon tour. »


À mon retour de vacances, j'ai immédiatement pris rendez-vous avec mon médecin traitant.

Très rapidement, les examens se sont enchaînés : consultation, mammographie, échographie, biopsie.


Je savais déjà au fond de moi ce qui allait être annoncé, mais malgré tout, on garde toujours une part d'espoir.


Puis est arrivée cette semaine d'attente avant les résultats.


Une semaine qui paraît interminable.


Une semaine où l'on se pose mille questions.


Quand le médecin est finalement entré dans la pièce, il m'a annoncé que j'avais un carcinome infiltrant de grade 3.


À partir de ce moment-là, je n'entendais plus rien.

Mon cerveau s'est brouillé.


Je suis partie ailleurs.

Je n'ai jamais eu peur de la mort.


Mais ce jour-là, ce qui m'a terrifiée, c'est l'idée de quitter mes enfants.

La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier ne se rappellerait peut-être plus de moi.


Et ça, c'est quelque chose qui a été extrêmement difficile à accepter.

J'avais perdu mon père à l'âge de 22 ans.

Je connaissais cette douleur.

Je ne voulais pas que mes enfants vivent la même chose.

Lorsque je suis rentrée à la maison, ma famille m'attendait.


Ma cousine m'a alors posé une question qui a tout changé.

Elle m'a dit :

« Tu es sûre de toi ? Tu vas vraiment faire vivre ça à tes enfants ? Tu ne veux pas leur donner la chance de te garder ? »

Cette phrase m'a bouleversée.


Et c'est à ce moment-là que j'ai pris ma décision.

Je ne pouvais pas abandonner.

Je devais me battre.

Je devais tout faire pour rester auprès de mes enfants.


À partir de ce moment-là, j'ai accepté tout ce qui allait suivre.

Les opérations.

Les examens.

Les traitements.

La chimiothérapie.


Je suis entrée dans un monde que je connaissais déjà à travers les autres, mais que je n'avais jamais vécu moi-même.

Et c'est totalement différent quand on passe de l'autre côté.

L'une des choses les plus difficiles dans la maladie, c'est l'attente.

L'attente des résultats.

L'attente des rendez-vous.

L'attente des réponses.


Cette impression permanente d'être suspendue à une décision médicale.


Quelques jours après ma première opération, j'ai appris que plusieurs micro-foyers entouraient la tumeur et qu'un ganglion avait été atteint.

J'ai immédiatement pensé aux métastases.

J'ai eu peur que le cancer soit partout.

J'ai fait des cauchemars.

Je me réveillais la nuit avec cette angoisse.

Puis est arrivée la chimiothérapie.

C'était probablement l'étape que je redoutais le plus.


La première séance s'est déroulée dans un silence particulier.

Tout le monde savait pourquoi il était là.

Personne n'avait vraiment besoin de parler.

Je regardais les autres patients.

J'étais souvent la plus jeune.

Je me demandais ce que je faisais là.

Et pourtant, le cancer n'a pas d'âge.


Les premières heures ont été supportables.

Mais la nuit qui a suivi a été terrible.

J'ai vomi sans interruption.

Je n'avais plus rien dans le ventre.

Je n'avais plus de force.

J'étais épuisée.


Mon mari est resté à mes côtés toute la nuit.

Il faisait tout ce qu'il pouvait pour m'aider.

Je ne l'oublierai jamais.


Les jours suivants ont été marqués par une immense fatigue.

Des douleurs.

Des nausées.

La moindre odeur devenait insupportable.


Puis est arrivée une autre étape difficile : la perte de mes cheveux.

J'avais les cheveux longs, au milieu du dos.

Je ne voulais pas attendre qu'ils tombent.


J'avais besoin de reprendre un peu de contrôle.


Alors j'ai organisé une soirée avec les femmes importantes de ma vie.

Mes amies.

Ma mère.

Ma belle-mère.

Mes cousines.

Nous avons ri.

Essayé des perruques.

Pris des photos.

Partagé un moment ensemble.

Ce n'était pas une soirée triste.

C'était une soirée remplie d'amour.


Plus tard, lorsque je me suis retrouvée seule, je me suis effondrée.

Puis mon mari est arrivé avec une perruque sur la tête pour me faire rire.

Et il a réussi.

Je n'ai plus jamais pleuré pour mes cheveux après ça.


Après la chimiothérapie est venue la mastectomie.

J'ai demandé une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate.

Ce choix était important pour moi.

Les médecins m'ont écoutée.

Ils ont respecté ma décision.

Le résultat était magnifique.

Mais même lorsque l'opération est réussie, il faut apprendre à accepter un nouveau corps.


Cela demande du temps.

Cela demande du travail.

Cela demande de la patience envers soi-même.


Aujourd'hui, je peux dire que j'ai réussi à accepter cette transformation.

Tout au long de la maladie, ce qui m'a permis d'avancer, c'est le soutien de mon entourage.

Sans eux, je ne serais probablement pas là.

Leur présence a été essentielle.

Même lorsque je me sentais seule.

Même lorsque j'avais l'impression que personne ne pouvait réellement comprendre ce que je vivais.


Ma plus grande peur est restée la même du début à la fin :

que les traitements ne fonctionnent pas.


Que mes enfants perdent leur maman.

Puis un jour, les médecins m'ont annoncé qu'il n'y avait plus de trace de cancer.


Ce moment restera gravé en moi.


Pour autant, il existe une peur qui demeure.

La peur de la récidive.

Cette petite voix qui réapparaît parfois au moindre symptôme.

Au moindre doute.


Il faut apprendre à vivre avec elle sans lui laisser toute la place.

Le cancer a changé mon regard sur la vie.

Il m'a appris à ralentir.


À profiter davantage des personnes que j'aime.

À comprendre que le temps est précieux.


À apprécier les moments simples.

Un repas en famille.

Un rire.

Une promenade.


Aujourd'hui, je ne me considère pas plus forte qu'avant.

J'ai simplement découvert que même dans les moments les plus difficiles, j'étais capable d'avancer.

Et si partager mon histoire peut aider une seule personne, alors tout cela n'aura pas été vécu pour rien.


À toutes les femmes qui apprennent leur maladie aujourd'hui, j'aimerais dire ceci :

Vous avez le droit d'avoir peur.

Vous avez le droit d'être en colère.

Vous avez le droit de pleurer.

Vous avez le droit de craquer.


On ne peut pas être forte tous les jours.

Le cancer change beaucoup de choses.

Mais il ne vous enlève pas qui vous êtes.


Vous restez une femme.

Vous restez une mère.

Vous restez une sœur.

Vous restez une amie.

Vous avez encore des rêves.

Vous avez encore des projets.


Et surtout, n'oubliez jamais que vous êtes bien plus que votre maladie.


Ressources utiles

  • Ruban Rose

  • Institut National du Cancer (INCa)

  • Ligue contre le cancer

  • Mon Réseau Cancer du Sein

  • RoseUp Association



Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page