Cancer du côlon stade 4 : le témoignage d’Amandine

À 43 ans, Amandine mène une vie faite de travail, de famille, d’amitiés, d’amour, de projets et de préoccupations ordinaires. Puis, un passage aux urgences pour des douleurs à l’estomac bouleverse brutalement son quotidien.
Après la découverte d’une masse au niveau des ovaires et une première opération, le diagnostic tombe : un cancer du côlon de stade 4, agressif, avec des métastases aux ovaires et au péritoine.
Dans cet épisode d’États Dames, le podcast au cœur de votre santé, Amandine raconte ce que la maladie transforme bien au-delà du corps : son rapport à l’avenir, à sa féminité, à ses proches, à la solitude, à la vulnérabilité et à cette injonction parfois épuisante à devoir être « forte ».
Un témoignage profondément intime sur le cancer, mais surtout sur ce que signifie continuer à vivre lorsque l’incertitude fait désormais partie du quotidien.
⚠️ Trigger Warning
Cet épisode aborde des sujets qui peuvent être difficiles ou sensibles : cancer de stade 4, métastases, traitements par chimiothérapie, opérations, perte de poids importante, douleur, fatigue, peur de la mort, solitude, peur de l’abandon et détresse émotionnelle.
Prenez soin de vous pendant votre écoute. Vous pouvez interrompre l’épisode et y revenir lorsque vous vous sentez prête.
Le jour où tout bascule
Amandine se rend initialement aux urgences pour des douleurs à l’estomac.
Elle y passe l’après-midi entre prises de sang, scanner et attente. Une masse est découverte au niveau de ses ovaires et une hospitalisation en urgence est décidée.
Puis vient une première opération.
Et quelques jours plus tard, un second choc : le diagnostic d’un cancer du côlon de stade 4.
Amandine raconte ce moment étrange où les mots sont prononcés mais semblent presque concerner quelqu’un d’autre.
Cancer.
Stade 4.
Métastases.
Elle se souvient aussi d’un geste très simple : celui d’une infirmière qui la prend dans ses bras après l’annonce.
Ce geste ne pouvait évidemment rien changer au diagnostic. Mais, dans cet instant de sidération, il lui apporte ce dont elle avait besoin : un peu de chaleur humaine.
« J’en ai marre d’être forte »
Le parcours d’Amandine est aussi celui des traitements qui recommencent.
Les séances.
Les opérations.
La fatigue.
Les effets secondaires.
Puis encore les séances.
Elle décrit notamment des neuropathies qui engourdissent ses mains et ses pieds, la perte de ses cheveux et les transformations d’un corps qu’elle ne reconnaît parfois plus.
Mais derrière le corps qui endure, il y a aussi l’épuisement émotionnel.
Amandine ose mettre des mots sur quelque chose que de nombreuses personnes malades peuvent parfois ressentir : en avoir assez d’être celle qui tient bon.
Elle veut pouvoir pleurer.
Râler.
Dire que ça ne va pas.
Ne pas sourire.
Ne pas être courageuse à chaque instant.
Parce qu’un sourire partagé lors d’une sortie ne raconte jamais l’intégralité d’un parcours de santé.
Il existe aussi les journées où tout paraît lourd, injuste et effrayant.
« Je ne crois plus que ma force se mesure à ma capacité à ne jamais craquer. Je peux être vulnérable et continuer d’avancer. »
Cette phrase résume une grande partie de son témoignage.
Cancer et solitude : quand une présence peut tout changer
La maladie ne suspend pas les autres difficultés de la vie.
Au contraire.
Amandine explique que lorsque la douleur, la fatigue, les traitements, les inquiétudes et les problèmes du quotidien s’accumulent, ses réserves deviennent parfois très faibles.
La solitude peut alors prendre beaucoup de place.
Et lorsqu’elle est physiquement fragilisée, l’absence d’un message ou d’une présence peut réveiller chez elle une peur de l’abandon.
Elle ne demande pourtant pas à ses proches de résoudre ce qui lui arrive.
Parfois, un message suffit.
Quelques heures ensemble.
Une présence.
Un geste tendre.
Quelqu’un qui reste simplement à côté d’elle.
Quand le cancer transforme le rapport au corps
Le cancer et les traitements ont également profondément modifié le rapport qu’Amandine entretient avec son corps.
Il y a ce que son corps lui permet encore de faire.
Et ce qu’il ne lui permet plus.
Il y a la fatigue qui impose ses limites alors que l’envie, elle, est toujours présente.
Il y a aussi les transformations visibles : les cheveux, les cicatrices et les traces laissées par les opérations.
Des changements qui viennent toucher l’image de soi et la féminité.
Pourtant, Amandine le dit clairement : sa vie de femme continue.
Elle veut encore se sentir belle.
Elle veut plaire.
Elle veut danser.
Et lorsqu’elle danse, elle retrouve pendant quelques instants un corps associé au mouvement et au plaisir, et non uniquement aux soins et à la maladie.
Ces plaisirs minuscules qui deviennent immenses
La maladie a également changé la valeur de certaines choses très simples.
Prendre une douche après avoir retiré le diffuseur de chimiothérapie.
Pouvoir de nouveau manger normalement après plusieurs mois de difficultés à se nourrir.
Partager un repas.
Rire avec ses proches.
Passer quelques heures sans penser au cancer.
Des instants qui auraient autrefois semblé ordinaires deviennent désormais précieux.
« Dans ces moments-là, je ne pense pas forcément au cancer. Je suis occupée à vivre. »
Amandine cancer colon .pdf
Se raccrocher aux autres… et à la création
Dans les périodes les plus difficiles, Amandine se raccroche aux personnes qu’elle aime : sa famille, ses neveux, ses amies et les personnes importantes de sa vie.
Mais un autre refuge prend également une place essentielle : l’écriture.
Amandine commence à écrire parce qu’elle ressent le besoin de sortir ce qui s’accumule en elle.
La peur.
La colère.
La tristesse.
Mais aussi l’amour et la reconnaissance.
Certaines émotions sont difficiles à prononcer à voix haute. L’écriture lui permet de prendre le temps de les accueillir, même lorsqu’elles se contredisent.
Graphiste, elle ajoute ensuite des illustrations et travaille la mise en page. Peu à peu, ses mots deviennent un véritable projet de livre.
Un projet qui lui donne quelque chose à construire au milieu d’un quotidien largement rythmé par les soins.
Apprendre à recevoir de l’aide sans culpabiliser
Amandine raconte aussi son rapport à l’aide.
Elle a longtemps eu tendance à vouloir se débrouiller seule, avec cette difficulté à reconnaître qu’elle pouvait avoir besoin des autres.
La maladie l’oblige progressivement à apprendre autre chose : laisser les autres prendre soin d’elle.
Cela peut être une aide financière.
Un repas préparé.
Une présence.
Un geste tendre.
Des attentions qui ne guérissent pas la maladie, mais qui peuvent rendre certaines journées moins lourdes.
Et surtout, Amandine apprend à recevoir ces gestes sans chercher immédiatement à les compenser.
Parfois, simplement dire merci suffit.
Être forte et fragile à la fois
Ce témoignage interroge également notre définition de la force.
Pour Amandine, être forte aujourd’hui peut simplement vouloir dire se rendre aux soins malgré l’angoisse et l’épuisement.
Certains jours, elle rit.
D’autres jours, elle a besoin d’être rassurée.
Elle ne cherche plus à choisir entre ces deux versions d’elle-même.
Elles coexistent.
La vulnérabilité ne vient pas annuler la force.
Et craquer ne signifie pas renoncer.
« Choisir de vivre » ne signifie pas être positive tout le temps
À travers son témoignage, Amandine refuse également une vision simpliste de la maladie selon laquelle il faudrait rester positive coûte que coûte.
Choisir de vivre ne signifie pas nier la peur.
Elle pleure.
Elle souffre.
Elle traverse des journées difficiles.
Et elle sait qu’elle ne contrôle pas l’évolution de sa maladie.
Mais quelque chose a changé dans sa manière d’envisager le temps.
Elle ne veut plus repousser systématiquement ses envies à un hypothétique « quand j’irai mieux ».
Une soirée avec ses amis peut être une manière de vivre.
Rester chez elle pour se reposer peut en être une autre.
Elle avance avec l’énergie disponible ce jour-là.
🎙️ Les moments clés de l’épisode
Dans cet épisode, Amandine revient notamment sur :
l’arrivée aux urgences et la découverte inattendue d’une masse ;
l’annonce de son cancer du côlon de stade 4 ;
les métastases et les premières opérations ;
la chimiothérapie et ses effets secondaires ;
une perte de 20 kilos en un mois après des complications et des difficultés à s’alimenter ;
la fatigue et les neuropathies ;
la perte des cheveux et les transformations physiques ;
le rapport à sa féminité ;
l’épuisement provoqué par l’injonction à être forte ;
la solitude et la peur de l’abandon ;
l’importance des proches et des petites attentions ;
l’apprentissage des limites ;
la difficulté à demander et à recevoir de l’aide ;
l’écriture comme moyen d’exprimer ses émotions ;
son projet de livre ;
et sa manière de continuer à faire une place à la vie au milieu des traitements.
💬 La citation de l’épisode
« Je peux être vulnérable et continuer d’avancer. »
Une phrase qui rappelle que la force ne consiste pas nécessairement à cacher ses émotions ou à ne jamais s’effondrer.
Parfois, continuer malgré la peur, la fatigue et les larmes est déjà immense.
Le saviez-vous ?
Les effets d’un cancer ne se limitent pas aux traitements médicaux.
Dans son témoignage, Amandine montre combien la maladie peut également bouleverser l’image corporelle, la féminité, les relations avec les proches, le rapport à l’avenir, l’autonomie et la manière de demander de l’aide.
C’est précisément cette dimension émotionnelle et intime des parcours de santé qu’États Dames souhaite rendre visible : derrière un diagnostic, il y a toujours une personne, son histoire, ses peurs, ses relations et tout ce qu’elle tente de préserver.
❤️ Un témoignage sur le cancer, mais surtout sur la vie
Le témoignage d’Amandine ne cherche pas à transformer la maladie en « leçon de vie ».
Elle ne cache ni la peur, ni la colère, ni l’épuisement.
Elle ne prétend pas non plus qu’il suffit d’être positive.
Elle raconte simplement ce paradoxe : avoir peur et continuer à faire des projets. Être épuisée et avoir encore envie de danser. Pleurer et rire quelques heures plus tard. Se sentir fragile tout en continuant d’avancer.
Aujourd’hui, elle ne sait pas de quoi demain sera fait.
Mais elle sait une chose :
« Aujourd’hui, je suis là et j’ai encore plein de choses à vivre. »
🎧 Écouter l’épisode d’États Dames
Retrouvez le témoignage complet d’Amandine dans États Dames – Au cœur de votre santé.
Un épisode consacré au cancer du côlon, mais aussi au corps, à la solitude, à la vulnérabilité, aux proches, à l’écriture et à cette volonté de continuer à vivre pleinement malgré l’incertitude.
Ressources utiles et soutien
Si vous êtes concernée par un cancer ou si vous accompagnez un proche malade, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre équipe médicale et des structures d’accompagnement spécialisées qui peuvent vous orienter en fonction de votre situation.
Vous pouvez également parler de vos difficultés psychologiques ou émotionnelles avec un professionnel de santé. Demander de l’aide fait pleinement partie du parcours de soin.
Ressources à ajouter :
Ligue contre le cancer
Institut national du cancer
Associations locales d’accompagnement des patients et de leurs proches
Ressources communiquées par l’équipe médicale d’Amandine, si elle souhaite en partager
💙 À propos d’États Dames
États Dames donne la parole aux femmes pour raconter ce que l’on entend encore trop peu dans les parcours de santé : les émotions.
La peur.
La colère.
La solitude.
Le soulagement.
La culpabilité.
La force.
La vulnérabilité.
Parce que derrière chaque maladie, chaque diagnostic et chaque parcours médical se trouve une histoire humaine.
États Dames – Au cœur de votre santé.





Commentaires