Trauma chez les femmes : comprendre ce qu’elles vivent de l’intérieur avec la Dre Nela Klimcik psychiatre | États Dames
- 11 mai
- 12 min de lecture
Pourquoi le trauma chez les femmes reste souvent invisible ?
Certaines blessures ne se voient pas. Elles s’installent dans le corps, dans les émotions, dans la manière de percevoir le monde… parfois longtemps après les événements.
Hypervigilance, anxiété permanente, fatigue extrême, dissociation, besoin de contrôle…
Et si toutes ces réactions avaient en réalité un sens profond ?
Dans ce nouvel épisode des Éclairages d’États Dames, Stéphanie Jary reçoit la Dre Nela Klimcik, psychiatre trauma-informée, pour comprendre ce que vivent les femmes de l’intérieur lorsqu’elles traversent un trauma.
Un échange fort, accessible et profondément humain, qui met des mots sur des souffrances encore trop souvent minimisées ou incomprises.
⚠️ Trigger Warning : cet épisode aborde les violences psychologiques, conjugales et sexuelles, ainsi que le trauma et le stress post-traumatique.

La Dre Nela Klimcik est psychiatre trauma-informée. À travers son travail et sa vulgarisation, elle aide à mieux comprendre les impacts psychiques, émotionnels et physiques des traumatismes, notamment chez les femmes.
Dans cet épisode, elle revient sur :
le fonctionnement du cerveau face au danger,
le stress post-traumatique,
la dissociation,
l’hypervigilance,
les comportements de survie,
et l’importance d’une approche plus humaine de la santé mentale.
Les sujets abordés
Qu’est-ce qu’un trauma ?
Trauma simple vs trauma complexe
Les violences spécifiques vécues par les femmes
Le cerveau en mode survie
L’hypervigilance et l’anxiété chronique
Pourquoi certaines réactions sont incomprises
Le besoin de contrôle après un trauma
Les addictions et comportements de survie
La dissociation et la dépersonnalisation
Le lien entre trauma et corps
L’approche trauma-informée
Le besoin des femmes d’être enfin entendues et crues
Les moments clés de l’épisode
🧠 “Le trauma, c’est l’impact qui reste.”
La Dre Klimcik explique que le trauma n’est pas seulement un événement passé, mais un état d’alerte qui persiste dans le cerveau et le corps.
👀 Les femmes apprennent à masquer leur souffrance
Beaucoup de femmes finissent par croire qu’elles sont “trop sensibles” ou “le problème”, alors qu’elles vivent simplement des conséquences traumatiques réelles.
🔥 Fight, Flight, Freeze… et Fawn
L’épisode revient sur les quatre réponses automatiques du cerveau face au danger, notamment le fawn, cette tendance à chercher à plaire pour éviter le conflit ou la violence.
🍽️ Les comportements de survie
Addictions, alimentation émotionnelle, hypercontrôle, fatigue chronique…La Dre Klimcik rappelle que ces réactions sont souvent des stratégies de survie face à une souffrance trop importante.
🫥 “Vous n’êtes pas folle.”
La dissociation est expliquée avec beaucoup de pédagogie : dépersonnalisation, déréalisation, trous de mémoire… autant de mécanismes de protection du cerveau face à un stress devenu insupportable.
Citation forte
“Vous n’êtes pas folle et vous réagissez de manière normale à des choses pas normales.”— Dre Nela Klimcik
Ce qu’il faut retenir
Le trauma est une réaction normale du cerveau face à des événements anormaux.
Les femmes vivent souvent des traumas invisibles et minimisés.
L’hypervigilance, l’anxiété ou l’évitement ont un sens dans un contexte traumatique.
Beaucoup de comportements jugés sont en réalité des mécanismes de survie.
La dissociation est une protection du cerveau, pas de la folie.
Une approche trauma-informée permet de remettre de l’humanité dans l’accompagnement psychique.
Écouter son ressenti est essentiel.
FAQ – Comprendre le trauma au féminin et le stress post-traumatique
Qu’est-ce qu’un trauma ?
Le trauma est l’impact durable laissé par un ou plusieurs événements vécus comme dangereux, humiliants ou profondément déshumanisants. Même lorsque l’événement est terminé, le cerveau et le corps continuent parfois de réagir comme si le danger était toujours présent.
Quelle est la différence entre un trauma simple et un trauma complexe ?
Un trauma simple est lié à un événement unique.Le trauma complexe, lui, résulte de violences répétées ou prolongées : violences conjugales, violences sexuelles, maltraitance durant l’enfance, etc. Ces expériences peuvent modifier durablement la personnalité, les réactions émotionnelles et le rapport au monde.
Pourquoi le cerveau reste-t-il “en alerte” après un traumatisme ?
Lors d’un traumatisme, le système nerveux est dépassé. L’amygdale — la zone du cerveau liée à l’alerte et au danger — reste activée même après les événements. Cela peut provoquer un état permanent d’hypervigilance, d’anxiété ou de stress chronique.
Pourquoi les femmes vivent-elles souvent des traumas spécifiques ?
Les violences subies par les femmes sont fréquemment liées à la domination, au contrôle du corps et à la violence intime ou domestique. Ces expériences peuvent être particulièrement déshumanisantes et laisser des traces profondes sur l’estime de soi, le sentiment de sécurité et la confiance envers les autres.
Quels sont les symptômes fréquents du stress post-traumatique ?
Le trouble du stress post-traumatique peut provoquer :
de l’hypervigilance,
une anxiété constante,
des troubles du sommeil,
des réactions émotionnelles intenses,
des évitements,
des difficultés à s’affirmer,
un sentiment de danger permanent,
une fatigue extrême.
Pourquoi certaines femmes minimisent-elles leur souffrance ?
De nombreuses femmes ont appris à cacher leur douleur ou à penser qu’elles sont “trop sensibles”. Elles finissent parfois par douter de leur propre ressenti et à considérer qu’elles sont “le problème”, alors que leurs réactions sont souvent des réponses normales à des situations anormales.
Qu’est-ce que le “fawning” ou la réponse de survie par le besoin de plaire ?
Face au danger, le cerveau peut adopter plusieurs stratégies automatiques : combattre, fuir, se figer… ou chercher à plaire.
Le “fawning” consiste à éviter le conflit en essayant d’être agréable, docile ou de ne surtout pas déranger son agresseur. Cette réaction est fréquente chez les femmes ayant vécu des violences.
Pourquoi certaines réactions comme les addictions ou l’hypercontrôle apparaissent-elles après un trauma ?
Les addictions, les troubles alimentaires, l’hypersexualité, les achats compulsifs ou l’hypercontrôle sont souvent des stratégies de survie. Elles permettent temporairement de reprendre un sentiment de contrôle face à une souffrance intérieure intense.
Qu’est-ce que la dissociation ?
La dissociation est un mécanisme de protection du cerveau. La personne peut avoir l’impression d’être déconnectée d’elle-même, de regarder sa vie de l’extérieur ou que le monde autour d’elle semble irréel. Cela peut être très angoissant, mais ce n’est pas de la folie : c’est une tentative du cerveau de protéger la personne d’un stress devenu insupportable.
Peut-on développer des symptômes physiques à cause d’un trauma ?
Oui. Le stress chronique peut avoir des répercussions physiques : fatigue intense, douleurs, troubles digestifs, problèmes de peau, troubles cardiovasculaires ou encore maladies liées au stress.
Pourquoi certaines personnes ne comprennent-elles pas les réactions traumatiques ?
Parce qu’elles jugent souvent à travers leur propre vécu. Beaucoup pensent : “Moi, à ta place, je réagirais autrement.” Pourtant, chaque cerveau réagit selon son histoire, ses expériences et ses blessures.
Qu’est-ce que l’approche “trauma informée” en psychiatrie ?
L’approche trauma informée consiste à comprendre les comportements et la souffrance psychique comme des réponses à des violences ou à des expériences difficiles, plutôt que comme des “défauts” ou des “faiblesses”. Elle replace le patient au centre de ses soins et reconnaît que certaines réactions ont été des moyens de survie.
Comment commencer à se reconstruire après un trauma ?
La reconstruction passe souvent par :
le fait d’être écoutée et crue,
la possibilité de mettre des mots sur ce qui a été vécu,
le soutien psychologique,
des techniques d’ancrage pour revenir au présent,
et surtout, la reconnexion à ses besoins et à son ressenti.
Quel message retenir si l’on vit ou a vécu un trauma ?
Vous n’êtes pas folle. Vous réagissez de manière normale à des choses qui ne sont pas normales.”
Écouter son ressenti, reconnaître ses limites et se sentir en sécurité sont essentiels dans le processus de guérison.
Ressources utiles
📞 3919 — Violences Femmes InfoNuméro d’écoute anonyme, gratuit et confidentiel destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels. Accessible 24h/24 et 7j/7.
🧠 Association Mémoire Traumatique et VictimologieInformations, ressources et outils de sensibilisation autour du psychotraumatisme et des violences.
📍 En cas d’urgence immédiate :
Composer le 17 (Police / Gendarmerie)
Ou envoyer un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler ou êtes en danger.
💬 Plateforme de signalement en ligneArrêtons les violencesTchat anonyme avec des policiers et gendarmes formés aux violences sexistes et sexuelles.
🤍 Si cet épisode fait remonter des émotions difficiles, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel de santé, un psychologue ou une association spécialisée dans le psychotraumatisme.
Transcription de l’épisode — Au cœur du trauma : comprendre ce que vivent les femmes de l’intérieur avec Dre Nela Klimcik
Stéphanie Jary :
Bonjour à toutes et bienvenue dans Les Éclairages d’États Dames, le rendez-vous dédié à la santé des femmes, au bien-être et à la compréhension des émotions qui traversent les parcours de vie.
Aux côtés de professionnels de santé, spécialistes et experts du soin, nous abordons ensemble des sujets souvent invisibles, sensibles ou complexes, avec pédagogie, humanité et bienveillance. Santé mentale, trauma, maternité, douleurs chroniques, charge émotionnelle, neuroatypie ou encore estime de soi… Ici, chaque épisode vous aide à mieux comprendre ce que vivent les femmes de l’intérieur.
Et aujourd’hui, nous allons parler du trauma, de ce qu’il laisse dans le corps, dans les émotions et dans le quotidien des femmes.
Pour en discuter, j’ai le plaisir d’accueillir la Dre Nela Klimcik, psychiatre trauma informée.
Sujet aussi complexe qu’essentiel : le trauma. Ces blessures invisibles qui continuent parfois de vivre dans le corps, dans le cerveau, dans les émotions, longtemps après les événements. L’anxiété permanente, l’hypervigilance, la fatigue, le besoin de contrôle, ce sentiment de ne plus vraiment se reconnaître… Toutes ces réactions ont du sens lorsqu’on comprend ce que le cerveau essaye de faire pour survivre.
Bonjour Docteure, merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui.
Alors pour commencer, quand on parle de trauma chez les femmes, de quoi parle-t-on concrètement ?
Dre Nela Klimcik :
Si je devais résumer le trauma en une phrase, ce serait l’impact qui reste d’un moment — ou de plusieurs moments lorsqu’on parle de trauma complexe — où le cerveau a été dans des situations de danger ou de honte, et dont l’impact persiste jusqu’à aujourd’hui.
Le concept même de trauma évolue énormément depuis plusieurs années. C’est assez paradoxal parce que déjà dans les récits de guerre de l’Antiquité, on décrivait des hommes revenant du combat avec des cauchemars et des symptômes très marqués. Mais ce n’est que dans les années 80 qu’on a réellement étudié le trouble du stress post-traumatique chez les soldats revenus du Vietnam.
Et ce qui est intéressant, c’est que cette étude a d’abord été faite sur des hommes. Le trauma au féminin a donc été longtemps ignoré.
Or, hommes et femmes ne sont pas exposés aux mêmes violences. Chez les hommes, on retrouve davantage les combats, les accidents, la violence physique directe. Chez les femmes, il s’agit souvent de violences domestiques, sexuelles ou psychologiques. Des violences profondément déshumanisantes.
On traite alors la femme comme un objet à disposition : un corps auquel on estime pouvoir accéder, une personne qu’on peut contrôler ou frapper pour obtenir ce qu’on veut. Et cela laisse des traces très particulières.
Le trauma, finalement, c’est une réaction de stress qui continue dans le présent.
Imaginez que vous vous promenez tranquillement au bord d’une rivière et qu’un crocodile surgisse soudainement. Votre cerveau bugue parce qu’un crocodile n’est pas censé être là.
Notre système de stress est conçu pour des dangers imaginables, pas pour des situations qui dépassent totalement nos capacités à réagir.
Dans un traumatisme, le cerveau est submergé. C’est alors le système nerveux autonome qui prend le relais. L’amygdale s’active, le cortisol augmente, les muscles se contractent, le cœur accélère, la respiration change… Le corps entier se prépare à survivre.
Le problème, c’est que ce système est censé être temporaire. Quand les violences sont répétées — comme dans les violences conjugales ou les violences pendant l’enfance — le cerveau reste bloqué dans cet état d’alerte permanent.
Stéphanie Jary :
Ce qui me marque beaucoup dans ce que vous dites, c’est cette idée que le trauma n’est pas seulement ce qui s’est passé, mais surtout ce qui continue à vivre à l’intérieur après, comme si le cerveau restait bloqué en mode survie.
Et justement, de l’intérieur, qu’est-ce que vivent les femmes ayant vécu un traumatisme que l’on ne voit pas forcément de l’extérieur ?
Dre Nela Klimcik :
Les femmes masquent énormément de choses. Elles font semblant d’aller bien. Elles finissent aussi par nier leur propre ressenti et se dire qu’elles sont “trop sensibles” ou qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez elles.
Parce qu’on attend souvent des femmes qu’elles encaissent tout avec le sourire.
Mais intérieurement, il y a une immense souffrance. Une tristesse profonde, une boule au ventre permanente, l’hypervigilance, la peur du danger, la peur du jugement, l’évitement… Leur système émotionnel devient hypersensible.
On devient presque un radar émotionnel permanent.
Il peut aussi y avoir une difficulté à s’affirmer. Chez les femmes, une réponse au stress très fréquente est ce qu’on appelle le fawning, c’est-à-dire le besoin de plaire pour éviter le danger.
Il existe quatre réponses automatiques au stress :
le fight : se battre,
le flight : fuir,
le freeze : se figer,
et le fawn : chercher à plaire.
Or, on apprend rarement aux femmes à se défendre. On leur apprend surtout à ne pas déranger, à ne pas réagir.
Alors elles retiennent tout, jusqu’au moment où les émotions explosent. Et quand elles explosent, on leur dit qu’elles sont “folles”.
Pourtant, cette colère est souvent un signe très important en santé mentale. Quand la colère revient, cela signifie parfois qu’une partie de soi recommence enfin à exister.
Stéphanie Jary :
Beaucoup de femmes finissent par croire qu’elles sont le problème parce qu’on leur répète qu’elles sont trop sensibles, trop anxieuses, trop émotives… alors qu’en réalité, leur cerveau tente simplement de les protéger.
Pourquoi certaines réactions comme l’anxiété, l’hypervigilance ou l’évitement sont-elles si souvent incomprises ?
Dre Nela Klimcik :
Déjà parce que le trauma reste dans le temps.
Quand un événement traumatique survient, au début tout le monde comprend la souffrance. Mais si un stress post-traumatique s’installe, les autres continuent leur vie alors que la personne traumatisée reste coincée dans cet événement.
Ensuite, nous regardons toujours les autres à travers notre propre vécu. Le fameux : “Moi, à ta place…”
Mais personne ne marche dans les chaussures des autres.
Une femme ayant subi des violences sexuelles peut développer un évitement de la sexualité parce que le cerveau associe désormais le sexe au danger. Ce n’est pas irrationnel. C’est une réaction de survie.
Et enfin, parfois, ça arrange de ne pas comprendre. Comprendre le trauma obligerait à remettre en question la violence elle-même et les systèmes qui la maintiennent.
Stéphanie Jary :
Quel lien peut-on faire entre le trauma et certains comportements du quotidien comme l’alimentation émotionnelle, l’hypercontrôle, les addictions ou l’épuisement ?
Dre Nela Klimcik :
Le stress est un état d’action permanent. Le corps tourne à plein régime. Il consomme énormément d’énergie.
Donc oui, les femmes vivant dans un état de stress chronique sont épuisées.
Et beaucoup de comportements jugés sont en réalité des comportements de survie :
manger pour apaiser le stress,
prendre des substances,
faire des achats compulsifs,
développer un hypercontrôle,
avoir une maison parfaite,
se scarifier,
entrer dans l’hypersexualité ou au contraire éviter toute sexualité.
Tout cela cherche à retrouver un sentiment de contrôle.
Ce sont des réactions normales à des situations profondément anormales.
Stéphanie Jary :
J’aimerais vraiment que les auditrices entendent cette phrase : ce sont des comportements de survie.
Pouvez-vous expliquer ce qu’est la dissociation ?
Dre Nela Klimcik :
La dissociation est un mécanisme de protection du cerveau.
Quand l’amygdale tourne en permanence et que le stress devient insupportable, le cerveau finit par “couper” certaines connexions pour protéger la personne.
On peut alors avoir l’impression de se regarder vivre de l’extérieur, comme dans un film. Le monde paraît irréel, flou, étrange. Certaines personnes ont des trous de mémoire.
Et j’ai vraiment envie de dire aux femmes qui vivent cela : vous n’êtes pas folles.
Votre cerveau tente simplement de vous protéger.
Le plus important dans ces moments-là, c’est de revenir au présent grâce à des techniques d’ancrage : utiliser les cinq sens, sentir le sol sous ses pieds, regarder autour de soi, respirer.
Stéphanie Jary :
Dans votre approche trauma informée, qu’est-ce que cela change concrètement dans l’accompagnement des patientes ?
Dre Nela Klimcik :
L’approche trauma informée a tout changé dans ma pratique.
Pendant longtemps, on a considéré les patients comme des personnes “malades”, “irrationnelles” ou incapables de s’adapter.
Mais on n’est pas faits pour s’adapter à la violence.
Aujourd’hui, on comprend que beaucoup de symptômes sont des réponses normales à des expériences anormales.
Dans cette approche, on ne demande plus : “Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ?”
Mais : “Qu’est-ce que vous avez vécu ?”
Et ça change tout.
On ne dénigre plus les mécanismes qui ont permis de survivre. On aide la personne à reprendre du pouvoir sur sa vie.
Le patient redevient acteur de ses soins.
Stéphanie Jary :
Je trouve cela extrêmement puissant parce que cela retire énormément de honte et de culpabilité.
Qu’est-ce que les femmes ressentent profondément mais n’arrivent pas toujours à exprimer ?
Dre Nela Klimcik :
Leurs besoins. Leurs envies. Leurs limites.
Les femmes savent souvent très bien ce qu’elles ressentent. Mais on leur apprend que leurs émotions ne sont pas valides.
On leur apprend à se taire, à plaire, à se sacrifier.
Alors beaucoup finissent par oublier qu’elles ont le droit d’exister pour elles-mêmes.
Pourtant, notre cerveau est fait pour nous aider à répondre à nos besoins : manger, aimer, découvrir, vivre, créer, se sentir en sécurité.
Quand la violence détourne le cerveau de cela, c’est profondément traumatisant.
Stéphanie Jary :
Quel message aimeriez-vous transmettre aux femmes qui se reconnaissent aujourd’hui dans ces vécus ?
Dre Nela Klimcik :
Déjà, vous n’êtes pas folles.
Vos réactions ont du sens.
Le trauma peut aussi avoir des conséquences physiques : douleurs, fatigue chronique, maladies liées au stress…
Et surtout, écoutez votre ressenti.
J’aime comparer l’amygdale à un petit chat qui grogne quand quelque chose ne va pas. N’essayez pas de convaincre ce petit chat que tout va bien alors que vous sentez que ce n’est pas le cas.
Faites-vous confiance.
Vous vous trompez rarement.
Et surtout : vous réagissez de manière normale à des choses qui ne sont pas normales.
Prenez soin de vous.
Stéphanie Jary :
Merci beaucoup Docteure pour cet échange et pour votre expertise.
Si cet épisode a résonné en vous, j’espère qu’il vous aura permis de mettre des mots sur certaines choses que vous vivez peut-être depuis longtemps, et surtout de comprendre que vos réactions ont du sens.
Vous n’êtes pas seules.
Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé.
À très vite pour un prochain épisode.
Merci d’avoir écouté cet épisode des Éclairages d’États Dames.
Mettre des mots sur le trauma, c’est déjà commencer à sortir du silence et de la culpabilité.
Si cet échange vous a touché, n’hésitez pas à le partager autour de vous. Parce qu’aucune femme ne devrait avoir à porter seule ce qu’elle traverse intérieurement.
🎙️ États Dames — Au cœur de votre santé.


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