Au cœur des violences faites aux femmes : comprendre l’emprise et ses mécanismes invisibles
- il y a 4 jours
- 6 min de lecture
Souvent, la violence ne commence pas par un coup.
Elle s’installe doucement.Presque silencieusement.Par des mots, des remarques, des regards…
Puis quelque chose bascule.Le doute s’installe.La confiance en soi s’effondre.Et la réalité devient floue.
Dans cet épisode d’États Dames, je reçois Amanda Forissier, thérapeute spécialisée en thérapie cognitive et comportementale.
Ensemble, nous mettons des mots sur ces mécanismes invisibles qui peuvent conduire une femme à rester dans une relation violente.
Un échange profond, nécessaire.Pour comprendre, sans juger.
⚠️ Trigger warning
Cet épisode aborde des sujets sensibles :violences psychologiques et physiques, emprise, anxiété, dépression, perte d’estime de soi.
💡 Le saviez-vous ?
La violence dans une relation peut être progressive et difficile à identifier.
De nombreuses femmes consultent initialement pour :
un épuisement
une anxiété généralisée
une dépression
Sans toujours faire le lien avec une situation de violence.
Comme l’explique Amanda Forissier, il s’agit souvent d’une “pandémie silencieuse”, qui se cache derrière des symptômes psychiques et physiques.
💬 Citation marquante de l’épisode
“Souvent, la violence ne commence pas par un coup.Elle commence là où tu commences à douter de toi.”

🔑 Les moments clés de l’épisode
1. Une violence qui s’installe progressivement
La relation débute souvent par une phase de séduction.L’autre semble idéal, présent, attentionné.
Puis apparaissent les premières microviolences :
remarques sur la tenue
critiques déguisées
malaise face aux proches
C’est ce qu’on appelle la technique du “pied dans la porte” :on accepte une concession, puis une autre…jusqu’à ne plus reconnaître ce qui est normal.
2. Le gaslighting : quand la réalité se brouille
“Tu es trop sensible.”“Tu inventes.”
Ces phrases peuvent sembler anodines.Mais répétées, elles installent un doute profond.
👉 La victime finit par douter d’elle-même plutôt que de remettre en question l’autre.
C’est le mécanisme du gaslighting.
3. Le mécanisme de l’emprise
Petit à petit :
la confiance en soi diminue
la culpabilité s’installe
la perception de la réalité se déforme
La personne s’adapte, se justifie, se remet en question.
👉 Ce n’est pas un choix.👉 C’est un mécanisme psychologique puissant.
4. Pourquoi partir est si difficile
Contrairement aux idées reçues, rester n’est pas un signe de faiblesse.
Plusieurs facteurs entrent en jeu :
l’attachement traumatique
le renforcement intermittent (alternance violence / moments d’amour)
la peur
l’isolement
l’épuisement
👉 Partir demande une énergie que la violence a souvent déjà consumée.
5. Les signes d’alerte
Certains signaux peuvent alerter :
isolement progressif
contrôle (téléphone, finances, déplacements)
peur constante
sentiment de marcher sur des œufs
perte de joie
perte d’identité
👉 On ne se reconnaît plus.👉 On devient l’ombre de soi-même.
6. Les conséquences sur la santé mentale et le corps
Les violences ont des impacts profonds :
anxiété
dépression
stress post-traumatique
troubles du sommeil
douleurs chroniques
dépersonnalisation
👉 Le corps parle, même quand les mots ne sont plus là.
7. Le rôle de l’histoire personnelle
Certaines expériences passées peuvent fragiliser :
manque d’affection
schémas de sacrifice de soi
croyances liées à l’amour
👉 Mais il est essentiel de le rappeler :
Vulnérable ne signifie jamais responsable.
8. Se reconstruire
La reconstruction se fait en plusieurs étapes :
Se mettre en sécurité
Comprendre les mécanismes
Reconstruire l’estime de soi
👉 Mettre des mots permet de sortir de la confusion.
9. Une force invisible
Contrairement aux idées reçues, ces femmes ne sont pas faibles.
👉 Elles sont des athlètes de la survie
Elles ont appris à :
anticiper
s’adapter
survivre
Le travail consiste ensuite à rediriger cette force vers elles-mêmes.
🧠 Transcription de l’épisode
Malheureusement, les violences sont une thématique presque omniprésente.Souvent, les patientes ne consultent pas directement pour des violences, mais pour un épuisement, une anxiété généralisée ou une dépression.
Et c’est en prenant le temps de dérouler leur histoire que l’on découvre une réalité faite de contrôles, de dévalorisations, et d’emprise.C’est ce que l’on peut appeler une véritable pandémie silencieuse, qui se cache derrière de nombreux motifs de consultation.
La violence ne commence jamais par un coup.Elle débute par une phase de séduction, où l’autre apparaît comme l’homme idéal.
Puis, progressivement, s’installent les premières microviolences :une remarque sur une tenue, une attitude désapprobatrice, un malaise quand on voit ses proches.
C’est ce qu’on appelle la technique du “pied dans la porte” :on accepte une petite concession, puis une autre…et sans s’en rendre compte, notre seuil de tolérance se déplace.
Ces mécanismes sont difficiles à identifier, car ils viennent altérer la perception de la réalité.
C’est le phénomène de gaslighting :le partenaire peut dire“Tu es trop sensible”ou encore“Je n’ai jamais dit ça, tu inventes”.
Petit à petit, la victime en vient à douter de son propre jugement, plutôt que de remettre en question l’autre.
Il y a souvent une phase de sidération, suivie d’un effondrement.Lorsque le voile se lève, la femme réalise que l’image qu’elle avait de son couple — et d’elle-même — était une illusion.
Et à ce moment-là, une peur immense peut apparaître :si tout cela est vrai, alors toute sa vie est en danger.
En thérapie cognitive et comportementale, on parle de schémas précoces inadaptés.
Certaines femmes, en raison de leur histoire, ont intégré des croyances profondes :qu’il faut mériter l’amour,ou que l’amour est associé à la souffrance.
Cela peut les rendre plus vulnérables face à des personnes qui exploitent ces failles.
Mais il est essentiel de le rappeler :
👉 vulnérable ne signifie jamais responsable.
L’estime de soi joue un rôle fondamental.Elle agit comme un véritable système immunitaire psychologique.
Quand elle est fragilisée, on peut en venir à accepter des comportements que l’on n’accepterait jamais pour quelqu’un d’autre.
Et le partenaire violent agit précisément pour détruire cette estime, afin de maintenir son emprise.
L’emprise repose aussi sur un mécanisme très puissant :le renforcement intermittent.
Le partenaire alterne entre des moments de violence et des moments d’amour intense.Ce contraste crée une forme d’addiction.
La victime devient alors attachée aux moments de calme, ce qui renforce le lien traumatique.
Certaines phrases reviennent fréquemment :“Sans moi tu n’es rien”“Qui voudrait de toi ?”“Tu es folle”
Ces mots s’installent progressivement et finissent par devenir une voix intérieure.
La culpabilité est un mécanisme de défense.Penser “c’est ma faute” donne l’illusion de pouvoir reprendre le contrôle en changeant son comportement.
C’est souvent moins effrayant que d’accepter que l’autre est dangereux et imprévisible.
La honte, elle, enferme dans le silence et isole.
S’ajoutent à cela :
la peur
la confusion
la dissonance cognitive
(le fait de concilier l’image de l’homme aimé avec celle de l’homme violent)
Et surtout, un épuisement profond.
Partir demande une énergie que la violence a justement consommée.
Certains signes peuvent alerter :
👉 l’isolement
👉 le contrôle
👉 le fait de marcher sur des œufs
👉 la perte de joie
On ne se reconnaît plus.On devient une version altérée de soi-même.
Les conséquences peuvent être lourdes :stress post-traumatique, troubles du sommeil, douleurs chroniques…
Le corps parle.
Et souvent, une sensation de dépersonnalisation apparaît :comme si la personne était vidée d’elle-même.
Le déclic peut venir de différentes choses :un événement violent de trop,un mot d’un enfant,ou parfois simplement un regard extérieur bienveillant.
C’est le moment où la survie de la personne redevient plus importante que celle du couple.
Le travail thérapeutique se fait en plusieurs étapes :
Se mettre en sécurité
Comprendre les mécanismes
Reconstruire l’estime de soi
Ces femmes ne sont pas faibles.Au contraire.
Elles ont développé des capacités d’adaptation et de survie extraordinaires.
👉 Ce sont des athlètes de la survie.
Le travail consiste ensuite à rediriger cette force vers leur liberté.
Ce que vous vivez n’est pas votre faute.La honte doit changer de camp.
👉 Vous n’êtes pas seule.
👉 Et il existe un chemin pour retrouver la lumière.
Même si aujourd’hui tout semble sombre,le premier pas est de briser le silence… même à voix basse.
🤝 Ressources utiles et soutien
Si vous êtes concernée ou si vous avez besoin d’aide :
📞 3919 – Violences Femmes Info(appel gratuit, anonyme, 24h/24)
🚨 Urgence : 17 ou 112
💬 Chat anonyme :https://arretonslesviolences.gouv.fr
📍 Plateforme officielle :https://arretonslesviolences.gouv.fr
🤝 Fédération Nationale Solidarité Femmes
🧠 France Victimes – 116 006
🎙️ À propos de l’épisode
Vous pouvez également retrouver Amanda Forissier sur le site, dans la rubrique “Conseils & Experts”.
💛 Conclusion
Cet épisode est une invitation à comprendre.À mettre des mots sur l’invisible.
Sans jugement.
Et surtout, à rappeler une chose essentielle :
👉 Ce que vous vivez n’est pas normal
👉 Et vous n’êtes pas seule



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