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Je dois avoir recours à un don de gamètes : comment accepter et avancer ? - Avec Déborah Schouhmann-Antonio, thérapeute spécialisée en périnatalité

  • 23 nov. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 mai

Portrait de Déborah Schouhmann-Antonio, thérapeute spécialisée en périnatalité, invitée du podcast États Dames pour parler de PMA et de don de gamètes.


Trigger warning : 


Cet article et l’épisode évoquent l’infertilité, la PMA, le don de gamètes, les fausses couches et le deuil de la grossesse naturelle.



Quand le désir d’enfant se heurte à l’infertilité, le parcours devient souvent un véritable marathon émotionnel. Pour certaines femmes et certains couples, la question du don de gamètes (don d’ovocytes ou de sperme) vient s’ajouter à un chemin déjà jalonné d’examens, d’attentes, d’espoirs et parfois d’échecs.


Dans cet épisode du podcast États Dames, je reçois Déborah Schouhmann-Antonio, thérapeute spécialisée en périnatalité depuis plus de 12 ans. Elle accompagne au quotidien des couples et des femmes en parcours PMA et les aide à traverser les étapes sensibles, dont le don de gamètes, avec plus de compréhension, de douceur et d’outils concrets.


Cet article revient sur les grands thèmes abordés dans l’épisode et explique en quoi l’accompagnement psychologique peut changer profondément la manière de vivre ce parcours.


Portrait de Déborah Schouhmann-Antonio thérapeute spécialiste de la périnatalité



Déborah Schouhmann-Antonio est thérapeute spécialiste de la périnatalité. Elle reçoit des femmes, des hommes et des couples confrontés à l’infertilité, à la PMA, aux fausses couches, aux interruptions médicales de grossesse, mais aussi à toutes les questions autour du désir d’enfant, de la grossesse, de l’accouchement et de la vie de couple.


Son engagement dépasse le cadre du cabinet :

  • Elle a créé la première Journée de l’Infertilité en France en 2014, pour visibiliser ces parcours encore trop tabous.

  • Depuis 2022, elle travaille aux côtés de la députée Prisca Thévenot pour améliorer la prise en charge de la santé des femmes : information, dépistage plus précoce de pathologies comme l’endométriose, le SOPK, les fibromes, meilleure écoute des douleurs, etc.

Son approche mêle expertise, écoute et un engagement fort pour que les femmes ne soient plus abandonnées face à leurs symptômes ni réduites à leur capacité à “faire un enfant”.


PMA, infertilité et santé des femmes : quand le diagnostic arrive trop tard


Dans l’épisode, Déborah rappelle un constat difficile : très souvent, les diagnostics (endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, fibromes…) sont posés au moment du désir d’enfant, donc tard.


Cela signifie que :

  • Pendant des années, les femmes vivent avec des douleurs (règles très douloureuses, symptômes digestifs, fatigue…) sans qu’on prenne ces signaux au sérieux.

  • Le dépistage se fait dans une logique de “médecine d’urgence” : on cherche une solution rapide pour permettre une grossesse, alors que ces pathologies impactent la santé globale, la sexualité, le travail, la vie sociale…


Déborah plaide pour :

  • une information dès l’adolescence,

  • des rendez-vous de dépistage réguliers au fil de la vie (adolescence, 25–30 ans, 40 ans, ménopause),

  • une vision de la santé des femmes qui ne soit plus uniquement centrée sur la maternité.


Le don de gamètes : un parcours de plusieurs deuils


Le don de gamètes est parfois présenté comme une “solution” logique quand la PMA classique ne fonctionne pas. Mais émotionnellement, c’est un véritable séisme intérieur.


Déborah explique qu’il ne s’agit pas d’un seul deuil, mais de plusieurs :

  • le deuil de la grossesse “naturelle”, celle qu’on espérait voir arriver “sous la couette”,

  • le deuil des tentatives de PMA qui n’ont pas abouti,

  • puis le deuil de sa propre génétique quand on accepte un don d’ovocytes ou de sperme.


Accepter un don, ce n’est pas “renoncer par dépit”, c’est choisir un autre chemin de parentalité. Pour cela, il faut du temps, de l’information, et souvent un espace pour déposer ses peurs, sa colère, sa tristesse, sa culpabilité…


Des émotions légitimes : colère, jalousie, honte…


Une partie très forte de l’épisode est consacrée aux émotions que vivent les personnes en parcours PMA :

  • la colère (“Pourquoi moi ? Pourquoi mon corps ne fonctionne pas comme celui des autres ?”),

  • la jalousie face aux grossesses “faciles” dans l’entourage,

  • la honte de ne pas réussir à faire “la chose la plus naturelle du monde”,

  • le sentiment d’échec ou de “ne pas être à la hauteur”.


Déborah rappelle avec beaucoup de douceur que toutes ces émotions sont légitimes et qu’elles font partie du chemin. Elles ne font de personne quelqu’un de “moins bien” ou de “moins fort”.


Elle compare le parcours de PMA à un marathon, pas à un sprint : on ne peut pas tenir la distance en restant souriante et positive en permanence. On a le droit de craquer, de douter, de faire une pause, de changer d’avis.


Le couple au cœur du don : décider à deux


Dans l’épisode, un point essentiel revient souvent : on ne peut pas entrer dans un parcours de don “pour faire plaisir à l’autre”.


Déborah invite chaque membre du couple à se poser des questions personnelles :

  • Qu’est-ce que “faire un enfant” représente pour moi ?

  • Ai-je besoin que cet enfant porte ma génétique pour me sentir parent ?

  • Est-ce que je suis prêt·e à aimer un enfant issu d’un don comme mon enfant à part entière ?


Elle insiste sur l’importance :

  • de laisser à chacun son temps de réflexion,

  • de pouvoir dire “je ne suis pas prêt·e” ou “ce n’est pas la voie pour moi”,

  • de ne pas juger celles et ceux qui décident d’arrêter un parcours trop lourd pour eux.


Dire “stop” peut aussi être un acte de force et de protection de soi.


Droit d’accès aux origines : un sujet sensible à penser sereinement


La loi bioéthique de 2021 permet désormais aux enfants nés d’un don de gamètes d’accéder, à leur majorité, à certaines informations sur le donneur ou la donneuse.


Déborah n’a pas de position “toute faite” sur ce point :

  • Pour elle, l’essentiel est que chaque parent puisse réfléchir à la manière et au moment où il souhaite parler du don à son enfant.

  • Elle encourage à ne pas faire du don un secret, mais à l’intégrer naturellement à l’histoire de l’enfant, avec des mots adaptés à son âge.

  • Elle rappelle qu’un donneur n’est pas un “père” ou une “mère” au sens relationnel du terme, mais un tiers donneur, qui a permis à un projet parental d’exister.


L’épisode donne des pistes pour aborder ce sujet sans tabou, en distinguant la génétique de tout ce qui se transmet ensuite par l’éducation, les valeurs, le quotidien.


Pourquoi écouter cet épisode si vous êtes concernée par la PMA ou le don de gamètes ?


Cet épisode est fait pour vous si :

  • vous êtes en parcours PMA ou sur le point d’y entrer,

  • on vous a parlé de don d’ovocytes ou de don de sperme,

  • vous vous sentez perdue, en colère, jalouse, épuisée,

  • vous vous demandez jusqu’où vous pouvez aller sans vous perdre,

  • vous cherchez des mots justes pour expliquer la situation à votre partenaire, à votre entourage ou à votre futur enfant.


Vous y trouverez :

  • un regard très humain sur ce que vous traversez,

  • des réflexions concrètes pour prendre du recul,

  • un message d’espoir, que votre vie ait ou non un jour un enfant biologique,

  • la voix d’une professionnelle qui connaît de l’intérieur ces parcours et milite pour une meilleure prise en charge de la santé des femmes.


FAQ – PMA, don de gamètes et accompagnement émotionnel

Qu’est-ce que le don de gamètes en PMA ?

Le don de gamètes consiste à recevoir un don de spermatozoïdes ou d’ovocytes lorsqu’une grossesse ne peut pas être obtenue avec les gamètes du couple ou de la personne concernée. Dans un parcours de PMA, ce don permet d’envisager une grossesse grâce à l’intervention d’un tiers donneur.

Pourquoi le don de gamètes peut-il être difficile à accepter ?

Le don de gamètes peut être difficile à accepter parce qu’il implique souvent plusieurs deuils : le deuil d’une grossesse naturelle, le deuil d’un parcours PMA classique qui n’a pas fonctionné, mais aussi parfois le deuil de la transmission génétique. C’est un chemin intime qui demande du temps, de la réflexion et un accompagnement adapté.

Pourquoi parle-t-on de deuil dans un parcours de PMA avec don ?

Dans un parcours de PMA avec don, le mot “deuil” revient souvent car les personnes concernées doivent accepter que leur projet d’enfant prenne une autre forme que celle imaginée au départ. Il ne s’agit pas d’un choix par dépit, mais d’un nouveau chemin à construire psychiquement, émotionnellement et parfois en couple.

Pourquoi l’accompagnement psychologique est-il important en PMA ?

L’accompagnement psychologique en PMA permet de poser des mots sur les peurs, la colère, la jalousie, la honte, la fatigue ou encore le sentiment d’échec. Ces émotions sont fréquentes et légitimes. Être accompagnée aide à mieux traverser les étapes du parcours, à prendre du recul et à faire des choix plus alignés avec soi-même.

Quelles émotions peut-on ressentir pendant un parcours PMA ?

Un parcours PMA peut provoquer de nombreuses émotions : espoir, peur, impatience, tristesse, colère, culpabilité, jalousie, épuisement ou perte de confiance. Ces ressentis ne sont pas des signes de faiblesse. Ils font partie d’un parcours souvent long, incertain et éprouvant.

Le don d’ovocytes ou de sperme change-t-il le lien avec l’enfant ?

Le don de gamètes ne résume pas la parentalité à la génétique. Le lien avec l’enfant se construit aussi par le désir, la grossesse, l’histoire familiale, l’éducation, les valeurs transmises et la relation quotidienne. Être parent ne se limite pas à transmettre des gènes.

Faut-il parler du don de gamètes à son enfant ?

Selon Déborah Schouhmann-Antonio, il est important de pouvoir dire à l’enfant son histoire, avec des mots adaptés à son âge. Plus le sujet est abordé tôt et naturellement, moins il devient un tabou. L’enfant peut ainsi grandir avec une compréhension progressive de son histoire.

Quelle est la différence entre un donneur et un parent ?

Dans le cadre du don de gamètes, le donneur ou la donneuse permet à un projet parental d’exister, mais il ou elle n’a pas porté le désir d’enfant ni construit la relation parentale. Le parent est celui qui accompagne, élève, transmet, protège et construit le lien au quotidien.

Pourquoi les parcours PMA sont-ils souvent éprouvants pour les couples ?

La PMA peut fragiliser le couple à cause de l’attente, des échecs, des traitements, des examens, de la pression du temps et des décisions importantes à prendre. La communication devient alors essentielle pour que chacun puisse exprimer ses limites, ses peurs et son rythme.

Peut-on arrêter un parcours PMA sans culpabiliser ?

Oui. Arrêter un parcours PMA ne signifie pas échouer ou manquer de courage. Cela peut aussi être une décision de protection, de lucidité et d’écoute de soi. Chaque personne a son propre seuil, son propre rythme et son propre chemin.


Pourquoi est-il important de mieux informer les femmes sur leur santé reproductive ?

Une meilleure information permet de dépister plus tôt certaines pathologies comme l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques ou les fibromes. Attendre le désir d’enfant pour explorer la santé gynécologique des femmes peut conduire à des diagnostics tardifs et à une prise en charge plus urgente et plus lourde.

🔹 Retrouver Déborah Schouhmann-Antonio :


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