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  • Au cœur de l’après-cancer : ce vide dont on ne parle pas avec Flo

    Quand on parle du cancer, on évoque souvent l'annonce de la maladie, les traitements, la chirurgie, la chimiothérapie ou encore la radiothérapie. Mais que se passe-t-il lorsque tout cela s'arrête ? Que ressent-on lorsque les rendez-vous médicaux deviennent moins fréquents, que l'entourage pense que tout est derrière nous et que l'on se retrouve seule face à une vie qui ne ressemble plus tout à fait à celle d'avant ? Dans cet épisode d'États Dames, Flo revient sur son parcours avec un cancer du sein diagnostiqué à l'âge de 38 ans. Elle partage sans filtre ce qu'elle a vécu pendant les traitements, mais surtout cette période méconnue que l'on appelle l'après-cancer. Un témoignage qui met en lumière les émotions, les questionnements, les bouleversements et les ressources qui émergent lorsqu'il faut réapprendre à avancer après la maladie. Cet épisode aborde le cancer du sein, les traitements oncologiques, la peur de la mort, l'impact de la maladie sur la parentalité, la reconstruction après les traitements et la santé mentale. Le saviez-vous ? La fin des traitements contre le cancer ne marque pas forcément la fin des difficultés. De nombreuses personnes évoquent un sentiment de vide, de décalage avec leur entourage, une perte de repères ou encore une peur persistante de la récidive. Cette période, parfois appelée « l'après-cancer », reste encore peu connue du grand public alors qu'elle représente une étape importante du parcours de soin. « J'étais descendue du train des traitements. J'étais assise sur le quai de la gare à regarder les trains passer. Et je n'avais aucune idée dans quel train je devais monter pour la suite. » Les moments clés de l'épisode La découverte d'une boule dans le sein L'annonce du diagnostic à 38 ans La peur de laisser ses enfants Le mode « viking » pour traverser la maladie La chirurgie et la chimiothérapie La perte des cheveux Le soutien de l'entourage Le vide après les traitements La difficulté à reprendre sa vie La reconversion professionnelle Le besoin de redonner du sens à son parcours La reconstruction après le cancer Quand le cancer bouleverse une vie déjà bien remplie À 38 ans, Flo est maman de deux enfants. Elle vient de changer de poste dans son entreprise lorsqu'elle découvre une boule dans son sein. Très rapidement, les examens s'enchaînent. Mammographie. Échographie. Biopsie. Puis le diagnostic tombe : un cancer du sein hormonodépendant. Comme beaucoup de femmes confrontées à cette annonce, Flo comprend immédiatement que sa vie vient de basculer. Mais très vite, une pensée prend le dessus sur toutes les autres. Ses enfants. L'idée qu'ils puissent grandir sans elle devient son moteur pour avancer. Le combat contre la maladie Après une première chirurgie conservatrice, les analyses révèlent une atteinte ganglionnaire. Le protocole évolue alors vers plusieurs mois de chimiothérapie, suivis de radiothérapie puis d'hormonothérapie. Face à la maladie, Flo développe ce qu'elle appelle son mode « viking ». Une manière de continuer à avancer malgré la peur. Malgré les incertitudes. Malgré les effets secondaires. Son arme principale : l'humour. Parce que parfois, rire devient une façon de survivre. La perte des cheveux : un symbole fort Lorsque la chimiothérapie débute, Flo pense immédiatement à la perte de ses cheveux. Comme pour beaucoup de femmes, cette étape représente bien plus qu'un simple changement physique. Elle décide pourtant de vivre cette période à sa manière. Elle se rase la tête dès les premiers signes de chute de cheveux et choisit souvent de sortir tête nue. Un choix assumé qui reflète sa volonté de rester elle-même malgré la maladie. Quand les traitements s'arrêtent On pourrait croire que la partie la plus difficile est derrière soi. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'apparaît ce que Flo décrit comme un immense vide. Pendant des mois, la vie est organisée autour des rendez-vous médicaux, des examens et des traitements. Puis tout s'arrête. Et soudain, il faut réapprendre à vivre sans ce cadre. Cette période peut être déroutante. L'entourage est soulagé. Les cheveux repoussent. Les traitements lourds sont terminés. Mais intérieurement, beaucoup de questions demeurent. L'après-cancer : ce vide dont on parle si peu Flo utilise une image particulièrement parlante. Elle compare la fin des traitements à une descente de train. Le train des soins. Le train du combat. Une fois descendue sur le quai, elle se retrouve à regarder les autres trains passer sans savoir lequel prendre. Cette sensation de flottement est fréquente chez les personnes ayant traversé un cancer. Certaines ressentent de l'anxiété. D'autres une perte de repères. D'autres encore un profond besoin de redonner du sens à leur vie. Peut-on reprendre sa vie d'avant ? Pour Flo, la réponse est claire. Non. On ne reprend pas sa vie d'avant. Parce qu'un cancer laisse des traces. Des traces physiques. Des traces émotionnelles. Des traces dans les projets, les relations et les priorités. Cela ne signifie pas que tout devient négatif. Au contraire. Certaines personnes découvrent de nouvelles forces, de nouvelles envies ou de nouveaux projets. Mais elles avancent avec une version différente d'elles-mêmes. La reconstruction après le cancer Après les traitements, Flo entreprend un bilan de compétences. Elle découvre le coaching et commence à réfléchir à ce qu'elle souhaite construire pour la suite. Petit à petit, une évidence s'impose. Accompagner d'autres femmes confrontées à des ruptures de vie. Des femmes qui, comme elle, cherchent à retrouver du sens après une épreuve. Aujourd'hui, son parcours lui permet de transmettre un message fort : Nous avons toutes des ressources en nous. Et nous ne sommes pas obligées d'avancer seules. Ce que Flo souhaite transmettre aux femmes À travers son témoignage, Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer. Certaines femmes auront besoin de temps. D'autres auront envie de tout changer. D'autres encore souhaiteront retrouver une certaine stabilité. Toutes ces réactions sont légitimes. Le plus important est de respecter son propre rythme. Et de s'autoriser à être douce avec soi-même. FAQ – L'après-cancer Qu'appelle-t-on l'après-cancer ? L'après-cancer correspond à la période qui suit la fin des traitements principaux contre le cancer. Même lorsque la maladie est contrôlée ou en rémission, de nombreuses personnes continuent à faire face à des conséquences physiques, psychologiques et émotionnelles qui peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Pourquoi certaines personnes se sentent-elles perdues après la fin des traitements ? Pendant des mois, le quotidien est rythmé par les rendez-vous médicaux, les examens et les traitements. Lorsque tout s'arrête, certaines personnes ressentent une perte de repères. Elles doivent réapprendre à vivre sans ce cadre médical tout en intégrant ce qu'elles viennent de traverser. Est-il normal de ressentir un vide après un cancer ? Oui. Ce sentiment est fréquent et largement documenté. Beaucoup de personnes décrivent une sensation de vide, de flottement ou de décalage avec leur entourage après la fin des traitements. Cela ne signifie pas que quelque chose ne va pas, mais simplement que le corps et l'esprit continuent leur travail de reconstruction. Pourquoi l'entourage pense-t-il souvent que tout est terminé ? Parce que les signes visibles de la maladie disparaissent progressivement : les traitements sont terminés, les cheveux repoussent et les examens deviennent moins fréquents. Pourtant, les conséquences émotionnelles et physiques peuvent être encore très présentes pour la personne concernée. Qu'est-ce que la peur de la récidive ? La peur de la récidive est la crainte que le cancer revienne. Cette inquiétude est très fréquente après un cancer et peut réapparaître lors des examens de contrôle, à l'apparition d'un symptôme inhabituel ou à certaines périodes de l'année liées au parcours de soins. Peut-on reprendre sa vie comme avant après un cancer ? Chaque parcours est différent. Certaines personnes retrouvent rapidement leurs habitudes tandis que d'autres ressentent le besoin de réorganiser leur vie. Beaucoup expliquent que le cancer a modifié leurs priorités, leur rapport au temps, au travail, à la famille ou à leur santé. Pourquoi la fatigue peut-elle persister longtemps après les traitements ? La fatigue liée au cancer est différente d'une fatigue classique. Elle peut persister plusieurs mois après la chimiothérapie, la radiothérapie ou certaines thérapies ciblées. Elle est souvent influencée par les traitements, le stress, le manque de sommeil et les bouleversements émotionnels vécus. L'après-cancer peut-il avoir un impact sur la santé mentale ? Oui. Certaines personnes traversent des périodes d'anxiété, de tristesse, de perte de confiance en elles ou de questionnements existentiels. D'autres peuvent développer des symptômes proches du stress post-traumatique. Un accompagnement psychologique peut être bénéfique. Est-il fréquent de changer de projet professionnel après un cancer ? Oui. Beaucoup de personnes ressentent le besoin de redonner du sens à leur vie après une épreuve de santé importante. Cela peut se traduire par une reconversion, une reprise d'études, un changement de rythme de travail ou un nouvel engagement personnel. Comment retrouver confiance en son corps après les traitements ? La reconstruction est progressive. Certaines femmes retrouvent confiance grâce à l'activité physique adaptée, aux soins de support, à la thérapie, à la méditation, à la sophrologie ou encore à travers des groupes de parole avec d'autres patientes. Où trouver du soutien lorsqu'on traverse l'après-cancer ? Il existe de nombreuses ressources : Les psychologues spécialisés en oncologie Les associations de patients Les groupes de parole Les soins oncologiques de support Les coachs spécialisés dans l'accompagnement après la maladie Les podcasts et témoignages de personnes ayant vécu des expériences similaires Comment soutenir un proche qui traverse l'après-cancer ? La meilleure aide consiste souvent à écouter sans minimiser ce qu'il ressent. Éviter les phrases comme « c'est derrière toi maintenant » ou « il faut tourner la page » peut permettre à la personne de se sentir comprise dans cette période parfois complexe. Pourquoi parler de l'après-cancer est-il important ? Parce que cette étape reste encore méconnue alors qu'elle concerne des milliers de personnes chaque année. Donner la parole aux patientes permet de mieux comprendre les réalités vécues après la maladie et de lutter contre l'isolement que certaines peuvent ressentir. Que peut apporter le témoignage de Flo à d'autres femmes ? Le témoignage de Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer. Son parcours montre qu'il est possible d'avancer à son rythme, de traverser les doutes, de demander de l'aide et de reconstruire progressivement une vie qui a du sens après la maladie. Transcription rédigée Le diagnostic : quand tout bascule À 38 ans, Flo découvre une boule dans son sein. Un an plus tôt, elle avait déjà signalé cette anomalie à son gynécologue. Malgré ses inquiétudes et les antécédents de cancer du sein présents dans sa famille, elle est rassurée et repart sans examen complémentaire. Les mois passent. Puis, à l'automne 2022, la masse devient visible. Cette fois, Flo insiste et demande elle-même une mammographie et une échographie. Très vite, les examens s'enchaînent. Les réactions des professionnels de santé lui font comprendre que quelque chose ne va pas. Quelques jours plus tard, le diagnostic tombe : un cancer du sein. Sa première pensée n'est pas la colère ni même la peur. Elle pense immédiatement à ses enfants. À cette vie qu'elle n'avait pas imaginé voir bouleversée de cette façon. À ce moment-là, ses enfants ont 9 et 5 ans. Elle est séparée de leur père depuis peu et vient tout juste de prendre un nouveau poste dans son entreprise. La maladie s'invite dans un quotidien déjà chargé. Passer en mode survie Très rapidement, un protocole de soins est mis en place. Une tumorectomie est programmée afin de retirer les tumeurs identifiées dans son sein. Au départ, les médecins espèrent éviter la chimiothérapie. Mais l'analyse des ganglions révèle que le cancer a commencé à migrer. Le protocole change. La chimiothérapie devient indispensable. Pour Flo, cette annonce marque un tournant. Pourtant, elle refuse de s'effondrer. Elle décrit cette période comme son « mode viking ». Un état d'esprit qui lui permet d'avancer malgré les incertitudes. Une façon de regarder la maladie en face sans lui laisser toute la place. Son arme principale ? L'humour. L'autodérision. La capacité à relativiser ce qui peut l'être lorsque l'on se retrouve confrontée à l'essentiel. La peur de laisser ses enfants Même si elle avance avec détermination, un moment particulier reste gravé dans sa mémoire. Un jour, elle regarde ses enfants jouer. Et soudain, elle les imagine sans elle. Cette pensée la traverse de plein fouet. À cet instant précis, quelque chose se passe. Elle comprend qu'elle va se battre. Pas seulement contre la maladie. Mais pour continuer à être là. Pour les voir grandir. Pour partager encore des années avec eux. C'est ce qui deviendra son moteur pendant tout le parcours de soins. Apprendre à vivre avec les traitements Pendant six mois, Flo suit une chimiothérapie. Comme beaucoup de femmes, elle sait que ses cheveux vont tomber. Plutôt que d'attendre, elle choisit de reprendre le contrôle. Dès les premiers signes de chute, elle se fait raser la tête. La perruque ne lui correspond pas. Elle préfère souvent sortir tête nue, malgré les regards et parfois les interrogations. Ce choix devient une manière d'assumer pleinement ce qu'elle traverse. Une façon de rester elle-même malgré les changements imposés par la maladie. Tout au long des traitements, elle continue d'avancer. Elle s'occupe de ses enfants. Elle reste active. Elle s'entoure de ses proches, de sa famille, de ses amis et de ceux qui choisissent d'être présents à ses côtés. Quand les traitements s'arrêtent Puis vient le moment que tout le monde attend. La fin des traitements. Les dernières séances. Les derniers rendez-vous rapprochés. Le retour progressif à une vie plus normale. Mais pour Flo, ce n'est pas un soulagement immédiat. Au contraire. C'est à ce moment-là qu'apparaît ce qu'elle appelle le grand vide. Pendant des mois, sa vie a été organisée autour des soins. Puis soudainement, tout s'arrête. Et une question s'impose : « Et maintenant ? » Elle utilise une image très forte pour décrire cette période. Elle explique être descendue du train des traitements. Assise seule sur le quai de la gare. À regarder les trains passer. Sans savoir dans lequel monter pour continuer son voyage. (...) Ressources utiles Association Chacun son Everest Institut National du Cancer (INCa) Ligue contre le cancer RoseUp Association Mon Réseau Cancer du Sein Rejoignez la communauté États Dames 💌 Vous souhaitez être informée des nouveaux épisodes, découvrir les articles complets, accéder aux ressources santé et soutenir le podcast ? Abonnez-vous gratuitement au site États Dames. Vous recevrez les nouveaux témoignages directement dans votre boîte mail et pourrez continuer à explorer les sujets abordés dans les épisodes. Parce qu'aucune femme ne devrait traverser seule les épreuves liées à sa santé.

  • Au cœur du cancer du sein triple positif : le parcours de Valène, maman de trois enfants

    Valène est maman de trois enfants lorsqu'elle découvre une grosseur dans son sein droit lors de vacances en famille. En quelques semaines, sa vie bascule. Les rendez-vous médicaux s'enchaînent, les examens aussi, jusqu'au diagnostic : un cancer du sein triple positif. Dans cet épisode d'États Dames, elle revient sur les différentes étapes de son parcours : l'annonce de la maladie, la chirurgie, la chimiothérapie, la perte des cheveux, la mastectomie avec reconstruction mammaire et l'après-cancer. À travers son histoire, Valène évoque ses peurs, ses questionnements, son rôle de mère et les ressources qui lui ont permis d'avancer un jour après l'autre. Cet épisode aborde les thèmes du cancer du sein, de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la peur de la mort, de la récidive et de l'impact émotionnel de la maladie sur la vie familiale. Le saviez-vous ? Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Un cancer du sein triple positif signifie que les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone ainsi qu'une surexpression de la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie. « La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier se rappellerait peut-être plus de moi. » Les moments clés de l'épisode La découverte d'une grosseur dans le sein pendant des vacances en famille L'annonce du diagnostic d'un cancer du sein triple positif La peur de laisser ses enfants grandir sans leur mère La décision d'accepter la chimiothérapie malgré ses craintes Les effets secondaires des traitements La perte des cheveux et la reprise de contrôle sur son image La mastectomie bilatérale avec reconstruction mammaire immédiate L'acceptation progressive d'un nouveau corps La peur de la récidive Le regard différent porté sur la vie après la maladie Quand une simple découverte bouleverse une vie Comme beaucoup de femmes, Valène mène une vie active entre son métier d'assistante maternelle, sa famille et ses projets d'avenir. Lors de vacances à la montagne avec ses proches, elle découvre une grosseur dans son sein droit. Très rapidement, une intuition s'impose à elle. Quelque chose ne va pas. Dès son retour, les consultations médicales s'enchaînent. Mammographie, échographie, biopsie. Quelques jours plus tard, le diagnostic est confirmé : un cancer du sein infiltrant de grade 3. Même si elle pressentait la maladie, entendre le mot « cancer » change tout. Quand la peur concerne avant tout ses enfants Au moment de l'annonce, Valène ne pense pas d'abord aux traitements ou aux opérations. Elle pense à ses enfants. Son fils aîné est adolescent. Ses deux plus jeunes sont encore très jeunes. L'idée de ne pas les voir grandir devient sa plus grande peur. Cette inquiétude va accompagner chacune des étapes de son parcours et devenir l'une des principales raisons qui la poussent à continuer à avancer malgré les difficultés. Accepter les traitements malgré les craintes Avant de tomber malade, Valène avait déjà vu plusieurs proches traverser le cancer. La chimiothérapie était pour elle synonyme de souffrance et de souvenirs douloureux. Pourtant, face à la maladie, elle choisit de suivre les recommandations médicales. Cette décision marque le début d'un parcours fait de rendez-vous médicaux, d'interventions chirurgicales et de traitements parfois difficiles à supporter. La chimiothérapie et ses effets secondaires Les premières séances de chimiothérapie sont particulièrement éprouvantes. Fatigue intense, nausées, vomissements, douleurs, perte d'appétit : les effets secondaires occupent une place importante dans son quotidien. Comme de nombreuses femmes touchées par un cancer du sein, Valène doit également faire face à la perte de ses cheveux. Pour traverser cette étape, elle choisit de s'entourer des femmes importantes de sa vie lors d'une soirée organisée spécialement avant de se raser la tête. Un moment de soutien, de partage et de solidarité féminine qui restera marquant dans son parcours. La mastectomie et la reconstruction mammaire Après les traitements, une nouvelle étape l'attend : la mastectomie. Valène fait le choix d'une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate. Si l'opération répond à ses attentes sur le plan médical et esthétique, l'acceptation de son nouveau corps demande du temps. Apprendre à se regarder dans le miroir, apprivoiser les changements physiques et reconstruire son image de soi font également partie du chemin de guérison. Vivre avec la peur de la récidive La fin des traitements ne signifie pas forcément la fin des inquiétudes. Comme beaucoup de patientes, Valène doit apprendre à vivre avec la peur de la récidive. La moindre douleur inhabituelle peut raviver les angoisses. Avec le temps, cette peur devient plus discrète, mais elle ne disparaît jamais totalement. Ce que le cancer a changé dans sa vie Aujourd'hui, Valène porte un regard différent sur son existence. La maladie lui a appris à ralentir, à profiter davantage de ses proches et à accorder plus d'importance aux moments simples du quotidien. Elle explique également combien le soutien de sa famille, de ses amis et de son entourage a été essentiel pour traverser cette épreuve. À travers son témoignage, elle rappelle qu'il est possible d'avoir peur, de douter, de craquer parfois, tout en continuant à avancer. FAQ – Cancer du sein triple positif Qu'est-ce qu'un cancer du sein triple positif ? Un cancer du sein triple positif est un cancer dont les cellules possèdent des récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie. Quels sont les premiers signes d'un cancer du sein ? Le signe le plus fréquent est la découverte d'une boule dans le sein. D'autres symptômes peuvent apparaître comme une modification de la forme du sein, un changement de l'aspect de la peau, un écoulement du mamelon ou une douleur inhabituelle. Comment est diagnostiqué un cancer du sein ? Le diagnostic repose généralement sur plusieurs examens : consultation médicale, mammographie, échographie mammaire et biopsie. La biopsie permet de confirmer la présence de cellules cancéreuses et de déterminer le type de cancer. La chimiothérapie est-elle systématique dans le cancer du sein triple positif ? Le traitement dépend de nombreux facteurs : taille de la tumeur, atteinte ganglionnaire, âge de la patiente et caractéristiques biologiques du cancer. Dans certains cas, la chimiothérapie est recommandée afin de réduire le risque de récidive. La chimiothérapie fait-elle toujours perdre les cheveux ? Certaines chimiothérapies entraînent une perte totale ou partielle des cheveux. Cela dépend du protocole utilisé. Les cheveux repoussent généralement après la fin des traitements. Qu'est-ce qu'une chambre implantable ? La chambre implantable est un petit boîtier placé sous la peau et relié à une veine. Elle permet d'administrer les traitements, notamment la chimiothérapie, sans devoir piquer les veines à chaque séance. Qu'est-ce qu'une mastectomie ? La mastectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer tout ou partie du sein atteint par un cancer. Elle peut être réalisée seule ou associée à une reconstruction mammaire. Peut-on reconstruire un sein après une mastectomie ? Oui. La reconstruction mammaire peut être réalisée immédiatement lors de la mastectomie ou dans un second temps. Plusieurs techniques existent selon la situation médicale et les souhaits de la patiente. Est-il normal d'avoir peur d'une récidive après un cancer du sein ? Oui. La peur de la récidive est fréquente après la fin des traitements. De nombreuses femmes décrivent cette inquiétude comme l'une des conséquences psychologiques les plus importantes de la maladie. Comment retrouver confiance en son corps après un cancer du sein ? Chaque femme avance à son rythme. L'acceptation des changements physiques peut prendre du temps. Le soutien des proches, des professionnels de santé ou de groupes de parole peut être une aide précieuse dans ce processus. Peut-on reprendre une vie normale après un cancer du sein ? De nombreuses femmes retrouvent progressivement une vie personnelle, familiale et professionnelle après les traitements. Cette période de reconstruction est propre à chacune et peut nécessiter du temps. Quel message Valène souhaite-t-elle transmettre aux femmes touchées par le cancer ? À travers son témoignage, Valène rappelle qu'il est normal d'avoir peur, de pleurer, de douter ou de se sentir en colère. Elle encourage les femmes à avancer un jour après l'autre, à s'appuyer sur leurs proches et à ne jamais oublier qu'elles sont bien plus que leur maladie. Transcription de l'épisode Retrouvez ci-dessous la transcription intégrale du témoignage de Valène sur son parcours avec un cancer du sein triple positif, depuis la découverte de la maladie jusqu'à l'après-cancer. Valène : Ma vie avant la découverte de la grosseur, c'était une vie bien remplie. Je suis maman de trois enfants. Mon fils avait 16 ans à l'époque, ma fille 6 ans et mon petit dernier 2 ans. Je suis assistante maternelle. Avant cela, j'étais aide-soignante en unité protégée Alzheimer. J'ai choisi ce métier parce que je retrouvais l'accompagnement humain que j'aimais tant, mais dans un univers plus joyeux. Je travaillais énormément. Jusqu'à 60 heures par semaine. J'étais fatiguée, mais j'avais un objectif : devenir propriétaire. Je faisais tout pour réaliser ce projet. Quand j'ai senti cette boule pour la première fois, j'étais en vacances à Saint-Lary avec ma famille. Après une journée de ski, je suis rentrée à l'appartement et j'ai pris une douche. C'est là que j'ai senti cette grosseur sur le côté de mon sein droit. Ce n'était pas une toute petite boule. Elle était dure. Immédiatement, j'ai paniqué. J'ai appelé mon mari puis ma cousine pour qu'ils vérifient. Tous les deux l'ont sentie également. Au fond de moi, j'étais persuadée que c'était un cancer. Nous avions déjà connu plusieurs cancers dans notre entourage. Chaque année ou presque, quelqu'un tombait malade. Alors lorsque j'ai senti cette boule, ma première pensée a été : « Ça y est, c'est mon tour. » À mon retour de vacances, j'ai immédiatement pris rendez-vous avec mon médecin traitant. Très rapidement, les examens se sont enchaînés : consultation, mammographie, échographie, biopsie. Je savais déjà au fond de moi ce qui allait être annoncé, mais malgré tout, on garde toujours une part d'espoir. Puis est arrivée cette semaine d'attente avant les résultats. Une semaine qui paraît interminable. Une semaine où l'on se pose mille questions. Quand le médecin est finalement entré dans la pièce, il m'a annoncé que j'avais un carcinome infiltrant de grade 3. À partir de ce moment-là, je n'entendais plus rien. Mon cerveau s'est brouillé. Je suis partie ailleurs. Je n'ai jamais eu peur de la mort. Mais ce jour-là, ce qui m'a terrifiée, c'est l'idée de quitter mes enfants. La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier ne se rappellerait peut-être plus de moi. Et ça, c'est quelque chose qui a été extrêmement difficile à accepter. J'avais perdu mon père à l'âge de 22 ans. Je connaissais cette douleur. Je ne voulais pas que mes enfants vivent la même chose. Lorsque je suis rentrée à la maison, ma famille m'attendait. Ma cousine m'a alors posé une question qui a tout changé. Elle m'a dit : « Tu es sûre de toi ? Tu vas vraiment faire vivre ça à tes enfants ? Tu ne veux pas leur donner la chance de te garder ? » Cette phrase m'a bouleversée. Et c'est à ce moment-là que j'ai pris ma décision. Je ne pouvais pas abandonner. Je devais me battre. Je devais tout faire pour rester auprès de mes enfants. À partir de ce moment-là, j'ai accepté tout ce qui allait suivre. Les opérations. Les examens. Les traitements. La chimiothérapie. Je suis entrée dans un monde que je connaissais déjà à travers les autres, mais que je n'avais jamais vécu moi-même. Et c'est totalement différent quand on passe de l'autre côté. L'une des choses les plus difficiles dans la maladie, c'est l'attente. L'attente des résultats. L'attente des rendez-vous. L'attente des réponses. Cette impression permanente d'être suspendue à une décision médicale. Quelques jours après ma première opération, j'ai appris que plusieurs micro-foyers entouraient la tumeur et qu'un ganglion avait été atteint. J'ai immédiatement pensé aux métastases. J'ai eu peur que le cancer soit partout. J'ai fait des cauchemars. Je me réveillais la nuit avec cette angoisse. Puis est arrivée la chimiothérapie. C'était probablement l'étape que je redoutais le plus. La première séance s'est déroulée dans un silence particulier. Tout le monde savait pourquoi il était là. Personne n'avait vraiment besoin de parler. Je regardais les autres patients. J'étais souvent la plus jeune. Je me demandais ce que je faisais là. Et pourtant, le cancer n'a pas d'âge. Les premières heures ont été supportables. Mais la nuit qui a suivi a été terrible. J'ai vomi sans interruption. Je n'avais plus rien dans le ventre. Je n'avais plus de force. J'étais épuisée. Mon mari est resté à mes côtés toute la nuit. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour m'aider. Je ne l'oublierai jamais. Les jours suivants ont été marqués par une immense fatigue. Des douleurs. Des nausées. La moindre odeur devenait insupportable. Puis est arrivée une autre étape difficile : la perte de mes cheveux. J'avais les cheveux longs, au milieu du dos. Je ne voulais pas attendre qu'ils tombent. J'avais besoin de reprendre un peu de contrôle. Alors j'ai organisé une soirée avec les femmes importantes de ma vie. Mes amies. Ma mère. Ma belle-mère. Mes cousines. Nous avons ri. Essayé des perruques. Pris des photos. Partagé un moment ensemble. Ce n'était pas une soirée triste. C'était une soirée remplie d'amour. Plus tard, lorsque je me suis retrouvée seule, je me suis effondrée. Puis mon mari est arrivé avec une perruque sur la tête pour me faire rire. Et il a réussi. Je n'ai plus jamais pleuré pour mes cheveux après ça. Après la chimiothérapie est venue la mastectomie. J'ai demandé une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate. Ce choix était important pour moi. Les médecins m'ont écoutée. Ils ont respecté ma décision. Le résultat était magnifique. Mais même lorsque l'opération est réussie, il faut apprendre à accepter un nouveau corps. Cela demande du temps. Cela demande du travail. Cela demande de la patience envers soi-même. Aujourd'hui, je peux dire que j'ai réussi à accepter cette transformation. Tout au long de la maladie, ce qui m'a permis d'avancer, c'est le soutien de mon entourage. Sans eux, je ne serais probablement pas là. Leur présence a été essentielle. Même lorsque je me sentais seule. Même lorsque j'avais l'impression que personne ne pouvait réellement comprendre ce que je vivais. Ma plus grande peur est restée la même du début à la fin : que les traitements ne fonctionnent pas. Que mes enfants perdent leur maman. Puis un jour, les médecins m'ont annoncé qu'il n'y avait plus de trace de cancer. Ce moment restera gravé en moi. Pour autant, il existe une peur qui demeure. La peur de la récidive. Cette petite voix qui réapparaît parfois au moindre symptôme. Au moindre doute. Il faut apprendre à vivre avec elle sans lui laisser toute la place. Le cancer a changé mon regard sur la vie. Il m'a appris à ralentir. À profiter davantage des personnes que j'aime. À comprendre que le temps est précieux. À apprécier les moments simples. Un repas en famille. Un rire. Une promenade. Aujourd'hui, je ne me considère pas plus forte qu'avant. J'ai simplement découvert que même dans les moments les plus difficiles, j'étais capable d'avancer. Et si partager mon histoire peut aider une seule personne, alors tout cela n'aura pas été vécu pour rien. À toutes les femmes qui apprennent leur maladie aujourd'hui, j'aimerais dire ceci : Vous avez le droit d'avoir peur. Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez le droit de pleurer. Vous avez le droit de craquer. On ne peut pas être forte tous les jours. Le cancer change beaucoup de choses. Mais il ne vous enlève pas qui vous êtes. Vous restez une femme. Vous restez une mère. Vous restez une sœur. Vous restez une amie. Vous avez encore des rêves. Vous avez encore des projets. Et surtout, n'oubliez jamais que vous êtes bien plus que votre maladie. Ressources utiles Ruban Rose Institut National du Cancer (INCa) Ligue contre le cancer Mon Réseau Cancer du Sein RoseUp Association

  • Au cœur de la culpabilité maternelle : pourquoi tant de mères se sentent coupables ?

    « J'aurais dû faire autrement. » Cette petite phrase, de nombreuses mères se la répètent après une journée difficile, un cri, un conflit ou un moment où elles ont le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur. La culpabilité maternelle est une émotion fréquente mais rarement exprimée. Derrière les sourires et le quotidien se cachent souvent des femmes épuisées qui portent une charge mentale et émotionnelle immense. Dans cet épisode d'États Dames, Stéphanie Jary reçoit Aurélie Scotto, accompagnante spécialisée dans le soutien à la parentalité et aux émotions. Ensemble, elles explorent les origines de la culpabilité maternelle, les conséquences de l'épuisement émotionnel, le poids des injonctions sociales et l'importance de comprendre son propre vécu pour avancer vers une parentalité plus apaisée. Cet épisode aborde : L'épuisement parental La charge mentale Le burn-out maternel Les cris et conflits parent-enfant Les blessures émotionnelles de l'enfance Le sentiment de culpabilité et de honte « Une réaction que tu as eue ne définit pas ta parentalité. Tu n'es pas tes émotions. » — Aurélie Scotto 🌿 Les moments clés de l'épisode Comprendre la culpabilité maternelle Pourquoi tant de mères ont-elles le sentiment de ne jamais en faire assez ? Quand les enfants deviennent des miroirs Nos enfants viennent parfois réveiller des blessures émotionnelles anciennes encore présentes en nous. Charge mentale et surcharge émotionnelle La fameuse "jauge émotionnelle" qui se remplit jour après jour jusqu'à l'explosion. Les injonctions à être une mère parfaite Parentalité positive, réseaux sociaux, pression sociale : comment ces normes peuvent renforcer le sentiment d'échec. Réparer plutôt que contrôler Une relation parent-enfant ne repose pas sur la perfection mais sur la capacité à réparer après les conflits. L'importance de prendre soin de soi Pourquoi répondre aux besoins de la mère est une étape essentielle pour prendre soin de ses enfants. 📝 Transcription de l'épisode : Au cœur de la culpabilité maternelle avec Aurélie Scotto Introduction Dans cet épisode d'États Dames, Stéphanie Jary reçoit Aurélie Scotto, accompagnante spécialisée dans le soutien à la parentalité et aux émotions. Ensemble, elles explorent une émotion que de nombreuses mères connaissent mais expriment rarement : la culpabilité maternelle. Cette petite voix intérieure qui apparaît après un cri, une journée difficile ou un moment où l'on a le sentiment de ne pas avoir été la mère que l'on souhaitait être. Quand la maternité bouleverse l'identité Aurélie Scotto explique que la maternité a profondément transformé sa vie. Ancienne coach sportive dans l'armée pendant vingt ans, elle raconte comment l'arrivée de ses deux filles a remis en question son rapport au contrôle, à la performance et à ses propres émotions. Elle évoque également la charge mentale vécue en tant que mère souvent seule en raison des absences professionnelles de son conjoint militaire. Cette accumulation de responsabilités et de fatigue l'a progressivement conduite à s'interroger sur ses réactions émotionnelles et à se reconvertir dans l'accompagnement des mères. Pourquoi les mères culpabilisent-elles autant ? Selon Aurélie Scotto, la culpabilité est l'une des premières émotions exprimées par les mamans qu'elle accompagne. Beaucoup se sentent coupables après avoir crié, perdu patience ou réagi de manière qu'elles jugent inappropriée avec leurs enfants. Elles ont parfois l'impression d'être de mauvaises mères ou de ne pas être à la hauteur. Cette culpabilité s'accompagne souvent de ruminations mentales incessantes : « J'aurais dû faire autrement. » « Mon enfant mérite mieux que ça. » « Pourquoi ai-je réagi ainsi ? » Ces pensées renforcent le sentiment d'échec et peuvent conduire à une profonde souffrance émotionnelle. Les enfants comme révélateurs de blessures anciennes Aurélie explique que les enfants agissent souvent comme des miroirs. Certaines situations du quotidien réveillent des blessures émotionnelles plus anciennes : rejet, abandon, manque de reconnaissance ou besoin de contrôle. Ainsi, derrière une réaction disproportionnée face à un refus, une crise ou une opposition de l'enfant, il existe parfois une histoire personnelle plus profonde qui mérite d'être explorée. Les émotions qui apparaissent après les cris Après un conflit avec leur enfant, les mères peuvent ressentir : de la culpabilité ; de la honte ; de la peur ; de la tristesse ; du découragement ; un sentiment d'impuissance. Certaines craignent même d'abîmer leur enfant ou de reproduire les erreurs qu'elles reprochaient à leurs propres parents. Le poids des injonctions sociales Les réseaux sociaux et les discours autour de la parentalité parfaite alimentent souvent un sentiment d'insuffisance. Aurélie Scotto rappelle que les mères d'aujourd'hui doivent apprendre à accompagner les émotions de leurs enfants alors qu'elles-mêmes n'ont souvent jamais appris à identifier ou exprimer leurs propres émotions durant leur enfance. Cette contradiction crée une pression considérable et favorise la culpabilité. La théorie de la jauge émotionnelle Pour illustrer l'épuisement parental, Aurélie utilise l'image d'une jauge émotionnelle. Chaque difficulté quotidienne vient remplir cette jauge : fatigue ; charge mentale ; manque de sommeil ; pression professionnelle ; responsabilités familiales ; absence de temps pour soi. Lorsque la jauge est pleine, le moindre événement peut provoquer une explosion émotionnelle. L'enfant n'est alors pas la cause de l'explosion mais simplement l'élément déclencheur d'une surcharge déjà présente. Pourquoi prendre soin de soi est essentiel L'un des messages forts de cet épisode est l'importance de prendre en compte les besoins de la mère. Aurélie rappelle qu'une mère épuisée émotionnellement ne peut pas être disponible en permanence pour les autres. Prendre soin de soi, récupérer, se reposer et demander de l'aide ne sont pas des actes égoïstes mais des nécessités. Réparer plutôt que chercher la perfection Enfin, Aurélie insiste sur une idée essentielle : Les enfants n'ont pas besoin de mères parfaites. Ils ont besoin de mères capables de reconnaître leurs erreurs, de réparer après un conflit et de rester connectées à eux malgré les tempêtes émotionnelles. La qualité de la relation se construit davantage dans la réparation que dans la perfection. Conclusion La culpabilité maternelle touche de nombreuses femmes mais ne définit ni leur valeur ni leur capacité à être de bonnes mères. Comprendre ses émotions, reconnaître ses limites et accueillir son histoire personnelle sont autant de pistes pour construire une parentalité plus apaisée et plus authentique. Ce qu'il faut retenir ✔️ Toutes les mères peuvent perdre patience. ✔️ La culpabilité ne signifie pas que l'on est une mauvaise mère. ✔️ Les émotions ne définissent pas notre identité. ✔️ La surcharge émotionnelle joue un rôle majeur dans les réactions excessives. ✔️ Comprendre son histoire personnelle permet souvent de mieux comprendre ses réactions parentales. ✔️ La réparation après un conflit est plus importante que la recherche de perfection. FAQ : La culpabilité maternelle Pourquoi est-ce que je culpabilise autant en tant que mère ? La culpabilité maternelle est souvent liée aux attentes que l'on se fixe soi-même, mais aussi aux nombreuses injonctions sociales autour de la parentalité. Beaucoup de mères ont le sentiment de devoir être patientes, disponibles et bienveillantes en permanence, ce qui est impossible dans la réalité. Est-il normal de perdre patience avec ses enfants ? Oui. Tous les parents peuvent perdre patience à certains moments, surtout lorsqu'ils sont fatigués, stressés ou en surcharge mentale. Une réaction ponctuelle ne définit pas votre valeur en tant que parent. Pourquoi je me sens comme une mauvaise mère après avoir crié ? Après un conflit, de nombreuses mères ressentent de la culpabilité et de la honte. Elles ont peur d'avoir blessé leur enfant ou d'avoir échoué dans leur rôle. Pourtant, un moment difficile ne remet pas en cause tout l'amour, l'attention et les soins apportés au quotidien. Les cris peuvent-ils abîmer mon enfant ? Les conflits et les cris occasionnels font partie de la vie familiale. Ce qui compte le plus est la capacité à réparer la relation ensuite : expliquer, s'excuser si nécessaire et renouer le lien avec son enfant. Pourquoi certaines réactions me semblent disproportionnées ? Certaines situations avec nos enfants peuvent réactiver des blessures émotionnelles anciennes, liées à notre propre histoire. Un refus, une colère ou une opposition peuvent parfois réveiller un sentiment d'impuissance, de rejet ou de perte de contrôle. Comment sortir de la spirale de la culpabilité maternelle ? La première étape consiste à reconnaître ses émotions sans se juger. Prendre du recul, identifier ses besoins, accepter ses limites et demander de l'aide lorsque cela est nécessaire permettent progressivement de retrouver plus de sérénité. Quel est le lien entre charge mentale et culpabilité maternelle ? La charge mentale épuise les ressources émotionnelles. Lorsqu'une mère gère simultanément les enfants, le travail, les tâches domestiques et l'organisation familiale, son niveau de fatigue augmente et sa tolérance au stress diminue, favorisant les réactions émotionnelles fortes. Pourquoi ai-je l'impression de reproduire certains comportements de mes parents ? La parentalité réactive souvent des schémas appris durant l'enfance. Même lorsque l'on souhaite faire différemment, certains réflexes peuvent réapparaître sous l'effet de la fatigue ou du stress. En prendre conscience est déjà un premier pas vers le changement. Comment réparer après un conflit avec son enfant ? La réparation passe par l'écoute, le dialogue et la reconnexion émotionnelle. Dire à son enfant que l'on regrette d'avoir crié, lui expliquer ce que l'on ressentait et réaffirmer son amour contribue à renforcer la relation. Une bonne mère doit-elle être parfaite ? Non. Les enfants n'ont pas besoin d'une mère parfaite. Ils ont besoin d'une mère suffisamment présente, aimante et capable de reconnaître ses erreurs. La perfection n'existe pas, mais l'authenticité et la réparation sont essentielles. Quand faut-il demander de l'aide ? Si la culpabilité devient envahissante, si les crises se répètent, si l'épuisement s'installe ou si vous avez le sentiment de ne plus réussir à faire face au quotidien, il peut être utile de se tourner vers un professionnel de santé mentale ou un accompagnant spécialisé en parentalité. 🔗 Ressources utiles Pour être accompagnée Consulter un psychologue spécialisé en parentalité. Participer à des groupes de parole pour parents. Se rapprocher d'un coach parental ou d'un accompagnant certifié. Livres recommandés Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent – Faber & Mazlish J'ai tout essayé – Isabelle Filliozat Au cœur des émotions de l'enfant – Isabelle Filliozat Pour une enfance heureuse – Catherine Gueguen

  • ❤️ Au cœur des fausses couches : quand le deuil reste invisible

    🎙️ Trois fausses couches, le deuil invisible de la maternité Trigger Warning Cet épisode aborde les thèmes des fausses couches, du deuil périnatal, de la souffrance psychologique et des difficultés liées au désir d'enfant. 🎧 Retrouvez cet épisode sur votre plateforme d'écoute préférée. Les fausses couches touchent de nombreuses femmes chaque année. Pourtant, elles restent entourées de silence, d'incompréhension et parfois même de solitude. Dans cet épisode d'États Dames, notre invitée revient avec beaucoup de sincérité sur son parcours marqué par trois fausses couches précoces. Elle partage le choc de l'annonce médicale, les espoirs brisés, les questions sans réponses, mais aussi l'impact sur son couple, sa santé mentale et sa vision de la maternité. Un témoignage bouleversant qui rappelle qu'une grossesse interrompue, même très précoce, représente souvent un véritable deuil. Le saviez-vous ? Selon les estimations, environ une grossesse sur quatre se termine par une fausse couche spontanée. Pourtant, de nombreuses femmes témoignent encore d'un manque d'accompagnement psychologique et d'information après cette épreuve. Citation forte de l'épisode « Même si ce n'est que huit semaines, on se fait quand même des films. On s'invente toute une histoire. » Les moments clés de l'épisode Une première fausse couche qui bouleverse tout L'invitée apprend sa première grossesse puis constate des saignements anormaux. Lors de la consultation d'urgence, la gynécologue lui annonce que le cœur du bébé ne bat plus. Elle rentre ensuite chez elle avec très peu d'explications et seulement un rendez-vous de contrôle pour vérifier que tout a bien été évacué. Quand la deuxième fausse couche fait naître les questions La deuxième perte de grossesse est vécue différemment. Après le choc initial, une autre inquiétude apparaît : Pourquoi cela recommence ? Est-ce que nous arriverons à avoir un enfant ? Y a-t-il un problème ? À partir de ce moment-là, le doute s'installe durablement. Le poids du deuil invisible L'invitée explique que même lorsqu'une grossesse s'arrête très tôt, les projets existent déjà : imaginer son bébé, réfléchir à un prénom, se projeter dans l'avenir, acheter les premiers vêtements. La fausse couche entraîne alors un véritable processus de deuil souvent minimisé par l'entourage. Voir des femmes enceintes partout Après ses pertes de grossesse, elle traverse une période particulièrement difficile. Les rayons bébé, les publicités, les séries télévisées ou encore les grossesses de ses proches deviennent douloureux à voir. Elle évoque même une période proche de la dépression où la souffrance était omniprésente. L'impact sur le couple Les fausses couches ne touchent pas uniquement la femme. Le couple est également impacté : incompréhensions, tristesse, tensions, questionnements sur l'avenir. L'invitée explique combien il est parfois difficile de communiquer lorsque chacun vit son deuil différemment. Le tabou des trois mois de grossesse L'épisode questionne également la fameuse règle qui consiste à attendre trois mois avant d'annoncer une grossesse. Pour l'invitée, ce silence peut parfois renforcer l'isolement. Elle explique qu'après ses expériences, elle a choisi de parler plus tôt de sa grossesse afin de pouvoir être entourée si quelque chose arrivait. Trouver du soutien et continuer à avancer Malgré la douleur, l'invitée délivre un message d'espoir. Elle encourage les femmes concernées à : demander de l'aide, consulter un psychologue si besoin, changer de professionnel de santé lorsqu'elles ne se sentent pas entendues, et surtout ne pas rester seules face à leur souffrance. Ce que cet épisode nous apprend La fausse couche n'est pas uniquement un événement médical. C'est aussi : un bouleversement émotionnel, un deuil, une remise en question, une épreuve pour le couple, et parfois une blessure durable. Reconnaître cette souffrance est une étape essentielle vers une meilleure prise en charge des femmes concernées. Transcription de l'épisode Trois fausses couches, trois deuils invisibles Stéphanie Jary : Aujourd'hui, je reçois Émilie. Elle a vécu trois fausses couches précoces avant de devenir maman. Dans cet épisode, elle revient sur ce parcours marqué par la perte, l'attente, les doutes, mais aussi l'espoir. « On nous laisse rentrer chez nous sans plus d'explications » Émilie : J'ai vécu trois fausses couches, toutes très précoces. Les deux premières ont eu lieu à huit et cinq semaines d'aménorrhée. À chaque fois, tout a commencé par des saignements rouges vifs. Ce sont des saignements qui ne sont pas normaux en début de grossesse, alors j'ai consulté en urgence. La première fois, la gynécologue m'a annoncé que le cœur du bébé ne battait plus. La deuxième fois, le gynécologue ne trouvait même pas d'embryon. Il m'a simplement dit : « C'est fini, il n'y a plus rien. » Puis, dans les deux cas, je suis rentrée chez moi. J'ai eu un rendez-vous quelques jours plus tard pour vérifier que tout avait bien été évacué, mais c'est tout. Je garde encore aujourd'hui cette sensation d'être repartie sans véritable accompagnement, sans réponses et sans explications. Une grossesse biochimique qui passe souvent inaperçue La troisième fausse couche était différente. Il s'agissait d'une grossesse biochimique, une grossesse extrêmement précoce que beaucoup de femmes ne remarquent même pas. À cette période, nous essayions d'avoir un deuxième enfant. Je faisais beaucoup de tests d'ovulation et j'ai utilisé un test de grossesse très précoce. J'ai découvert que j'étais enceinte environ une semaine avant la date prévue de mes règles. La prise de sang a confirmé la grossesse, mais le taux était très faible. Cette fois-là, c'est surtout ma médecin traitante qui m'a accompagnée. Je me suis sentie écoutée, soutenue et suivie. Cela a fait une énorme différence dans mon vécu. Le deuil d'un bébé que l'on avait déjà imaginé La première fausse couche a été un véritable choc. Même lorsque la grossesse s'arrête à huit semaines, on commence déjà à imaginer une vie entière. On se demande si ce sera une fille ou un garçon. On réfléchit à des prénoms. On se projette. J'avais même acheté un petit body en imaginant le jour où mon bébé le porterait. Alors quand tout s'arrête, il faut faire le deuil de tous ces projets. Le deuil d'un enfant que l'on n'a jamais connu, mais que l'on avait déjà commencé à aimer. Quand la deuxième fausse couche fait naître la peur La deuxième fois, la tristesse était toujours là, mais elle s'accompagnait d'autres questions. Pourquoi cela recommence-t-il ? Est-ce que nous arriverons un jour à avoir un autre enfant ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Une première fausse couche peut être perçue comme un accident de parcours. Mais lorsque cela se reproduit, le doute s'installe. On commence à se demander si quelque chose ne va pas. Voir des bébés partout L'année qui a suivi a été particulièrement difficile. À cette période, toutes mes amies semblaient tomber enceintes. Mes belles-sœurs aussi. J'avais l'impression qu'il y avait des bébés partout autour de moi. Je ne supportais plus les rayons bébé dans les magasins. Même les boîtes de lait pour nourrissons me rendaient triste. Les publicités avec des bébés me faisaient pleurer. Et lorsqu'une actrice tombait enceinte dans une série que je regardais, j'arrêtais parfois complètement la série. Avec le recul, je pense avoir traversé une période dépressive. L'impact sur le couple Ces épreuves ont également eu des conséquences sur notre couple. Mon mari était touché lui aussi, même s'il exprimait les choses différemment. Je crois qu'il se posait les mêmes questions que moi : est-ce que nous y arriverons un jour ? Mais comme j'étais constamment triste, cela créait parfois des incompréhensions. Il ne comprenait pas toujours certaines de mes réactions. Et moi, je me sentais seule dans ma douleur. Les fausses couches ne touchent pas seulement la femme. Elles bouleversent aussi l'équilibre du couple. Le tabou des trois mois Pour notre première grossesse menée à terme, nous avons attendu le fameux cap des trois mois avant d'en parler autour de nous. Mais après tout ce que nous avions vécu, j'ai fini par me demander pourquoi. Pourquoi cacher une grossesse ? Pourquoi cacher une fausse couche ? Si quelque chose arrive, n'a-t-on pas justement besoin d'être entourés ? Pour notre deuxième enfant, nous avons décidé de l'annoncer beaucoup plus tôt. Nous avions besoin de vivre cette grossesse autrement. Et surtout, nous voulions pouvoir être soutenus si quelque chose devait arriver. « Il faut continuer d'y croire » Stéphanie Jary : Quel message aimerais-tu adresser aux femmes qui vivent actuellement plusieurs fausses couches et qui n'ont plus d'espoir ? Émilie : C'est difficile de donner des conseils lorsque l'on est soi-même passée par là. Mais je crois qu'il faut continuer d'y croire. Et surtout, ne pas en vouloir aux autres femmes qui tombent enceintes. On ne connaît jamais vraiment leur histoire. Certaines ont peut-être traversé les mêmes épreuves dans le silence. Je pense aussi qu'il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Changer de médecin si l'on ne se sent pas écoutée. Consulter un psychologue si nécessaire. Il n'y a aucune honte à être accompagnée. Conclusion Stéphanie Jary : Merci beaucoup Émilie pour ce témoignage empreint de sincérité et d'espoir. Merci d'avoir mis des mots sur une réalité encore trop souvent invisibilisée. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. FAQ – Fausses couches Qu'est-ce qu'une fausse couche précoce ? Une fausse couche précoce correspond à l'arrêt spontané d'une grossesse avant 14 semaines d'aménorrhée. Elle survient le plus souvent au cours du premier trimestre de grossesse. Quels sont les signes d'une fausse couche ? Les signes peuvent varier selon les femmes, mais les plus fréquents sont : des saignements vaginaux rouges ou brunâtres, des douleurs abdominales ou pelviennes, la disparition brutale des symptômes de grossesse, des crampes similaires à celles des règles. En cas de doute, il est important de consulter rapidement un professionnel de santé. Une grossesse très précoce peut-elle provoquer un véritable deuil ? Oui. Même lorsque la grossesse s'arrête très tôt, de nombreuses femmes ont déjà commencé à se projeter dans leur future maternité. Le deuil ne dépend pas du nombre de semaines de grossesse mais de l'attachement, des espoirs et des projets qui avaient commencé à naître. Pourquoi parle-t-on de grossesse biochimique ? Une grossesse biochimique est une grossesse qui s'interrompt très précocement, souvent avant même qu'une échographie puisse détecter un embryon. Elle est généralement identifiée grâce à un test de grossesse positif suivi d'une baisse rapide du taux d'hormone HCG. Combien de fausses couches peut-on avoir avant qu'un bilan soit proposé ? Dans de nombreux cas, les médecins commencent à rechercher des causes plus approfondies après plusieurs fausses couches successives. Toutefois, chaque situation est unique et il est important de discuter avec son médecin si des inquiétudes persistent. Est-il normal de ressentir de la colère après une fausse couche ? Oui. La colère, l'injustice, la tristesse, la culpabilité ou encore la jalousie face aux grossesses des autres font partie des émotions fréquemment rapportées après une perte de grossesse. Ces réactions sont humaines et font souvent partie du processus de deuil. Pourquoi est-il parfois difficile de voir des femmes enceintes après une fausse couche ? Après une perte de grossesse, certaines situations du quotidien peuvent devenir douloureuses : voir des femmes enceintes, assister à des naissances, recevoir des annonces de grossesse, voir des publicités ou des rayons bébé. Ces réactions sont fréquentes et témoignent souvent d'une souffrance encore présente. Les fausses couches peuvent-elles avoir un impact sur le couple ? Oui. Chaque partenaire vit généralement la perte différemment. Certaines personnes expriment leurs émotions ouvertement, tandis que d'autres les intériorisent davantage. Cette différence peut parfois créer des tensions ou un sentiment d'incompréhension au sein du couple. Faut-il attendre trois mois avant d'annoncer une grossesse ? Il n'existe aucune obligation. Certaines personnes préfèrent attendre la fin du premier trimestre tandis que d'autres choisissent de partager la nouvelle plus tôt afin d'être soutenues en cas de difficulté. Le choix appartient à chaque famille. Pourquoi les fausses couches restent-elles un sujet tabou ? Malgré leur fréquence, les fausses couches sont encore peu évoquées publiquement. De nombreuses femmes témoignent d'un manque de compréhension ou d'écoute de la part de leur entourage. Parler de ces expériences contribue à briser l'isolement et à reconnaître la réalité du deuil périnatal. Quand faut-il consulter un psychologue après une fausse couche ? Il peut être utile de consulter lorsqu'on ressent : une tristesse persistante, un sentiment de vide important, des difficultés à reprendre son quotidien, des angoisses envahissantes, ou un besoin de parler à une personne extérieure. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse. Peut-on retomber enceinte après plusieurs fausses couches ? Oui. De nombreuses femmes parviennent à mener une grossesse à terme après une ou plusieurs fausses couches. Chaque parcours est différent et nécessite parfois un suivi médical plus rapproché. Comment soutenir une femme qui vient de vivre une fausse couche ? Les gestes les plus aidants sont souvent les plus simples : écouter sans juger, reconnaître sa douleur, éviter les phrases minimisantes, respecter son rythme, rester présent même plusieurs semaines après l'événement. Quel message retenir de cet épisode ? La fausse couche est bien plus qu'un événement médical. C'est souvent un deuil, une épreuve émotionnelle et parfois un parcours semé de doutes. Mais c'est aussi une histoire de résilience, d'espoir et de reconstruction, comme le montre le témoignage d'Émilie dans cet épisode d'États Dames. Ressources utiles et soutien Traverser une fausse couche ou un deuil périnatal peut être profondément bouleversant. Si vous ressentez le besoin d'être accompagnée, écoutée ou informée, voici quelques ressources reconnues : 🌿 Association Petite Émilie Association Petite Émilie Association spécialisée dans l'accompagnement des familles confrontées à une fausse couche, une interruption médicale de grossesse (IMG) ou un deuil périnatal. Vous y trouverez : un forum d'entraide, des témoignages, des ressources pratiques, des livrets d'accompagnement, et du soutien pour les parents endeuillés. 🤍 Association AGAPA Association AGAPA AGAPA accompagne depuis plus de 25 ans les personnes touchées par : une fausse couche, une grossesse interrompue, une IMG, une mort in utero, ou un deuil périnatal. L'association propose : des groupes de parole, des accompagnements individuels, des cafés-rencontres, des espaces d'écoute partout en France et en visioconférence. 🎧 Podcasts et ressources autour du deuil périnatal Ressources AGAPA – Podcasts, livres et documentaires Une sélection de ressources pour mieux comprendre le deuil périnatal : podcasts, livres, témoignages, documentaires, conférences. 📚 Livres recommandés Parmi les ouvrages régulièrement recommandés : Le deuil périnatal — Marie-José Soubieux Surmonter la mort de l'enfant attendu — Élisabeth Martineau Quel âge aurait-il aujourd'hui ? Le tabou des grossesses interrompues — Stéphane Clerget Dans ces moments-là — Hélène Gérin 🩺 Demander de l'aide Si vous ressentez : une tristesse persistante, une détresse psychologique importante, un isolement, des angoisses envahissantes, ou des difficultés à reprendre votre quotidien, n'hésitez pas à consulter : votre médecin traitant, une sage-femme, un psychologue, ou un professionnel spécialisé en périnatalité. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse. N'hésitez pas à partager si vous connaissez des associations etc.

  • Au cœur de l’alimentation émotionnelle : ce que vos émotions essaient peut-être de vous dire

    🎙️ Épisode avec la Docteure Malika Chami Khazraji — Médecin généraliste et nutrithérapeute Quand l’alimentation devient un refuge émotionnel Manger pour se calmer.Manger après une journée stressante.Manger pour remplir un vide, apaiser une anxiété ou retrouver un peu de réconfort. Dans cet épisode d’États Dames, je reçois la Docteure Malika Chami Khazraji, médecin généraliste et nutrithérapeute, pour parler d’un sujet encore trop souvent réduit à une simple question de volonté : l’alimentation émotionnelle. À travers cet échange profondément humain, nous parlons : de charge mentale, de stress chronique, de post-partum, de culpabilité, de rapport au corps, et de ce que les comportements alimentaires peuvent révéler d’un mal-être plus profond. Un épisode sans jugement, qui aide à comprendre que derrière certaines habitudes alimentaires se cachent parfois des émotions difficiles à porter. 🎙️ Les moments clés de l’épisode L’alimentation émotionnelle révèle souvent un déséquilibre plus large Dès le début de l’épisode, la Docteure explique que l’alimentation émotionnelle est rarement uniquement liée à la nourriture. Stress chronique, anxiété, fatigue mentale, troubles de l’humeur, surcharge émotionnelle… Pour elle, ces comportements alimentaires sont souvent le reflet d’un déséquilibre plus global. “Il y a une souffrance, quelque chose qui ne va pas, et l’alimentation vient agir comme un soulagement.” Certaines patientes parlent du besoin de “manger leurs émotions”, comme une manière d’apaiser une douleur psychologique ou émotionnelle. Quand le corps et les émotions s’influencent mutuellement Dans cet épisode, la Docteure insiste sur une idée essentielle : le corps, l’alimentation et les émotions sont intimement liés. Le stress peut modifier l’alimentation.Mais une alimentation déséquilibrée peut aussi accentuer la fatigue, l’anxiété ou les compulsions. Elle évoque une relation “bidirectionnelle” : l’état psychologique influence les habitudes alimentaires, et les habitudes alimentaires influencent à leur tour le bien-être mental et physique. Les émotions qui reviennent le plus souvent chez les femmes ⚠️ La culpabilité Pour la Docteure, l’émotion qui revient le plus souvent est clairement la culpabilité. Culpabilité : de ne pas réussir à “bien manger”, de prendre du poids, de ne pas perdre de poids, d’avoir des compulsions alimentaires, ou de ne pas réussir à “se contrôler”. Certaines femmes se sentent enfermées dans des schémas de perfection et vivent leur alimentation comme un échec permanent. 😔 L’anxiété et la peur de ne jamais y arriver L’épisode aborde également : la peur du regard des autres, l’image corporelle, la pression sociale autour du poids, et le manque de confiance en soi. La Docteure Malika rappelle que les remarques sur le corps des femmes sont encore extrêmement banalisées dans notre société. 🤱 Le post-partum et le rapport à l’alimentation Le post-partum est également un moment fort de cet épisode. Fatigue intense, bouleversements hormonaux, manque de sommeil, allaitement, pression autour du corps après l’accouchement… Autant de facteurs qui peuvent modifier profondément la relation à l’alimentation. Certaines femmes : restreignent certains aliments par peur de mal faire, se mettent une pression énorme pour “retrouver leur corps”, ou développent des comportements alimentaires déséquilibrés. D’autres, au contraire, placent totalement l’alimentation au second plan face à l’épuisement du quotidien. Le stress chronique : quand l’alimentation devient secondaire La Docteure explique que pendant les périodes de stress chronique, les femmes ont souvent d’autres priorités : survivre au quotidien, gérer la charge mentale, tenir malgré la fatigue. Dans ces moments-là, l’alimentation passe souvent après tout le reste. Puis vient parfois le moment du “trop plein” : épuisement, burn-out, fatigue extrême, perte de contrôle, compulsions alimentaires. Et c’est souvent à ce moment-là que les femmes consultent. ⚠️ Les signaux d’alerte à ne pas minimiser À partir de quand faut-il s’inquiéter ? Pour la Docteure , il devient important de consulter lorsque l’alimentation : impacte la santé mentale, impacte le bien-être physique, génère une souffrance psychologique, provoque des compulsions, ou entraîne une perte de contrôle importante. Elle rappelle également l’importance de dépister les troubles du comportement alimentaire. 🩺 Comment accompagner les femmes sans jugement ? L’un des passages les plus importants de l’épisode concerne l’accompagnement médical. La Docteure insiste sur plusieurs piliers : écouter sans juger, laisser la patiente s’exprimer, rassurer, expliquer, redonner confiance, respecter les limites et le rythme de chacune. “Vous allez y arriver. On va trouver une solution.” Un accompagnement profondément humain, où la patiente reste actrice de son parcours. Citation forte de l’épisode “L’alimentation émotionnelle est souvent la partie visible d’un déséquilibre plus profond.” — Docteure Malika Chami Khazraji FAQ — Alimentation émotionnelle : comprendre ce que le corps essaie de dire Qu’est-ce que l’alimentation émotionnelle ? L’alimentation émotionnelle correspond au fait de manger pour répondre à une émotion plutôt qu’à une faim physique réelle.Le besoin de manger peut apparaître lors de périodes de stress, d’anxiété, de fatigue émotionnelle, de solitude ou de surcharge mentale. Dans certains cas, la nourriture devient un moyen de : se calmer, se réconforter, apaiser une tension, ou combler un vide émotionnel. Quels sont les signes d’une alimentation émotionnelle ? Plusieurs signaux peuvent apparaître : manger sans sensation réelle de faim, avoir des compulsions alimentaires, ressentir une perte de contrôle, grignoter après une émotion difficile, manger pour calmer son stress, culpabiliser après avoir mangé, penser constamment à la nourriture. L’alimentation émotionnelle peut être ponctuelle, mais lorsqu’elle devient fréquente ou source de souffrance, il peut être important d’en parler. Quelle différence entre faim physique et faim émotionnelle ? La faim physique : apparaît progressivement, peut attendre, concerne différents aliments, s’arrête lorsque le corps est rassasié. La faim émotionnelle : apparaît soudainement, crée une urgence, concerne souvent des aliments “réconforts”, peut continuer malgré la satiété, entraîne souvent de la culpabilité après. Pourquoi le stress pousse-t-il à manger ? Le stress agit directement sur le cerveau et les hormones. Lors de périodes de stress chronique : le cortisol augmente, la fatigue mentale s’installe, le besoin de réconfort devient plus important. Le cerveau recherche alors des aliments riches en sucre ou en gras capables d’apporter une sensation rapide d’apaisement ou de plaisir. Pourquoi les femmes ressentent-elles souvent de la culpabilité autour de l’alimentation ? Dans l’épisode, la Docteure Malika explique que la culpabilité est l’émotion qui revient le plus souvent chez les femmes. Cette culpabilité peut être liée : au poids, au regard des autres, aux remarques sur le corps, aux régimes, aux injonctions sociales, ou au sentiment de ne pas réussir à “se contrôler”. La pression sociale autour du corps féminin joue un rôle majeur dans cette souffrance. Le post-partum peut-il modifier le rapport à l’alimentation ? Oui, fortement. Le post-partum est une période de grands bouleversements : hormonaux, émotionnels, physiques, psychologiques. La fatigue, le manque de sommeil, la charge mentale, l’allaitement ou encore la pression autour du corps après l’accouchement peuvent modifier profondément la relation à la nourriture. Certaines femmes développent : des compulsions alimentaires, des restrictions, une perte d’appétit, ou une forte culpabilité. L’alimentation émotionnelle est-elle un trouble du comportement alimentaire ? Pas nécessairement. Cependant, lorsqu’il existe : une souffrance importante, des compulsions fréquentes, des comportements extrêmes, ou une perte de contrôle majeure, il est essentiel d’évaluer la situation avec un professionnel de santé afin de dépister un éventuel trouble du comportement alimentaire. Quand faut-il consulter ? Il peut être important de consulter lorsque : l’alimentation devient une source de souffrance, les compulsions sont fréquentes, la culpabilité est permanente, l’alimentation impacte la santé mentale, la fatigue devient importante, ou lorsque le rapport à la nourriture prend trop de place dans le quotidien. Un médecin généraliste peut-il aider ? Oui. Le médecin généraliste peut : écouter sans jugement, aider à comprendre l’origine du mal-être, rechercher un déséquilibre plus global, accompagner le rapport à l’alimentation, dépister des troubles associés, et orienter vers d’autres professionnels si nécessaire. Dans cet épisode, la Docteure Malika insiste sur l’importance d’un accompagnement humain, progressif et bienveillant. Pourquoi parle-t-on autant du lien entre émotions et alimentation aujourd’hui ? Parce que de plus en plus de femmes prennent conscience que leur alimentation est parfois liée : au stress chronique, à l’épuisement, à la charge mentale, au burn-out, à l’anxiété, ou à des blessures émotionnelles plus profondes. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de mieux comprendre ce que le corps essaie d’exprimer. Peut-on retrouver un rapport apaisé à l’alimentation ? Oui, progressivement. Cela passe souvent par : une meilleure écoute de soi, un accompagnement adapté, une diminution de la culpabilité, une prise en charge globale, et un travail sur les émotions autant que sur l’alimentation elle-même. Retrouver un rapport plus serein à la nourriture demande du temps, de la douceur et beaucoup de bienveillance envers soi-même. 📝 Transcription complète — Au cœur de l’alimentation émotionnelle Avec la Docteure Malika Chami Khazraji — Médecin généraliste et nutrithérapeute Introduction Stéphanie Jary : Bonjour à tous et bienvenue dans les Éclairages d’États Dames, une capsule du podcast dédiée à l’information, à la prévention et à la compréhension des thématiques liées à la santé physique, mentale et au bien-être. À travers ces épisodes, des professionnels de santé, spécialistes, praticiens hospitaliers et experts du bien-être viennent partager leurs connaissances, leurs expériences de terrain et leurs conseils autour de sujets qui touchent directement le quotidien des femmes. Dans les Éclairages d’États Dames, nous prenons le temps d’explorer des thématiques précises avec des regards professionnels, accessibles, pédagogiques et humains. Je vous laisse maintenant découvrir l’invitée du jour et le thème de cet épisode. Vous êtes sur États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Excellente écoute. Lorsque l’alimentation devient émotionnelle Stéphanie Jary : Bonjour Docteure, merci beaucoup d’être avec nous sur États Dames.Alors nous allons rentrer dans le vif du sujet. Lorsque des patientes parlent d’alimentation émotionnelle, qu’est-ce que cela vient souvent révéler selon vous de leur état global ? Docteure Malika Chami Khazraji : Généralement, pour moi, cela évoque un déséquilibre. Cela peut révéler un mal-être psychologique : du stress, qu’il soit aigu ou chronique, de l’anxiété, un trouble de l’humeur ou une humeur plutôt dépressive. Il y a souvent quelque chose qu’il faut creuser au niveau émotionnel ou psychologique afin de s’assurer que tout va bien. Mais cela me fait également penser à la manière dont la personne s’alimente au quotidien. Comment mange-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle mange ? A-t-elle de l’appétit ? Est-ce que son alimentation est équilibrée ? Parce que les compulsions alimentaires et l’alimentation émotionnelle peuvent aussi être liées à cet aspect-là. Lorsque qu’une patiente évoque une alimentation émotionnelle, je questionne donc beaucoup de choses afin de comprendre l’origine de ce comportement. C’est quelque chose d’assez fréquent.Les patientes utilisent parfois l’expression : “Je mange mes émotions.” Elles expliquent que manger les apaise, leur fait du bien ou les calme. Cela montre souvent qu’il existe une souffrance ou un besoin émotionnel et que l’alimentation agit comme un soulagement. Donc oui, pour moi, c’est vraiment le reflet de quelque chose qui ne va pas et qu’il faut prendre le temps d’explorer. Un déséquilibre plus profond que la simple nutrition Stéphanie Jary : Justement, en creusant un peu plus loin, quels sont les signaux qui vous font comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement de nutrition, mais plutôt d’un déséquilibre plus large ? Docteure Malika Chami Khazraji : L’alimentation émotionnelle n’est généralement pas uniquement liée à la nutrition. Très souvent, elle révèle un déséquilibre plus profond : fatigue, stress chronique, surcharge émotionnelle… Les patientes relient souvent leurs comportements alimentaires à des émotions ou à des moments précis de la journée. Elles vont dire : “Quand je suis stressée, je mange.” “Quand je me sens mal, j’ai besoin de manger.” L’alimentation émotionnelle apparaît aussi souvent après des changements de vie : un changement d’environnement, un bouleversement psychologique, une période difficile, une fatigue importante. Tout cela va avoir un impact émotionnel et favoriser ces comportements alimentaires. Et ce qui est important, c’est que les deux sont liés : le stress influence l’alimentation, mais l’alimentation influence aussi le bien-être psychique. Il existe une vraie relation bidirectionnelle. En tant que médecin et nutrithérapeute, l’objectif est donc d’agir à la fois sur : le mode de vie, l’alimentation, et le bien-être psychologique. La culpabilité : l’émotion qui revient le plus souvent Stéphanie Jary : Lorsque vos patientes parlent de leur rapport à l’alimentation, quelles sont les émotions qui reviennent le plus souvent chez elles ? Docteure Malika Chami Khazraji : L’émotion qui revient le plus souvent, c’est clairement la culpabilité. La culpabilité de : ne pas réussir à bien manger, avoir pris du poids, ne pas réussir à perdre du poids, ou encore ne pas réussir à “se contrôler”. Il y a aussi beaucoup d’anxiété. Certaines femmes se mettent énormément de pression autour de leur alimentation ou de leur poids. Elles ont parfois des objectifs très difficiles à atteindre et cela peut les pousser vers des comportements alimentaires extrêmes. Il y a également cette notion de contrôle :contrôler ce qu’elles mangent, quand elles mangent… Et paradoxalement, ce besoin de contrôle peut entraîner des pertes de contrôle très difficiles à vivre. Mais oui, la culpabilité reste vraiment l’émotion dominante. Les remarques extérieures sur le poids ou l’apparence jouent aussi énormément sur la confiance en soi. Le post-partum et le rapport au corps Stéphanie Jary : Est-ce que vous observez une évolution du lien à l’alimentation lorsque les femmes traversent certaines périodes de vie, comme le post-partum par exemple ? Docteure Malika Chami Khazraji : Oui, clairement. Le post-partum est une période où l’alimentation revient souvent au centre des préoccupations. Certaines femmes font très attention à ce qu’elles mangent à cause de l’allaitement. D’autres mettent en place des restrictions importantes par peur de mal faire. Parfois, cela conduit à des déséquilibres alimentaires importants. D’autres femmes, au contraire, mettent complètement l’alimentation au second plan parce qu’elles sont épuisées ou submergées. Et puis, plusieurs mois après, elles réalisent qu’elles ne se sentent plus bien dans leur corps et souhaitent retrouver un équilibre. Le stress chronique et l’épuisement Docteure Malika Chami Khazraji :Dans les périodes de stress chronique, l’alimentation devient souvent secondaire. Les femmes ont d’autres priorités :tenir, gérer, survivre au quotidien. Puis, lorsque l’épuisement devient trop important, qu’il y a un burn-out ou une fatigue intense, elles consultent. Et c’est souvent à ce moment-là que l’on met en évidence une alimentation émotionnelle. Quand les femmes n’en peuvent plus Stéphanie Jary : Dans ces moments-là, quelles émotions semblent être les plus présentes chez vos patientes ? Docteure Malika Chami Khazraji : Il y a souvent du désespoir. Les femmes se sentent seules face à leurs difficultés. Elles peuvent perdre confiance en elles-mêmes, avoir une mauvaise image de leur corps et ressentir énormément de fatigue émotionnelle. Très souvent, elles consultent lorsqu’elles arrivent à un point où elles n’en peuvent plus. Elles disent : “Je veux aller mieux.” “Je n’y arrive plus.” “J’ai besoin d’aide.” Il y a également beaucoup de culpabilité et d’incompréhension autour des compulsions alimentaires. Certaines femmes ne comprennent pas pourquoi elles n’arrivent plus à se contrôler. L’importance d’un accompagnement sans jugement Stéphanie Jary : Comment un médecin généraliste peut-il accompagner ces femmes lorsqu’elles livrent leurs difficultés ou leurs souffrances autour de l’alimentation ? Docteure Malika Chami Khazraji : La première chose, c’est l’écoute. Je laisse toujours beaucoup de place à la parole de la patiente. Je pose des questions ouvertes et j’écoute sans jugement. Ensuite, j’essaye énormément de rassurer. Parce que souvent, les patientes arrivent avec l’impression qu’elles ne vont jamais s’en sortir. Je leur explique que cela va prendre du temps, mais qu’il existe des solutions. J’essaye aussi de les rendre actrices de leur prise en charge. Et surtout, je respecte leur rythme, leurs limites et ce qu’elles sont prêtes ou non à aborder. Les véritables signaux d’alerte Stéphanie Jary : À partir de quand considérez-vous qu’il ne s’agit plus simplement d’un rapport compliqué à l’alimentation, mais de véritables signaux d’alerte ? Docteure Malika Chami Khazraji : À partir du moment où l’alimentation impacte : la santé physique, la santé mentale, ou le bien-être général. Quand il existe une souffrance psychologique importante, des compulsions, une perte de contrôle ou un impact sur la qualité de vie, cela devient un véritable signal d’alerte. Il faut également toujours penser à dépister les troubles du comportement alimentaire. Conclusion Stéphanie Jary : Nous étions aujourd’hui avec la Docteure Malika Chami Khazraji, médecin généraliste et nutrithérapeute, pour parler du lien entre émotions, charge mentale et alimentation. Je vous remercie beaucoup Docteure d’avoir accepté de nous éclairer sur cette thématique essentielle dans la vie de nombreuses femmes. Merci également à vous, chers auditeurs, d’avoir écouté cet épisode d’États Dames. Vous pouvez retrouver la Docteure Malika Chami Khazraji sur Instagram sous le nom : @medinutri.mck Et si cet épisode vous a parlé, n’hésitez pas à le partager autour de vous. Restez également connectés sur le site d’États Dames pour retrouver les articles complémentaires liés aux épisodes. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Prenez soin de vous, et à très vite pour un prochain épisode. Où retrouver la Docteure Malika Chami Khazraji ? 📱 Instagram : @medinutri.mck Retrouvez cet épisode sur : Spotify Apple Podcasts Deezer Ausha

  • 🎙️ Cancer du sein témoignage : reconstruire sa vie et redonner du sens après la maladie

    @Crédit photo : Céline Gerster Cancer du sein témoignage : transformer la maladie en entraide ⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : le cancer du sein, la maladie grave, le deuil familial, la sclérose en plaques, les traitements anticancéreux, la reconstruction après cancer, la fatigue mentale et physique, ainsi que les impacts émotionnels liés à la maladie. Prenez soin de vous pendant l’écoute. Quand la maladie frappe encore une fois une même famille À la base, elles étaient trois sœurs. Sa sœur aînée, Stéphanie, est décédée à seulement 34 ans d’une forme rare et fulgurante de sclérose en plaques. Quelques années plus tard, une autre de ses sœurs apprend qu’elle a un cancer de la thyroïde. Puis vient son tour. Quand Delphine découvre qu’elle a un cancer du sein, le choc est immense. Mais ce qui l’effondre le plus, ce n’est pas seulement la maladie. C’est cette pensée immédiate : « Comment annoncer à mes parents que leur troisième fille est malade ? » Dans cet épisode, elle évoque avec une sincérité bouleversante cette culpabilité silencieuse que beaucoup de patients ressentent : la peur de faire souffrir encore une fois ceux qu’on aime. 💬 Citation forte de l’épisode « Je pleurais pas parce que j’étais malade.Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Les moments clés de l’épisode ✨ Le décès de sa sœur Stéphanie et l’impact sur toute la famille ✨ L’annonce du cancer de la thyroïde chez une autre de ses sœurs ✨ L’autopalpation qui lui permet de détecter une anomalie ✨ Le choc du diagnostic du cancer du sein ✨ La culpabilité d’annoncer la maladie à ses parents ✨ Les traitements lourds et leurs conséquences invisibles ✨ Le brouillard mental lié à l’hormonothérapie ✨ La reconstruction mammaire et la fatigue chronique ✨ La création de M.ON Collectif ✨ La reconstruction personnelle après le cancer 🩷 L’autopalpation qui lui a sauvé la vie Quelques mois avant le diagnostic, Delphine sort d’une relation toxique et reprend progressivement sa vie en main. Elle recommence le sport.Elle reprend confiance en elle.Elle réapprend à écouter son corps. Un soir, en rentrant du sport, elle repense aux conseils d’une sage-femme sur l’autopalpation mammaire. Elle décide alors de la pratiquer pour la toute première fois. Et elle sent quelque chose. Un geste simple.Quelques secondes seulement.Qui vont changer toute sa vie. 🧠 Le brouillard mental après les traitements L’un des sujets les plus importants abordés dans cet épisode est le brouillard mental après cancer. Delphine décrit avec beaucoup de justesse : les troubles cognitifs, les problèmes de mémoire, les difficultés de concentration, la fatigue extrême, et l’impact psychologique de l’hormonothérapie. Elle explique aussi combien cette souffrance reste encore trop minimisée malgré son impact sur la qualité de vie des patientes. 🤝 Transformer la maladie en entraide : la naissance de M.ON Collectif Très vite, Delphine ressent le besoin de partager ce qu’elle traverse. Elle découvre un manque immense : peu d’informations accessibles, peu d’échanges entre patientes, peu d’accompagnement dans l’après-cancer. Alors elle décide de créer M.ON Collectif. Aujourd’hui, l’association propose : des groupes de parole, des séjours de reconnexion après la maladie, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences autour du cancer du sein et de l’après-cancer. Une manière pour Delphine de transformer la douleur en quelque chose d’utile, profondément humain et rempli de sororité. 📝 Transcription complète de l’épisode 🎙️ Au cœur du cancer du sein : reconstruire sa vie et redonner du sens après la maladie « Ma vie d’avant, c’était la liberté » Avant la maladie, Delphine venait de sortir d’une relation toxique. Elle recommençait enfin à vivre, à reprendre confiance en elle et à profiter pleinement de sa liberté retrouvée. « Avant la maladie, je reprenais le dessus sur ma vie. Je reprenais goût, je vivais à nouveau. Vraiment, c’était ça. Juste avant le diagnostic, je vivais à nouveau. » Elle parle aussi de sa famille, profondément marquée par la maladie et le décès de sa sœur Stéphanie. « Ma sœur aînée, Stéphanie, est décédée à l’âge de 34 ans. Elle avait une sclérose en plaques… sauf qu’elle avait une forme très rare de cette maladie à évolution très rapide. » Le poids de la maladie dans une famille Delphine raconte avec émotion ce que sa famille a traversé. « Elle était consciente… mais enfermée dans son corps. Son corps ne pouvait plus bouger. » Quelques années plus tard, une autre de ses sœurs est diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. « Trois ans après le décès de ma sœur, mon autre sœur a été diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. » Cette succession d’épreuves bouleverse profondément toute la famille. L’autopalpation qui lui sauve la vie Après une consultation avec une sage-femme, Delphine découvre l’autopalpation mammaire. Un soir, après le sport, elle décide de la pratiquer. « Je me dis : tiens, c’est vrai, elle m’avait parlé de ça. Il faudrait peut-être que je le fasse. » Elle sent alors quelque chose d’inhabituel. « Je me rends compte que dans l’un des deux seins, le ressenti n’est pas le même. J’ai l’impression de sentir quelque chose. » Les examens et l’angoisse Les rendez-vous médicaux s’enchaînent rapidement. Mammographie.Échographie.Biopsies. Petit à petit, l’inquiétude grandit. « Là, je commence à avoir peur. Je me dis : merde, c’est un truc vraiment grave. » Le choc du diagnostic du cancer du sein Puis vient l’annonce. Brutale.Inattendue.Violente. « Madame, vous avez pris rendez-vous parce qu’on a reçu les résultats de la biopsie et effectivement, il y a bien des cellules cancéreuses. » Delphine se fige. « Mais ça veut dire que j’ai un cancer ? » Et très vite, une autre douleur prend toute la place. « Je pleurais pas parce que j’étais malade. Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Continuer à vivre malgré les traitements Pendant la chimiothérapie, Delphine continue autant que possible à vivre normalement. Elle continue le sport, sort, garde son autonomie. « Au sport, je me sentais hyper vivante. » Elle subit : la chimiothérapie, la mastectomie, la reconstruction mammaire, la radiothérapie, puis l’hormonothérapie. Le brouillard mental après cancer L’après-cancer est finalement plus difficile qu’elle ne l’imaginait. L’hormonothérapie provoque : des douleurs, des troubles du sommeil, une fatigue intense, mais surtout un brouillard mental permanent. « On se rend compte soi-même qu’on a un déclin cognitif. » Elle décrit les difficultés de concentration, les oublis fréquents et l’impact sur son travail dans l’informatique. « Je ne connaissais plus les basiques de mon métier. » La reconstruction après la maladie Peu à peu, Delphine comprend qu’elle doit revoir ses priorités. Elle décide d’arrêter certaines opérations de reconstruction pour préserver sa santé mentale et physique. « La priorité, c’est toi. » Transformer la douleur en entraide Très vite, Delphine ressent le besoin de partager son expérience et de créer du lien entre patientes. Elle réalise que beaucoup de femmes manquent d’informations sur : la reconstruction, les effets secondaires, le brouillard mental, ou encore les possibilités d’accompagnement. « Je trouvais ça dingue qu’on ne soit pas informé. » C’est ainsi qu’est née l’association M.ON Collectif. La naissance de M.ON Collectif L’association propose aujourd’hui : des groupes de parole, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences, et des séjours de reconnexion après cancer. « Pendant tout le week-end, elles n’ont à penser qu’à elles. » Pour Delphine, cette aventure associative a changé sa vie. « Le fait d’avoir transformé ce que j’ai vécu en quelque chose d’utile… ça m’a permis de trouver ma voie. » Une nouvelle femme Aujourd’hui, Delphine se décrit comme une femme plus forte, plus audacieuse et plus libre. « Maintenant, je n’ai plus peur. » Et si elle devait adresser un message aux femmes qui traversent un cancer du sein ou l’après-cancer, ce serait celui-ci : « Exprime-toi. Ne garde pas tout pour toi. Trouve juste les bonnes personnes à qui le dire. » ❓ FAQ – Cancer du sein, autopalpation et après-cancer Comment Delphine a-t-elle découvert son cancer du sein ? Delphine a découvert une anomalie grâce à une autopalpation mammaire réalisée après une consultation avec une sage-femme qui lui avait expliqué ce geste de prévention. Un soir, après le sport, elle décide de pratiquer cette autopalpation pour la première fois et ressent une différence inhabituelle dans l’un de ses seins. « Je me rends compte que dans l’un des deux seins, le ressenti n’est pas le même. » L’autopalpation peut-elle réellement sauver une vie ? Oui.L’autopalpation permet de mieux connaître son corps et de repérer rapidement une anomalie inhabituelle. Même si elle ne remplace pas : les examens médicaux, les mammographies, ou le suivi gynécologique, elle peut contribuer à une détection précoce du cancer du sein. Dans le cas de Delphine, cette autopalpation a été déterminante. À partir de quel âge faut-il pratiquer l’autopalpation mammaire ? Il n’existe pas d’âge “parfait” pour apprendre à connaître sa poitrine. L’objectif principal est : d’être attentive à son corps, de remarquer un changement inhabituel, et de consulter rapidement en cas de doute. Le cancer du sein peut aussi toucher des femmes jeunes, comme le rappelle le témoignage de Delphine. Quels signes peuvent alerter lors d’une autopalpation ? Certains signes doivent pousser à consulter : une boule, une zone plus dure, une différence inhabituelle entre les seins, un changement de texture, une douleur persistante, un écoulement, ou une modification de la peau ou du mamelon. Pourquoi le diagnostic du cancer a-t-il été si brutal pour Delphine ? Parce qu’elle ne savait pas encore officiellement qu’il s’agissait d’un cancer lorsqu’on lui annonce la présence de cellules cancéreuses. « Mais ça veut dire que j’ai un cancer ? » Le choc émotionnel est immense et immédiat. Pourquoi Delphine parle-t-elle autant de culpabilité ? Parce qu’au-delà de la maladie, elle porte le poids de l’histoire familiale. Sa sœur Stéphanie est décédée d’une forme rare de sclérose en plaques, puis une autre sœur a été diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. Quand Delphine apprend son cancer du sein, elle pense immédiatement à ses parents. « Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Cette culpabilité est fréquente chez de nombreux patients, même si elle est rarement exprimée. Quels traitements Delphine a-t-elle suivis ? Delphine a suivi plusieurs traitements : chimiothérapie, mastectomie, reconstruction mammaire, radiothérapie, hormonothérapie. Elle explique que les traitements lourds ont été difficiles, mais que l’après-cancer a parfois été encore plus compliqué. Qu’est-ce que l’hormonothérapie dans le cancer du sein ? L’hormonothérapie est un traitement utilisé dans certains cancers hormonodépendants. Le principe : bloquer la production hormonale, ou empêcher certaines hormones d’alimenter les cellules cancéreuses. Dans le cas de Delphine, son cancer du sein était hormonodépendant. Quels effets secondaires l’hormonothérapie peut-elle provoquer ? Delphine évoque : des douleurs articulaires, des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, une fatigue importante, et surtout des troubles cognitifs. « Là, j’ai senti que j’étais en train de me battre. » Qu’est-ce que le brouillard mental après cancer ? Le brouillard mental désigne des troubles cognitifs pouvant apparaître pendant ou après les traitements contre le cancer. Cela peut inclure : difficultés de concentration, pertes de mémoire, sensation de lenteur mentale, oublis fréquents, fatigue cognitive. Delphine explique combien cette réalité reste encore minimisée. « On se rend compte soi-même qu’on a un déclin cognitif. » Pourquoi la reprise du travail a-t-elle été difficile ? Après les traitements, Delphine reprend rapidement son travail dans l’informatique. Mais les troubles cognitifs, la fatigue et le bruit en open-space deviennent extrêmement difficiles à supporter. « Je ne connaissais plus les basiques de mon métier. » Cette situation finit par provoquer un épuisement profond. Pourquoi l’après-cancer est-il parfois plus dur que les traitements ? Parce qu’une fois les traitements terminés, beaucoup de personnes pensent que “tout est fini”. Or, les conséquences restent souvent présentes : fatigue chronique, douleurs, anxiété, troubles cognitifs, isolement, reconstruction physique, difficultés professionnelles. L’après-cancer peut être une période très déstabilisante. Pourquoi Delphine a-t-elle créé M.ON Collectif ? Delphine ressentait un immense manque : manque d’informations, manque de partage, manque d’accompagnement humain. Elle souhaitait créer un espace : de parole, d’entraide, de sororité, et de reconnexion après la maladie. Que propose M.ON Collectif ? L’association propose : des groupes de parole, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences, des séjours de reconnexion après cancer, et un accompagnement pour les patientes et aidants. Pourquoi les séjours organisés par M.ON Collectif sont-ils importants ? Parce qu’ils permettent aux femmes : de souffler, de sortir du quotidien médical, de rencontrer d’autres patientes, et de se reconnecter à elles-mêmes. « Pendant tout le week-end, elles n’ont à penser qu’à elles. » Le cancer a-t-il changé la manière dont Delphine voit sa vie ? Oui, profondément. Le cancer lui a permis : de revoir ses priorités, de quitter un travail qui ne lui convenait plus, de s’engager dans l’accompagnement des patientes, et de construire une vie plus alignée avec ses valeurs. « Le fait d’avoir transformé ce que j’ai vécu en quelque chose d’utile… ça m’a permis de trouver ma voie. » Quel message Delphine souhaite-t-elle transmettre aux femmes touchées par le cancer ? Un message simple mais essentiel : « Exprime-toi. Ne garde pas tout pour toi. Trouve juste les bonnes personnes à qui le dire. » Parce qu’aucune femme ne devrait traverser la maladie seule. Ressources utiles 📱 Instagram de Delphine :@lescoulissesdemoncancer 🤝 M.ON Collectif :@m.oncollectif.brest 🎗️ Informations sur le cancer du sein :Institut National du Cancer 💬 Votre avis compte Cet épisode vous a touché ? Vous vous êtes reconnu(e) dans certaines émotions abordées ? N’hésitez pas à : laisser un commentaire, partager cet épisode, déposer votre avis, ou raconter votre propre expérience. Parce que parler… peut aussi aider d’autres femmes à se sentir moins seules.

  • Au cœur d’une tumeur rare de l’ovaire : mon histoire avec le Struma Ovarii

    Le témoignage fondateur d’États Dames Struma Ovarii : témoignage sur une tumeur rare de l’ovaire Mon témoignage sur le Struma Ovarii et l’errance médicale Dans ce témoignage sur le Struma Ovarii, je raconte comment une tumeur rare de l’ovaire a bouleversé ma vie à seulement 21 ans. “En 2016, ma vie a basculé.” Avant États Dames, avant les témoignages, avant le podcast…il y a eu une jeune femme de 21 ans qui ne comprenait plus son corps. Un ventre qui gonfle. Des essoufflements. Une fatigue constante. Et cette sensation étrange que quelque chose n’allait pas. Dans cet épisode profondément intime, je raconte pour la première fois mon histoire :la découverte d’une tumeur rare de l’ovaire appelée Struma Ovarii. Une maladie rare qui a bouleversé : mon corps, ma santé mentale, ma féminité, et ma vie entière. Pourquoi cet épisode est si important pour moi Parce que c’est cette expérience qui a participé à la naissance d’États Dames. Je sais ce que signifie : ne pas être prise au sérieux, minimiser ses douleurs, vivre l’errance médicale, avoir peur, se sentir seule face à la maladie. Et aujourd’hui, à travers ce podcast, je veux que plus aucune femme ne traverse cela seule. 🎙️ Les moments clés de l’épisode Une consultation médicale qui change une vie Ce qui devait être un simple rendez-vous pour reprendre le sport devient le début d’un bouleversement médical et personnel. Le choc du regard des autres Dans les transports, certaines personnes pensent que Stéphanie est enceinte à cause de son ventre gonflé. Une situation qui devient progressivement douloureuse émotionnellement. La découverte d’une énorme masse ovarienne L’IRM révèle une masse de plus de 11 cm comprimant déjà plusieurs organes et impactant sa respiration. L’urgence opératoire Les médecins décident d’opérer rapidement face à la taille impressionnante du kyste et aux risques pour sa santé. L’angoisse avant le bloc La peur de l’anesthésie, le froid des couloirs de l’hôpital, l’impression de perdre le contrôle de son corps. Le réveil après l’opération La douleur physique, les agrafes chirurgicales, la cicatrice, la vulnérabilité totale du corps après l’intervention. Le véritable diagnostic : un Struma Ovarii Ce qui semblait être un simple kyste dermoïde se révèle finalement être une tumeur rare de l’ovaire composée de tissus thyroïdiens. Les récidives et la perte d’un ovaire Le Struma Ovarii récidivera plusieurs fois jusqu’à entraîner l’ablation de l’ovaire gauche et de la trompe en 2022. ✍️ Transcription de l’épisode “2016. J’ai 21 ans.” Une année très marquante pour moi. J’étais étudiante à la fac. J’avais ma routine, mes habitudes, ma petite vie d’étudiante. Mais depuis plusieurs mois, quelque chose changeait dans mon corps. Mon ventre gonflait progressivement. Dans les transports en commun, certaines personnes pensaient même que j’étais enceinte. Elles me proposaient leur place avec bienveillance. Au début, j’en souriais. Puis, avec le temps, c’est devenu gênant. Vexant aussi. Alors je décide de reprendre le sport. Je prends rendez-vous chez un médecin pour obtenir un certificat médical afin de reprendre la danse. Mais cette consultation va complètement bouleverser ma vie. “Je pense que vous avez un kyste.” Le médecin m’examine. Puis son visage change brutalement. L’ambiance devient lourde. Il me regarde et me dit :“Je pense que vous avez un kyste. Je vous envoie en urgence chez un confrère.” Sur le moment, je suis choquée par sa manière de me parler. J’ai 21 ans. Je me sens humiliée. Je me dis qu’il exagère sûrement. Mais quelques jours plus tard, les examens tombent. L’IRM révèle une énorme masse ovarienne. Plus de 11 cm. Le moment où tout s’accélère À partir de là, tout va très vite. On m’explique que l’opération est urgente. Que le kyste est énorme. Qu’il comprime déjà certains organes. Et soudain, je comprends. Les essoufflements. La gêne. La fatigue. Mon corps essayait de me parler depuis longtemps. L’entrée au bloc opératoire Je me souviens encore du froid. Du lit qui avance dans les couloirs de l’hôpital. Des lumières. Des machines. Des chirurgiens concentrés. J’essaie même de plaisanter pour détendre l’atmosphère, mais personne ne rit. Alors je commence à avoir peur. Une peur immense. Je demande plusieurs fois :“Vous êtes sûrs que je ne vais pas me réveiller pendant l’opération ?” Puis le masque se pose sur mon visage. Et tout devient noir. Le réveil Quand j’ouvre les yeux, tout est flou. Je panique. Je n’arrive plus à respirer correctement. Une infirmière tente de me calmer doucement en me parlant de mes proches qui m’attendent. Plus tard, dans ma chambre, je soulève les pansements. Je découvre les agrafes. La longue cicatrice. Et là, je craque. Je pleure. Mais même pleurer me fait souffrir physiquement. Le diagnostic du Struma Ovarii Au départ, les médecins pensent à un kyste dermoïde. Mais des années plus tard, grâce à l’hôpital Tenon, le véritable diagnostic tombe : 👉 un Struma Ovarii. Une tumeur rare de l’ovaire composée de tissus thyroïdiens. Une maladie rare qui récidivera plusieurs fois. Une histoire qui continue encore aujourd’hui Le Struma Ovarii finira par m’enlever mon ovaire gauche et ma trompe en 2022. Cette histoire a profondément transformé mon rapport : à mon corps, à la féminité, à la peur, à la médecine, et à la résilience. Et quelque part, c’est aussi cette expérience qui a participé à la naissance d’États Dames. ❓FAQ complète — Struma Ovarii, kyste ovarien et parcours médical Qu’est-ce qu’un Struma Ovarii ? Le Struma Ovarii est une tumeur rare de l’ovaire appartenant à la famille des tératomes ovariens.Sa particularité est qu’elle est composée majoritairement de tissus thyroïdiens. Autrement dit : du tissu semblable à celui de la thyroïde se développe à l’intérieur de l’ovaire. Cette maladie est extrêmement rare et représente moins de 1 % des tumeurs ovariennes. Le Struma Ovarii est-il un cancer ? Dans la majorité des cas, le Struma Ovarii est bénin. Cependant : certaines formes peuvent devenir malignes, certaines peuvent récidiver, et d’autres nécessitent un suivi médical très régulier. Chaque situation est différente et nécessite une prise en charge spécialisée. Quels sont les symptômes du Struma Ovarii ? Les symptômes varient énormément d’une femme à l’autre. Les plus fréquents sont : ventre gonflé, douleurs pelviennes, sensation de masse abdominale, fatigue importante, essoufflement, troubles digestifs, douleurs pendant les règles, douleurs abdominales chroniques, gêne pour marcher ou respirer lorsque la masse devient volumineuse. Certaines femmes n’ont presque aucun symptôme avant la découverte. Pourquoi mon ventre gonflait autant ? Dans mon cas, la tumeur était devenue très volumineuse. Elle occupait beaucoup d’espace dans l’abdomen et commençait même à comprimer certains organes, ce qui expliquait : le ventre très gonflé, les difficultés respiratoires, les essoufflements, et certaines douleurs. Comment le diagnostic a-t-il été découvert ? Le diagnostic a commencé par : un examen clinique, puis une IRM, et ensuite une opération chirurgicale. Au départ, les médecins pensaient qu’il s’agissait d’un kyste ovarien “classique” ou d’un kyste dermoïde. C’est seulement plus tard, grâce à des analyses plus poussées et à l’hôpital Tenon, que le diagnostic de Struma Ovarii a été posé. Pourquoi parle-t-on d’errance médicale ? Parce que les maladies rares sont souvent difficiles à identifier. Les symptômes peuvent être minimisés, mal interprétés ou attribués à autre chose : stress, anxiété, alimentation, hormones, fatigue. Quand on est une jeune femme, certains signes peuvent aussi être banalisés. L’errance médicale, c’est le temps passé sans réponses claires malgré des symptômes bien réels. Est-ce qu’un simple kyste ovarien peut devenir dangereux ? Oui, certains kystes peuvent devenir problématiques selon : leur taille, leur évolution, leur localisation, ou leur nature. Même lorsqu’ils sont bénins, certains kystes peuvent : comprimer des organes, provoquer des douleurs importantes, entraîner des complications, ou nécessiter une chirurgie urgente. Pourquoi l’opération était-elle urgente ? Dans mon cas, la masse était très volumineuse. Elle commençait à : comprimer certains organes, impacter ma respiration, et créer des risques médicaux importants. Les médecins ont donc décidé d’opérer rapidement. Comment se passe une opération pour un kyste ovarien volumineux ? Chaque intervention est différente. Dans mon cas : l’opération a nécessité une ouverture abdominale, une hospitalisation prolongée, des soins post-opératoires importants, et une longue période de récupération. Le réveil a été physiquement et émotionnellement très difficile. Est-ce normal d’avoir peur avant une opération ? Oui. Complètement. Avant une chirurgie, beaucoup de patients ressentent : peur de l’anesthésie, peur de mourir, peur de ne pas se réveiller, perte de contrôle, anxiété intense. Ces émotions sont légitimes. Pourquoi le réveil post-opératoire peut-il être traumatisant ? Après une anesthésie générale, certaines personnes peuvent ressentir : confusion, angoisse, sensation d’étouffement, crise de panique, douleur intense, désorientation. Le corps et le cerveau vivent un véritable choc physique et émotionnel. Pourquoi y avait-il des agrafes chirurgicales ? Lorsque l’incision est importante, les chirurgiens peuvent utiliser des agrafes médicales pour maintenir la fermeture de la plaie pendant la cicatrisation. C’est fréquent dans certaines chirurgies abdominales. Même si cela peut être impressionnant à découvrir lorsqu’on ne s’y attend pas. Peut-on récidiver après un Struma Ovarii ? Oui. Même après une première opération, certaines patientes peuvent connaître : des récidives, de nouvelles masses, ou des complications gynécologiques nécessitant d’autres interventions. Un suivi médical régulier est essentiel. Pourquoi avez-vous perdu un ovaire et une trompe ? À cause des récidives du Struma Ovarii, l’ablation de mon ovaire gauche et de ma trompe est devenue nécessaire en 2022. Ce type de décision médicale est toujours extrêmement difficile, autant physiquement qu’émotionnellement. Peut-on avoir des enfants après ce type d’opération ? Oui, dans certains cas. Tout dépend : de l’état de l’autre ovaire, du parcours médical, des éventuelles complications, et de chaque situation personnelle. Beaucoup de femmes vivent aussi un deuil ou des angoisses autour de la fertilité après ce type de chirurgie. Quel impact psychologique une maladie rare peut-elle avoir ? Une maladie rare peut profondément bouleverser : l’image du corps, la féminité, la confiance en soi, la santé mentale, la relation à la médecine, et le sentiment de sécurité. La peur des récidives peut également devenir très présente. Pourquoi avoir créé le podcast États Dames ? Parce que cette expérience m’a montré à quel point les femmes peuvent se sentir seules face à la maladie. États Dames est né du besoin : de donner la parole aux femmes, de parler sans tabou, de mettre des mots sur les émotions, et de créer un espace où chacune peut se sentir comprise. Pourquoi partager une histoire aussi intime publiquement ? Parce que derrière chaque diagnostic, il y a une personne. Et parfois, entendre une histoire similaire : rassure, aide, informe, déculpabilise, ou permet simplement de se sentir moins seule. Si ce témoignage peut aider une seule femme à écouter davantage son corps, alors il aura déjà eu du sens. 🔗 Ressources utiles Informations médicales Institut National du Cancer (INCa) Orphanet – Maladies rares Hôpital Tenon – service gynécologie Centres spécialisés en tumeurs gynécologiques rares Soutien & accompagnement Associations autour des maladies rares Groupes de parole sur l’errance médicale Soutien psychologique post-opératoire Communautés autour de la santé gynécologique Ressources autour de la santé des femmes Endométriose SOPK Douleurs pelviennes chroniques Santé mentale et maladie chronique 💜 Soutenir États Dames Si cet épisode vous a touché, vous pouvez soutenir le podcast en : ⭐ laissant une note et un avis sur votre plateforme d’écoute 🎧 vous abonnant à États Dames 📲 partageant cet épisode autour de vous 💬 en parlant de santé des femmes sans tabou Parce qu’en mettant des mots sur ces parcours de santé, nous brisons l’isolement. Et peut-être qu’une femme, quelque part, se sentira enfin comprise.

  • Au cœur de la prématurité extrême : naissance à 26 semaines

    Le témoignage bouleversant de Caroline sur la prématurité extrême et le deuil périnatal Dans ce témoignage sur la prématurité extrême, Caroline raconte le bouleversement provoqué par la naissance prématurée de ses jumelles à 26 semaines. ⚠️ Trigger warning Cet épisode aborde : la prématurité extrême, la réanimation néonatale, le deuil périnatal, la perte d’un enfant, la culpabilité maternelle, le traumatisme hospitalier. Ce témoignage sur la prématurité extrême met aussi en lumière le deuil périnatal et la reconstruction familiale. Une grossesse gémellaire qui bascule brutalement Quand Caroline apprend qu’elle attend des jumelles, c’est un immense bonheur. Une première grossesse remplie de joie, même si les médecins surveillent attentivement cette grossesse monochoriale biamniotique, une grossesse gémellaire à risque où les deux bébés partagent le même placenta. Pendant plusieurs mois, tout semble pourtant bien évoluer. Les échographies sont rassurantes, les bébés grandissent correctement et Caroline profite pleinement de cette grossesse. Mais dans la nuit du 20 au 21 juin 2013, à seulement 26 semaines d’aménorrhée, tout bascule brutalement. Les contractions commencent, l’urgence s’installe et Caroline accouche prématurément de ses deux filles. « Le berceau était là. Pas mes bébés. » Après l’accouchement, ses jumelles sont immédiatement transférées en réanimation néonatale dans un hôpital de niveau 3. Caroline, elle, reste seule dans une chambre de maternité vide. « C’est très difficile de se retrouver dans une chambre de maternité avec un berceau dans la chambre sans bébé. » Autour d’elle, les pleurs des nouveau-nés résonnent dans les couloirs.Dans sa chambre : le silence, l’attente et l’angoisse. Le saviez-vous ? 🧠 Qu’est-ce qu’un grand prématuré ? Un bébé est considéré comme : prématuré avant 37 semaines d’aménorrhée, grand prématuré avant 32 semaines, extrêmement prématuré avant 28 semaines. Les bébés nés à 26 semaines nécessitent souvent : une assistance respiratoire, une hospitalisation longue en néonatalogie, une surveillance neurologique intensive, et des soins spécialisés. La décision impossible Quelques jours après la naissance, les médecins annoncent que l’une des jumelles souffre d’une hémorragie cérébrale de stade 4. Les parents doivent alors prendre une décision inimaginable. « Dans tous les cas, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il y a une décision à prendre. » Caroline et son compagnon choisissent de laisser leur fille partir pour ne pas prolonger ses souffrances. Un choix qui marquera profondément leur vie entière. La culpabilité après la prématurité et le deuil périnatal Dans cet épisode, Caroline parle avec une immense sincérité de la culpabilité maternelle qui l’a longtemps accompagnée. Ne trouvant aucune explication rationnelle à cet accouchement prématuré, elle finit par se considérer elle-même comme responsable. Elle évoque aussi les phrases maladroites souvent entendues après un deuil périnatal : « Au final, il t’en reste quand même une. » Des mots profondément blessants qui montrent à quel point le deuil périnatal reste encore tabou. 174 jours d’hospitalisation Après le décès de Léa, Caroline continue de se battre aux côtés de Zoé, hospitalisée pendant 174 jours en néonatalogie. Pendant près de six mois : les allers-retours à l’hôpital deviennent quotidiens, la fatigue physique et psychologique s’accumule, le corps fonctionne “en mode robot”, et chaque journée est une lutte pour tenir. « Dodo, manger, hôpital. Dodo, manger, hôpital. » La reconstruction après le traumatisme Malgré la douleur, Caroline réussit peu à peu à se reconstruire. Elle donne ensuite naissance à une petite fille née à terme, puis quelques années plus tard à des jumeaux. Une nouvelle grossesse gémellaire vécue cette fois comme une revanche sur la vie. Aujourd’hui, Léa continue d’avoir une place entière dans leur famille. « Après bientôt 13 ans, je peux enfin dire que je suis en paix avec moi-même et avec toute mon histoire. » FAQ – Comprendre la prématurité extrême et le deuil périnatal Qu’est-ce qu’un bébé prématuré ? Un bébé est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (SA). Plus la naissance survient tôt, plus les risques médicaux sont importants. Qu’est-ce que la prématurité extrême ? La prématurité extrême concerne les bébés nés avant 28 semaines d’aménorrhée. Dans l’épisode, les jumelles de Caroline sont nées à 26 SA + 5 jours. À ce stade, les organes ne sont pas encore totalement développés, notamment : les poumons, le cerveau, le système digestif, le système immunitaire. Ces bébés nécessitent une prise en charge immédiate en réanimation néonatale. Qu’est-ce qu’une grossesse monochoriale biamniotique ? Il s’agit d’une grossesse gémellaire où : les deux bébés partagent un même placenta, mais possèdent chacun leur propre poche amniotique. Ce type de grossesse présente davantage de risques et nécessite une surveillance renforcée. Qu’est-ce que le syndrome transfuseur-transfusé (STT) ? Le syndrome transfuseur-transfusé est une complication spécifique aux grossesses gémellaires monochoriales. Le sang circule de manière déséquilibrée entre les deux bébés à travers le placenta : un bébé reçoit trop de sang, l’autre pas assez. Cette complication peut devenir grave et nécessite parfois une intervention médicale urgente. Pourquoi les bébés prématurés sont-ils hospitalisés en néonatalogie ? Les bébés grands prématurés ont besoin : d’une assistance respiratoire, d’une surveillance cardiaque, d’une alimentation adaptée, d’une surveillance neurologique, et parfois d’une oxygénothérapie. L’hospitalisation peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Qu’est-ce que la réanimation néonatale ? La réanimation néonatale est un service spécialisé qui prend en charge les nouveau-nés les plus fragiles ou les plus prématurés. Les équipes médicales y surveillent : la respiration, la fréquence cardiaque, le cerveau, l’oxygénation, la croissance, et les infections potentielles. Qu’est-ce qu’une hémorragie cérébrale chez le prématuré ? Les hémorragies cérébrales peuvent survenir chez les grands prématurés en raison de la fragilité des vaisseaux sanguins du cerveau. Dans l’épisode, l’une des jumelles de Caroline présente une hémorragie cérébrale de stade 4, la forme la plus sévère. Qu’est-ce que le deuil périnatal ? Le deuil périnatal correspond à la perte d’un bébé : pendant la grossesse, à la naissance, ou dans les premiers jours ou mois de vie. Ce deuil reste encore très tabou malgré son impact psychologique immense sur les familles. Pourquoi la culpabilité est-elle si fréquente après une naissance prématurée ? De nombreux parents cherchent une explication à ce qu’ils vivent. Lorsqu’aucune cause claire n’est identifiée, certains finissent par se sentir responsables : de l’accouchement prématuré, de la maladie, ou du décès de leur enfant. Caroline explique avoir porté cette culpabilité pendant de nombreuses années. Combien de temps peut durer l’hospitalisation d’un grand prématuré ? Chaque situation est différente. Dans certains cas, les bébés restent hospitalisés jusqu’à leur terme théorique initial. Zoé, la fille de Caroline, est restée hospitalisée pendant 174 jours. Pourquoi certains parents parlent-ils encore de leur bébé décédé des années après ? Parce que le lien parental continue d’exister malgré l’absence. Le deuil périnatal ne signifie pas oublier son enfant. Beaucoup de familles continuent : de parler de leur bébé, de lui donner une place dans la famille, et de faire vivre sa mémoire au quotidien. Comment aider une famille confrontée à la prématurité ou au deuil périnatal ? La présence, l’écoute et le respect sont essentiels. Certaines phrases peuvent être très blessantes, même si elles se veulent réconfortantes, comme : « Au moins, il t’en reste un. » Le plus important est souvent : d’écouter sans juger, de ne pas minimiser la douleur, et de respecter le rythme émotionnel des parents. Existe-t-il des associations pour accompagner les parents ? Oui. Plusieurs associations accompagnent les familles confrontées à la prématurité et au deuil périnatal : SOS Préma, Petite Émilie, Agapa, Naître et Vivre. Caroline est aujourd’hui bénévole chez SOS Préma sur la ligne nationale d’écoute. Ressources utiles 🤍 L’association Lézextra : accompagner les familles touchées par la prématurité et le deuil périnatal À travers son témoignage dans le podcast États Dames, Caroline ne partage pas seulement son histoire. Elle transforme également cette épreuve en engagement pour aider d’autres familles confrontées à la prématurité extrême, au handicap néonatal et au deuil périnatal. C’est dans cette démarche qu’est née l’association Lézextra, créée en hommage à sa fille Léa. L’objectif de l’association est de : libérer la parole autour du deuil périnatal, accompagner les parents confrontés à la prématurité, sensibiliser au vécu des familles en néonatalogie, et rappeler que chaque bébé, même absent, garde une place entière dans son histoire familiale. À travers des actions de sensibilisation, du partage d’expérience et du soutien humain, Lézextra souhaite briser le silence qui entoure encore trop souvent ces parcours de vie bouleversants. 📱 Vous pouvez suivre l’association Lézextra sur Facebook :Association Lézextra Cette volonté d’aider les autres résonne profondément dans l’épisode, où Caroline explique aujourd’hui être enfin en paix avec son histoire après des années de reconstruction. Son engagement associatif est une manière de continuer à faire vivre Léa tout en soutenant les familles qui traversent à leur tour l’impensable. Associations SOS Préma Agapa Petite Émilie Naître et Vivre Numéros et aides Psychologues spécialisés en deuil périnatal Groupes de parole pour parents endeuillés Services hospitaliers de néonatalogie Transcription complète de l’épisode Au cœur de la prématurité : quand tout bascule à 26 semaines – avec Caroline Introduction Caroline : « Le médecin nous a convoqués en nous disant que notre fille faisait une hémorragie cérébrale de stade 4 et que les solutions étaient soit l'acharnement thérapeutique ou la laisser partir. On ne peut pas imaginer vivre ça et encore moins porter ce poids. On était de fait préparé à accueillir deux enfants à la maison. Nous sommes rentrés avec un seul bébé. » Introduction de Stéphanie Jary Quand on devient parent, on imagine les premiers pleurs, les premiers regards, les premiers instants peau à peau. On imagine rentrer à la maison avec son bébé dans les bras. Mais parfois, la vie écrit une toute autre histoire. Une histoire faite d’incubateurs, de machines, de couloirs d’hôpital et d’une peur impossible à décrire. Caroline attendait des jumelles. Deux petites filles déjà immensément aimées. Et puis, à seulement 26 semaines de grossesse, tout a basculé. Dans cet épisode d’États Dames, Caroline raconte : la prématurité extrême, la réanimation néonatale, le deuil périnatal, la culpabilité silencieuse, la reconstruction, et cette façon d’aimer un enfant absent tout en continuant à vivre pour ceux qui sont là. La découverte de la grossesse gémellaire Caroline raconte que son histoire débute en janvier 2013, lorsqu’elle apprend avec son ex-mari qu’ils attendent non pas un, mais deux bébés. Elle décrit un immense bonheur, mêlé rapidement aux questionnements liés à l’organisation d’une grossesse gémellaire. Malgré tout, ils ressortent de l’échographie de datation « avec un sourire jusqu’aux oreilles ». Très vite, la grossesse est considérée comme à risque : grossesse monochoriale biamniotique, surveillance renforcée, échographies régulières, suivi en maternité spécialisée. Le risque de syndrome transfuseur-transfusé Au fil des semaines, les médecins évoquent un possible syndrome transfuseur-transfusé (STT), une complication spécifique des grossesses gémellaires partageant un même placenta. Caroline explique avec émotion la fascination qu’elle ressentait déjà pour ses jumelles : « Ces jumeaux sont génétiquement identiques… et ça nous émerveillait énormément. » Finalement, début juin, aucun risque immédiat n’est confirmé. Les parents repartent rassurés. « Dans la nuit du 20 au 21 juin, tout a basculé » Quelques jours plus tard, Caroline commence à ressentir des contractions. Rien d’alarmant selon les médecins. Puis, dans la nuit du 20 au 21 juin : les douleurs s’intensifient, les contractions deviennent régulières, et elle comprend progressivement qu’elle est en train d’accoucher à seulement 26 semaines de grossesse. Elle raconte : « Mon corps, dans l’urgence, me disait : là, le travail a commencé. » L’accouchement prématuré En pleine nuit, Caroline réveille son mari et lui demande de l’emmener d’urgence à la maternité la plus proche. Arrivée à l’hôpital : tout s’accélère, les équipes médicales interviennent, les jumelles naissent à 6h20 et 6h24, puis sont transférées en hélicoptère vers un service de réanimation néonatale. « Le berceau était là… pas mes bébés » Après l’accouchement, Caroline est installée dans une chambre de maternité vide. Elle entend les autres nouveau-nés pleurer dans les couloirs alors que ses propres bébés sont en réanimation. « C’est très difficile de se retrouver dans une chambre de maternité avec un berceau dans la chambre sans bébé. » La culpabilité maternelle Quelques heures plus tard, les médecins expliquent que les jumelles ont été stabilisées, mais qu’à ce stade de prématurité, les risques neurologiques restent très importants. Caroline entre alors dans une immense culpabilité. Ne trouvant aucune explication rationnelle à cet accouchement prématuré, elle finit par se considérer elle-même comme responsable. « La seule responsable, c’était moi. » La première rencontre avec ses filles Caroline ne rencontre ses jumelles que deux jours après leur naissance. Malgré les machines, les alarmes et les tuyaux médicaux, elle ne voit qu’une chose :ses filles sont magnifiques. « Je n’ai vu que mes filles. » Elle reste alors persuadée qu’elles rentreront toutes les deux à la maison. L’annonce de l’hémorragie cérébrale Puis survient l’impensable. Les médecins convoquent les parents et leur annoncent que l’une des jumelles souffre d’une hémorragie cérébrale de stade 4. Deux possibilités sont alors évoquées : poursuivre les soins, ou laisser leur fille partir. « Dans tous les cas, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il y a une décision à prendre. » Le deuil périnatal Caroline et son compagnon prennent ensemble la décision de ne pas prolonger les souffrances de leur fille. Elle évoque : la douleur indescriptible, la culpabilité, le doute, et cette question qui revient encore parfois : « Avons-nous bien fait ? » Continuer à vivre pour Zoé Après la perte de Léa, Caroline doit continuer à avancer pour sa deuxième fille, Zoé, toujours hospitalisée. Elle raconte : « Là, un bébé de parti… pas deux. » Pendant des mois : elle cache sa vulnérabilité, s’accroche aux moments de peau à peau, et refuse de s’effondrer devant sa fille. 174 jours d’hospitalisation Zoé reste hospitalisée pendant 174 jours avant de pouvoir rentrer à la maison avec une oxygénothérapie. Le quotidien devient : hôpital, fatigue, tirage de lait, angoisse, et survie psychologique. « Dodo, manger, hôpital. » La reconstruction après le traumatisme Peu à peu, Caroline réapprend à vivre. Entourée de ses proches, elle réussit progressivement à : sortir, reprendre contact avec le monde extérieur, profiter de sa fille, et retrouver une forme d’apaisement. Une nouvelle grossesse comme une revanche sur la vie Quelques années plus tard, Caroline donne naissance à une petite fille née à terme, puis à des jumeaux. Elle décrit cette nouvelle grossesse comme : « une véritable nouvelle chance que la vie nous offre. » « Je suis maman de cinq enfants » Aujourd’hui, Caroline explique que Léa continue d’avoir une place entière dans leur famille. Ses enfants lui rappellent régulièrement : « Non maman, tu es l’heureuse maman de cinq enfants. » Et après près de treize années de reconstruction : « Je peux enfin dire que je suis en paix avec moi-même et avec toute mon histoire. » Le message de Caroline aux familles Pour conclure, Caroline rappelle l’importance : du soutien, du respect du rythme de chacun, et des associations spécialisées dans la prématurité et le deuil périnatal. Aujourd’hui bénévole pour SOS Préma, elle accompagne à son tour les parents traversant ces épreuves. « Vous n’êtes pas seuls. »

  • Au cœur du cancer du sein triple négatif : “Mon cancer, quelle chance !”

    ⚠️ Trigger Warning : cancer du sein, chimiothérapie, peur de mourir, santé mentale, fatigue chronique, traumatismes familiaux. Dans cet épisode profondément intime d’États Dames, Adeline Pasteur raconte son parcours face à un cancer du sein triple négatif diagnostiqué après la découverte d’un ganglion sous son aisselle. Très vite, une peur immense surgit : celle de revivre l’histoire de sa mère et de sa grand-mère, toutes deux emportées par la maladie. Pendant des jours, elle pleure “toutes les larmes de son corps”, persuadée qu’elle est peut-être condamnée à suivre le même chemin. Mais au fil des traitements, des chimiothérapies et des prises de conscience, Adeline transforme cette épreuve en un véritable chemin de reconstruction intérieure. Cancer du sein triple négatif : quand le corps envoie un signal d’alarme Avant même le diagnostic officiel, Adeline sent que quelque chose ne va pas. Une boule dure sous l’aisselle. Des migraines chroniques. Un corps constamment sous tension. Pendant des années, elle vit dans une pression permanente : toujours être forte, toujours réussir, toujours faire plaisir, toujours nourrir les autres avant elle-même. Jusqu’au jour où son corps dit stop. “Mon corps m’a dit : On n’en peut plus, ça suffit.” Héritage familial et transmission invisible L’un des aspects les plus bouleversants de cet épisode est la réflexion d’Adeline autour des schémas transgénérationnels. Même sans marqueur génétique identifié, elle réalise qu’autre chose semble s’être transmis sur trois générations :la pression,le perfectionnisme,le besoin d’être aimée à travers la performance,et cette habitude de s’oublier soi-même. Elle évoque aussi une symbolique forte autour du sein : “Le sein est l’organe nourricier.” Une réflexion profondément humaine sur la charge émotionnelle portée par de nombreuses femmes. Les traitements : chimiothérapie, fatigue et perte de repères Dans cet épisode d’États Dames, Adeline parle sans filtre des traitements :la chimiothérapie, la fatigue, la perte des cheveux, les effets secondaires,les rendez-vous médicaux constants, et ce quotidien entièrement dicté par la maladie. Elle raconte aussi comment certaines visualisations positives et thérapies complémentaires l’ont aidée à traverser cette période avec un peu plus de sérénité. “Mon cancer, quelle chance” : une phrase bouleversante Le titre du livre d’Adeline peut surprendre. Et pourtant, derrière cette phrase, il ne s’agit pas de glorifier la maladie. Il s’agit de raconter comment cette épreuve lui a permis : de ralentir, de se reconnecter à elle-même, de sortir du déni, et de transformer profondément sa manière de vivre. “Le cancer m’a offert cette opportunité de souffler.” Aujourd’hui, cinq ans après, Adeline explique qu’elle vit une vie plus alignée, plus consciente et plus authentique. Pourquoi écouter cet épisode d’États Dames ? Cet épisode peut résonner auprès : des femmes touchées par le cancer du sein, des proches de malades, des personnes en épuisement émotionnel, des femmes vivant sous pression constante, ou simplement de toutes celles qui cherchent à se reconnecter à elles-mêmes. C’est un épisode profondément humain sur le corps, les émotions, les héritages invisibles et la reconstruction. Transcription de l’épisode Adeline Si je reviens au moment où tout a basculé… en fait, c’était presque avant l’annonce. J’ai compris assez vite que j’avais un cancer, même si une partie de moi était vraiment dans le déni. J’ai senti une boule très dure sous mon aisselle et mon médecin m’a dit que c’était un ganglion infecté. Mais clairement, pour avoir vu ma mère et ma grand-mère avoir un cancer du sein… surtout ma mère… j’avais bien compris intérieurement que s’il y avait un ganglion touché, c’est qu’il y avait quelque chose de pas cool en amont. Et elle avait aussi senti une masse dans le sein. Donc je me suis raccrochée à l’idée que ce n’était pas grave. Ma conscience s’est raccrochée à cette idée. Mais en réalité… je savais très bien que c’était grave. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant à peu près deux semaines, jusqu’à ce qu’on me confirme que j’avais un cancer du sein triple négatif. Et ce qui me traumatisait profondément à ce moment-là, c’était de savoir que ma mère et ma grand-mère en étaient mortes avant moi. Alors bien sûr, autre époque, autres traitements, autre histoire. Mais j’ai dû lutter très fort contre cette idée que j’étais peut-être condamnée à vivre exactement la même chose. Ça m’a demandé un effort surhumain de mobiliser des pensées positives et de me dire :“Non. Je ne suis pas condamnée à suivre le même chemin.” Quand on m’a annoncé officiellement le cancer, la première émotion que j’ai ressentie… c’est étrange… mais je me suis sentie comme une chef de projet. J’étais déjà dans l’action. Je prenais des notes méthodiquement dans un petit carnet pendant que le chirurgien m’expliquait :la chimiothérapie,l’opération,la radiothérapie… Je notais tout comme si j’étais en réunion. Je pense que c’était un système de protection. J’étais en mode :“Ça va aller. Tu vas trouver des solutions. Tu vas travailler ce sujet et tu vas en faire quelque chose.” Je me disais presque :“Tu vas réussir ce cancer.” C’est bizarre à dire… mais il y avait cette idée de réussir ma guérison. Mon monde s’est écroulé… mais en même temps, pour éviter qu’il ne s’effondre complètement, j’ai essayé de me raccrocher à l’idée que j’avais un pouvoir d’action. J’ai toujours été sensible aux thérapies alternatives. J’avais vu ma mère essayer beaucoup de choses quand elle était malade. Certaines l’aidaient énormément. Et puis j’avais cette conviction profonde :je pense qu’on peut créer certaines conditions favorisant la maladie. Pas dans un sens culpabilisant.Jamais. On fait toujours de notre mieux. Mais parfois, avec la pression,les violences qu’on s’impose,le fait de trop vouloir plaire,de vivre à côté de soi-même… Tout ça peut devenir violent pour le corps. Je me suis dit :“Si malgré moi j’ai créé les conditions de cette maladie… alors peut-être que j’ai aussi le pouvoir de dénouer certaines choses.” J’ai voulu comprendre. Comprendre pourquoi cette maladie arrivait.Comprendre ce qu’elle venait dire. Comprendre ce que je pouvais transformer en moi. C’est vraiment ce qui a guidé toute ma démarche autour du cancer. Et aujourd’hui, si j’arrive à en parler comme d’une chance… c’est parce que cette maladie m’a permis de nettoyer énormément de choses :émotionnellement,intérieurement,dans mon histoire personnelle. Ça m’a mise sur un chemin de mieux-être extrêmement important. Avant le diagnostic, il y avait déjà énormément de signaux. Je faisais des migraines chroniques.J’avais constamment mal à la tête. Mon cerveau était en ébullition permanente. Mais moi, je ne me pensais pas stressée. Au contraire, je regardais les autres se plaindre de fatigue ou de stress et je me disais :“Franchement… ce sont des petites natures.” Je pensais maîtriser les choses. Alors qu’en réalité, j’étais dans un état d’épuisement profond. Et je m’en suis vraiment rendu compte quand je me suis retrouvée en arrêt maladie. Là, tout à coup, je me suis sentie autorisée à tout lâcher. Et j’ai ressenti un soulagement immense. C’est à ce moment-là que j’ai compris que ma vie n’était qu’une succession de violences faites à mon corps,à mon mental,à mes émotions. Alors qu’au fond, je n’avais qu’une seule envie :tout arrêter…et souffler. Et finalement, le cancer m’a offert cette opportunité de souffler. Il m’a envoyé un premier message :“Tu vois… tu n’étais pas aussi bien que ça dans ta vie.” Les traitements sont extrêmement éprouvants. La chimiothérapie est impressionnante.On perd ses cheveux,on a des problèmes digestifs,des problèmes de peau,une fatigue immense… Mais chacun le vit différemment. Moi, ce qui m’a beaucoup aidée pendant les perfusions, c’était la visualisation. Je me forçais à imaginer quelque chose de positif :un liquide doré,un arc-en-ciel,quelque chose de bénéfique qui entrait dans mon corps. J’envoyais à mon cerveau le message que ce traitement allait m’aider. Et je pense sincèrement que ça a réduit certains effets secondaires. Le quotidien devient complètement millimétré. On ne s’appartient plus. Entre les prises de sang,les chimiothérapies,les traitements,les rendez-vous,les soins… On a un agenda de ministre. Et paradoxalement, quand les médecins nous disent :“Ça y est, vous êtes en rémission”… on ne sait plus tellement comment vivre sans cet agenda imposé par la maladie. Pendant cette période, j’ai énormément cherché de réponses. Je lisais des livres,j’écoutais des podcasts,je consultais des thérapeutes alternatifs… Et petit à petit, j’ai compris qu’il existait une reproduction de schémas entre ma grand-mère, ma mère et moi. Même sans marqueur génétique identifié. Nous nous étions transmis autre chose :le perfectionnisme,la pression,le besoin d’être parfaite pour être aimée,le fait de nourrir les autres avant soi-même. Et la symbolique est forte quand on parle du sein. Le sein est un organe nourricier. Je me suis rendu compte que toute ma vie, j’avais essayé :d’être la meilleure,de plaire,de répondre à des injonctions,de remplir des objectifs impossibles… Je vivais complètement à côté de moi-même. Je tirais tellement sur la machine que mon corps a fini par m’envoyer une énorme alerte. Et cette alerte… ça a été le cancer. Mon corps m’a dit : “On n’en peut plus.Tu ne peux plus vivre comme ça.” La peur, finalement, je ne me l’autorisais pas. Je me suis mise en mode combattante. Je voulais croire que tout ce que je faisais — les traitements conventionnels, les thérapies alternatives, le travail sur moi — allait empêcher le cancer de revenir. Très rapidement, j’ai commencé à voir cette épreuve autrement. Comme une transformation intérieure. Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que le cancer a été le début d’un immense travail sur moi. Cinq ans après, je continue encore. Et je peux dire que ma vie aujourd’hui est :plus alignée,plus consciente,plus authentique. La vie avant le cancer me paraît parfois floue. La vie après…a plus de couleurs. Dire :“Mon cancer, quelle chance”… c’est évidemment provocateur. Mais ce que je veux montrer, c’est qu’on peut aussi voir cette maladie comme une étape de transformation intérieure. Comme une opportunité de se réaligner profondément avec soi-même. Aujourd’hui, je reste quelqu’un de dynamique. Mais les choses partent désormais d’un autre endroit intérieur. Je ne fais plus semblant que tout va bien. Je regarde les choses en face.Je traite les problèmes.Je ne me mets plus d’œillères. Écrire mon livre Mon cancer, quelle chance ! m’a permis de retracer tout ce parcours. Et surtout, d’aider d’autres femmes à se reconnaître dans ce vécu. Ce que j’ai envie de transmettre aujourd’hui, c’est : N’ayez pas peur. Oui, il faut combattre cette maladie. Mais elle a aussi quelque chose à vous apprendre. Écoutez ce qu’elle vient dire.Cherchez en vous.Parlez.Lisez.Échangez. Parce qu’il y a énormément d’espoir. Et même après un cancer…on peut se créer une vie encore plus belle que celle qu’on avait avant. Ce cancer peut devenir le début d’un nouveau chapitre. Et c’est tout le bien que je vous souhaite. FAQ — Cancer du sein triple négatif et reconstruction Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Le cancer du sein triple négatif est une forme particulière de cancer du sein qui ne possède ni récepteurs hormonaux, ni récepteurs HER2. Il nécessite souvent des traitements lourds comme la chimiothérapie. Quels ont été les premiers symptômes ressentis par Adeline ? Adeline raconte avoir découvert une boule dure sous son aisselle ainsi qu’une masse dans son sein. Avant même le diagnostic, elle sentait intérieurement que quelque chose n’allait pas. Pourquoi cet épisode parle-t-il autant d’épuisement émotionnel ? Adeline explique avoir vécu pendant des années sous pression constante : toujours devoir être forte, performante et répondre aux attentes des autres. Elle décrit le cancer comme une alerte envoyée par son corps. Que signifie la phrase “Mon cancer, quelle chance !” ? Cette phrase ne minimise pas la violence de la maladie. Adeline explique qu’elle parle de “chance” parce que cette épreuve lui a permis de ralentir, de se reconnecter à elle-même et de transformer profondément sa vie. Existe-t-il un lien génétique dans son histoire familiale ? Même si sa mère et sa grand-mère ont également eu un cancer du sein, Adeline précise qu’aucun marqueur génétique n’a été retrouvé à ce jour dans sa famille. Pourquoi Adeline évoque-t-elle les schémas transgénérationnels ? Elle explique avoir pris conscience d’une transmission émotionnelle entre générations : le besoin d’être parfaite, de toujours tenir, de nourrir les autres avant soi-même et de vivre sous pression permanente. Comment Adeline a-t-elle vécu la chimiothérapie ? Elle décrit les traitements comme extrêmement éprouvants physiquement et mentalement : fatigue, perte des cheveux, problèmes digestifs et bouleversement du quotidien. Quelles pratiques l’ont aidée pendant les traitements ? En complément du suivi médical, Adeline raconte avoir utilisé des visualisations positives, des thérapies alternatives, des lectures et un important travail intérieur pour l’aider à traverser la maladie. Pourquoi parle-t-elle de la symbolique du sein ? Adeline évoque le sein comme un “organe nourricier”. Elle fait le lien entre cette symbolique et le fait d’avoir passé sa vie à nourrir émotionnellement les autres avant de penser à elle-même. Ce témoignage peut-il aider d’autres femmes malades ? Oui. Adeline a écrit son livre et partagé son histoire pour permettre à d’autres femmes de se reconnaître, de se sentir moins seules et d’oser entamer leur propre chemin de reconstruction. Où écouter l’épisode d’États Dames avec Adeline Pasteur ? L’épisode est disponible sur toutes les plateformes d’écoute ainsi que sur le site du podcast États Dames. Où trouver le livre Mon cancer, quelle chance ! ? Le livre d’Adeline Pasteur est disponible en librairie et en ligne. Elle y approfondit tout son parcours, ses prises de conscience et sa reconstruction après le cancer. Ressources utiles et soutien Si vous traversez un cancer du sein ou une période émotionnellement difficile : rapprochez-vous d’un professionnel de santé, échangez avec des associations spécialisées, parlez de vos émotions, et rappelez-vous que vous n’êtes pas seule. Le livre d’Adeline Pasteur : Mon cancer, quelle chance ! Dans cet épisode d’États Dames, Adeline Pasteur évoque également son livre profondément intime : 📖 Mon cancer, quelle chance ! À travers cet ouvrage, elle retrace tout son parcours face au cancer du sein triple négatif : l’annonce de la maladie, les chimiothérapies, les peurs liées à son histoire familiale, les schémas transgénérationnels, mais aussi l’immense travail intérieur né au cœur de cette épreuve. Plus qu’un récit sur la maladie, ce livre est une réflexion sur : le rapport au corps, l’épuisement émotionnel, les violences invisibles que l’on s’inflige parfois, le besoin de perfection, et la possibilité de se reconstruire autrement après le chaos. Adeline y partage ses prises de conscience avec beaucoup de sincérité, dans l’espoir d’aider d’autres femmes à se sentir moins seules et à regarder leur propre parcours avec davantage de douceur et de conscience. Comme elle l’explique dans l’épisode : “J’ai écrit ce livre pour partager et pour aider d’autres personnes.” Un témoignage puissant, humain et profondément introspectif, qui prolonge l’expérience de cet épisode d’États Dames.

  • Au cœur de l’adoption : grandir avec les silences, les blessures et la reconstruction

    ⚠️ Trigger Warning : adoption, violences sexuelles, santé mentale, pensées suicidaires, traumatismes, harcèlement scolaire. Adoption internationale et quête d’identité Dans cet épisode profondément bouleversant d’États Dames, Geeti livre un témoignage rare sur l’adoption internationale, les blessures invisibles, la quête des origines, la santé mentale et la reconstruction après les violences. Adoptée en Inde alors qu’elle était bébé, elle grandit avec un sentiment d’abandon difficile à expliquer. Très tôt, elle ressent ce décalage entre ce qu’elle montre au monde et ce qu’elle porte en silence. Harcèlement scolaire, racisme, violences psychologiques et sexuelles, hospitalisations en pédopsychiatrie, pensées suicidaires… derrière son sourire se cache une immense souffrance intérieure. Mais cet épisode raconte aussi autre chose : la résilience. La possibilité de se reconstruire, de retrouver sa lumière et de transformer ses blessures en force. Adoption internationale : grandir avec le sentiment d’abandon Quand on parle d’adoption, beaucoup imaginent une “chance” ou une “nouvelle vie”. Pourtant, derrière cette image, certaines personnes adoptées grandissent avec des questions profondes : Pourquoi ai-je été abandonnée ? Qui suis-je vraiment ? Pourquoi est-ce que je ne me sens jamais totalement à ma place ? Dans cet épisode, Geeti met des mots sur cette peur constante de ne jamais être “assez”. Une blessure invisible qui influence les relations, l’estime de soi et la construction identitaire. Le poids du regard des autres et du racisme Grandir entre deux cultures peut créer un profond tiraillement identitaire. Geeti raconte les remarques liées à ses origines indiennes, le racisme ordinaire, le harcèlement scolaire et cette sensation de devoir constamment prouver sa légitimité. À travers son témoignage, elle rappelle combien les mots peuvent laisser des traces durables, surtout lorsqu’ils s’ajoutent à des blessures déjà présentes. Santé mentale : quand les blessures deviennent trop lourdes Dans cet épisode d’États Dames, Geeti aborde sans filtre : les hospitalisations en pédopsychiatrie les pensées suicidaires les traumatismes psychologiques le sentiment d’être incomprise la solitude intérieure Un témoignage fort qui montre à quel point la santé mentale mérite d’être écoutée, accompagnée et prise au sérieux. Violences sexuelles et reconstruction après le traumatisme Geeti évoque également les violences sexuelles qu’elle a subies et les conséquences psychologiques laissées par ces traumatismes. Elle parle du rapport au corps après un viol, de la difficulté à se reconstruire, mais aussi du cheminement vers une forme d’apaisement. Avec beaucoup de sincérité, elle explique que la reconstruction n’est jamais linéaire. Certains jours sont plus difficiles que d’autres, mais chaque étape compte. Retrouver sa lumière malgré les tempêtes Malgré les blessures, Geeti transmet un message profondément humain : il est possible de continuer à avancer. À travers la parole, l’introspection et la résilience, elle apprend peu à peu à se reconnecter à elle-même. Cet épisode rappelle qu’il ne faut jamais minimiser les souffrances invisibles et qu’une personne peut sourire tout en traversant une immense tempête intérieure. Pourquoi écouter cet épisode d’États Dames ? Cet épisode peut résonner auprès : des personnes adoptées des familles adoptives des personnes confrontées aux traumatismes des femmes ayant vécu des violences des personnes touchées par la santé mentale de toutes celles et ceux qui cherchent à comprendre les blessures invisibles C’est un épisode intime, puissant et profondément humain. Transcription de l’épisode FAQ — Adoption, santé mentale et reconstruction Comment l’adoption peut-elle impacter la santé mentale ? Certaines personnes adoptées peuvent ressentir une peur de l’abandon, une difficulté identitaire ou un sentiment de rejet. Chaque parcours est unique, mais ces blessures invisibles peuvent avoir un impact émotionnel important. Pourquoi parler des violences psychologiques et sexuelles est-il important ? Parce que le silence isole. Mettre des mots sur les traumatismes permet de sensibiliser, de libérer la parole Peut-on se reconstruire après des traumatismes ? Oui, même si la reconstruction prend du temps. L’accompagnement psychologique, le soutien de proches et la parole peuvent jouer un rôle essentiel. Ressources utiles et soutien Si cet épisode réveille des émotions difficiles ou un besoin d’aide, n’hésitez pas à vous tourner vers : un professionnel de santé mentale une association spécialisée des groupes de parole les numéros d’écoute et de soutien psychologique Vous n’êtes pas seul(e).

  • Au cœur du cancer du sein : l’annonce, le combat et la renaissance

    ⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : le cancer du sein la chimiothérapie la mastectomie la fatigue chronique la peur de la récidive la santé mentale les impacts du cancer sur le couple et la féminité Cancer du sein : comment retrouver sa féminité et se reconstruire après les traitements À 32 ans, Élodie découvre une boule dans son sein droit.Au départ, elle pense à un simple kyste. Puis viennent les examens, la biopsie… et cette phrase qui bouleverse une vie entière : « C’est un cancer du sein. » Dans cet épisode bouleversant du podcast États Dames, Élodie raconte sans filtre son parcours face au cancer du sein : l’annonce, les chimiothérapies, la perte de ses cheveux, la mastectomie, la peur de mourir… mais aussi la reconstruction, la féminité, l’amour, la maternité et cette force intérieure née dans l’épreuve. Un témoignage profondément humain sur ce qu’on ne voit pas toujours derrière la maladie : le mental, les émotions, les traumatismes invisibles… et la renaissance possible après le chaos. Le diagnostic du cancer du sein à 32 ans Élodie raconte ce moment où tout bascule.Une boule découverte presque par hasard par son compagnon. Une inquiétude minimisée. Puis les examens en urgence. Ce jour-là, lors de l’échographie et de la biopsie, elle comprend déjà intérieurement que quelque chose ne va pas. Quand le verdict tombe le 4 février 2025, son monde s’effondre. Comme beaucoup de femmes touchées par un cancer du sein jeune, elle décrit ce mélange brutal de : déni sidération peur dissociation besoin immédiat de survivre Elle explique aussi combien l’annonce reste, encore aujourd’hui, le moment le plus violent de tout son parcours. Les traitements du cancer du sein : chimiothérapie, fatigue et survie Après le diagnostic, tout s’accélère : pose du PICC line préservation des ovocytes premières chimiothérapies effets secondaires fatigue extrême brouillard mental Élodie raconte avec une grande sincérité cette sensation de voir sa vie mise à l’arrêt. Pendant les chimiothérapies EC, elle reste parfois plusieurs jours alitée, incapable de manger correctement, épuisée physiquement et mentalement. Mais au milieu de cette tempête, elle développe aussi une nouvelle relation à elle-même. Elle répète des mantras.Elle apprend à parler à son corps avec douceur.Elle comprend peu à peu que : « Se reposer, ce n’est pas ne rien faire. C’est guérir. » Un message extrêmement fort pour toutes les femmes qui culpabilisent de ralentir pendant la maladie. Cancer du sein et féminité : perdre ses cheveux, ses cils et un sein L’un des passages les plus puissants de cet épisode concerne la féminité. Élodie parle : de la perte des cheveux de la chute des cils et des sourcils du regard des autres de l’image dans le miroir de la mastectomie du sein droit Elle explique combien le cancer du sein touche aussi l’identité profonde des femmes. La découverte de sa cicatrice après l’opération représente un véritable choc émotionnel. Pourtant, avec le temps, elle apprend à regarder ce corps autrement. La danse devient alors une forme de reconstruction. Danser malgré les cicatrices.Danser malgré le crâne rasé.Danser pour continuer d’exister. Le couple face au cancer du sein Dans cet épisode, Élodie parle aussi sans tabou du couple pendant la maladie. Elle évoque : la charge mentale du compagnon les tensions liées à la fatigue la culpabilité le besoin de solitude l’absence de libido pendant les traitements l’importance de communiquer Son compagnon devient un pilier essentiel pendant toute cette période : gestion de la maison soutien émotionnel présence constante soutien parental auprès de leur fille Mais elle insiste aussi sur une chose importante : le proche aidant souffre lui aussi. Un sujet encore trop peu abordé lorsqu’on parle du cancer. La peur de la récidive après un cancer du sein Après la radiothérapie, Élodie entre officiellement dans l’après-cancer. Mais contrairement aux idées reçues, cette période n’est pas forcément synonyme de soulagement immédiat. Elle parle avec beaucoup de justesse : du « scanxiety » des angoisses avant les examens des douleurs persistantes des traitements hormonaux de la fatigue chronique du deuil de son ancienne vie Elle explique que l’après-cancer est aussi une reconstruction psychologique. Une nouvelle vie commence.Différente.Plus lente parfois.Mais profondément vivante. Les réseaux sociaux comme espace de reconstruction Très rapidement après l’annonce, Élodie décide de partager son parcours sur les réseaux sociaux. Son objectif : sensibiliser au cancer du sein chez les jeunes femmes aider d’autres patientes parler sans filtre briser les tabous Sa communauté devient alors un véritable espace de sororité. À travers ses vidéos, ses danses, ses mots et sa vulnérabilité, elle transmet un message essentiel : « Être forte, ce n’est pas aller bien tout le temps. C’est s’autoriser à ne pas aller bien. » Transcription de l’épisode Bonjour à toutes et à tous. D’abord, je suis super honorée de pouvoir prêter ma voix pour États Dames. Et si mon histoire peut faire écho à certaines femmes, ou simplement apporter un peu de baume au cœur… alors tout cela aura du sens. Mon histoire commence quand mon compagnon sent une boule dans mon sein droit.Au début, je n’y prête pas attention. Je suis jeune, je me dis que c’est sûrement un kyste, quelque chose d’hormonal… Je continue ma vie normalement. Mais lui insiste. Il me dit : « Cette boule est toujours là… ça m’inquiète. » Et aujourd’hui, je peux dire que cette insistance m’a probablement sauvé la vie. L’annonce du cancer du sein Je passe une échographie, une mammographie, puis une biopsie en urgence. Le 4 février 2025, tout bascule. On m’annonce : « Vous avez un cancer du sein. » J’ai 32 ans. Je crois que personne n’est préparé à entendre ces mots.Même quand une partie de vous le pressent déjà. Je me souviens avoir regardé mon reflet dans le miroir de la voiture après l’annonce… et m’être demandé : « Est-ce que c’est vraiment moi ? » Comme si cette conversation concernait quelqu’un d’autre. Mon compagnon posait déjà des questions aux médecins.Il cherchait des solutions. Et moi… j’étais complètement perdue. Le début des traitements Très vite, tout s’enchaîne. Je découvre un nouveau vocabulaire : biopsie oncologue chimiothérapie PICC line hormonothérapie Je me renseigne énormément. Parce que comprendre me donnait l’impression de reprendre un peu le contrôle. Je découvre que mon cancer est hormonodépendant.Et paradoxalement, dans cette annonce horrible, j’essaie déjà de me raccrocher aux éléments positifs. Avant les traitements, je fais aussi congeler mes ovocytes.Parce qu’on ne sait jamais ce que les traitements peuvent provoquer sur la fertilité. Puis arrive le premier jour de chimiothérapie. Je me souviens m’être parlé à moi-même : « Tout va bien aller.Ces traitements vont te sauver. » Je me répétais ça comme un mantra. Les chimiothérapies et la fatigue extrême Les premières chimiothérapies ont été extrêmement difficiles. La fatigue… je ne m’attendais pas à ça. Je pouvais rester quarante-huit heures au lit. Je n’avais plus de goût.Tout avait un goût métallique. Parfois, je ne savais même plus si j’avais faim ou si j’étais simplement nauséeuse. Et surtout… j’ai dû apprendre quelque chose que je n’avais jamais appris avant :ralentir. Moi qui avais toujours besoin d’être dans l’action, je devais accepter que me reposer faisait partie du combat. Petit à petit, j’ai changé mon regard sur moi-même. Je me suis dit : « Tu n’es pas en train de ne rien faire.Tu es en train de guérir. » Les effets secondaires invisibles Ensuite sont arrivées les neuropathies. Je ne sentais plus correctement mes doigts. Je n’arrivais plus à attraper un cure-dent sur une table. C’était perturbant. Alors l’équipe médicale a décidé d’arrêter les chimiothérapies un peu plus tôt pour éviter des séquelles irréversibles. Au début, j’ai eu peur. J’avais l’impression d’échouer. Puis les médecins m’ont rassurée : « Quatorze chimiothérapies sur seize, c’est déjà énorme. » Et j’ai compris l’importance d’écouter mon corps. La perte des cheveux et la féminité Quand mes cheveux ont commencé à tomber, j’avais invité mes copines à la maison. On a mis de la musique.On a ouvert l’apéro. Et on a rasé mes cheveux. Je pensais pleurer. Mais en réalité… je me suis sentie soulagée. Comme si le plus dur, finalement, c’était l’attente. Par contre, perdre mes cils… ça, ça a été beaucoup plus difficile. Parce que là, je trouvais qu’on voyait immédiatement la maladie sur mon visage. Je me maquillais davantage. Pas pour cacher qui j’étais. Mais pour me réapproprier mon image. Je redessinais mes sourcils. Je portais parfois de faux cils. Et surtout… je dansais. La danse m’a énormément aidée. Danser malgré les cicatrices.Danser malgré le crâne rasé. Continuer à vivre malgré tout. La mastectomie Après les chimiothérapies vient l’opération. Une mastectomie du sein droit. Quand on vous annonce qu’on va vous retirer un sein, il y a forcément quelque chose qui s’effondre. Parce qu’un sein, ce n’est pas juste une partie du corps. C’est aussi : la féminité l’identité l’image de soi Après l’opération, j’ai mis du temps avant de regarder ma cicatrice dans un miroir. Mais quand je l’ai découverte, j’ai aussi ressenti du soulagement. Parce que symboliquement, le cancer n’était plus dans mon corps. Le couple pendant le cancer Le cancer bouleverse aussi le couple. Mon compagnon a été extraordinaire. Il a tout pris en charge : la maison notre fille l’organisation du quotidien Grâce à lui, j’ai pu me concentrer entièrement sur ma guérison. Mais il y a aussi eu des moments compliqués. Parce qu’on ne vit plus du tout au même rythme. Lui continuait à travailler.Moi, je restais parfois au lit plusieurs jours. Et même si je savais qu’il avait besoin de continuer à vivre… parfois, ça me faisait mal. On a dû apprendre à communiquer autrement. À comprendre que ses besoins existaient aussi. Le sujet tabou : l’intimité On parle très peu de l’intimité pendant le cancer. Et pourtant, c’est important. Pendant les traitements, ma libido avait complètement disparu. Quand on pense cancer vingt-quatre heures sur vingt-quatre… on ne pense plus au reste. Heureusement, mon compagnon l’a compris. On s’est respectés. Et ça aussi, ça compte énormément dans un parcours comme celui-là. Les réseaux sociaux et la mission d’aider les autres femmes Très vite après l’annonce, j’ai commencé à parler de mon cancer sur les réseaux sociaux. Parce que je ressentais un besoin immense :celui d’aider d’autres femmes. Je voulais parler sans filtre. Montrer les moments difficiles… mais aussi comment essayer de traverser tout ça. Et les messages des femmes ont changé quelque chose en moi. Je me suis sentie utile. Je me suis dit : « Si mon histoire peut aider une seule femme, alors ça vaut la peine. » L’après-cancer Après les chimiothérapies, la mastectomie et la radiothérapie… je pensais que tout allait redevenir comme avant. Mais l’après-cancer est une autre épreuve. Aujourd’hui encore, j’ai : l’hormonothérapie une thérapie ciblée une ménopause artificielle Et il y a toujours cette peur de la récidive. Avant chaque examen médical, l’angoisse revient. Mais malgré tout, j’avance. Plus lentement parfois. Différemment surtout. J’apprends encore à accepter cette nouvelle version de moi. Le message qu’Élodie souhaite transmettre S’il y a une chose que j’aimerais transmettre aujourd’hui, c’est celle-ci : Soyez douces avec vous-mêmes. Même les petits pas comptent. Se lever.Prendre une douche.Faire une petite marche. Tout cela est déjà immense quand on traverse un cancer. Et surtout : être forte ne veut pas dire aller bien tout le temps. Être forte, c’est aussi : pleurer demander de l’aide ralentir accepter ses limites continuer malgré les vagues Aujourd’hui, je suis encore en reconstruction. Mais je suis là. Et ça, c’est déjà énorme. Conclusion de l’épisode Après tout ce parcours, une nouvelle envie est née en moi :continuer à aider les femmes. C’est pour cela que je crée aujourd’hui un podcast autour de la féminité, de la reconstruction et de la vie après le cancer. Parce qu’aucune femme ne devrait traverser cela seule. Merci infiniment à États Dames pour cet espace de parole. Et merci à toutes les femmes qui écouteront ce témoignage. Ce qu’il faut retenir de cet épisode Cet épisode d’États Dames rappelle une chose essentielle : Le cancer du sein ne touche pas uniquement le corps.Il bouleverse : l’identité le couple la maternité la confiance en soi la féminité le rapport au temps le regard sur la vie Mais à travers ce témoignage, Élodie montre aussi qu’il est possible : de se reconstruire d’apprendre à s’aimer autrement de retrouver de la lumière de continuer à vivre malgré les cicatrices FAQ – Cancer du sein : comprendre la maladie et ses impacts Quels sont les premiers signes d’un cancer du sein ? Les symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre, mais les plus fréquents sont : une boule dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la peau, une douleur inhabituelle, un écoulement du mamelon, un changement de forme ou de taille du sein. Certaines femmes ne ressentent aucune douleur au début, d’où l’importance de l’autopalpation et du dépistage. Peut-on avoir un cancer du sein jeune ? Oui. Même si le risque augmente avec l’âge, le cancer du sein peut toucher des femmes jeunes, parfois avant 35 ans. Dans cet épisode d’États Dames, Élodie apprend son cancer du sein à seulement 32 ans. La chimiothérapie fait-elle toujours perdre les cheveux ? Certaines chimiothérapies provoquent effectivement la chute des cheveux, des cils et des sourcils. Cela dépend du protocole utilisé. La perte des cheveux est souvent vécue comme une étape très difficile psychologiquement, car elle rend la maladie visible. Qu’est-ce qu’une mastectomie ? Une mastectomie est une opération chirurgicale consistant à retirer un sein, partiellement ou totalement, afin de traiter un cancer du sein. Cette opération peut avoir un impact important sur : l’image corporelle, la féminité, la confiance en soi, la vie intime. Le cancer du sein impacte-t-il la santé mentale ? Oui. Le cancer du sein peut provoquer : anxiété, dépression, stress post-traumatique, peur de la récidive, isolement, épuisement émotionnel. Un accompagnement psychologique peut être essentiel pendant et après les traitements. Pourquoi l’après-cancer est-il parfois difficile à vivre ? Contrairement aux idées reçues, la fin des traitements ne signifie pas toujours un retour immédiat à une vie “normale”. De nombreuses femmes doivent encore gérer : les douleurs, la fatigue chronique, les traitements hormonaux, la peur des contrôles médicaux, le changement de regard sur leur corps. L’après-cancer est souvent une période de reconstruction physique et psychologique. Peut-on rester féminine après un cancer du sein ? Oui, même si le rapport au corps peut être profondément bouleversé. Chaque femme reconstruit sa féminité différemment : maquillage, vêtements, danse, tatouages réparateurs, reconstruction mammaire, acceptation des cicatrices, réappropriation de son image. Dans cet épisode, Élodie explique comment la danse l’a aidée à reconnecter avec son corps malgré les cicatrices. Le couple peut-il survivre à la maladie ? Oui, mais le cancer peut profondément bouleverser l’équilibre du couple. Fatigue, charge mentale, peur, sexualité, rôle d’aidant… beaucoup de choses changent pendant les traitements. La communication et le soutien mutuel jouent souvent un rôle essentiel. Pourquoi parler du cancer du sein sur les réseaux sociaux aide-t-il autant ? Les réseaux sociaux permettent à de nombreuses femmes : de briser l’isolement, de partager leurs émotions, de sensibiliser, de trouver du soutien, de montrer la réalité de la maladie sans filtre. Les témoignages comme celui d’Élodie permettent aussi à d’autres femmes de se sentir comprises et moins seules. Peut-on se reconstruire après un cancer du sein ? Oui. Même si la maladie laisse parfois des cicatrices physiques et psychologiques, beaucoup de femmes parlent aussi d’une transformation intérieure profonde. La reconstruction peut passer par : la thérapie, le sport, l’art, la parole, les proches, les projets de vie, ou simplement le fait de réapprendre à vivre à son rythme. Comme le dit Élodie dans cet épisode : « Je suis encore en reconstruction… mais je suis là. Et ça, c’est déjà énorme. » Ressources utiles et soutien Ligue contre le cancer Ruban Rose Institut National du Cancer Associations de patientes atteintes de cancer du sein Groupes de parole et soutien psychologique

  • Au cœur de la leucémie : traverser la maladie, perdre un enfant… puis se reconstruire

    Trigger Warning : cet épisode aborde la leucémie aiguë, la perte d’un enfant, une interruption médicale de grossesse (IMG), les AVC, le traumatisme physique et psychologique, ainsi que le deuil de soi. La leucémie : entre peur de mourir et envie de vivre Dans cet épisode bouleversant du podcast États Dames, une femme raconte l’enchaînement d’épreuves qui a transformé sa vie : un grave accident de voiture, deux AVC, la perte de son fils, puis l’annonce brutale d’une leucémie aiguë alors qu’elle était enceinte. Mais derrière la douleur, il y a aussi une reconstruction. Une renaissance. Une femme qui refuse d’abandonner. Une femme qui apprend à vivre autrement, à aimer son nouveau corps, à continuer malgré les traitements et à retrouver un sens à travers les tempêtes. Le saviez-vous ? La leucémie aiguë lymphoblastique est un cancer du sang qui touche les cellules de la moelle osseuse. Certaines formes rares, comme la leucémie aiguë lymphoblastique à chromosome Philadelphie, nécessitent des traitements particulièrement lourds et rapides. Au-delà des soins médicaux, les patientes doivent souvent faire face à : la perte de repères, l’isolement hospitalier, les changements physiques, la peur de mourir, mais aussi au deuil de leur “ancienne vie”. Une vie bouleversée par les épreuves Tout commence le 19 octobre 2020. Un accident de voiture grave. Traumatisme crânien, commotion cérébrale, jambe paralysée pendant plusieurs semaines… Puis deux AVC successifs qui lui font perdre progressivement la sensibilité du côté droit. Après avoir traversé ces premières épreuves, elle tente pourtant de continuer à vivre pleinement : voyager, aimer, découvrir le monde. Mais la vie bascule une nouvelle fois lorsqu’elle perd son premier enfant à six mois et demi de grossesse. Quelques mois plus tard, enceinte à nouveau, elle se rend à l’hôpital pour des saignements. Ce qui devait être une simple consultation devient le début d’un cauchemar : une leucémie aiguë extrêmement agressive est diagnostiquée en urgence. “Je ne comprenais pas pourquoi toutes ces épreuves étaient sur mon chemin” L’un des passages les plus forts de cet épisode est sans doute celui où elle raconte l’incompréhension totale face à l’accumulation des drames. Accident. AVC. Perte d’un enfant. Cancer. Elle décrit ce moment où les médecins lui annoncent qu’elle doit commencer une chimiothérapie immédiatement pour survivre. Elle apprend aussi qu’elle devra subir une IMG pour sauver sa propre vie. Dans cet état de sidération, elle reste longtemps dans le déni. Elle pense à une erreur médicale. Son cerveau refuse de comprendre que tout cela est réel. Le deuil de soi : quand le corps change brutalement Pendant un mois et demi, elle vit enfermée dans une chambre stérile en hématologie. Les traitements transforment progressivement son corps : prise de poids, rétention d’eau, fatigue extrême, perte des cheveux. Dans cet épisode, elle évoque avec beaucoup de justesse ce que vivent de nombreuses femmes malades : le rapport au miroir, la sensation de ne plus reconnaître son corps, la peur du regard des autres. Elle explique avoir choisi de raser ses cheveux elle-même avant que le cancer ne décide à sa place. Un geste symbolique fort, presque une manière de reprendre le contrôle. Le mental comme survie Malgré la douleur physique, elle décide de continuer le sport, de s’alimenter coûte que coûte et de garder une discipline mentale stricte. Elle répète souvent dans l’épisode : “Comment combattre l’invisible ?” Pour elle, la visualisation devient essentielle. Se projeter vivante. Imaginer l’après. Imaginer la guérison. Cette force mentale l’aide à traverser les chimiothérapies, les infections, les complications médicales et l’épuisement psychologique. L’importance de l’entourage dans la maladie Dans cet épisode, elle parle avec énormément d’émotion du rôle de son mari, de sa famille et de ses proches. Elle décrit leur présence comme un véritable “mur porteur”. Mais elle évoque aussi la souffrance silencieuse des aidants. Son mari qui encaisse sans parler. Qui reste malgré tout. Qui continue d’espérer quand elle-même ne voit plus que du noir. Ce passage rappelle une réalité souvent oubliée : la maladie touche aussi profondément l’entourage. Une renaissance malgré tout Aujourd’hui, elle est toujours en protocole de chimiothérapie. Pourtant, son regard sur la vie a changé. Elle parle d’un “deuil de soi”, mais aussi d’une renaissance. Elle apprend à : écouter sa fatigue, ralentir, se prioriser, accepter que la femme qu’elle était avant n’existe plus totalement, et découvrir une nouvelle version d’elle-même. Cette phrase résume parfaitement son parcours : “Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est aussi une renaissance.” “Le chemin que j’ai parcouru, il est énorme… aujourd’hui je suis une nouvelle personne.” Ce que cet épisode transmet Cet épisode d’États Dames ne parle pas seulement du cancer. Il parle : de survie, de résilience, du corps qui change, de la maternité brisée, du regard des autres, de l’amour, du mental, et surtout de cette capacité humaine à continuer malgré tout. C’est un témoignage profondément humain, brut et nécessaire. Transcription de l’épisode Au cœur de la leucémie : traverser la maladie et se reconstruire Introduction Il y a des histoires qui bouleversent profondément. Des histoires où la vie bascule brutalement… encore et encore… jusqu’à pousser une femme à devoir réapprendre à vivre autrement. Dans cet épisode d’États Dames, elle raconte l’accident, les AVC, la perte de son fils, puis cette annonce brutale : une leucémie aiguë diagnostiquée alors qu’elle était enceinte. Mais derrière la violence des épreuves, il y a aussi la résilience, l’amour, le mental… et cette volonté immense de survivre malgré tout. Bienvenue dans États Dames.Le podcast au cœur de votre santé. Témoignage Si je devais parler du début de mon histoire, je parlerais de ce fameux 19 octobre 2020. J’ai eu mon premier accident de voiture avec un camion alors que je ne conduisais pas. J’en suis sortie avec une commotion cérébrale, un traumatisme crânien, un traumatisme rachidien et une jambe paralysée pendant trois semaines. S’en sont suivis trois mois d’hospitalisation. Et puis après ça, j’ai eu cette envie de vivre. Cette envie de découvrir autre chose. Alors je suis partie à New York sur un coup de tête. Là-bas, j’ai rencontré mon mari. J’ai énormément voyagé. Puis j’ai eu mon premier AVC. J’ai perdu 30 % de sensibilité du côté droit. Après une semaine d’hospitalisation et beaucoup de rééducation, je suis partie au Canada… où, six mois plus tard, j’ai eu mon second AVC. Cette fois, j’ai perdu totalement la sensibilité du côté droit. Je me suis retrouvée en fauteuil roulant pendant plus d’un mois et demi. Je ne pouvais plus marcher correctement. Alors j’ai encore fait énormément de rééducation. Ensuite, je suis partie vivre en Australie. Mais j’avais tellement de problèmes de santé que j’ai fini par rentrer en France. En rentrant en France, je suis tombée enceinte d’un petit garçon qui s’appelait Solane. À six mois et demi de grossesse, j’ai malheureusement accouché prématurément. Son cœur s’est arrêté. Il ne supportait plus les contractions. Après ça, j’ai été opérée de l’utérus à cause d’un fibrome qui provoquait énormément de complications et d’hémorragies. C’était insupportable. Puis je suis retombée enceinte très rapidement. Et le 16 août 2025… on m’a annoncé un cancer. J’étais enceinte de mon deuxième enfant. J’avais des saignements anormaux alors je suis allée consulter à l’hôpital. On m’a assuré que tout allait bien. Mais le lendemain, les saignements ont commencé à s’intensifier. Et après avoir déjà perdu un enfant… j’étais terrorisée à l’idée que l’histoire recommence. Alors j’y suis retournée. Ils m’ont dit que par précaution ils allaient me faire une prise de sang, mais que mon col était fermé et que le bébé allait bien. Je suis donc rentrée chez moi. Et quatre heures plus tard… l’hôpital m’appelle encore et encore. Je ne répondais pas parce que j’avais l’habitude des numéros inconnus. Mais au sixième appel, je me suis dit que c’était bizarre. Alors j’ai répondu. Et là, on m’a dit :“Madame, il faut revenir immédiatement. Vos résultats sanguins ne sont pas bons.” Je pensais qu’on allait simplement me dire que j’étais anémiée. Je ne voyais pas pourquoi je devrais revenir à 22 heures. Mais ils ont insisté. Alors j’ai pris mes clés, mon sac… sans imaginer que je ne rentrerais pas chez moi avant un mois et demi. Quand je suis arrivée à l’hôpital, trois médecins m’attendaient avec un énorme dossier médical. Mon mari était en déplacement. J’étais seule. Je l’ai appelé parce qu’il était inconcevable pour moi de recevoir une mauvaise nouvelle sans lui. Et là… ils m’ont parlé de leucémie aiguë. Je ne comprenais pas immédiatement que c’était un cancer. C’est quand j’ai entendu mon mari pleurer au téléphone que j’ai compris que c’était grave. Je leur ai demandé :“Est-ce que je vais mourir ?” Mais ils restaient silencieux. Leur regard était vide. Puis ils m’ont expliqué que je devais commencer la chimiothérapie immédiatement. Que mon état était beaucoup trop grave. Que mon cœur pouvait s’arrêter à tout moment. À ce moment-là, j’étais dans un déni total. Je pensais qu’ils s’étaient trompés de prise de sang. Je me voyais déjà leur faire un procès. Je ne réalisais pas. Puis je suis montée dans l’ambulance pour partir en réanimation, à une heure de chez moi. Je voyais les brancardiers stressés. Et moi, je continuais à croire qu’il y avait une erreur. Quand je suis arrivée en réanimation, les symptômes ont commencé à apparaître. Des taches rouges sur tout le corps.Des démangeaisons intenses. J’ai appris ensuite que c’était dû au manque de plaquettes et d’hémoglobine. Puis un médecin m’a dit :“Si vous étiez venue deux jours plus tard, vous seriez morte dans votre lit.” Et juste après… il m’a annoncé qu’on devait arrêter ma grossesse. Je suis restée sans voix. Je me demandais ce que j’avais fait pour mériter encore une épreuve. J’ai dû subir une IMG très rapidement. Normalement, il existe un délai de réflexion de quatorze jours. Mais moi… on ne me laissait même pas deux jours de vie. J’ai signé tous les papiers sans vraiment comprendre ce qui m’arrivait. Et pendant l’opération, tout s’est très mal passé. J’ai fait une hémorragie interne. J’ai perdu presque trois litres de sang. J’ai dû être transfusée. Puis j’ai fait une allergie à la morphine. Mais malgré tout ça… j’étais encore dans le déni. Ensuite, j’ai été transférée en hématologie. Je suis restée un mois et demi dans une chambre stérile. Sans pouvoir voir ma famille. Sans ouvrir une fenêtre.Sans sentir l’air dehors. Toujours les mêmes murs. Les mêmes prises de sang. Le même programme télé. Psychologiquement, c’était extrêmement dur. La première émotion que j’ai ressentie face au cancer, ça a été l’incompréhension. Après un accident, deux AVC, la perte de mon fils… puis un cancer… je ne comprenais plus rien. Je trouvais ça injuste. Puis la colère est arrivée. Et ensuite la peur. La peur de mourir. La peur de ne pas réussir à survivre encore une fois. Avec la maladie, mon rapport au corps a énormément changé. Quelques mois auparavant, j’avais accouché de mon fils. Je devais déjà accepter ce corps qui venait de traverser une grossesse. Et quatre mois plus tard, j’apprenais que j’avais un cancer. Les traitements ont complètement transformé mon corps. Je faisais énormément de rétention d’eau. Je prenais du poids. Mais malgré ça, j’ai continué le sport. Je me suis obligée à garder une routine. Parce que je voulais montrer à mon corps qu’il était encore capable. Je me répétais constamment :“Tu vas y arriver.” Même quand je n’avais pas faim… je mangeais quand même. Parce que je savais que mon corps avait besoin de force pour supporter les traitements. Petit à petit, c’est comme ça que j’ai réussi à avancer. Les traitements ont été très difficiles. J’ai attrapé un staphylocoque doré. Je ne pouvais plus avaler. Mon œsophage était brûlé. J’avais des cloques dans toute la bouche. Mais même là… je me forçais à manger une compote. Une seule cuillère parfois. Parce qu’il fallait continuer. Dans cette épreuve, mon entourage a été essentiel. Ma mère, mon père, mon mari, mes amis… Ils ont été des murs porteurs. Ils m’ont soutenue sans jamais me définir par la maladie. Et ça m’a énormément aidée. Avant de perdre mes cheveux, j’ai décidé de les raser moi-même. Je ne voulais pas laisser le cancer choisir à ma place. Alors j’ai tout rasé d’un coup. C’était douloureux de voir mes cheveux tomber. Mais les raser… ça m’a redonné une forme de contrôle. J’ai aussi ressenti énormément de culpabilité envers mon mari. J’avais l’impression de lui faire subir trop de choses. Je me disais qu’il ne méritait pas une femme aussi malade. Et pourtant… il est resté. Il a toujours été là. Notre couple a souffert… mais il s’est aussi renforcé. Mentalement, ce qui m’a aidée, c’est la visualisation. Le fait de m’imaginer guérie. De me voir vivre encore. Je savais que je ne pouvais pas abandonner. Parce que j’avais encore des choses à vivre. Parce que mon mari avait déjà perdu notre fils… et que je refusais qu’il perde aussi sa femme. Aujourd’hui, je suis toujours en protocole de chimiothérapie. Mais après tout ça, j’ai appris à lâcher prise. À écouter mon corps.À me prioriser.À accepter que la femme que j’étais avant n’existe plus totalement. Et finalement… ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Parce qu’aujourd’hui, je suis une nouvelle version de moi-même. Si une femme malade écoute cet épisode aujourd’hui… j’aimerais lui dire que ça va aller. Qu’elle traversera des moments de doute, de peur et de colère. Mais que toutes ces émotions sont normales. Parce qu’une maladie, c’est aussi le deuil de soi. La personne qu’on était avant ne sera plus exactement la même. Mais ce n’est pas seulement une fin. C’est aussi une renaissance. Outro Merci d’avoir partagé ce moment avec moi.Chaque histoire est unique, mais certains parcours de santé s’entremêlent. Vous n’êtes jamais seule. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. FAQ Qu’est-ce qu’une leucémie aiguë lymphoblastique ? La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est un cancer du sang qui touche les cellules produites par la moelle osseuse. Elle provoque une multiplication anormale de globules blancs immatures qui empêchent le bon fonctionnement des cellules saines du sang. Cette maladie évolue rapidement et nécessite souvent une prise en charge urgente avec chimiothérapie intensive. Qu’est-ce que le chromosome Philadelphie dans une leucémie ? Le chromosome Philadelphie est une anomalie génétique retrouvée dans certaines leucémies. Lorsqu’il est présent, il rend généralement la maladie plus agressive et nécessite des traitements spécifiques, en plus de la chimiothérapie classique. Dans cet épisode, la témoignante explique être atteinte d’une leucémie aiguë lymphoblastique à chromosome Philadelphie, une forme particulièrement lourde à traiter. Peut-on découvrir un cancer pendant une grossesse ? Oui. Certains cancers peuvent être diagnostiqués pendant la grossesse, parfois à la suite de symptômes inhabituels ou d’analyses sanguines réalisées en urgence. Cette situation est extrêmement complexe car les médecins doivent prendre en compte à la fois la santé de la mère et celle du bébé. Pourquoi certaines patientes doivent-elles subir une interruption médicale de grossesse (IMG) ? Une IMG peut être proposée lorsque la santé de la mère est gravement menacée ou lorsque les traitements nécessaires mettent en danger la grossesse. Dans certains cancers agressifs, comme certaines leucémies aiguës, les traitements doivent être commencés immédiatement pour sauver la vie de la patiente. Quels sont les effets secondaires fréquents de la chimiothérapie ? Les effets secondaires varient selon les traitements, mais peuvent inclure : une grande fatigue, des nausées, une perte de cheveux, des douleurs, une baisse des défenses immunitaires, des infections, des changements physiques importants, une fragilité émotionnelle. Dans cet épisode, la témoignante évoque notamment la rétention d’eau, les douleurs, les difficultés à manger et la perte de ses cheveux. Pourquoi la perte des cheveux est-elle si difficile à vivre ? La perte des cheveux liée à la chimiothérapie peut être très violente psychologiquement. Elle rend la maladie visible aux yeux des autres et bouleverse souvent l’image de soi. Certaines femmes choisissent de raser leurs cheveux avant leur chute pour garder une forme de contrôle sur ce changement. Comment vivre l’isolement pendant les traitements ? Les traitements lourds nécessitent parfois des hospitalisations longues en chambre stérile afin de protéger les patientes des infections. Cet isolement peut provoquer : solitude, anxiété, perte de repères, fatigue mentale, impression d’être coupée du monde extérieur. Le soutien des proches et l’accompagnement psychologique jouent alors un rôle essentiel. Le mental peut-il aider pendant un cancer ? Le mental ne guérit pas un cancer, mais il peut aider à traverser les traitements, à garder espoir et à mieux supporter les épreuves psychologiques liées à la maladie. Dans cet épisode, la visualisation, le sport adapté et la volonté de continuer à vivre ont été des ressources importantes pour la témoignante. Quel rôle joue l’entourage dans la maladie ? L’entourage peut devenir un véritable pilier émotionnel pendant la maladie. Soutien moral, présence, écoute, aide au quotidien… les proches jouent souvent un rôle fondamental dans le parcours de soin. Mais la maladie impacte également profondément les aidants, qui vivent eux aussi peur, impuissance et épuisement émotionnel. Peut-on se reconstruire après un cancer ? Oui, même si cette reconstruction prend du temps. Beaucoup de patientes parlent d’un “avant” et d’un “après” la maladie. La reconstruction peut passer par : l’acceptation du nouveau corps, le travail psychologique, la redéfinition de ses priorités, la reconnexion à soi, ou encore le fait de redonner du sens à son parcours. Comme le dit la témoignante dans cet épisode : “Ce n’est pas seulement une fin… c’est aussi une renaissance.” Ressources utiles et soutien Ligue contre le cancer RoseUp Association Cancer Info Service Associations de soutien aux parents endeuillés Soutien psychologique spécialisé en oncologie 🎧 Retrouvez cet épisode du podcast États Dames – Au cœur de votre santé sur toutes les plateformes d’écoute.

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