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- Au cœur du lymphome de Hodgkin : passer du côté patient à 25 ans
Vivre avec un lymphome de Hodgkin pendant les traitements Quand la soignante devient patiente À seulement 25 ans, Camille travaille dans le domaine de la radiologie. Chaque jour, elle accompagne des patients, participe à des examens et voit défiler les diagnostics des autres. Comme beaucoup de professionnels de santé, elle pense que la maladie arrive aux autres. Jusqu'à ce qu'une simple radio pulmonaire fasse basculer sa vie. Quelques jours avant Noël, après plusieurs examens complémentaires, le diagnostic tombe : un lymphome de Hodgkin. Du jour au lendemain, Camille passe du côté soignant au côté patient. Dans cet épisode d'États Dames, elle raconte le choc de l'annonce, les chimiothérapies, la perte de ses cheveux, l'isolement à l'hôpital, les questionnements sur son avenir et la force qu'elle a trouvée en elle pour continuer d'avancer. ⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : Le cancer L'annonce d'un diagnostic grave Les chimiothérapies L'hospitalisation L'aplasie et l'isolement médical La perte des cheveux La préservation de la fertilité La santé mentale pendant la maladie 💡 Le saviez-vous ? Le lymphome de Hodgkin est un cancer du système lymphatique qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes. Grâce aux progrès des traitements, il fait aujourd'hui partie des cancers présentant les meilleurs taux de guérison. Cependant, au-delà des soins, les conséquences psychologiques, sociales et professionnelles du diagnostic restent souvent méconnues. « Tu vas y arriver. Tu as les épaules pour traverser ce qui arrive, même si tu ne le sais pas encore. » 🎙️ Les moments clés de l'épisode Passer brutalement du côté patient Camille raconte le choc de devenir malade alors qu'elle travaillait elle-même auprès de patients. L'annonce du lymphome à seulement 25 ans Le diagnostic bouleverse tous ses repères et sa vision de l'avenir. Les chimiothérapies et leurs effets Fatigue extrême, douleurs, hospitalisations, aplasie et transfusions. La préservation de la fertilité Une réflexion imposée très tôt dans le parcours de soins. L'isolement en chambre stérile Une période particulièrement difficile marquée par la solitude. Perdre ses cheveux et changer de regard Apprendre à voir la perte des cheveux non comme un signe de faiblesse mais comme la preuve que les traitements agissent. Le rôle essentiel des proches Le soutien de sa famille et de ses amis devient un pilier fondamental. La reconstruction Reprendre confiance en soi et regarder l'avenir autrement. ❤️ Son histoire, avec ses mots Lorsque Camille reçoit son diagnostic, elle ressent d'abord une profonde incompréhension. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi à 25 ans ? Les semaines suivantes sont rythmées par les rendez-vous médicaux, les traitements et les décisions importantes à prendre rapidement. Elle découvre une réalité qu'elle observait jusque-là uniquement à travers les histoires de ses patients. La maladie ne transforme pas seulement le corps. Elle modifie aussi les projets, les relations, la manière de voir le monde et parfois même l'identité. Camille raconte les périodes où elle se sentait en mode survie. Les moments où elle ne se reconnaissait plus. Les jours où elle avançait malgré la peur. Mais elle raconte aussi l'amour immense de ses proches, les petites victoires du quotidien et la résilience qui lui a permis de traverser cette épreuve. Aujourd'hui, elle partage son témoignage pour rappeler qu'aucune personne n'est seule face à la maladie. ❓ FAQ – Tout comprendre sur le lymphome de Hodgkin et le parcours de Camille Qu'est-ce qu'un lymphome de Hodgkin ? Le lymphome de Hodgkin est un cancer qui touche le système lymphatique, un réseau essentiel au fonctionnement du système immunitaire. Il affecte principalement les ganglions lymphatiques et touche souvent les adolescents et les jeunes adultes. Quels sont les symptômes d'un lymphome de Hodgkin ? Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre. Parmi les plus fréquents, on retrouve : Une augmentation du volume des ganglions Une fatigue importante Une toux persistante Des sueurs nocturnes Une perte de poids inexpliquée Des démangeaisons Dans le cas de Camille, c'est une radio pulmonaire réalisée pour une toux persistante qui a permis de découvrir la maladie. Peut-on avoir un lymphome à 25 ans ? Oui. Le lymphome de Hodgkin fait partie des cancers qui touchent fréquemment les jeunes adultes. C'est pourquoi il est important de ne pas banaliser certains symptômes persistants, même lorsqu'on est jeune. Le lymphome de Hodgkin se guérit-il ? Oui. Grâce aux progrès des traitements, le lymphome de Hodgkin présente aujourd'hui un taux de guérison élevé, particulièrement lorsqu'il est diagnostiqué précocement et pris en charge rapidement. Pourquoi les chimiothérapies font-elles perdre les cheveux ? Les chimiothérapies ciblent les cellules qui se multiplient rapidement. Les follicules pileux étant concernés, les cheveux peuvent tomber pendant le traitement. Cette perte est généralement temporaire. Que signifie être en aplasie ? L'aplasie correspond à une baisse importante des cellules sanguines provoquée par les traitements anticancéreux. Cette situation augmente le risque d'infections et peut nécessiter une hospitalisation ou un isolement en chambre protégée. Pourquoi certains patients sont-ils placés en chambre stérile ? Lorsque le système immunitaire est fortement affaibli, les patients peuvent être placés en chambre protégée afin de limiter les risques d'infection. Cette période est souvent difficile psychologiquement en raison de l'isolement qu'elle implique. Le cancer peut-il avoir un impact sur la fertilité ? Oui. Certains traitements contre le cancer peuvent affecter la fertilité. C'est pourquoi les équipes médicales abordent parfois la question de la préservation de la fertilité avant le début des traitements, notamment chez les jeunes patients. Comment soutenir un proche atteint d'un cancer ? Le soutien émotionnel joue un rôle essentiel. Être présent, écouter sans juger, respecter les besoins de la personne malade et maintenir un lien régulier sont souvent les aides les plus précieuses. Pourquoi écouter le témoignage de Camille ? Le témoignage de Camille permet de mieux comprendre la réalité d'un lymphome de Hodgkin chez une jeune adulte. Elle partage avec sincérité les émotions, les difficultés, les traitements, mais aussi l'espoir et la résilience qui l'ont accompagnée tout au long de son parcours. 📸 Les extraits de l'épisode 🤝 Ressources utiles et soutien Associations Ligue contre le cancer France Lymphome Espoir Jeune & Rose RoseUp Association Cancer Contribution Informations médicales Institut National du Cancer (INCa) Ameli Santé Fondation ARC Soutien psychologique Psycho-oncologues des centres hospitaliers Espaces Ligue contre le cancer Groupes de parole de patients 💬 Et vous ? Qu'avez-vous ressenti en écoutant le témoignage de Camille ? Votre commentaire compte énormément. Il permet : ❤️ de soutenir les invités qui partagent leur histoire ❤️ de faire connaître l'épisode ❤️ d'améliorer son référencement sur les moteurs de recherche ❤️ d'aider d'autres personnes concernées par la maladie à découvrir ce témoignage N'hésitez pas à partager votre ressenti en bas de cette page.
- Au cœur du cancer du sein : courir malgré la tempête avec Sara
Cancer du sein à 30 ans : le choc d'un diagnostic inattendu Quand un projet de vie bascule en quelques secondes Une simple boule dans la poitrine. Un geste anodin qui devient le point de départ d'un bouleversement total. Dans cet épisode du podcast États Dames, Sara raconte avec une sincérité bouleversante son parcours face à un cancer du sein diagnostiqué à seulement 30 ans. Alors qu'elle était en plein projet de maternité avec son mari, sa vie s'est brutalement arrêtée pour laisser place aux examens médicaux, aux traitements et à l'incertitude. Son témoignage met en lumière une réalité souvent méconnue : derrière les traitements et les rendez-vous médicaux se cache une tempête émotionnelle qui transforme profondément une femme, son corps, ses projets et sa façon de voir la vie. Le choc du diagnostic : quand le mot « cancer » fige tout Sara se souvient précisément de l'instant où elle a entendu le diagnostic. Lorsqu'elle découvre une boule dans sa poitrine, elle ressent immédiatement qu'il ne s'agit pas de quelque chose de banal. Dès le lendemain, elle consulte son médecin. Quelques examens plus tard, le verdict tombe : cancer du sein. Face à cette annonce, le temps semble s'arrêter. Plus que la peur de la maladie, c'est une immense culpabilité qui l'envahit. Elle pense immédiatement à ses parents, à son mari, à la souffrance que cette nouvelle va provoquer chez ses proches. Puis vient la colère. Pourquoi elle ? Comment une femme jeune, sportive, non-fumeuse et attentive à sa santé peut-elle se retrouver confrontée à une telle épreuve ? Des questions auxquelles aucune réponse satisfaisante ne semble exister. Le deuil temporaire du projet de maternité À 30 ans, Sara avait des rêves, des projets et des envies d'avenir. Parmi eux, un désir d'enfant qui occupait une place centrale dans sa vie. L'annonce du cancer vient tout suspendre. Les consultations médicales, les examens et les traitements imposent une mise entre parenthèses du projet bébé. Une décision médicalement nécessaire mais émotionnellement dévastatrice. Pour Sara, ce renoncement temporaire représente une véritable forme de deuil. Elle décrit la douleur de devoir remettre sa vie à plus tard alors que tout semblait enfin prêt pour avancer vers la maternité. Chimiothérapie : quand le corps et l'esprit sont mis à l'épreuve Les premières séances de chimiothérapie sont particulièrement difficiles. Fatigue extrême, nausées, hypersensibilité à la lumière, incapacité à effectuer les gestes les plus simples du quotidien : Sara découvre une réalité qu'elle n'avait jamais imaginée. Rapidement, elle se demande si elle sera capable de continuer. Pour traverser cette période, elle développe un mantra qu'elle se répète chaque jour : « Tu es forte et la chimiothérapie te guérit. » Cette phrase lui permet progressivement de transformer sa perception du traitement. La chimiothérapie cesse d'être uniquement une ennemie pour devenir une alliée dans son combat contre la maladie. La perte des cheveux et le bouleversement de l'image de soi Parmi les conséquences les plus difficiles à vivre, Sara évoque la perte de ses cheveux. Elle raconte les poignées de cheveux retrouvées dans toute la maison, l'angoisse du shampoing, les larmes avant de prendre la décision de se raser la tête. Peu à peu, le miroir lui renvoie une image qu'elle ne reconnaît plus : Plus de cheveux Plus de cils Plus de sourcils Un visage transformé par les traitements Même si son corps continue à se battre et à résister, le regard qu'elle porte sur elle-même devient parfois très critique. Son témoignage rappelle combien le cancer du sein ne touche pas seulement la santé physique, mais également l'identité et l'estime de soi. Le sport comme refuge pendant la maladie Depuis toujours, Sara pratique la course à pied. Pendant le cancer, le sport devient bien plus qu'une activité physique. Il devient un refuge. Une parenthèse. Un espace où elle n'est plus « Sara atteinte d'un cancer », mais simplement Sara. Chaque sortie lui permet de retrouver un sentiment de liberté et de contrôle dans une période où tout semble lui échapper. Lorsque les traitements deviennent trop lourds et qu'elle doit ralentir puis arrêter la course, elle ressent une nouvelle forme de perte. Cette étape marque pour elle la prise de conscience que la maladie a bel et bien des conséquences concrètes sur son corps. Les proches : ceux qui restent et ceux qui s'éloignent La maladie agit souvent comme un révélateur dans les relations humaines. Sara raconte avoir été surprise par certaines absences. Des personnes dont elle pensait recevoir un soutien inconditionnel se sont montrées distantes. À l'inverse, d'autres ont été présentes de manière discrète mais précieuse. Ce qui l'a le plus aidée ? Les proches qui ont continué à la considérer comme avant. Ceux qui ont gardé une relation équilibrée, capable d'accueillir sa souffrance sans réduire toute son identité à sa maladie. L'après-cancer : quand les cicatrices restent invisibles La fin des traitements ne signifie pas forcément la fin du combat. Aujourd'hui encore, Sara vit avec certaines séquelles émotionnelles : Crises d'angoisse lors des IRM Nausées provoquées par certains souvenirs sensoriels Hypervigilance face au moindre symptôme Perte de l'insouciance d'avant la maladie Elle explique qu'après avoir vécu un cancer, il devient difficile de croire que cela n'arrive qu'aux autres. Cette réalité modifie durablement la manière d'appréhender son corps et son avenir. Ce que le cancer lui a appris sur elle-même Avec le recul, Sara réalise qu'elle a longtemps fait passer les besoins des autres avant les siens. Même pendant la maladie, elle a tenté de protéger ses proches, de les rassurer et parfois même de les consoler. Aujourd'hui, elle apprend progressivement à se choisir davantage. À reconnaître ses propres besoins. À accepter qu'elle mérite elle aussi d'être soutenue. Une reconstruction intérieure qui se poursuit bien après la guérison physique. Le message de Sara aux femmes touchées par un cancer À travers son témoignage, Sara adresse un message d'une grande humanité aux femmes qui traversent actuellement un cancer : « Vous avez le droit d'être fatiguées, en colère, tristes ou même perdues. Vous avez le droit de ne pas être forte tout le temps, mais vous avez aussi le droit d'espérer. » Un message qui résume parfaitement l'esprit de cet épisode : reconnaître la douleur sans renoncer à l'espoir. Écouter l'épisode du podcast États Dames Dans cet épisode d'États Dames, Sara partage avec authenticité les émotions qui ont accompagné chaque étape de son parcours face au cancer du sein : le choc du diagnostic, la colère, la peur, les traitements, la perte de ses cheveux, l'impact sur son projet de maternité, la place du sport dans sa reconstruction et les défis de l'après-cancer. Un témoignage puissant qui met en lumière la réalité vécue par de nombreuses femmes confrontées à la maladie. FAQ : Cancer du sein à 30 ans – Le témoignage de Sara Comment Sara a-t-elle découvert son cancer du sein ? Sara a découvert une boule dans sa poitrine. Bien qu'elle ne soit habituellement pas du genre à s'inquiéter rapidement, elle a immédiatement ressenti que quelque chose n'était pas normal. Dès le lendemain, elle a consulté un médecin, ce qui a permis d'enclencher rapidement les examens ayant conduit au diagnostic. Peut-on avoir un cancer du sein à seulement 30 ans ? Oui. Même si le cancer du sein est plus fréquent après 50 ans, il peut également toucher des femmes jeunes. Le témoignage de Sara rappelle l'importance d'être attentive aux changements de son corps et de consulter rapidement en cas de doute. Quelles émotions peut-on ressentir lors de l'annonce d'un cancer du sein ? Chaque femme vit cette annonce différemment. Dans le cas de Sara, le diagnostic a provoqué un choc émotionnel, de la colère, de l'injustice, de la culpabilité envers ses proches et de nombreuses questions restées sans réponse. Ces réactions sont fréquentes après l'annonce d'un cancer. Comment un cancer du sein peut-il impacter un projet de maternité ? Les traitements contre le cancer du sein peuvent nécessiter de repousser temporairement un projet de grossesse. Pour Sara, qui était en plein projet bébé, cette mise en pause a été vécue comme un véritable deuil et une profonde injustice. Quels sont les effets secondaires de la chimiothérapie évoqués dans cet épisode ? Sara décrit une fatigue écrasante, des nausées importantes, une hypersensibilité à la lumière, un essoufflement ainsi qu'un épuisement physique et mental. Elle explique également la difficulté de retourner en séance en sachant les effets que les traitements provoquent. Pourquoi la perte des cheveux est-elle si difficile à vivre pendant un cancer ? La perte des cheveux est souvent l'un des signes visibles de la maladie. Sara raconte avoir pleuré avant de se raser la tête et avoir eu du mal à se reconnaître dans le miroir. Cette étape peut profondément affecter l'image de soi et la confiance en soi. Le sport peut-il aider pendant un cancer du sein ? Oui, lorsque l'état de santé le permet et avec l'accord des professionnels de santé. Pour Sara, la course à pied a constitué un véritable refuge émotionnel. Le sport lui permettait de retrouver un sentiment de liberté et de se reconnecter à elle-même au-delà de la maladie. Comment l'entourage réagit-il face à un cancer du sein ? Le témoignage de Sara montre que certaines personnes se révèlent particulièrement présentes tandis que d'autres prennent leurs distances. Elle souligne l'importance des proches qui continuent à voir la personne avant la maladie et qui offrent un soutien sincère sans l'étouffer. Que se passe-t-il après les traitements d'un cancer du sein ? La fin des traitements ne signifie pas toujours la fin des difficultés. Sara évoque des crises d'angoisse lors des IRM, la peur de la récidive, certains souvenirs sensoriels liés aux chimiothérapies et une vigilance permanente face au moindre symptôme. Peut-on retrouver sa vie d'avant après un cancer du sein ? L'après-cancer est souvent une période de reconstruction. Sara explique avoir perdu une certaine insouciance, mais avoir aussi développé un nouveau regard sur elle-même, ses priorités et sa manière de prendre soin d'elle. Pourquoi partager son expérience du cancer du sein peut-il aider ? Partager son vécu permet souvent de rompre l'isolement. Sara explique que les réseaux sociaux lui ont permis de rencontrer d'autres femmes traversant la même épreuve, de se sentir comprise et de trouver un soutien précieux tout au long de son parcours. Quel message Sara souhaite-t-elle transmettre aux femmes atteintes d'un cancer du sein ? Sara rappelle qu'il est normal d'être fatiguée, en colère, triste ou perdue. Elle encourage les femmes à accueillir leurs émotions sans culpabilité tout en gardant une place pour l'espoir, même dans les périodes les plus difficiles. Ressources utiles Institut National du Cancer Ligue contre le cancer RoseUp Association À retenir de ce témoignage sur le cancer du sein Avec 4 à 5 puces : Le cancer du sein peut toucher des femmes jeunes, même à 30 ans. Le diagnostic entraîne souvent un choc émotionnel majeur. La chimiothérapie impacte autant le corps que le moral. Le sport peut devenir un soutien précieux pendant les traitements. L'après-cancer comporte aussi des défis psychologiques importants.
- Au cœur du cancer du sein pendant la grossesse : créer la vie en se battant pour la sienne
Cancer du sein pendant la grossesse Dans ce témoignage, Pauline raconte son expérience d'un cancer du sein diagnostiqué pendant sa grossesse, les traitements reçus alors qu'elle attendait sa fille et les émotions qui ont accompagné ce parcours de soin. # Cancer du sein pendant la grossesse : quand tout bascule Quand la grossesse et le cancer se rencontrent Une grossesse est souvent synonyme de projets, d'espoir et d'avenir. Pour Pauline, tout a basculé lorsqu'une simple boule découverte dans son sein est venue bouleverser ce qui devait être l'une des plus belles périodes de sa vie. Enceinte de cinq mois après un parcours de PMA, elle apprend à seulement 29 ans qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Dans cet épisode d'États Dames, elle partage avec une immense sincérité son parcours de future maman confrontée à la maladie, aux traitements et à l'incertitude, tout en continuant à porter la vie. Le saviez-vous ? 🎗️ Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Bien que rare, il peut également être diagnostiqué pendant une grossesse. Les progrès médicaux permettent aujourd'hui, dans de nombreuses situations, de poursuivre certains traitements tout en protégeant au maximum le développement du bébé. Cancer du sein pendant la grossesse : quand tout bascule Pauline se souvient précisément du moment où sa compagne découvre une boule dans son sein lors d'un rituel du soir autour de sa grossesse. Très vite, les examens s'enchaînent. Échographie. Biopsie. Consultations. Appels médicaux. L'attente devient une véritable épreuve psychologique. Chaque rendez-vous apporte son lot de questions et d'incertitudes. Puis le diagnostic tombe : cancer du sein. Une annonce qui vient percuter de plein fouet la joie de devenir maman. La peur pour son bébé avant la peur pour elle-même Ce qui marque dans le témoignage de Pauline, c'est que sa première pensée n'est pas pour elle. Sa première inquiétude concerne son enfant à naître. Les traitements seront-ils compatibles avec la grossesse ? Son bébé est-il en danger ? Pourra-t-elle continuer à le protéger ? Chaque décision médicale est alors réfléchie à travers un double prisme : celui de la patiente et celui de la future maman. Chimiothérapie pendant la grossesse : vivre entre deux combats Pendant sa grossesse, Pauline doit faire face aux chimiothérapies. Son corps devient simultanément un lieu de vie et un lieu de combat. D'un côté, une petite fille grandit dans son ventre. De l'autre, les traitements tentent de faire reculer la maladie. Cette dualité traverse tout son témoignage et donne à son parcours une force particulièrement bouleversante. Quand l'amour devient un traitement invisible Dans cette épreuve, Pauline n'est pas seule. Sa compagne devient son pilier. Présente à chaque rendez-vous, chaque examen, chaque annonce, elle l'accompagne sans relâche. Le témoignage met également en lumière le rôle souvent méconnu des aidants. Ces proches qui vivent l'attente, les peurs et les résultats aux côtés des patients. Une présence discrète mais essentielle dans le parcours de soin. Les transformations du corps face au cancer du sein Entre grossesse et traitements, Pauline doit apprivoiser un corps en pleine transformation. Son ventre s'arrondit. Ses cheveux tombent progressivement. Les cicatrices apparaissent. Le regard dans le miroir devient parfois difficile. Comme de nombreuses femmes touchées par un cancer du sein, elle évoque cette sensation étrange de ne plus totalement se reconnaître. Pourtant, avec le temps, elle apprend aussi à regarder son corps avec admiration. Car il accomplit simultanément deux missions extraordinaires : créer la vie et se battre contre la maladie. Cancer, grossesse et santé mentale : des émotions contradictoires Au fil de l'épisode, Pauline met des mots sur des émotions souvent difficiles à exprimer : La peur La colère L'injustice La culpabilité L'espoir La résilience Elle raconte également la difficulté de ne pas pouvoir partager sa maladie avec sa mère, elle-même atteinte d'une maladie neurologique. Une douleur supplémentaire qui vient s'ajouter à un parcours déjà particulièrement éprouvant. Le rôle des proches dans le parcours contre le cancer L'épreuve du cancer révèle souvent des soutiens inattendus. Certaines personnes prennent leurs distances. D'autres deviennent des piliers. Pauline évoque avec émotion les messages, les cartes, les fleurs et les petites attentions qui lui ont permis de se sentir entourée. Des gestes parfois simples mais qui prennent une importance immense lorsque le quotidien est rythmé par les traitements et les rendez-vous médicaux. Créer la vie en se battant pour la sienne S'il fallait résumer le témoignage de Pauline en une phrase, ce serait probablement celle-ci : Créer la vie en se battant pour la sienne. À travers son histoire, elle rappelle que même au cœur de la tempête, l'amour, les projets et l'espoir continuent d'exister. Sa fille devient sa force. Sa compagne son refuge. Et l'avenir, malgré tout, reste un horizon vers lequel avancer. À retenir de ce témoignage Le cancer du sein peut être diagnostiqué pendant une grossesse. Les traitements sont aujourd'hui parfois compatibles avec la poursuite de la grossesse. Les émotions vécues sont nombreuses : peur, culpabilité, colère, espoir. Les aidants jouent un rôle essentiel dans le parcours de soin. Le soutien des proches et des communautés de patients peut être déterminant. Il est possible de continuer à se projeter malgré la maladie. FAQ : Cancer du sein pendant la grossesse Peut-on avoir un cancer du sein pendant une grossesse ? Oui. Même si cela reste rare, un cancer du sein peut être diagnostiqué pendant la grossesse. La prise en charge nécessite alors une coordination étroite entre les équipes d'oncologie et de maternité. La chimiothérapie est-elle possible pendant la grossesse ? Dans certaines situations et à certains stades de la grossesse, une chimiothérapie peut être proposée. Chaque situation est évaluée individuellement par les médecins. Le bébé est-il en danger lorsqu'un cancer est diagnostiqué pendant la grossesse ? La priorité médicale est de protéger à la fois la mère et l'enfant. Les traitements sont adaptés afin de limiter au maximum les risques pour le bébé. Comment gérer émotionnellement un cancer pendant la grossesse ? Le soutien des proches, des professionnels de santé, des psychologues et des associations peut être précieux. Il est important de ne pas rester seule face à ses émotions. Pourquoi le rôle des aidants est-il si important ? Les aidants accompagnent les patients au quotidien, participent aux rendez-vous médicaux et apportent un soutien émotionnel essentiel tout au long du parcours de soin. « Mon corps est devenu à la fois un lieu de vie et un lieu de combat. » Ressources utiles Institut National du Cancer (INCa) Ligue contre le cancer RoseUp Association Collectif K Fé des Mères Centres de référence en oncologie et grossesse Le témoignage de Pauline : vivre un cancer du sein pendant la grossesse Vous préférez lire plutôt qu'écouter ? Retrouvez ci-dessous la transcription complète de l'épisode « Au cœur du cancer du sein enceinte : créer la vie en se battant pour la sienne » du podcast États Dames. Quand une grossesse tant attendue croise le chemin du cancer Lorsque Pauline repense au jour où tout a commencé, elle se souvient d'un moment simple, tendre et profondément ordinaire. Chaque soir, avec sa compagne, elles avaient un rituel. Un instant suspendu où elles prenaient le temps de se connecter à ce bébé tant attendu après un parcours de PMA. Sa compagne appliquait de l'huile sur son ventre pour prévenir les vergetures et sentir leur petite fille bouger. Ce soir-là pourtant, quelque chose change. Sa main remonte vers sa poitrine. Son regard se fige. Puis cette phrase : « Il y a une boule dans ton sein. » À cet instant, Pauline ne pense pas à elle. Sa première pensée est pour son bébé. Une question s'impose immédiatement : Va-t-on devoir choisir entre moi et mon enfant ? Avec ses antécédents familiaux et sa mutation BRCA2, le mot cancer apparaît presque instantanément dans son esprit. Elle sait que cette découverte n'est pas anodine. Elle s'était toujours préparée à cette éventualité. Mais pas maintenant. Pas pendant sa grossesse. Pas alors qu'elle était en train de vivre l'un des moments les plus heureux de sa vie. L'attente des résultats : une tempête silencieuse Les jours suivants ressemblent à un tourbillon. Au départ, rien ne semble réellement alarmant. Le gynécologue prescrit une échographie « pour vérifier ». Une simple précaution. Mais très vite, les examens s'enchaînent. Une échographie. Puis une biopsie. Puis d'autres rendez-vous. D'autres appels. D'autres interrogations. Pauline a le sentiment d'être emportée dans une machine qui avance beaucoup plus vite qu'elle. Chaque appel téléphonique fait monter l'angoisse. Chaque nouveau rendez-vous soulève davantage de questions. Cette période d'attente devient l'une des plus difficiles de son parcours. Parce qu'elle vit dans un entre-deux. Rien n'est encore confirmé. Mais tout laisse penser qu'un bouleversement se prépare. Le moment où la vie bascule Lors de la biopsie, Pauline ressent le besoin de comprendre. Elle pose alors une question directe à la médecin qui l'accompagne : « Faites-vous cette biopsie uniquement parce que je suis porteuse de la mutation BRCA2 ou parce que vous n'aimez pas ce que vous voyez ? » Un silence s'installe. Quelques secondes seulement. Mais elles lui paraissent interminables. La réponse tombe finalement. La médecin n'aime pas ce qu'elle voit. À cet instant, aucun diagnostic officiel n'est encore posé. Pourtant, Pauline comprend. Au fond d'elle, elle sait déjà que sa vie est en train de changer. Elle pense immédiatement à sa compagne qui l'attend dans la voiture, persuadée qu'il ne s'agit que d'un simple contrôle. Et pour la première fois, Pauline comprend que rien ne sera plus vraiment comme avant. Entre la joie de devenir mère et l'annonce d'un cancer Quelques jours plus tard, le diagnostic est confirmé. Cancer du sein. À seulement 29 ans. Enceinte de cinq mois. Deux réalités opposées se percutent brutalement. D'un côté, il y a cette grossesse tant attendue. Les projets. Les rêves. La chambre du bébé. L'arrivée prochaine de leur fille. Et de l'autre, il y a la maladie. Les traitements. Les examens. L'incertitude. Pauline ressent alors une profonde injustice. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pendant sa grossesse ? Pourquoi alors qu'elle avait justement prévu une mastectomie préventive après la naissance pour éviter de devoir vivre un cancer ? Très vite pourtant, ses inquiétudes ne concernent plus seulement sa propre santé. Toutes ses pensées se tournent vers son bébé. Va-t-elle bien ? Les traitements seront-ils dangereux pour elle ? Pourra-t-elle continuer à grandir normalement ? Chaque décision médicale devient une réflexion permanente entre deux priorités : protéger la mère et protéger l'enfant. Une force née de la maternité Malgré la peur, Pauline découvre aussi une force qu'elle ne soupçonnait pas. Cette grossesse devient son moteur. À chaque rendez-vous. À chaque examen. À chaque traitement. Elle se rappelle pourquoi elle se bat. Elle ne lutte pas seulement pour survivre. Elle lutte pour être là lorsque sa fille viendra au monde. Pour pouvoir la prendre dans ses bras. Pour la voir grandir. Pour construire les souvenirs qu'elle imaginait déjà avant même sa naissance. Cette petite fille devient rapidement son ancre au milieu du chaos. La culpabilité de faire souffrir ceux qu'on aime L'une des émotions les plus difficiles à porter pour Pauline n'est pas la peur. C'est la culpabilité. Pas parce qu'elle se sent responsable de son cancer. Elle sait qu'elle n'y est pour rien. Mais elle a l'impression de faire subir cette épreuve à tous ceux qu'elle aime. Sa fille à naître. Sa compagne. Son beau-fils. Sa famille. Elle voit leurs inquiétudes. Leurs peurs. Leurs silences. Et elle aurait aimé pouvoir les protéger. Le cancer du sein fait déjà partie de l'histoire familiale. Sa cousine est récemment passée par la même épreuve. Alors lorsqu'elle annonce sa maladie, elle a le sentiment qu'une nouvelle bataille commence avant même que la précédente ne soit réellement terminée. L'amour comme pilier Tout au long de ce parcours, sa compagne devient son roc. Présente à chaque rendez-vous. À chaque annonce. À chaque moment difficile. Pauline parle souvent de « son » cancer. Mais avec le recul, elle réalise qu'il s'agit d'une bataille menée à deux. Sa compagne découvre un univers médical totalement inconnu. Les chimiothérapies. Les biopsies. Les protocoles. Les décisions complexes. Pourtant, elle reste présente. Solide. Aimante. Protectrice. Cette épreuve ne fait finalement que renforcer ce qu'elles savaient déjà : elles forment une équipe. Une véritable équipe. Un corps qui crée la vie et combat la maladie Au fil des traitements, le corps de Pauline change. Comme toute grossesse, son ventre s'arrondit. Mais d'autres transformations apparaissent aussi. Les cicatrices. Les effets secondaires. La perte progressive des cheveux. Le regard dans le miroir devient parfois difficile. Certaines photos lui donnent l'impression de regarder quelqu'un d'autre. Comme si elle se reconnaissait sans vraiment se reconnaître. Pourtant, avec le temps, elle apprend à voir les choses autrement. Son corps n'est pas son ennemi. Il accomplit quelque chose d'extraordinaire. Il fabrique un bébé. Et il répond aux traitements. En même temps. Cette prise de conscience transforme progressivement son regard sur lui-même. Une fille qui devient une lumière Si Pauline trouve la force d'avancer, c'est aussi grâce à sa fille. À chaque échographie. À chaque monito. À chaque petit mouvement dans son ventre. Sa présence lui rappelle pourquoi elle continue. Dans les moments les plus difficiles, lorsque tout devient médical, sa fille lui redonne un peu de lumière. Elle lui rappelle que derrière les traitements existe encore un avenir. Et qu'elles traversent cette épreuve ensemble depuis le tout début. Le message que Pauline aimerait transmettre Aujourd'hui, Pauline souhaite adresser un message aux femmes qui vivent la même situation. Elle veut leur dire qu'elles ont le droit d'avoir peur. Le droit d'être en colère. Le droit d'être tristes. Le droit d'être fatiguées. Parce qu'aucune femme ne devrait avoir à porter seule le poids d'un cancer pendant sa grossesse. Elle rappelle également qu'elles ne sont pas seules. D'autres femmes sont passées par là avant elles. D'autres traversent actuellement la même tempête. Et malgré les épreuves, il reste toujours de la place pour l'espoir. Parce qu'au fond, elles accomplissent déjà quelque chose d'extraordinaire : créer la vie tout en se battant pour la leur. Aujourd'hui, ce qui fait avancer Pauline, ce sont les petites choses du quotidien. Sa fille qui grandira bientôt dans ses bras. Sa compagne. Sa famille. Leur futur mariage. Les projets qu'elles continuent de construire ensemble. Et surtout cette envie intacte de vivre. Car chaque matin, elle ne se réveille pas avec l'idée de gagner un combat. Elle se réveille avec l'envie de continuer à écrire son histoire.
- Dépression : le témoignage d'Olivia pour briser le silence et demander de l'aide
Dépression : témoignage d'une maman solo face à la maladie À travers ce dépression témoignage, Olivia revient sur une période particulièrement difficile de sa vie, marquée par la souffrance psychologique, la maternité en solo et la nécessité de demander de l'aide. La santé mentale est un sujet qui nous concerne toutes et tous. Pourtant, lorsqu'il s'agit de dépression, de souffrance psychologique ou d'épuisement émotionnel, le silence reste encore trop souvent la norme. Dans cet épisode d'États Dames, Olivia partage son parcours marqué par la dépression, la maternité en solo, l'épuisement psychique et la reconstruction. Avec beaucoup de sincérité, elle raconte les difficultés du quotidien, la culpabilité, le manque de soutien familial, mais aussi l'importance cruciale de demander de l'aide et d'accepter d'être accompagnée. Un témoignage profondément humain qui rappelle qu'il n'y a aucune honte à souffrir et qu'il est possible de retrouver la lumière. ⚠️ Trigger Warning Cet article aborde : La dépression La santé mentale L'épuisement psychologique La dépression post-partum La parentalité solo La souffrance émotionnelle L'isolement Si ces sujets sont difficiles pour vous, prenez soin de vous pendant votre lecture. 💡 Le saviez-vous ? Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la dépression est l'un des troubles psychiques les plus fréquents dans le monde. Contrairement aux idées reçues, elle ne se résume pas à une simple tristesse passagère. Elle peut affecter profondément le corps, les émotions, les pensées, les relations sociales et les capacités à accomplir les tâches du quotidien. Certaines personnes décrivent même des douleurs physiques, des courbatures, une fatigue extrême et une perte totale d'énergie. « C'est un cauchemar. Et pourtant, il faut quand même que tu t'occupes de ton enfant. Il faut quand même que tu t'occupes de la maison. Ce qu'on demande à une personne qui va bien, on va le demander aussi à une personne dépressive, alors qu'elle n'en est juste pas capable. » Une phrase qui résume parfaitement l'incompréhension que peuvent vivre de nombreuses personnes souffrant de dépression. 🎙️ Les moments clés de l'épisode Les premiers signes de la dépression. L'épuisement physique et psychologique. La maternité en tant que maman solo. Le sentiment d'être submergée par les responsabilités. Le manque de soutien familial. L'importance du soutien amical. Le rôle déterminant des maisons d'accueil pour femmes enceintes et jeunes mamans. Le parcours thérapeutique et la demande d'aide. Les ressources disponibles pour les parents isolés. Le message d'espoir transmis aux autres parents. Quand la dépression transforme le quotidien en montagne La dépression ne se voit pas toujours. Beaucoup de personnes continuent à travailler, à s'occuper de leurs enfants ou à remplir leurs obligations alors qu'elles luttent intérieurement chaque jour pour simplement tenir debout. Olivia décrit avec beaucoup de justesse ce paradoxe. À l'extérieur, les attentes restent les mêmes. À l'intérieur, chaque tâche devient un défi. Prendre une douche. Préparer un repas. Répondre à un message. Sortir de son lit. Autant d'actions qui paraissent anodines mais qui peuvent devenir insurmontables lorsqu'on traverse un épisode dépressif. La dépression est aussi physique On parle souvent de la souffrance émotionnelle associée à la dépression. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que la maladie peut également s'exprimer dans le corps. Fatigue intense. Troubles du sommeil. Douleurs musculaires. Courbatures. Perte d'appétit. Manque total d'énergie. Olivia décrit cette sensation comme un véritable cauchemar permanent. Une fatigue qui ne disparaît pas avec le repos et qui rend chaque journée plus difficile que la précédente. Être maman quand on va mal La maternité est déjà une période de grands bouleversements. Lorsqu'elle s'accompagne d'une dépression, la charge mentale devient immense. Olivia raconte la difficulté de continuer à répondre aux besoins de sa fille alors qu'elle-même n'avait plus les ressources nécessaires pour prendre soin d'elle. Cette réalité est vécue par de nombreuses mères. Et pourtant, elle reste souvent cachée par peur du jugement. Certaines craignent d'être perçues comme de mauvaises mères. D'autres pensent qu'elles devraient être capables de tout gérer seules. Or demander de l'aide est parfois l'acte le plus courageux que l'on puisse accomplir. Le rôle essentiel du soutien L'un des messages les plus forts de cet épisode concerne l'importance de l'entourage. Si Olivia n'a pas toujours trouvé le soutien dont elle avait besoin auprès de sa famille, elle souligne le rôle déterminant joué par ses amis et par la maison d'accueil dans laquelle elle vivait. Pouvoir parler. Être écoutée. Être comprise. Se sentir moins seule. Ces éléments peuvent faire une différence considérable dans le parcours de rétablissement. Les maisons d'accueil : des ressources encore méconnues Dans son témoignage, Olivia évoque les maisons d'accueil pour femmes enceintes et jeunes mamans. Ces structures permettent à des femmes isolées ou en difficulté de bénéficier : D'un logement sécurisé. D'un accompagnement éducatif. D'un soutien quotidien. D'un réseau de solidarité entre mères. D'un environnement rassurant pour leur enfant. Pour certaines femmes, ces lieux deviennent de véritables espaces de reconstruction. Ils permettent de souffler, de reprendre confiance et d'envisager l'avenir plus sereinement. Pourquoi demander de l'aide n'est jamais un échec L'un des principaux obstacles à la prise en charge de la dépression reste la honte. Pourtant, la dépression est une maladie. Comme toute maladie, elle nécessite parfois un accompagnement professionnel. Psychologue. Psychiatre. Médecin traitant. Groupes de parole. Associations. Structures d'accompagnement parental. Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse. C'est souvent la première étape vers le mieux-être. Briser le silence pour mieux guérir À travers son témoignage, Olivia rappelle une vérité essentielle : La souffrance psychique mérite d'être entendue. Trop de personnes traversent encore des épisodes dépressifs dans le silence. Par peur. Par honte. Par méconnaissance. Pourtant, mettre des mots sur ce que l'on vit permet souvent d'amorcer le processus de guérison. Parler peut sauver. Écouter peut sauver. Comprendre peut sauver. FAQ : Comprendre la dépression, la santé mentale et la maternité Qu'est-ce que la dépression ? La dépression est une maladie qui affecte l'humeur, les émotions, les pensées et parfois même le corps. Contrairement à une simple baisse de moral, elle s'installe dans la durée et peut rendre très difficiles les activités du quotidien, comme travailler, prendre soin de soi ou s'occuper de ses proches. Quels sont les symptômes de la dépression ? Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre, mais les plus fréquents sont : Une tristesse persistante. Une fatigue importante. Une perte d'intérêt ou de plaisir. Des troubles du sommeil. Une baisse de l'estime de soi. Des difficultés de concentration. Une irritabilité inhabituelle. Un sentiment de culpabilité. Une perte d'appétit ou des changements alimentaires. La dépression est-elle une faiblesse ? Non. La dépression est une maladie reconnue par les professionnels de santé. Elle n'est ni un manque de volonté ni un défaut de caractère. Comme toute maladie, elle nécessite parfois un accompagnement médical et psychologique. La dépression peut-elle provoquer des symptômes physiques ? Oui. De nombreuses personnes souffrant de dépression rapportent également : Des courbatures. Des douleurs musculaires. Une fatigue extrême. Des maux de tête. Une sensation de lourdeur dans le corps. Des troubles digestifs. La souffrance psychologique et physique sont souvent étroitement liées. Pourquoi les tâches du quotidien deviennent-elles si difficiles lorsqu'on est dépressif ? La dépression impacte l'énergie, la motivation et les capacités de concentration. Des gestes simples comme préparer un repas, prendre une douche ou répondre à un message peuvent alors demander un effort considérable. Peut-on être parent et souffrir de dépression ? Oui. La dépression peut toucher n'importe quel parent, quelle que soit sa situation familiale. Être dépressif ne signifie pas aimer moins son enfant. En revanche, la maladie peut rendre la parentalité plus difficile et augmenter le besoin de soutien. Qu'est-ce que la dépression post-partum ? La dépression post-partum est une forme de dépression qui survient après un accouchement. Elle peut apparaître dans les semaines ou les mois qui suivent la naissance et se manifeste par une grande tristesse, un épuisement important, de l'anxiété ou des difficultés à profiter de la relation avec son bébé. Quelle est la différence entre le baby blues et la dépression post-partum ? Le baby blues apparaît généralement dans les jours qui suivent l'accouchement et disparaît spontanément en quelques jours. La dépression post-partum est plus intense et plus durable. Elle nécessite souvent un accompagnement professionnel pour éviter qu'elle ne s'aggrave. Les mères célibataires sont-elles plus exposées à l'épuisement psychologique ? L'isolement, la charge mentale, les responsabilités financières et le manque de relais peuvent augmenter le risque d'épuisement psychologique. Cependant, toute mère, qu'elle soit seule ou en couple, peut traverser une période de souffrance mentale. Pourquoi est-il parfois difficile de demander de l'aide ? La peur du jugement, la culpabilité, la honte ou encore l'impression de devoir tout gérer seule empêchent souvent les personnes concernées de demander du soutien. Pourtant, demander de l'aide est une démarche de courage, pas un aveu d'échec. Comment savoir si j'ai besoin d'aide ? Si votre souffrance dure depuis plusieurs semaines, si elle impacte votre quotidien ou si vous avez le sentiment de ne plus réussir à faire face seule, il est important d'en parler à un professionnel de santé. À qui parler lorsqu'on souffre de dépression ? Vous pouvez vous tourner vers : Votre médecin traitant. Un psychologue. Un psychiatre. Une sage-femme (en période périnatale). Une assistante sociale. Une association de soutien. Un groupe de parole. Qu'est-ce qu'une maison d'accueil pour femmes enceintes ou jeunes mamans ? Les maisons d'accueil maternelles accompagnent les femmes enceintes ou les jeunes mères qui traversent des difficultés sociales, familiales ou psychologiques. Elles proposent souvent : Un hébergement temporaire. Un accompagnement éducatif. Un soutien administratif. Un accompagnement à la parentalité. Un environnement sécurisant pour la mère et l'enfant. Pourquoi le soutien de l'entourage est-il si important ? Le soutien des proches peut aider à réduire l'isolement, favoriser la demande d'aide et offrir un répit précieux dans les moments difficiles. Une écoute bienveillante peut parfois faire une réelle différence dans le parcours de rétablissement. Peut-on guérir d'une dépression ? Oui. Avec une prise en charge adaptée, un accompagnement psychologique et parfois un traitement médical, de nombreuses personnes retrouvent progressivement leur équilibre et leur qualité de vie. Combien de temps dure une dépression ? La durée varie selon les personnes, la sévérité des symptômes et la prise en charge mise en place. Certaines dépressions durent quelques mois, d'autres nécessitent un suivi plus long. Pourquoi les témoignages sur la dépression sont-ils importants ? Les témoignages permettent de mieux comprendre la réalité de la maladie, de lutter contre les idées reçues et de rappeler aux personnes concernées qu'elles ne sont pas seules. Ils contribuent également à encourager la parole autour de la santé mentale. Que retenir du témoignage d'Olivia ? Le témoignage d'Olivia rappelle que : La dépression est une maladie réelle. Il n'y a aucune honte à demander de l'aide. Le soutien peut changer un parcours. Il existe des ressources pour accompagner les parents isolés. La reconstruction est possible, même après des périodes très difficiles. Où trouver de l'aide en urgence ? Si vous êtes en détresse psychologique ou si vous avez des pensées suicidaires : Appelez le 15 en cas d'urgence. Rendez-vous aux urgences les plus proches. Contactez le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Parlez-en immédiatement à un professionnel de santé ou à une personne de confiance. Vous n'avez pas à traverser cela seule. Ressources utiles et soutien Si vous vous reconnaissez dans ce témoignage ou si vous traversez une période difficile : Parlez-en à votre médecin traitant. Contactez un psychologue ou un psychiatre. Rapprochez-vous d'associations de soutien. N'attendez pas d'être à bout pour demander de l'aide. Vous n'êtes pas seule. 🎧 Retrouvez le témoignage complet d'Olivia dans cet épisode d'États Dames – Au cœur de votre santé, le podcast qui donne la parole aux femmes sur les émotions vécues au cours de leur parcours de santé.
- Au cœur de la psychose puerpérale : quand la réalité se dérobe après la naissance
La maternité est souvent décrite comme l'un des plus beaux moments de la vie. Pourtant, pour certaines femmes, l'arrivée d'un enfant peut s'accompagner d'une souffrance psychique intense et méconnue. Dans cet épisode d'États Dames , je donne la parole à @by_loovea, qui témoigne avec une immense sincérité de son vécu de la psychose puerpérale, une urgence psychiatrique rare mais grave pouvant survenir après un accouchement. À travers son récit, elle revient sur la confusion, la perte de repères, les pensées envahissantes, la peur, le regard des autres, mais aussi sur son parcours vers la prise en charge et la reconstruction. Un témoignage essentiel pour mieux comprendre cette maladie encore trop souvent entourée de silence et de préjugés. ⚠️ Trigger Warning Cet article aborde : La santé mentale périnatale La psychose puerpérale Les troubles psychiatriques du post-partum Les hospitalisations psychiatriques Les pensées délirantes La souffrance psychologique maternelle Si ces sujets sont difficiles pour vous, prenez soin de vous pendant votre lecture. 💡 Le saviez-vous ? La psychose puerpérale touche environ 1 à 2 femmes sur 1 000 accouchements. Bien qu'elle soit rare, elle constitue une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide. Contrairement aux idées reçues, elle n'est pas causée par un manque d'amour envers son bébé ni par une faiblesse psychologique. Il s'agit d'un trouble psychiatrique sévère dont les mécanismes impliquent des facteurs biologiques, hormonaux, génétiques et psychologiques. « Ces quatre mois de séparation avec ma fille, arriver à se retrouver et à créer un lien alors qu'on est séparés autant de temps, c'est vrai que c'est compliqué. Ma fille, je la prenais pour un autre bébé en fait. » Une phrase bouleversante qui illustre à quel point la psychose puerpérale peut altérer les perceptions, fragiliser le lien mère-enfant et laisser des traces bien après la phase aiguë de la maladie. 🎙️ Les moments clés de l'épisode Les premiers signes après l'accouchement. La perte progressive des repères. Les pensées envahissantes et la confusion. Le diagnostic de psychose puerpérale. L'hospitalisation et la séparation avec son bébé. Les conséquences émotionnelles sur la maternité. Les retrouvailles avec sa fille après plusieurs mois. La reconstruction du lien mère-enfant. Le regard de l'entourage et de la société. Le chemin vers le rétablissement. Qu'est-ce que la psychose puerpérale ? La psychose puerpérale est un trouble psychiatrique sévère qui apparaît généralement dans les jours ou les semaines suivant un accouchement. Elle se caractérise par une rupture avec la réalité pouvant entraîner : Des idées délirantes. Des hallucinations. Une désorganisation importante de la pensée. Une confusion mentale. Des comportements inhabituels. Une perte de jugement. Cette pathologie est différente du baby blues ou de la dépression du post-partum. Elle nécessite une prise en charge médicale urgente afin de protéger la mère et son enfant. Quand la maternité devient méconnaissable L'un des aspects les plus bouleversants de la psychose puerpérale est qu'elle survient souvent chez des femmes qui attendaient leur enfant avec amour et impatience. Du jour au lendemain, tout peut basculer. Certaines mères décrivent une sensation de déconnexion totale avec leur environnement. D'autres ont le sentiment que leur bébé n'est plus le leur. Pour certaines, la réalité devient difficile à distinguer des pensées ou des croyances qui s'imposent à elles. Cette perte de repères est particulièrement traumatisante lorsqu'elle touche un moment aussi important que la naissance d'un enfant. « Je prenais ma fille pour un autre bébé » Cette phrase de l'épisode résume à elle seule la violence de ce que peuvent vivre certaines femmes. Après plusieurs mois de séparation liée à sa prise en charge, l'invitée raconte la difficulté de retrouver sa fille. Durant les premiers mois de vie, un bébé change extrêmement vite. Son visage évolue, ses expressions se transforment, sa personnalité commence à émerger. Pour une mère qui a traversé une psychose puerpérale et une séparation prolongée, ces changements peuvent être vécus comme un véritable choc émotionnel. Retrouver son enfant ne signifie pas forcément retrouver immédiatement sa place de mère. Le lien doit parfois être reconstruit progressivement. Les symptômes de la psychose puerpérale Les signes peuvent apparaître brutalement. Parmi les symptômes les plus fréquents : Insomnies sévères. Agitation importante. Changements rapides d'humeur. Discours incohérent. Confusion. Hallucinations auditives ou visuelles. Idées délirantes. Paranoïa. Désorientation. Perte de contact avec la réalité. La rapidité d'apparition des symptômes constitue souvent un élément caractéristique. Psychose puerpérale, baby blues et dépression post-partum : quelles différences ? Le baby blues Le baby blues touche une majorité de jeunes mères. Il survient généralement quelques jours après l'accouchement et se manifeste par : Une hypersensibilité émotionnelle. Des pleurs fréquents. De la fatigue. Une irritabilité passagère. Il disparaît habituellement en quelques jours. La dépression du post-partum La dépression post-partum est un trouble dépressif pouvant apparaître dans les semaines ou les mois suivant la naissance. Elle se manifeste notamment par : Une tristesse persistante. Une perte de plaisir. Une fatigue intense. Une anxiété importante. Des difficultés à créer du lien avec son bébé. La psychose puerpérale La psychose puerpérale est beaucoup plus rare mais aussi beaucoup plus grave. Elle implique une rupture avec la réalité et nécessite souvent une hospitalisation spécialisée. Le poids du regard des autres L'un des aspects les plus difficiles évoqués dans cet épisode concerne le regard porté sur les troubles psychiatriques du post-partum. Parce que la maternité est souvent idéalisée, les femmes qui traversent une psychose puerpérale peuvent ressentir une honte immense. Certaines craignent d'être considérées comme de mauvaises mères. D'autres redoutent d'être jugées ou incomprises. Pourtant, la psychose puerpérale est une maladie. Elle ne définit ni la valeur d'une femme ni sa capacité à aimer son enfant. Peut-on se rétablir d'une psychose puerpérale ? Oui. Avec une prise en charge adaptée, la majorité des femmes retrouvent progressivement un équilibre psychique. Le rétablissement peut nécessiter : Une hospitalisation. Un traitement médicamenteux. Un suivi psychiatrique. Un accompagnement psychologique. Un soutien familial et social. La reconstruction du lien avec son enfant fait également partie du processus de guérison. Chaque parcours est unique. Certaines femmes retrouvent rapidement leurs repères tandis que d'autres ont besoin de davantage de temps. Pourquoi ces témoignages sont essentiels La psychose puerpérale reste largement méconnue du grand public. Pourtant, en parler permet : De réduire les préjugés. D'améliorer le repérage précoce des symptômes. D'encourager les femmes à demander de l'aide. De sensibiliser les proches et les professionnels. De rappeler qu'aucune mère ne devrait affronter seule cette épreuve. Les témoignages comme celui partagé dans États Dames contribuent à rendre visible une réalité souvent passée sous silence. FAQ : Comprendre la psychose puerpérale Qu'est-ce que la psychose puerpérale ? La psychose puerpérale, également appelée psychose du post-partum, est un trouble psychiatrique rare mais grave qui survient généralement dans les jours ou les semaines suivant un accouchement. Elle provoque une rupture avec la réalité pouvant se manifester par des hallucinations, des idées délirantes, une grande confusion ou des comportements inhabituels. Il s'agit d'une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide. Quelle est la différence entre la psychose puerpérale et le baby blues ? Le baby blues est une réaction émotionnelle fréquente qui touche de nombreuses femmes après l'accouchement. Il se caractérise par des pleurs, une hypersensibilité émotionnelle et une fatigue importante. Il disparaît généralement en quelques jours. La psychose puerpérale est beaucoup plus rare et plus sévère. Elle entraîne une perte de contact avec la réalité et nécessite une intervention médicale urgente. Quelle est la différence entre la psychose puerpérale et la dépression post-partum ? La dépression post-partum provoque principalement une tristesse persistante, une perte d'énergie, une anxiété importante et parfois des difficultés à créer du lien avec son bébé. La psychose puerpérale se distingue par la présence de symptômes psychotiques comme les hallucinations, les délires, la confusion mentale ou les troubles du comportement. Quels sont les premiers signes d'une psychose puerpérale ? Les premiers symptômes peuvent apparaître très rapidement après la naissance. Les signes d'alerte incluent : Des insomnies sévères malgré l'épuisement. Une agitation inhabituelle. Des changements brutaux d'humeur. Une confusion importante. Des idées étranges ou délirantes. Des hallucinations auditives ou visuelles. Une perte de repères. Une désorganisation de la pensée. Toute apparition de ces symptômes nécessite une consultation médicale urgente. Combien de femmes sont touchées par la psychose puerpérale ? La psychose puerpérale concerne environ 1 à 2 femmes pour 1 000 accouchements. Même si elle reste rare, elle représente l'une des urgences psychiatriques les plus importantes du post-partum. Quand survient la psychose puerpérale après un accouchement ? La psychose puerpérale apparaît le plus souvent dans les deux premières semaines après la naissance du bébé. Dans certains cas, les symptômes peuvent se développer jusqu'à plusieurs semaines après l'accouchement. Quelles sont les causes de la psychose puerpérale ? Les causes exactes ne sont pas totalement connues. Les spécialistes pensent qu'elle résulte de plusieurs facteurs : Les bouleversements hormonaux après l'accouchement. Une vulnérabilité génétique. Des antécédents psychiatriques personnels ou familiaux. Le manque de sommeil important. Certains facteurs biologiques et neurologiques. La psychose puerpérale n'est jamais causée par un manque d'amour envers son enfant. Peut-on développer une psychose puerpérale sans antécédents psychiatriques ? Oui. Certaines femmes développent une psychose puerpérale sans avoir présenté de trouble psychiatrique auparavant. C'est pourquoi il est essentiel que les proches et les professionnels de santé restent attentifs aux signes d'alerte après une naissance. Une mère atteinte de psychose puerpérale aime-t-elle son bébé ? Oui. La psychose puerpérale est une maladie psychiatrique qui altère temporairement la perception de la réalité. Elle ne remet pas en cause l'amour qu'une mère porte à son enfant. De nombreuses femmes témoignent d'ailleurs de la souffrance immense ressentie lorsqu'elles réalisent ce qu'elles ont traversé pendant la maladie. Pourquoi certaines mères ont-elles l'impression de ne plus reconnaître leur bébé ? Lors d'une psychose puerpérale, la perception de la réalité peut être profondément perturbée. Certaines femmes décrivent une sensation d'étrangeté vis-à-vis de leur bébé, tandis que d'autres ont l'impression qu'il s'agit d'un autre enfant. Cette expérience est liée à la maladie et ne reflète pas les sentiments réels de la mère envers son enfant. La psychose puerpérale peut-elle entraîner une séparation entre la mère et son bébé ? Oui. Dans certaines situations, une hospitalisation est nécessaire afin de protéger la mère et son enfant. Cette séparation peut être très difficile à vivre et avoir des conséquences émotionnelles importantes, comme le montre le témoignage partagé dans le podcast États Dames. Comment reconstruire le lien avec son bébé après une psychose puerpérale ? La reconstruction du lien mère-enfant demande du temps, de la patience et parfois un accompagnement spécialisé. Les moments du quotidien, les soins, les câlins, les regards et la présence progressive permettent de renforcer à nouveau l'attachement. Chaque parcours est unique et il n'existe pas de délai universel. Comment diagnostique-t-on une psychose puerpérale ? Le diagnostic est réalisé par un médecin ou un psychiatre à partir des symptômes observés. Plus le diagnostic est posé rapidement, plus la prise en charge est efficace. Quel traitement pour la psychose puerpérale ? Le traitement dépend de la situation de chaque femme. Il peut inclure : Une hospitalisation. Un traitement médicamenteux. Un suivi psychiatrique. Une psychothérapie. Un accompagnement familial. L'objectif est de stabiliser rapidement les symptômes et de permettre un rétablissement progressif. Peut-on guérir d'une psychose puerpérale ? Oui. La majorité des femmes se rétablissent grâce à une prise en charge adaptée. Certaines continuent à bénéficier d'un suivi psychologique ou psychiatrique après leur rétablissement afin de prévenir les rechutes et de reconstruire sereinement leur vie familiale. Peut-on avoir un autre enfant après une psychose puerpérale ? Oui, mais une grossesse ultérieure nécessite généralement un suivi médical renforcé. Le risque de récidive existe et doit être anticipé avec les professionnels de santé afin d'organiser un accompagnement adapté avant, pendant et après la grossesse. Comment aider une proche atteinte de psychose puerpérale ? L'entourage joue un rôle essentiel. Il est recommandé : D'écouter sans juger. D'encourager la consultation médicale. D'aider dans les tâches du quotidien. De rester vigilant face aux signes d'aggravation. De ne pas minimiser les symptômes. Une prise en charge rapide peut sauver des vies. Où trouver de l'aide en cas de psychose puerpérale ? Vous pouvez contacter : Votre médecin traitant. Votre sage-femme. Un psychiatre. Les urgences psychiatriques. Le 15 en cas d'urgence. Les structures spécialisées en périnatalité. Si vous êtes inquiète pour vous-même ou pour une proche, n'attendez pas pour demander de l'aide 💜 Ce que raconte Laura dans cet épisode Dans cet épisode d'États Dames, Laura revient sur un parcours particulièrement éprouvant marqué par deux psychoses puerpérales survenues après la naissance de ses filles. Elle raconte comment, après sa première grossesse, l'anxiété a progressivement laissé place à une perte de repères de plus en plus importante. Ce qui semblait au départ être une simple crise d'angoisse s'est transformé en une véritable urgence psychiatrique nécessitant plusieurs hospitalisations. Laura décrit avec beaucoup de sincérité ce qu'elle a vécu de l'intérieur : « Pour moi, tout ce qu'on voit et ce qu'on entend, on le voit et on l'entend réellement, alors qu'au final ce n'est pas réel. » Elle explique la difficulté de reconnaître les symptômes lorsqu'on est soi-même en pleine psychose, la sensation de vivre dans une réalité parallèle et l'impossibilité de comprendre ce qui se passe réellement. Au fil de son témoignage, elle revient également sur les nombreuses hospitalisations qui ont suivi, les essais de traitements, les rechutes, mais aussi la prise en charge qui lui a finalement permis de retrouver un équilibre. L'un des moments les plus bouleversants de l'épisode concerne la séparation avec sa fille durant plusieurs mois : « Ces quatre mois de séparation avec ma fille, arriver à se retrouver et à créer un lien alors qu'on est séparés autant de temps, c'est vrai que c'est compliqué. Ma fille, je la prenais pour un autre bébé en fait. » Laura raconte également sa seconde psychose puerpérale, survenue quelques jours seulement après la naissance de son deuxième enfant. Grâce à son expérience précédente et à l'intervention rapide de son entourage et des professionnels de santé, elle a pu être prise en charge plus rapidement. À travers son récit, elle souligne l'importance de la prévention, du repérage des signes d'alerte et du rôle essentiel de l'entourage. Son message est clair : Il ne faut jamais avoir honte de demander de l'aide. Les troubles psychiques du post-partum peuvent toucher n'importe quelle mère. Une prise en charge précoce peut changer le cours des choses. Il est possible de se rétablir et de reconstruire sa vie après une psychose puerpérale. Aujourd'hui, Laura souhaite sensibiliser les familles et les professionnels à cette maladie encore trop méconnue afin que davantage de femmes puissent être accompagnées rapidement et sans jugement. Ressources utiles et soutien Si vous pensez être concernée ou si une proche présente des signes inquiétants après un accouchement : Contactez rapidement un médecin, une sage-femme ou un psychiatre. En cas d'urgence, appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences. N'attendez pas que les symptômes s'aggravent. La psychose puerpérale est une urgence médicale. Plus elle est prise en charge tôt, meilleures sont les perspectives de rétablissement.
- Au cœur de l’après-cancer : ce vide dont on ne parle pas avec Flo
Quand on parle du cancer, on évoque souvent l'annonce de la maladie, les traitements, la chirurgie, la chimiothérapie ou encore la radiothérapie. Mais que se passe-t-il lorsque tout cela s'arrête ? Que ressent-on lorsque les rendez-vous médicaux deviennent moins fréquents, que l'entourage pense que tout est derrière nous et que l'on se retrouve seule face à une vie qui ne ressemble plus tout à fait à celle d'avant ? Dans cet épisode d'États Dames, Flo revient sur son parcours avec un cancer du sein diagnostiqué à l'âge de 38 ans. Elle partage sans filtre ce qu'elle a vécu pendant les traitements, mais surtout cette période méconnue que l'on appelle l'après-cancer. Un témoignage qui met en lumière les émotions, les questionnements, les bouleversements et les ressources qui émergent lorsqu'il faut réapprendre à avancer après la maladie. Cet épisode aborde le cancer du sein, les traitements oncologiques, la peur de la mort, l'impact de la maladie sur la parentalité, la reconstruction après les traitements et la santé mentale. Le saviez-vous ? La fin des traitements contre le cancer ne marque pas forcément la fin des difficultés. De nombreuses personnes évoquent un sentiment de vide, de décalage avec leur entourage, une perte de repères ou encore une peur persistante de la récidive. Cette période, parfois appelée « l'après-cancer », reste encore peu connue du grand public alors qu'elle représente une étape importante du parcours de soin. « J'étais descendue du train des traitements. J'étais assise sur le quai de la gare à regarder les trains passer. Et je n'avais aucune idée dans quel train je devais monter pour la suite. » Les moments clés de l'épisode La découverte d'une boule dans le sein L'annonce du diagnostic à 38 ans La peur de laisser ses enfants Le mode « viking » pour traverser la maladie La chirurgie et la chimiothérapie La perte des cheveux Le soutien de l'entourage Le vide après les traitements La difficulté à reprendre sa vie La reconversion professionnelle Le besoin de redonner du sens à son parcours La reconstruction après le cancer Quand le cancer bouleverse une vie déjà bien remplie À 38 ans, Flo est maman de deux enfants. Elle vient de changer de poste dans son entreprise lorsqu'elle découvre une boule dans son sein. Très rapidement, les examens s'enchaînent. Mammographie. Échographie. Biopsie. Puis le diagnostic tombe : un cancer du sein hormonodépendant. Comme beaucoup de femmes confrontées à cette annonce, Flo comprend immédiatement que sa vie vient de basculer. Mais très vite, une pensée prend le dessus sur toutes les autres. Ses enfants. L'idée qu'ils puissent grandir sans elle devient son moteur pour avancer. Le combat contre la maladie Après une première chirurgie conservatrice, les analyses révèlent une atteinte ganglionnaire. Le protocole évolue alors vers plusieurs mois de chimiothérapie, suivis de radiothérapie puis d'hormonothérapie. Face à la maladie, Flo développe ce qu'elle appelle son mode « viking ». Une manière de continuer à avancer malgré la peur. Malgré les incertitudes. Malgré les effets secondaires. Son arme principale : l'humour. Parce que parfois, rire devient une façon de survivre. La perte des cheveux : un symbole fort Lorsque la chimiothérapie débute, Flo pense immédiatement à la perte de ses cheveux. Comme pour beaucoup de femmes, cette étape représente bien plus qu'un simple changement physique. Elle décide pourtant de vivre cette période à sa manière. Elle se rase la tête dès les premiers signes de chute de cheveux et choisit souvent de sortir tête nue. Un choix assumé qui reflète sa volonté de rester elle-même malgré la maladie. Quand les traitements s'arrêtent On pourrait croire que la partie la plus difficile est derrière soi. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'apparaît ce que Flo décrit comme un immense vide. Pendant des mois, la vie est organisée autour des rendez-vous médicaux, des examens et des traitements. Puis tout s'arrête. Et soudain, il faut réapprendre à vivre sans ce cadre. Cette période peut être déroutante. L'entourage est soulagé. Les cheveux repoussent. Les traitements lourds sont terminés. Mais intérieurement, beaucoup de questions demeurent. L'après-cancer : ce vide dont on parle si peu Flo utilise une image particulièrement parlante. Elle compare la fin des traitements à une descente de train. Le train des soins. Le train du combat. Une fois descendue sur le quai, elle se retrouve à regarder les autres trains passer sans savoir lequel prendre. Cette sensation de flottement est fréquente chez les personnes ayant traversé un cancer. Certaines ressentent de l'anxiété. D'autres une perte de repères. D'autres encore un profond besoin de redonner du sens à leur vie. Peut-on reprendre sa vie d'avant ? Pour Flo, la réponse est claire. Non. On ne reprend pas sa vie d'avant. Parce qu'un cancer laisse des traces. Des traces physiques. Des traces émotionnelles. Des traces dans les projets, les relations et les priorités. Cela ne signifie pas que tout devient négatif. Au contraire. Certaines personnes découvrent de nouvelles forces, de nouvelles envies ou de nouveaux projets. Mais elles avancent avec une version différente d'elles-mêmes. La reconstruction après le cancer Après les traitements, Flo entreprend un bilan de compétences. Elle découvre le coaching et commence à réfléchir à ce qu'elle souhaite construire pour la suite. Petit à petit, une évidence s'impose. Accompagner d'autres femmes confrontées à des ruptures de vie. Des femmes qui, comme elle, cherchent à retrouver du sens après une épreuve. Aujourd'hui, son parcours lui permet de transmettre un message fort : Nous avons toutes des ressources en nous. Et nous ne sommes pas obligées d'avancer seules. Ce que Flo souhaite transmettre aux femmes À travers son témoignage, Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer. Certaines femmes auront besoin de temps. D'autres auront envie de tout changer. D'autres encore souhaiteront retrouver une certaine stabilité. Toutes ces réactions sont légitimes. Le plus important est de respecter son propre rythme. Et de s'autoriser à être douce avec soi-même. FAQ – L'après-cancer Qu'appelle-t-on l'après-cancer ? L'après-cancer correspond à la période qui suit la fin des traitements principaux contre le cancer. Même lorsque la maladie est contrôlée ou en rémission, de nombreuses personnes continuent à faire face à des conséquences physiques, psychologiques et émotionnelles qui peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Pourquoi certaines personnes se sentent-elles perdues après la fin des traitements ? Pendant des mois, le quotidien est rythmé par les rendez-vous médicaux, les examens et les traitements. Lorsque tout s'arrête, certaines personnes ressentent une perte de repères. Elles doivent réapprendre à vivre sans ce cadre médical tout en intégrant ce qu'elles viennent de traverser. Est-il normal de ressentir un vide après un cancer ? Oui. Ce sentiment est fréquent et largement documenté. Beaucoup de personnes décrivent une sensation de vide, de flottement ou de décalage avec leur entourage après la fin des traitements. Cela ne signifie pas que quelque chose ne va pas, mais simplement que le corps et l'esprit continuent leur travail de reconstruction. Pourquoi l'entourage pense-t-il souvent que tout est terminé ? Parce que les signes visibles de la maladie disparaissent progressivement : les traitements sont terminés, les cheveux repoussent et les examens deviennent moins fréquents. Pourtant, les conséquences émotionnelles et physiques peuvent être encore très présentes pour la personne concernée. Qu'est-ce que la peur de la récidive ? La peur de la récidive est la crainte que le cancer revienne. Cette inquiétude est très fréquente après un cancer et peut réapparaître lors des examens de contrôle, à l'apparition d'un symptôme inhabituel ou à certaines périodes de l'année liées au parcours de soins. Peut-on reprendre sa vie comme avant après un cancer ? Chaque parcours est différent. Certaines personnes retrouvent rapidement leurs habitudes tandis que d'autres ressentent le besoin de réorganiser leur vie. Beaucoup expliquent que le cancer a modifié leurs priorités, leur rapport au temps, au travail, à la famille ou à leur santé. Pourquoi la fatigue peut-elle persister longtemps après les traitements ? La fatigue liée au cancer est différente d'une fatigue classique. Elle peut persister plusieurs mois après la chimiothérapie, la radiothérapie ou certaines thérapies ciblées. Elle est souvent influencée par les traitements, le stress, le manque de sommeil et les bouleversements émotionnels vécus. L'après-cancer peut-il avoir un impact sur la santé mentale ? Oui. Certaines personnes traversent des périodes d'anxiété, de tristesse, de perte de confiance en elles ou de questionnements existentiels. D'autres peuvent développer des symptômes proches du stress post-traumatique. Un accompagnement psychologique peut être bénéfique. Est-il fréquent de changer de projet professionnel après un cancer ? Oui. Beaucoup de personnes ressentent le besoin de redonner du sens à leur vie après une épreuve de santé importante. Cela peut se traduire par une reconversion, une reprise d'études, un changement de rythme de travail ou un nouvel engagement personnel. Comment retrouver confiance en son corps après les traitements ? La reconstruction est progressive. Certaines femmes retrouvent confiance grâce à l'activité physique adaptée, aux soins de support, à la thérapie, à la méditation, à la sophrologie ou encore à travers des groupes de parole avec d'autres patientes. Où trouver du soutien lorsqu'on traverse l'après-cancer ? Il existe de nombreuses ressources : Les psychologues spécialisés en oncologie Les associations de patients Les groupes de parole Les soins oncologiques de support Les coachs spécialisés dans l'accompagnement après la maladie Les podcasts et témoignages de personnes ayant vécu des expériences similaires Comment soutenir un proche qui traverse l'après-cancer ? La meilleure aide consiste souvent à écouter sans minimiser ce qu'il ressent. Éviter les phrases comme « c'est derrière toi maintenant » ou « il faut tourner la page » peut permettre à la personne de se sentir comprise dans cette période parfois complexe. Pourquoi parler de l'après-cancer est-il important ? Parce que cette étape reste encore méconnue alors qu'elle concerne des milliers de personnes chaque année. Donner la parole aux patientes permet de mieux comprendre les réalités vécues après la maladie et de lutter contre l'isolement que certaines peuvent ressentir. Que peut apporter le témoignage de Flo à d'autres femmes ? Le témoignage de Flo rappelle qu'il n'existe pas une seule manière de vivre l'après-cancer. Son parcours montre qu'il est possible d'avancer à son rythme, de traverser les doutes, de demander de l'aide et de reconstruire progressivement une vie qui a du sens après la maladie. Transcription rédigée Le diagnostic : quand tout bascule À 38 ans, Flo découvre une boule dans son sein. Un an plus tôt, elle avait déjà signalé cette anomalie à son gynécologue. Malgré ses inquiétudes et les antécédents de cancer du sein présents dans sa famille, elle est rassurée et repart sans examen complémentaire. Les mois passent. Puis, à l'automne 2022, la masse devient visible. Cette fois, Flo insiste et demande elle-même une mammographie et une échographie. Très vite, les examens s'enchaînent. Les réactions des professionnels de santé lui font comprendre que quelque chose ne va pas. Quelques jours plus tard, le diagnostic tombe : un cancer du sein. Sa première pensée n'est pas la colère ni même la peur. Elle pense immédiatement à ses enfants. À cette vie qu'elle n'avait pas imaginé voir bouleversée de cette façon. À ce moment-là, ses enfants ont 9 et 5 ans. Elle est séparée de leur père depuis peu et vient tout juste de prendre un nouveau poste dans son entreprise. La maladie s'invite dans un quotidien déjà chargé. Passer en mode survie Très rapidement, un protocole de soins est mis en place. Une tumorectomie est programmée afin de retirer les tumeurs identifiées dans son sein. Au départ, les médecins espèrent éviter la chimiothérapie. Mais l'analyse des ganglions révèle que le cancer a commencé à migrer. Le protocole change. La chimiothérapie devient indispensable. Pour Flo, cette annonce marque un tournant. Pourtant, elle refuse de s'effondrer. Elle décrit cette période comme son « mode viking ». Un état d'esprit qui lui permet d'avancer malgré les incertitudes. Une façon de regarder la maladie en face sans lui laisser toute la place. Son arme principale ? L'humour. L'autodérision. La capacité à relativiser ce qui peut l'être lorsque l'on se retrouve confrontée à l'essentiel. La peur de laisser ses enfants Même si elle avance avec détermination, un moment particulier reste gravé dans sa mémoire. Un jour, elle regarde ses enfants jouer. Et soudain, elle les imagine sans elle. Cette pensée la traverse de plein fouet. À cet instant précis, quelque chose se passe. Elle comprend qu'elle va se battre. Pas seulement contre la maladie. Mais pour continuer à être là. Pour les voir grandir. Pour partager encore des années avec eux. C'est ce qui deviendra son moteur pendant tout le parcours de soins. Apprendre à vivre avec les traitements Pendant six mois, Flo suit une chimiothérapie. Comme beaucoup de femmes, elle sait que ses cheveux vont tomber. Plutôt que d'attendre, elle choisit de reprendre le contrôle. Dès les premiers signes de chute, elle se fait raser la tête. La perruque ne lui correspond pas. Elle préfère souvent sortir tête nue, malgré les regards et parfois les interrogations. Ce choix devient une manière d'assumer pleinement ce qu'elle traverse. Une façon de rester elle-même malgré les changements imposés par la maladie. Tout au long des traitements, elle continue d'avancer. Elle s'occupe de ses enfants. Elle reste active. Elle s'entoure de ses proches, de sa famille, de ses amis et de ceux qui choisissent d'être présents à ses côtés. Quand les traitements s'arrêtent Puis vient le moment que tout le monde attend. La fin des traitements. Les dernières séances. Les derniers rendez-vous rapprochés. Le retour progressif à une vie plus normale. Mais pour Flo, ce n'est pas un soulagement immédiat. Au contraire. C'est à ce moment-là qu'apparaît ce qu'elle appelle le grand vide. Pendant des mois, sa vie a été organisée autour des soins. Puis soudainement, tout s'arrête. Et une question s'impose : « Et maintenant ? » Elle utilise une image très forte pour décrire cette période. Elle explique être descendue du train des traitements. Assise seule sur le quai de la gare. À regarder les trains passer. Sans savoir dans lequel monter pour continuer son voyage. (...) Ressources utiles Association Chacun son Everest Institut National du Cancer (INCa) Ligue contre le cancer RoseUp Association Mon Réseau Cancer du Sein Rejoignez la communauté États Dames 💌 Vous souhaitez être informée des nouveaux épisodes, découvrir les articles complets, accéder aux ressources santé et soutenir le podcast ? Abonnez-vous gratuitement au site États Dames. Vous recevrez les nouveaux témoignages directement dans votre boîte mail et pourrez continuer à explorer les sujets abordés dans les épisodes. Parce qu'aucune femme ne devrait traverser seule les épreuves liées à sa santé.
- Au cœur du cancer du sein triple positif : le parcours de Valène, maman de trois enfants
Valène est maman de trois enfants lorsqu'elle découvre une grosseur dans son sein droit lors de vacances en famille. En quelques semaines, sa vie bascule. Les rendez-vous médicaux s'enchaînent, les examens aussi, jusqu'au diagnostic : un cancer du sein triple positif. Dans cet épisode d'États Dames, elle revient sur les différentes étapes de son parcours : l'annonce de la maladie, la chirurgie, la chimiothérapie, la perte des cheveux, la mastectomie avec reconstruction mammaire et l'après-cancer. À travers son histoire, Valène évoque ses peurs, ses questionnements, son rôle de mère et les ressources qui lui ont permis d'avancer un jour après l'autre. Cet épisode aborde les thèmes du cancer du sein, de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la peur de la mort, de la récidive et de l'impact émotionnel de la maladie sur la vie familiale. Le saviez-vous ? Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Un cancer du sein triple positif signifie que les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone ainsi qu'une surexpression de la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie. « La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier se rappellerait peut-être plus de moi. » Les moments clés de l'épisode La découverte d'une grosseur dans le sein pendant des vacances en famille L'annonce du diagnostic d'un cancer du sein triple positif La peur de laisser ses enfants grandir sans leur mère La décision d'accepter la chimiothérapie malgré ses craintes Les effets secondaires des traitements La perte des cheveux et la reprise de contrôle sur son image La mastectomie bilatérale avec reconstruction mammaire immédiate L'acceptation progressive d'un nouveau corps La peur de la récidive Le regard différent porté sur la vie après la maladie Quand une simple découverte bouleverse une vie Comme beaucoup de femmes, Valène mène une vie active entre son métier d'assistante maternelle, sa famille et ses projets d'avenir. Lors de vacances à la montagne avec ses proches, elle découvre une grosseur dans son sein droit. Très rapidement, une intuition s'impose à elle. Quelque chose ne va pas. Dès son retour, les consultations médicales s'enchaînent. Mammographie, échographie, biopsie. Quelques jours plus tard, le diagnostic est confirmé : un cancer du sein infiltrant de grade 3. Même si elle pressentait la maladie, entendre le mot « cancer » change tout. Quand la peur concerne avant tout ses enfants Au moment de l'annonce, Valène ne pense pas d'abord aux traitements ou aux opérations. Elle pense à ses enfants. Son fils aîné est adolescent. Ses deux plus jeunes sont encore très jeunes. L'idée de ne pas les voir grandir devient sa plus grande peur. Cette inquiétude va accompagner chacune des étapes de son parcours et devenir l'une des principales raisons qui la poussent à continuer à avancer malgré les difficultés. Accepter les traitements malgré les craintes Avant de tomber malade, Valène avait déjà vu plusieurs proches traverser le cancer. La chimiothérapie était pour elle synonyme de souffrance et de souvenirs douloureux. Pourtant, face à la maladie, elle choisit de suivre les recommandations médicales. Cette décision marque le début d'un parcours fait de rendez-vous médicaux, d'interventions chirurgicales et de traitements parfois difficiles à supporter. La chimiothérapie et ses effets secondaires Les premières séances de chimiothérapie sont particulièrement éprouvantes. Fatigue intense, nausées, vomissements, douleurs, perte d'appétit : les effets secondaires occupent une place importante dans son quotidien. Comme de nombreuses femmes touchées par un cancer du sein, Valène doit également faire face à la perte de ses cheveux. Pour traverser cette étape, elle choisit de s'entourer des femmes importantes de sa vie lors d'une soirée organisée spécialement avant de se raser la tête. Un moment de soutien, de partage et de solidarité féminine qui restera marquant dans son parcours. La mastectomie et la reconstruction mammaire Après les traitements, une nouvelle étape l'attend : la mastectomie. Valène fait le choix d'une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate. Si l'opération répond à ses attentes sur le plan médical et esthétique, l'acceptation de son nouveau corps demande du temps. Apprendre à se regarder dans le miroir, apprivoiser les changements physiques et reconstruire son image de soi font également partie du chemin de guérison. Vivre avec la peur de la récidive La fin des traitements ne signifie pas forcément la fin des inquiétudes. Comme beaucoup de patientes, Valène doit apprendre à vivre avec la peur de la récidive. La moindre douleur inhabituelle peut raviver les angoisses. Avec le temps, cette peur devient plus discrète, mais elle ne disparaît jamais totalement. Ce que le cancer a changé dans sa vie Aujourd'hui, Valène porte un regard différent sur son existence. La maladie lui a appris à ralentir, à profiter davantage de ses proches et à accorder plus d'importance aux moments simples du quotidien. Elle explique également combien le soutien de sa famille, de ses amis et de son entourage a été essentiel pour traverser cette épreuve. À travers son témoignage, elle rappelle qu'il est possible d'avoir peur, de douter, de craquer parfois, tout en continuant à avancer. FAQ – Cancer du sein triple positif Qu'est-ce qu'un cancer du sein triple positif ? Un cancer du sein triple positif est un cancer dont les cellules possèdent des récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à la protéine HER2. Cette caractéristique permet l'utilisation de traitements ciblés spécifiques en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie. Quels sont les premiers signes d'un cancer du sein ? Le signe le plus fréquent est la découverte d'une boule dans le sein. D'autres symptômes peuvent apparaître comme une modification de la forme du sein, un changement de l'aspect de la peau, un écoulement du mamelon ou une douleur inhabituelle. Comment est diagnostiqué un cancer du sein ? Le diagnostic repose généralement sur plusieurs examens : consultation médicale, mammographie, échographie mammaire et biopsie. La biopsie permet de confirmer la présence de cellules cancéreuses et de déterminer le type de cancer. La chimiothérapie est-elle systématique dans le cancer du sein triple positif ? Le traitement dépend de nombreux facteurs : taille de la tumeur, atteinte ganglionnaire, âge de la patiente et caractéristiques biologiques du cancer. Dans certains cas, la chimiothérapie est recommandée afin de réduire le risque de récidive. La chimiothérapie fait-elle toujours perdre les cheveux ? Certaines chimiothérapies entraînent une perte totale ou partielle des cheveux. Cela dépend du protocole utilisé. Les cheveux repoussent généralement après la fin des traitements. Qu'est-ce qu'une chambre implantable ? La chambre implantable est un petit boîtier placé sous la peau et relié à une veine. Elle permet d'administrer les traitements, notamment la chimiothérapie, sans devoir piquer les veines à chaque séance. Qu'est-ce qu'une mastectomie ? La mastectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer tout ou partie du sein atteint par un cancer. Elle peut être réalisée seule ou associée à une reconstruction mammaire. Peut-on reconstruire un sein après une mastectomie ? Oui. La reconstruction mammaire peut être réalisée immédiatement lors de la mastectomie ou dans un second temps. Plusieurs techniques existent selon la situation médicale et les souhaits de la patiente. Est-il normal d'avoir peur d'une récidive après un cancer du sein ? Oui. La peur de la récidive est fréquente après la fin des traitements. De nombreuses femmes décrivent cette inquiétude comme l'une des conséquences psychologiques les plus importantes de la maladie. Comment retrouver confiance en son corps après un cancer du sein ? Chaque femme avance à son rythme. L'acceptation des changements physiques peut prendre du temps. Le soutien des proches, des professionnels de santé ou de groupes de parole peut être une aide précieuse dans ce processus. Peut-on reprendre une vie normale après un cancer du sein ? De nombreuses femmes retrouvent progressivement une vie personnelle, familiale et professionnelle après les traitements. Cette période de reconstruction est propre à chacune et peut nécessiter du temps. Quel message Valène souhaite-t-elle transmettre aux femmes touchées par le cancer ? À travers son témoignage, Valène rappelle qu'il est normal d'avoir peur, de pleurer, de douter ou de se sentir en colère. Elle encourage les femmes à avancer un jour après l'autre, à s'appuyer sur leurs proches et à ne jamais oublier qu'elles sont bien plus que leur maladie. Transcription de l'épisode Retrouvez ci-dessous la transcription intégrale du témoignage de Valène sur son parcours avec un cancer du sein triple positif, depuis la découverte de la maladie jusqu'à l'après-cancer. Valène : Ma vie avant la découverte de la grosseur, c'était une vie bien remplie. Je suis maman de trois enfants. Mon fils avait 16 ans à l'époque, ma fille 6 ans et mon petit dernier 2 ans. Je suis assistante maternelle. Avant cela, j'étais aide-soignante en unité protégée Alzheimer. J'ai choisi ce métier parce que je retrouvais l'accompagnement humain que j'aimais tant, mais dans un univers plus joyeux. Je travaillais énormément. Jusqu'à 60 heures par semaine. J'étais fatiguée, mais j'avais un objectif : devenir propriétaire. Je faisais tout pour réaliser ce projet. Quand j'ai senti cette boule pour la première fois, j'étais en vacances à Saint-Lary avec ma famille. Après une journée de ski, je suis rentrée à l'appartement et j'ai pris une douche. C'est là que j'ai senti cette grosseur sur le côté de mon sein droit. Ce n'était pas une toute petite boule. Elle était dure. Immédiatement, j'ai paniqué. J'ai appelé mon mari puis ma cousine pour qu'ils vérifient. Tous les deux l'ont sentie également. Au fond de moi, j'étais persuadée que c'était un cancer. Nous avions déjà connu plusieurs cancers dans notre entourage. Chaque année ou presque, quelqu'un tombait malade. Alors lorsque j'ai senti cette boule, ma première pensée a été : « Ça y est, c'est mon tour. » À mon retour de vacances, j'ai immédiatement pris rendez-vous avec mon médecin traitant. Très rapidement, les examens se sont enchaînés : consultation, mammographie, échographie, biopsie. Je savais déjà au fond de moi ce qui allait être annoncé, mais malgré tout, on garde toujours une part d'espoir. Puis est arrivée cette semaine d'attente avant les résultats. Une semaine qui paraît interminable. Une semaine où l'on se pose mille questions. Quand le médecin est finalement entré dans la pièce, il m'a annoncé que j'avais un carcinome infiltrant de grade 3. À partir de ce moment-là, je n'entendais plus rien. Mon cerveau s'est brouillé. Je suis partie ailleurs. Je n'ai jamais eu peur de la mort. Mais ce jour-là, ce qui m'a terrifiée, c'est l'idée de quitter mes enfants. La seule chose à laquelle je pensais, c'était que mon petit dernier ne se rappellerait peut-être plus de moi. Et ça, c'est quelque chose qui a été extrêmement difficile à accepter. J'avais perdu mon père à l'âge de 22 ans. Je connaissais cette douleur. Je ne voulais pas que mes enfants vivent la même chose. Lorsque je suis rentrée à la maison, ma famille m'attendait. Ma cousine m'a alors posé une question qui a tout changé. Elle m'a dit : « Tu es sûre de toi ? Tu vas vraiment faire vivre ça à tes enfants ? Tu ne veux pas leur donner la chance de te garder ? » Cette phrase m'a bouleversée. Et c'est à ce moment-là que j'ai pris ma décision. Je ne pouvais pas abandonner. Je devais me battre. Je devais tout faire pour rester auprès de mes enfants. À partir de ce moment-là, j'ai accepté tout ce qui allait suivre. Les opérations. Les examens. Les traitements. La chimiothérapie. Je suis entrée dans un monde que je connaissais déjà à travers les autres, mais que je n'avais jamais vécu moi-même. Et c'est totalement différent quand on passe de l'autre côté. L'une des choses les plus difficiles dans la maladie, c'est l'attente. L'attente des résultats. L'attente des rendez-vous. L'attente des réponses. Cette impression permanente d'être suspendue à une décision médicale. Quelques jours après ma première opération, j'ai appris que plusieurs micro-foyers entouraient la tumeur et qu'un ganglion avait été atteint. J'ai immédiatement pensé aux métastases. J'ai eu peur que le cancer soit partout. J'ai fait des cauchemars. Je me réveillais la nuit avec cette angoisse. Puis est arrivée la chimiothérapie. C'était probablement l'étape que je redoutais le plus. La première séance s'est déroulée dans un silence particulier. Tout le monde savait pourquoi il était là. Personne n'avait vraiment besoin de parler. Je regardais les autres patients. J'étais souvent la plus jeune. Je me demandais ce que je faisais là. Et pourtant, le cancer n'a pas d'âge. Les premières heures ont été supportables. Mais la nuit qui a suivi a été terrible. J'ai vomi sans interruption. Je n'avais plus rien dans le ventre. Je n'avais plus de force. J'étais épuisée. Mon mari est resté à mes côtés toute la nuit. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour m'aider. Je ne l'oublierai jamais. Les jours suivants ont été marqués par une immense fatigue. Des douleurs. Des nausées. La moindre odeur devenait insupportable. Puis est arrivée une autre étape difficile : la perte de mes cheveux. J'avais les cheveux longs, au milieu du dos. Je ne voulais pas attendre qu'ils tombent. J'avais besoin de reprendre un peu de contrôle. Alors j'ai organisé une soirée avec les femmes importantes de ma vie. Mes amies. Ma mère. Ma belle-mère. Mes cousines. Nous avons ri. Essayé des perruques. Pris des photos. Partagé un moment ensemble. Ce n'était pas une soirée triste. C'était une soirée remplie d'amour. Plus tard, lorsque je me suis retrouvée seule, je me suis effondrée. Puis mon mari est arrivé avec une perruque sur la tête pour me faire rire. Et il a réussi. Je n'ai plus jamais pleuré pour mes cheveux après ça. Après la chimiothérapie est venue la mastectomie. J'ai demandé une double mastectomie avec reconstruction mammaire immédiate. Ce choix était important pour moi. Les médecins m'ont écoutée. Ils ont respecté ma décision. Le résultat était magnifique. Mais même lorsque l'opération est réussie, il faut apprendre à accepter un nouveau corps. Cela demande du temps. Cela demande du travail. Cela demande de la patience envers soi-même. Aujourd'hui, je peux dire que j'ai réussi à accepter cette transformation. Tout au long de la maladie, ce qui m'a permis d'avancer, c'est le soutien de mon entourage. Sans eux, je ne serais probablement pas là. Leur présence a été essentielle. Même lorsque je me sentais seule. Même lorsque j'avais l'impression que personne ne pouvait réellement comprendre ce que je vivais. Ma plus grande peur est restée la même du début à la fin : que les traitements ne fonctionnent pas. Que mes enfants perdent leur maman. Puis un jour, les médecins m'ont annoncé qu'il n'y avait plus de trace de cancer. Ce moment restera gravé en moi. Pour autant, il existe une peur qui demeure. La peur de la récidive. Cette petite voix qui réapparaît parfois au moindre symptôme. Au moindre doute. Il faut apprendre à vivre avec elle sans lui laisser toute la place. Le cancer a changé mon regard sur la vie. Il m'a appris à ralentir. À profiter davantage des personnes que j'aime. À comprendre que le temps est précieux. À apprécier les moments simples. Un repas en famille. Un rire. Une promenade. Aujourd'hui, je ne me considère pas plus forte qu'avant. J'ai simplement découvert que même dans les moments les plus difficiles, j'étais capable d'avancer. Et si partager mon histoire peut aider une seule personne, alors tout cela n'aura pas été vécu pour rien. À toutes les femmes qui apprennent leur maladie aujourd'hui, j'aimerais dire ceci : Vous avez le droit d'avoir peur. Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez le droit de pleurer. Vous avez le droit de craquer. On ne peut pas être forte tous les jours. Le cancer change beaucoup de choses. Mais il ne vous enlève pas qui vous êtes. Vous restez une femme. Vous restez une mère. Vous restez une sœur. Vous restez une amie. Vous avez encore des rêves. Vous avez encore des projets. Et surtout, n'oubliez jamais que vous êtes bien plus que votre maladie. Ressources utiles Ruban Rose Institut National du Cancer (INCa) Ligue contre le cancer Mon Réseau Cancer du Sein RoseUp Association
- Au cœur de la culpabilité maternelle : pourquoi tant de mères se sentent coupables ?
« J'aurais dû faire autrement. » Cette petite phrase, de nombreuses mères se la répètent après une journée difficile, un cri, un conflit ou un moment où elles ont le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur. La culpabilité maternelle est une émotion fréquente mais rarement exprimée. Derrière les sourires et le quotidien se cachent souvent des femmes épuisées qui portent une charge mentale et émotionnelle immense. Dans cet épisode d'États Dames, Stéphanie Jary reçoit Aurélie Scotto, accompagnante spécialisée dans le soutien à la parentalité et aux émotions. Ensemble, elles explorent les origines de la culpabilité maternelle, les conséquences de l'épuisement émotionnel, le poids des injonctions sociales et l'importance de comprendre son propre vécu pour avancer vers une parentalité plus apaisée. Cet épisode aborde : L'épuisement parental La charge mentale Le burn-out maternel Les cris et conflits parent-enfant Les blessures émotionnelles de l'enfance Le sentiment de culpabilité et de honte « Une réaction que tu as eue ne définit pas ta parentalité. Tu n'es pas tes émotions. » — Aurélie Scotto 🌿 Les moments clés de l'épisode Comprendre la culpabilité maternelle Pourquoi tant de mères ont-elles le sentiment de ne jamais en faire assez ? Quand les enfants deviennent des miroirs Nos enfants viennent parfois réveiller des blessures émotionnelles anciennes encore présentes en nous. Charge mentale et surcharge émotionnelle La fameuse "jauge émotionnelle" qui se remplit jour après jour jusqu'à l'explosion. Les injonctions à être une mère parfaite Parentalité positive, réseaux sociaux, pression sociale : comment ces normes peuvent renforcer le sentiment d'échec. Réparer plutôt que contrôler Une relation parent-enfant ne repose pas sur la perfection mais sur la capacité à réparer après les conflits. L'importance de prendre soin de soi Pourquoi répondre aux besoins de la mère est une étape essentielle pour prendre soin de ses enfants. 📝 Transcription de l'épisode : Au cœur de la culpabilité maternelle avec Aurélie Scotto Introduction Dans cet épisode d'États Dames, Stéphanie Jary reçoit Aurélie Scotto, accompagnante spécialisée dans le soutien à la parentalité et aux émotions. Ensemble, elles explorent une émotion que de nombreuses mères connaissent mais expriment rarement : la culpabilité maternelle. Cette petite voix intérieure qui apparaît après un cri, une journée difficile ou un moment où l'on a le sentiment de ne pas avoir été la mère que l'on souhaitait être. Quand la maternité bouleverse l'identité Aurélie Scotto explique que la maternité a profondément transformé sa vie. Ancienne coach sportive dans l'armée pendant vingt ans, elle raconte comment l'arrivée de ses deux filles a remis en question son rapport au contrôle, à la performance et à ses propres émotions. Elle évoque également la charge mentale vécue en tant que mère souvent seule en raison des absences professionnelles de son conjoint militaire. Cette accumulation de responsabilités et de fatigue l'a progressivement conduite à s'interroger sur ses réactions émotionnelles et à se reconvertir dans l'accompagnement des mères. Pourquoi les mères culpabilisent-elles autant ? Selon Aurélie Scotto, la culpabilité est l'une des premières émotions exprimées par les mamans qu'elle accompagne. Beaucoup se sentent coupables après avoir crié, perdu patience ou réagi de manière qu'elles jugent inappropriée avec leurs enfants. Elles ont parfois l'impression d'être de mauvaises mères ou de ne pas être à la hauteur. Cette culpabilité s'accompagne souvent de ruminations mentales incessantes : « J'aurais dû faire autrement. » « Mon enfant mérite mieux que ça. » « Pourquoi ai-je réagi ainsi ? » Ces pensées renforcent le sentiment d'échec et peuvent conduire à une profonde souffrance émotionnelle. Les enfants comme révélateurs de blessures anciennes Aurélie explique que les enfants agissent souvent comme des miroirs. Certaines situations du quotidien réveillent des blessures émotionnelles plus anciennes : rejet, abandon, manque de reconnaissance ou besoin de contrôle. Ainsi, derrière une réaction disproportionnée face à un refus, une crise ou une opposition de l'enfant, il existe parfois une histoire personnelle plus profonde qui mérite d'être explorée. Les émotions qui apparaissent après les cris Après un conflit avec leur enfant, les mères peuvent ressentir : de la culpabilité ; de la honte ; de la peur ; de la tristesse ; du découragement ; un sentiment d'impuissance. Certaines craignent même d'abîmer leur enfant ou de reproduire les erreurs qu'elles reprochaient à leurs propres parents. Le poids des injonctions sociales Les réseaux sociaux et les discours autour de la parentalité parfaite alimentent souvent un sentiment d'insuffisance. Aurélie Scotto rappelle que les mères d'aujourd'hui doivent apprendre à accompagner les émotions de leurs enfants alors qu'elles-mêmes n'ont souvent jamais appris à identifier ou exprimer leurs propres émotions durant leur enfance. Cette contradiction crée une pression considérable et favorise la culpabilité. La théorie de la jauge émotionnelle Pour illustrer l'épuisement parental, Aurélie utilise l'image d'une jauge émotionnelle. Chaque difficulté quotidienne vient remplir cette jauge : fatigue ; charge mentale ; manque de sommeil ; pression professionnelle ; responsabilités familiales ; absence de temps pour soi. Lorsque la jauge est pleine, le moindre événement peut provoquer une explosion émotionnelle. L'enfant n'est alors pas la cause de l'explosion mais simplement l'élément déclencheur d'une surcharge déjà présente. Pourquoi prendre soin de soi est essentiel L'un des messages forts de cet épisode est l'importance de prendre en compte les besoins de la mère. Aurélie rappelle qu'une mère épuisée émotionnellement ne peut pas être disponible en permanence pour les autres. Prendre soin de soi, récupérer, se reposer et demander de l'aide ne sont pas des actes égoïstes mais des nécessités. Réparer plutôt que chercher la perfection Enfin, Aurélie insiste sur une idée essentielle : Les enfants n'ont pas besoin de mères parfaites. Ils ont besoin de mères capables de reconnaître leurs erreurs, de réparer après un conflit et de rester connectées à eux malgré les tempêtes émotionnelles. La qualité de la relation se construit davantage dans la réparation que dans la perfection. Conclusion La culpabilité maternelle touche de nombreuses femmes mais ne définit ni leur valeur ni leur capacité à être de bonnes mères. Comprendre ses émotions, reconnaître ses limites et accueillir son histoire personnelle sont autant de pistes pour construire une parentalité plus apaisée et plus authentique. Ce qu'il faut retenir ✔️ Toutes les mères peuvent perdre patience. ✔️ La culpabilité ne signifie pas que l'on est une mauvaise mère. ✔️ Les émotions ne définissent pas notre identité. ✔️ La surcharge émotionnelle joue un rôle majeur dans les réactions excessives. ✔️ Comprendre son histoire personnelle permet souvent de mieux comprendre ses réactions parentales. ✔️ La réparation après un conflit est plus importante que la recherche de perfection. FAQ : La culpabilité maternelle Pourquoi est-ce que je culpabilise autant en tant que mère ? La culpabilité maternelle est souvent liée aux attentes que l'on se fixe soi-même, mais aussi aux nombreuses injonctions sociales autour de la parentalité. Beaucoup de mères ont le sentiment de devoir être patientes, disponibles et bienveillantes en permanence, ce qui est impossible dans la réalité. Est-il normal de perdre patience avec ses enfants ? Oui. Tous les parents peuvent perdre patience à certains moments, surtout lorsqu'ils sont fatigués, stressés ou en surcharge mentale. Une réaction ponctuelle ne définit pas votre valeur en tant que parent. Pourquoi je me sens comme une mauvaise mère après avoir crié ? Après un conflit, de nombreuses mères ressentent de la culpabilité et de la honte. Elles ont peur d'avoir blessé leur enfant ou d'avoir échoué dans leur rôle. Pourtant, un moment difficile ne remet pas en cause tout l'amour, l'attention et les soins apportés au quotidien. Les cris peuvent-ils abîmer mon enfant ? Les conflits et les cris occasionnels font partie de la vie familiale. Ce qui compte le plus est la capacité à réparer la relation ensuite : expliquer, s'excuser si nécessaire et renouer le lien avec son enfant. Pourquoi certaines réactions me semblent disproportionnées ? Certaines situations avec nos enfants peuvent réactiver des blessures émotionnelles anciennes, liées à notre propre histoire. Un refus, une colère ou une opposition peuvent parfois réveiller un sentiment d'impuissance, de rejet ou de perte de contrôle. Comment sortir de la spirale de la culpabilité maternelle ? La première étape consiste à reconnaître ses émotions sans se juger. Prendre du recul, identifier ses besoins, accepter ses limites et demander de l'aide lorsque cela est nécessaire permettent progressivement de retrouver plus de sérénité. Quel est le lien entre charge mentale et culpabilité maternelle ? La charge mentale épuise les ressources émotionnelles. Lorsqu'une mère gère simultanément les enfants, le travail, les tâches domestiques et l'organisation familiale, son niveau de fatigue augmente et sa tolérance au stress diminue, favorisant les réactions émotionnelles fortes. Pourquoi ai-je l'impression de reproduire certains comportements de mes parents ? La parentalité réactive souvent des schémas appris durant l'enfance. Même lorsque l'on souhaite faire différemment, certains réflexes peuvent réapparaître sous l'effet de la fatigue ou du stress. En prendre conscience est déjà un premier pas vers le changement. Comment réparer après un conflit avec son enfant ? La réparation passe par l'écoute, le dialogue et la reconnexion émotionnelle. Dire à son enfant que l'on regrette d'avoir crié, lui expliquer ce que l'on ressentait et réaffirmer son amour contribue à renforcer la relation. Une bonne mère doit-elle être parfaite ? Non. Les enfants n'ont pas besoin d'une mère parfaite. Ils ont besoin d'une mère suffisamment présente, aimante et capable de reconnaître ses erreurs. La perfection n'existe pas, mais l'authenticité et la réparation sont essentielles. Quand faut-il demander de l'aide ? Si la culpabilité devient envahissante, si les crises se répètent, si l'épuisement s'installe ou si vous avez le sentiment de ne plus réussir à faire face au quotidien, il peut être utile de se tourner vers un professionnel de santé mentale ou un accompagnant spécialisé en parentalité. 🔗 Ressources utiles Pour être accompagnée Consulter un psychologue spécialisé en parentalité. Participer à des groupes de parole pour parents. Se rapprocher d'un coach parental ou d'un accompagnant certifié. Livres recommandés Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent – Faber & Mazlish J'ai tout essayé – Isabelle Filliozat Au cœur des émotions de l'enfant – Isabelle Filliozat Pour une enfance heureuse – Catherine Gueguen
- ❤️ Au cœur des fausses couches : quand le deuil reste invisible
🎙️ Trois fausses couches, le deuil invisible de la maternité Trigger Warning Cet épisode aborde les thèmes des fausses couches, du deuil périnatal, de la souffrance psychologique et des difficultés liées au désir d'enfant. 🎧 Retrouvez cet épisode sur votre plateforme d'écoute préférée. Les fausses couches touchent de nombreuses femmes chaque année. Pourtant, elles restent entourées de silence, d'incompréhension et parfois même de solitude. Dans cet épisode d'États Dames, notre invitée revient avec beaucoup de sincérité sur son parcours marqué par trois fausses couches précoces. Elle partage le choc de l'annonce médicale, les espoirs brisés, les questions sans réponses, mais aussi l'impact sur son couple, sa santé mentale et sa vision de la maternité. Un témoignage bouleversant qui rappelle qu'une grossesse interrompue, même très précoce, représente souvent un véritable deuil. Le saviez-vous ? Selon les estimations, environ une grossesse sur quatre se termine par une fausse couche spontanée. Pourtant, de nombreuses femmes témoignent encore d'un manque d'accompagnement psychologique et d'information après cette épreuve. Citation forte de l'épisode « Même si ce n'est que huit semaines, on se fait quand même des films. On s'invente toute une histoire. » Les moments clés de l'épisode Une première fausse couche qui bouleverse tout L'invitée apprend sa première grossesse puis constate des saignements anormaux. Lors de la consultation d'urgence, la gynécologue lui annonce que le cœur du bébé ne bat plus. Elle rentre ensuite chez elle avec très peu d'explications et seulement un rendez-vous de contrôle pour vérifier que tout a bien été évacué. Quand la deuxième fausse couche fait naître les questions La deuxième perte de grossesse est vécue différemment. Après le choc initial, une autre inquiétude apparaît : Pourquoi cela recommence ? Est-ce que nous arriverons à avoir un enfant ? Y a-t-il un problème ? À partir de ce moment-là, le doute s'installe durablement. Le poids du deuil invisible L'invitée explique que même lorsqu'une grossesse s'arrête très tôt, les projets existent déjà : imaginer son bébé, réfléchir à un prénom, se projeter dans l'avenir, acheter les premiers vêtements. La fausse couche entraîne alors un véritable processus de deuil souvent minimisé par l'entourage. Voir des femmes enceintes partout Après ses pertes de grossesse, elle traverse une période particulièrement difficile. Les rayons bébé, les publicités, les séries télévisées ou encore les grossesses de ses proches deviennent douloureux à voir. Elle évoque même une période proche de la dépression où la souffrance était omniprésente. L'impact sur le couple Les fausses couches ne touchent pas uniquement la femme. Le couple est également impacté : incompréhensions, tristesse, tensions, questionnements sur l'avenir. L'invitée explique combien il est parfois difficile de communiquer lorsque chacun vit son deuil différemment. Le tabou des trois mois de grossesse L'épisode questionne également la fameuse règle qui consiste à attendre trois mois avant d'annoncer une grossesse. Pour l'invitée, ce silence peut parfois renforcer l'isolement. Elle explique qu'après ses expériences, elle a choisi de parler plus tôt de sa grossesse afin de pouvoir être entourée si quelque chose arrivait. Trouver du soutien et continuer à avancer Malgré la douleur, l'invitée délivre un message d'espoir. Elle encourage les femmes concernées à : demander de l'aide, consulter un psychologue si besoin, changer de professionnel de santé lorsqu'elles ne se sentent pas entendues, et surtout ne pas rester seules face à leur souffrance. Ce que cet épisode nous apprend La fausse couche n'est pas uniquement un événement médical. C'est aussi : un bouleversement émotionnel, un deuil, une remise en question, une épreuve pour le couple, et parfois une blessure durable. Reconnaître cette souffrance est une étape essentielle vers une meilleure prise en charge des femmes concernées. Transcription de l'épisode Trois fausses couches, trois deuils invisibles Stéphanie Jary : Aujourd'hui, je reçois Émilie. Elle a vécu trois fausses couches précoces avant de devenir maman. Dans cet épisode, elle revient sur ce parcours marqué par la perte, l'attente, les doutes, mais aussi l'espoir. « On nous laisse rentrer chez nous sans plus d'explications » Émilie : J'ai vécu trois fausses couches, toutes très précoces. Les deux premières ont eu lieu à huit et cinq semaines d'aménorrhée. À chaque fois, tout a commencé par des saignements rouges vifs. Ce sont des saignements qui ne sont pas normaux en début de grossesse, alors j'ai consulté en urgence. La première fois, la gynécologue m'a annoncé que le cœur du bébé ne battait plus. La deuxième fois, le gynécologue ne trouvait même pas d'embryon. Il m'a simplement dit : « C'est fini, il n'y a plus rien. » Puis, dans les deux cas, je suis rentrée chez moi. J'ai eu un rendez-vous quelques jours plus tard pour vérifier que tout avait bien été évacué, mais c'est tout. Je garde encore aujourd'hui cette sensation d'être repartie sans véritable accompagnement, sans réponses et sans explications. Une grossesse biochimique qui passe souvent inaperçue La troisième fausse couche était différente. Il s'agissait d'une grossesse biochimique, une grossesse extrêmement précoce que beaucoup de femmes ne remarquent même pas. À cette période, nous essayions d'avoir un deuxième enfant. Je faisais beaucoup de tests d'ovulation et j'ai utilisé un test de grossesse très précoce. J'ai découvert que j'étais enceinte environ une semaine avant la date prévue de mes règles. La prise de sang a confirmé la grossesse, mais le taux était très faible. Cette fois-là, c'est surtout ma médecin traitante qui m'a accompagnée. Je me suis sentie écoutée, soutenue et suivie. Cela a fait une énorme différence dans mon vécu. Le deuil d'un bébé que l'on avait déjà imaginé La première fausse couche a été un véritable choc. Même lorsque la grossesse s'arrête à huit semaines, on commence déjà à imaginer une vie entière. On se demande si ce sera une fille ou un garçon. On réfléchit à des prénoms. On se projette. J'avais même acheté un petit body en imaginant le jour où mon bébé le porterait. Alors quand tout s'arrête, il faut faire le deuil de tous ces projets. Le deuil d'un enfant que l'on n'a jamais connu, mais que l'on avait déjà commencé à aimer. Quand la deuxième fausse couche fait naître la peur La deuxième fois, la tristesse était toujours là, mais elle s'accompagnait d'autres questions. Pourquoi cela recommence-t-il ? Est-ce que nous arriverons un jour à avoir un autre enfant ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Une première fausse couche peut être perçue comme un accident de parcours. Mais lorsque cela se reproduit, le doute s'installe. On commence à se demander si quelque chose ne va pas. Voir des bébés partout L'année qui a suivi a été particulièrement difficile. À cette période, toutes mes amies semblaient tomber enceintes. Mes belles-sœurs aussi. J'avais l'impression qu'il y avait des bébés partout autour de moi. Je ne supportais plus les rayons bébé dans les magasins. Même les boîtes de lait pour nourrissons me rendaient triste. Les publicités avec des bébés me faisaient pleurer. Et lorsqu'une actrice tombait enceinte dans une série que je regardais, j'arrêtais parfois complètement la série. Avec le recul, je pense avoir traversé une période dépressive. L'impact sur le couple Ces épreuves ont également eu des conséquences sur notre couple. Mon mari était touché lui aussi, même s'il exprimait les choses différemment. Je crois qu'il se posait les mêmes questions que moi : est-ce que nous y arriverons un jour ? Mais comme j'étais constamment triste, cela créait parfois des incompréhensions. Il ne comprenait pas toujours certaines de mes réactions. Et moi, je me sentais seule dans ma douleur. Les fausses couches ne touchent pas seulement la femme. Elles bouleversent aussi l'équilibre du couple. Le tabou des trois mois Pour notre première grossesse menée à terme, nous avons attendu le fameux cap des trois mois avant d'en parler autour de nous. Mais après tout ce que nous avions vécu, j'ai fini par me demander pourquoi. Pourquoi cacher une grossesse ? Pourquoi cacher une fausse couche ? Si quelque chose arrive, n'a-t-on pas justement besoin d'être entourés ? Pour notre deuxième enfant, nous avons décidé de l'annoncer beaucoup plus tôt. Nous avions besoin de vivre cette grossesse autrement. Et surtout, nous voulions pouvoir être soutenus si quelque chose devait arriver. « Il faut continuer d'y croire » Stéphanie Jary : Quel message aimerais-tu adresser aux femmes qui vivent actuellement plusieurs fausses couches et qui n'ont plus d'espoir ? Émilie : C'est difficile de donner des conseils lorsque l'on est soi-même passée par là. Mais je crois qu'il faut continuer d'y croire. Et surtout, ne pas en vouloir aux autres femmes qui tombent enceintes. On ne connaît jamais vraiment leur histoire. Certaines ont peut-être traversé les mêmes épreuves dans le silence. Je pense aussi qu'il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Changer de médecin si l'on ne se sent pas écoutée. Consulter un psychologue si nécessaire. Il n'y a aucune honte à être accompagnée. Conclusion Stéphanie Jary : Merci beaucoup Émilie pour ce témoignage empreint de sincérité et d'espoir. Merci d'avoir mis des mots sur une réalité encore trop souvent invisibilisée. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. FAQ – Fausses couches Qu'est-ce qu'une fausse couche précoce ? Une fausse couche précoce correspond à l'arrêt spontané d'une grossesse avant 14 semaines d'aménorrhée. Elle survient le plus souvent au cours du premier trimestre de grossesse. Quels sont les signes d'une fausse couche ? Les signes peuvent varier selon les femmes, mais les plus fréquents sont : des saignements vaginaux rouges ou brunâtres, des douleurs abdominales ou pelviennes, la disparition brutale des symptômes de grossesse, des crampes similaires à celles des règles. En cas de doute, il est important de consulter rapidement un professionnel de santé. Une grossesse très précoce peut-elle provoquer un véritable deuil ? Oui. Même lorsque la grossesse s'arrête très tôt, de nombreuses femmes ont déjà commencé à se projeter dans leur future maternité. Le deuil ne dépend pas du nombre de semaines de grossesse mais de l'attachement, des espoirs et des projets qui avaient commencé à naître. Pourquoi parle-t-on de grossesse biochimique ? Une grossesse biochimique est une grossesse qui s'interrompt très précocement, souvent avant même qu'une échographie puisse détecter un embryon. Elle est généralement identifiée grâce à un test de grossesse positif suivi d'une baisse rapide du taux d'hormone HCG. Combien de fausses couches peut-on avoir avant qu'un bilan soit proposé ? Dans de nombreux cas, les médecins commencent à rechercher des causes plus approfondies après plusieurs fausses couches successives. Toutefois, chaque situation est unique et il est important de discuter avec son médecin si des inquiétudes persistent. Est-il normal de ressentir de la colère après une fausse couche ? Oui. La colère, l'injustice, la tristesse, la culpabilité ou encore la jalousie face aux grossesses des autres font partie des émotions fréquemment rapportées après une perte de grossesse. Ces réactions sont humaines et font souvent partie du processus de deuil. Pourquoi est-il parfois difficile de voir des femmes enceintes après une fausse couche ? Après une perte de grossesse, certaines situations du quotidien peuvent devenir douloureuses : voir des femmes enceintes, assister à des naissances, recevoir des annonces de grossesse, voir des publicités ou des rayons bébé. Ces réactions sont fréquentes et témoignent souvent d'une souffrance encore présente. Les fausses couches peuvent-elles avoir un impact sur le couple ? Oui. Chaque partenaire vit généralement la perte différemment. Certaines personnes expriment leurs émotions ouvertement, tandis que d'autres les intériorisent davantage. Cette différence peut parfois créer des tensions ou un sentiment d'incompréhension au sein du couple. Faut-il attendre trois mois avant d'annoncer une grossesse ? Il n'existe aucune obligation. Certaines personnes préfèrent attendre la fin du premier trimestre tandis que d'autres choisissent de partager la nouvelle plus tôt afin d'être soutenues en cas de difficulté. Le choix appartient à chaque famille. Pourquoi les fausses couches restent-elles un sujet tabou ? Malgré leur fréquence, les fausses couches sont encore peu évoquées publiquement. De nombreuses femmes témoignent d'un manque de compréhension ou d'écoute de la part de leur entourage. Parler de ces expériences contribue à briser l'isolement et à reconnaître la réalité du deuil périnatal. Quand faut-il consulter un psychologue après une fausse couche ? Il peut être utile de consulter lorsqu'on ressent : une tristesse persistante, un sentiment de vide important, des difficultés à reprendre son quotidien, des angoisses envahissantes, ou un besoin de parler à une personne extérieure. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse. Peut-on retomber enceinte après plusieurs fausses couches ? Oui. De nombreuses femmes parviennent à mener une grossesse à terme après une ou plusieurs fausses couches. Chaque parcours est différent et nécessite parfois un suivi médical plus rapproché. Comment soutenir une femme qui vient de vivre une fausse couche ? Les gestes les plus aidants sont souvent les plus simples : écouter sans juger, reconnaître sa douleur, éviter les phrases minimisantes, respecter son rythme, rester présent même plusieurs semaines après l'événement. Quel message retenir de cet épisode ? La fausse couche est bien plus qu'un événement médical. C'est souvent un deuil, une épreuve émotionnelle et parfois un parcours semé de doutes. Mais c'est aussi une histoire de résilience, d'espoir et de reconstruction, comme le montre le témoignage d'Émilie dans cet épisode d'États Dames. Ressources utiles et soutien Traverser une fausse couche ou un deuil périnatal peut être profondément bouleversant. Si vous ressentez le besoin d'être accompagnée, écoutée ou informée, voici quelques ressources reconnues : 🌿 Association Petite Émilie Association Petite Émilie Association spécialisée dans l'accompagnement des familles confrontées à une fausse couche, une interruption médicale de grossesse (IMG) ou un deuil périnatal. Vous y trouverez : un forum d'entraide, des témoignages, des ressources pratiques, des livrets d'accompagnement, et du soutien pour les parents endeuillés. 🤍 Association AGAPA Association AGAPA AGAPA accompagne depuis plus de 25 ans les personnes touchées par : une fausse couche, une grossesse interrompue, une IMG, une mort in utero, ou un deuil périnatal. L'association propose : des groupes de parole, des accompagnements individuels, des cafés-rencontres, des espaces d'écoute partout en France et en visioconférence. 🎧 Podcasts et ressources autour du deuil périnatal Ressources AGAPA – Podcasts, livres et documentaires Une sélection de ressources pour mieux comprendre le deuil périnatal : podcasts, livres, témoignages, documentaires, conférences. 📚 Livres recommandés Parmi les ouvrages régulièrement recommandés : Le deuil périnatal — Marie-José Soubieux Surmonter la mort de l'enfant attendu — Élisabeth Martineau Quel âge aurait-il aujourd'hui ? Le tabou des grossesses interrompues — Stéphane Clerget Dans ces moments-là — Hélène Gérin 🩺 Demander de l'aide Si vous ressentez : une tristesse persistante, une détresse psychologique importante, un isolement, des angoisses envahissantes, ou des difficultés à reprendre votre quotidien, n'hésitez pas à consulter : votre médecin traitant, une sage-femme, un psychologue, ou un professionnel spécialisé en périnatalité. Demander de l'aide n'est jamais un signe de faiblesse. N'hésitez pas à partager si vous connaissez des associations etc.
- Au cœur de l’alimentation émotionnelle : ce que vos émotions essaient peut-être de vous dire
🎙️ Épisode avec la Docteure Malika Chami Khazraji — Médecin généraliste et nutrithérapeute Quand l’alimentation devient un refuge émotionnel Manger pour se calmer.Manger après une journée stressante.Manger pour remplir un vide, apaiser une anxiété ou retrouver un peu de réconfort. Dans cet épisode d’États Dames, je reçois la Docteure Malika Chami Khazraji, médecin généraliste et nutrithérapeute, pour parler d’un sujet encore trop souvent réduit à une simple question de volonté : l’alimentation émotionnelle. À travers cet échange profondément humain, nous parlons : de charge mentale, de stress chronique, de post-partum, de culpabilité, de rapport au corps, et de ce que les comportements alimentaires peuvent révéler d’un mal-être plus profond. Un épisode sans jugement, qui aide à comprendre que derrière certaines habitudes alimentaires se cachent parfois des émotions difficiles à porter. 🎙️ Les moments clés de l’épisode L’alimentation émotionnelle révèle souvent un déséquilibre plus large Dès le début de l’épisode, la Docteure explique que l’alimentation émotionnelle est rarement uniquement liée à la nourriture. Stress chronique, anxiété, fatigue mentale, troubles de l’humeur, surcharge émotionnelle… Pour elle, ces comportements alimentaires sont souvent le reflet d’un déséquilibre plus global. “Il y a une souffrance, quelque chose qui ne va pas, et l’alimentation vient agir comme un soulagement.” Certaines patientes parlent du besoin de “manger leurs émotions”, comme une manière d’apaiser une douleur psychologique ou émotionnelle. Quand le corps et les émotions s’influencent mutuellement Dans cet épisode, la Docteure insiste sur une idée essentielle : le corps, l’alimentation et les émotions sont intimement liés. Le stress peut modifier l’alimentation.Mais une alimentation déséquilibrée peut aussi accentuer la fatigue, l’anxiété ou les compulsions. Elle évoque une relation “bidirectionnelle” : l’état psychologique influence les habitudes alimentaires, et les habitudes alimentaires influencent à leur tour le bien-être mental et physique. Les émotions qui reviennent le plus souvent chez les femmes ⚠️ La culpabilité Pour la Docteure, l’émotion qui revient le plus souvent est clairement la culpabilité. Culpabilité : de ne pas réussir à “bien manger”, de prendre du poids, de ne pas perdre de poids, d’avoir des compulsions alimentaires, ou de ne pas réussir à “se contrôler”. Certaines femmes se sentent enfermées dans des schémas de perfection et vivent leur alimentation comme un échec permanent. 😔 L’anxiété et la peur de ne jamais y arriver L’épisode aborde également : la peur du regard des autres, l’image corporelle, la pression sociale autour du poids, et le manque de confiance en soi. La Docteure Malika rappelle que les remarques sur le corps des femmes sont encore extrêmement banalisées dans notre société. 🤱 Le post-partum et le rapport à l’alimentation Le post-partum est également un moment fort de cet épisode. Fatigue intense, bouleversements hormonaux, manque de sommeil, allaitement, pression autour du corps après l’accouchement… Autant de facteurs qui peuvent modifier profondément la relation à l’alimentation. Certaines femmes : restreignent certains aliments par peur de mal faire, se mettent une pression énorme pour “retrouver leur corps”, ou développent des comportements alimentaires déséquilibrés. D’autres, au contraire, placent totalement l’alimentation au second plan face à l’épuisement du quotidien. Le stress chronique : quand l’alimentation devient secondaire La Docteure explique que pendant les périodes de stress chronique, les femmes ont souvent d’autres priorités : survivre au quotidien, gérer la charge mentale, tenir malgré la fatigue. Dans ces moments-là, l’alimentation passe souvent après tout le reste. Puis vient parfois le moment du “trop plein” : épuisement, burn-out, fatigue extrême, perte de contrôle, compulsions alimentaires. Et c’est souvent à ce moment-là que les femmes consultent. ⚠️ Les signaux d’alerte à ne pas minimiser À partir de quand faut-il s’inquiéter ? Pour la Docteure , il devient important de consulter lorsque l’alimentation : impacte la santé mentale, impacte le bien-être physique, génère une souffrance psychologique, provoque des compulsions, ou entraîne une perte de contrôle importante. Elle rappelle également l’importance de dépister les troubles du comportement alimentaire. 🩺 Comment accompagner les femmes sans jugement ? L’un des passages les plus importants de l’épisode concerne l’accompagnement médical. La Docteure insiste sur plusieurs piliers : écouter sans juger, laisser la patiente s’exprimer, rassurer, expliquer, redonner confiance, respecter les limites et le rythme de chacune. “Vous allez y arriver. On va trouver une solution.” Un accompagnement profondément humain, où la patiente reste actrice de son parcours. Citation forte de l’épisode “L’alimentation émotionnelle est souvent la partie visible d’un déséquilibre plus profond.” — Docteure Malika Chami Khazraji FAQ — Alimentation émotionnelle : comprendre ce que le corps essaie de dire Qu’est-ce que l’alimentation émotionnelle ? L’alimentation émotionnelle correspond au fait de manger pour répondre à une émotion plutôt qu’à une faim physique réelle.Le besoin de manger peut apparaître lors de périodes de stress, d’anxiété, de fatigue émotionnelle, de solitude ou de surcharge mentale. Dans certains cas, la nourriture devient un moyen de : se calmer, se réconforter, apaiser une tension, ou combler un vide émotionnel. Quels sont les signes d’une alimentation émotionnelle ? Plusieurs signaux peuvent apparaître : manger sans sensation réelle de faim, avoir des compulsions alimentaires, ressentir une perte de contrôle, grignoter après une émotion difficile, manger pour calmer son stress, culpabiliser après avoir mangé, penser constamment à la nourriture. L’alimentation émotionnelle peut être ponctuelle, mais lorsqu’elle devient fréquente ou source de souffrance, il peut être important d’en parler. Quelle différence entre faim physique et faim émotionnelle ? La faim physique : apparaît progressivement, peut attendre, concerne différents aliments, s’arrête lorsque le corps est rassasié. La faim émotionnelle : apparaît soudainement, crée une urgence, concerne souvent des aliments “réconforts”, peut continuer malgré la satiété, entraîne souvent de la culpabilité après. Pourquoi le stress pousse-t-il à manger ? Le stress agit directement sur le cerveau et les hormones. Lors de périodes de stress chronique : le cortisol augmente, la fatigue mentale s’installe, le besoin de réconfort devient plus important. Le cerveau recherche alors des aliments riches en sucre ou en gras capables d’apporter une sensation rapide d’apaisement ou de plaisir. Pourquoi les femmes ressentent-elles souvent de la culpabilité autour de l’alimentation ? Dans l’épisode, la Docteure Malika explique que la culpabilité est l’émotion qui revient le plus souvent chez les femmes. Cette culpabilité peut être liée : au poids, au regard des autres, aux remarques sur le corps, aux régimes, aux injonctions sociales, ou au sentiment de ne pas réussir à “se contrôler”. La pression sociale autour du corps féminin joue un rôle majeur dans cette souffrance. Le post-partum peut-il modifier le rapport à l’alimentation ? Oui, fortement. Le post-partum est une période de grands bouleversements : hormonaux, émotionnels, physiques, psychologiques. La fatigue, le manque de sommeil, la charge mentale, l’allaitement ou encore la pression autour du corps après l’accouchement peuvent modifier profondément la relation à la nourriture. Certaines femmes développent : des compulsions alimentaires, des restrictions, une perte d’appétit, ou une forte culpabilité. L’alimentation émotionnelle est-elle un trouble du comportement alimentaire ? Pas nécessairement. Cependant, lorsqu’il existe : une souffrance importante, des compulsions fréquentes, des comportements extrêmes, ou une perte de contrôle majeure, il est essentiel d’évaluer la situation avec un professionnel de santé afin de dépister un éventuel trouble du comportement alimentaire. Quand faut-il consulter ? Il peut être important de consulter lorsque : l’alimentation devient une source de souffrance, les compulsions sont fréquentes, la culpabilité est permanente, l’alimentation impacte la santé mentale, la fatigue devient importante, ou lorsque le rapport à la nourriture prend trop de place dans le quotidien. Un médecin généraliste peut-il aider ? Oui. Le médecin généraliste peut : écouter sans jugement, aider à comprendre l’origine du mal-être, rechercher un déséquilibre plus global, accompagner le rapport à l’alimentation, dépister des troubles associés, et orienter vers d’autres professionnels si nécessaire. Dans cet épisode, la Docteure Malika insiste sur l’importance d’un accompagnement humain, progressif et bienveillant. Pourquoi parle-t-on autant du lien entre émotions et alimentation aujourd’hui ? Parce que de plus en plus de femmes prennent conscience que leur alimentation est parfois liée : au stress chronique, à l’épuisement, à la charge mentale, au burn-out, à l’anxiété, ou à des blessures émotionnelles plus profondes. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de mieux comprendre ce que le corps essaie d’exprimer. Peut-on retrouver un rapport apaisé à l’alimentation ? Oui, progressivement. Cela passe souvent par : une meilleure écoute de soi, un accompagnement adapté, une diminution de la culpabilité, une prise en charge globale, et un travail sur les émotions autant que sur l’alimentation elle-même. Retrouver un rapport plus serein à la nourriture demande du temps, de la douceur et beaucoup de bienveillance envers soi-même. 📝 Transcription complète — Au cœur de l’alimentation émotionnelle Avec la Docteure Malika Chami Khazraji — Médecin généraliste et nutrithérapeute Introduction Stéphanie Jary : Bonjour à tous et bienvenue dans les Éclairages d’États Dames, une capsule du podcast dédiée à l’information, à la prévention et à la compréhension des thématiques liées à la santé physique, mentale et au bien-être. À travers ces épisodes, des professionnels de santé, spécialistes, praticiens hospitaliers et experts du bien-être viennent partager leurs connaissances, leurs expériences de terrain et leurs conseils autour de sujets qui touchent directement le quotidien des femmes. Dans les Éclairages d’États Dames, nous prenons le temps d’explorer des thématiques précises avec des regards professionnels, accessibles, pédagogiques et humains. Je vous laisse maintenant découvrir l’invitée du jour et le thème de cet épisode. Vous êtes sur États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Excellente écoute. Lorsque l’alimentation devient émotionnelle Stéphanie Jary : Bonjour Docteure, merci beaucoup d’être avec nous sur États Dames.Alors nous allons rentrer dans le vif du sujet. Lorsque des patientes parlent d’alimentation émotionnelle, qu’est-ce que cela vient souvent révéler selon vous de leur état global ? Docteure Malika Chami Khazraji : Généralement, pour moi, cela évoque un déséquilibre. Cela peut révéler un mal-être psychologique : du stress, qu’il soit aigu ou chronique, de l’anxiété, un trouble de l’humeur ou une humeur plutôt dépressive. Il y a souvent quelque chose qu’il faut creuser au niveau émotionnel ou psychologique afin de s’assurer que tout va bien. Mais cela me fait également penser à la manière dont la personne s’alimente au quotidien. Comment mange-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle mange ? A-t-elle de l’appétit ? Est-ce que son alimentation est équilibrée ? Parce que les compulsions alimentaires et l’alimentation émotionnelle peuvent aussi être liées à cet aspect-là. Lorsque qu’une patiente évoque une alimentation émotionnelle, je questionne donc beaucoup de choses afin de comprendre l’origine de ce comportement. C’est quelque chose d’assez fréquent.Les patientes utilisent parfois l’expression : “Je mange mes émotions.” Elles expliquent que manger les apaise, leur fait du bien ou les calme. Cela montre souvent qu’il existe une souffrance ou un besoin émotionnel et que l’alimentation agit comme un soulagement. Donc oui, pour moi, c’est vraiment le reflet de quelque chose qui ne va pas et qu’il faut prendre le temps d’explorer. Un déséquilibre plus profond que la simple nutrition Stéphanie Jary : Justement, en creusant un peu plus loin, quels sont les signaux qui vous font comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement de nutrition, mais plutôt d’un déséquilibre plus large ? Docteure Malika Chami Khazraji : L’alimentation émotionnelle n’est généralement pas uniquement liée à la nutrition. Très souvent, elle révèle un déséquilibre plus profond : fatigue, stress chronique, surcharge émotionnelle… Les patientes relient souvent leurs comportements alimentaires à des émotions ou à des moments précis de la journée. Elles vont dire : “Quand je suis stressée, je mange.” “Quand je me sens mal, j’ai besoin de manger.” L’alimentation émotionnelle apparaît aussi souvent après des changements de vie : un changement d’environnement, un bouleversement psychologique, une période difficile, une fatigue importante. Tout cela va avoir un impact émotionnel et favoriser ces comportements alimentaires. Et ce qui est important, c’est que les deux sont liés : le stress influence l’alimentation, mais l’alimentation influence aussi le bien-être psychique. Il existe une vraie relation bidirectionnelle. En tant que médecin et nutrithérapeute, l’objectif est donc d’agir à la fois sur : le mode de vie, l’alimentation, et le bien-être psychologique. La culpabilité : l’émotion qui revient le plus souvent Stéphanie Jary : Lorsque vos patientes parlent de leur rapport à l’alimentation, quelles sont les émotions qui reviennent le plus souvent chez elles ? Docteure Malika Chami Khazraji : L’émotion qui revient le plus souvent, c’est clairement la culpabilité. La culpabilité de : ne pas réussir à bien manger, avoir pris du poids, ne pas réussir à perdre du poids, ou encore ne pas réussir à “se contrôler”. Il y a aussi beaucoup d’anxiété. Certaines femmes se mettent énormément de pression autour de leur alimentation ou de leur poids. Elles ont parfois des objectifs très difficiles à atteindre et cela peut les pousser vers des comportements alimentaires extrêmes. Il y a également cette notion de contrôle :contrôler ce qu’elles mangent, quand elles mangent… Et paradoxalement, ce besoin de contrôle peut entraîner des pertes de contrôle très difficiles à vivre. Mais oui, la culpabilité reste vraiment l’émotion dominante. Les remarques extérieures sur le poids ou l’apparence jouent aussi énormément sur la confiance en soi. Le post-partum et le rapport au corps Stéphanie Jary : Est-ce que vous observez une évolution du lien à l’alimentation lorsque les femmes traversent certaines périodes de vie, comme le post-partum par exemple ? Docteure Malika Chami Khazraji : Oui, clairement. Le post-partum est une période où l’alimentation revient souvent au centre des préoccupations. Certaines femmes font très attention à ce qu’elles mangent à cause de l’allaitement. D’autres mettent en place des restrictions importantes par peur de mal faire. Parfois, cela conduit à des déséquilibres alimentaires importants. D’autres femmes, au contraire, mettent complètement l’alimentation au second plan parce qu’elles sont épuisées ou submergées. Et puis, plusieurs mois après, elles réalisent qu’elles ne se sentent plus bien dans leur corps et souhaitent retrouver un équilibre. Le stress chronique et l’épuisement Docteure Malika Chami Khazraji :Dans les périodes de stress chronique, l’alimentation devient souvent secondaire. Les femmes ont d’autres priorités :tenir, gérer, survivre au quotidien. Puis, lorsque l’épuisement devient trop important, qu’il y a un burn-out ou une fatigue intense, elles consultent. Et c’est souvent à ce moment-là que l’on met en évidence une alimentation émotionnelle. Quand les femmes n’en peuvent plus Stéphanie Jary : Dans ces moments-là, quelles émotions semblent être les plus présentes chez vos patientes ? Docteure Malika Chami Khazraji : Il y a souvent du désespoir. Les femmes se sentent seules face à leurs difficultés. Elles peuvent perdre confiance en elles-mêmes, avoir une mauvaise image de leur corps et ressentir énormément de fatigue émotionnelle. Très souvent, elles consultent lorsqu’elles arrivent à un point où elles n’en peuvent plus. Elles disent : “Je veux aller mieux.” “Je n’y arrive plus.” “J’ai besoin d’aide.” Il y a également beaucoup de culpabilité et d’incompréhension autour des compulsions alimentaires. Certaines femmes ne comprennent pas pourquoi elles n’arrivent plus à se contrôler. L’importance d’un accompagnement sans jugement Stéphanie Jary : Comment un médecin généraliste peut-il accompagner ces femmes lorsqu’elles livrent leurs difficultés ou leurs souffrances autour de l’alimentation ? Docteure Malika Chami Khazraji : La première chose, c’est l’écoute. Je laisse toujours beaucoup de place à la parole de la patiente. Je pose des questions ouvertes et j’écoute sans jugement. Ensuite, j’essaye énormément de rassurer. Parce que souvent, les patientes arrivent avec l’impression qu’elles ne vont jamais s’en sortir. Je leur explique que cela va prendre du temps, mais qu’il existe des solutions. J’essaye aussi de les rendre actrices de leur prise en charge. Et surtout, je respecte leur rythme, leurs limites et ce qu’elles sont prêtes ou non à aborder. Les véritables signaux d’alerte Stéphanie Jary : À partir de quand considérez-vous qu’il ne s’agit plus simplement d’un rapport compliqué à l’alimentation, mais de véritables signaux d’alerte ? Docteure Malika Chami Khazraji : À partir du moment où l’alimentation impacte : la santé physique, la santé mentale, ou le bien-être général. Quand il existe une souffrance psychologique importante, des compulsions, une perte de contrôle ou un impact sur la qualité de vie, cela devient un véritable signal d’alerte. Il faut également toujours penser à dépister les troubles du comportement alimentaire. Conclusion Stéphanie Jary : Nous étions aujourd’hui avec la Docteure Malika Chami Khazraji, médecin généraliste et nutrithérapeute, pour parler du lien entre émotions, charge mentale et alimentation. Je vous remercie beaucoup Docteure d’avoir accepté de nous éclairer sur cette thématique essentielle dans la vie de nombreuses femmes. Merci également à vous, chers auditeurs, d’avoir écouté cet épisode d’États Dames. Vous pouvez retrouver la Docteure Malika Chami Khazraji sur Instagram sous le nom : @medinutri.mck Et si cet épisode vous a parlé, n’hésitez pas à le partager autour de vous. Restez également connectés sur le site d’États Dames pour retrouver les articles complémentaires liés aux épisodes. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Prenez soin de vous, et à très vite pour un prochain épisode. Où retrouver la Docteure Malika Chami Khazraji ? 📱 Instagram : @medinutri.mck Retrouvez cet épisode sur : Spotify Apple Podcasts Deezer Ausha
- 🎙️ Cancer du sein témoignage : reconstruire sa vie et redonner du sens après la maladie
@Crédit photo : Céline Gerster Cancer du sein témoignage : transformer la maladie en entraide ⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : le cancer du sein, la maladie grave, le deuil familial, la sclérose en plaques, les traitements anticancéreux, la reconstruction après cancer, la fatigue mentale et physique, ainsi que les impacts émotionnels liés à la maladie. Prenez soin de vous pendant l’écoute. Quand la maladie frappe encore une fois une même famille À la base, elles étaient trois sœurs. Sa sœur aînée, Stéphanie, est décédée à seulement 34 ans d’une forme rare et fulgurante de sclérose en plaques. Quelques années plus tard, une autre de ses sœurs apprend qu’elle a un cancer de la thyroïde. Puis vient son tour. Quand Delphine découvre qu’elle a un cancer du sein, le choc est immense. Mais ce qui l’effondre le plus, ce n’est pas seulement la maladie. C’est cette pensée immédiate : « Comment annoncer à mes parents que leur troisième fille est malade ? » Dans cet épisode, elle évoque avec une sincérité bouleversante cette culpabilité silencieuse que beaucoup de patients ressentent : la peur de faire souffrir encore une fois ceux qu’on aime. 💬 Citation forte de l’épisode « Je pleurais pas parce que j’étais malade.Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Les moments clés de l’épisode ✨ Le décès de sa sœur Stéphanie et l’impact sur toute la famille ✨ L’annonce du cancer de la thyroïde chez une autre de ses sœurs ✨ L’autopalpation qui lui permet de détecter une anomalie ✨ Le choc du diagnostic du cancer du sein ✨ La culpabilité d’annoncer la maladie à ses parents ✨ Les traitements lourds et leurs conséquences invisibles ✨ Le brouillard mental lié à l’hormonothérapie ✨ La reconstruction mammaire et la fatigue chronique ✨ La création de M.ON Collectif ✨ La reconstruction personnelle après le cancer 🩷 L’autopalpation qui lui a sauvé la vie Quelques mois avant le diagnostic, Delphine sort d’une relation toxique et reprend progressivement sa vie en main. Elle recommence le sport.Elle reprend confiance en elle.Elle réapprend à écouter son corps. Un soir, en rentrant du sport, elle repense aux conseils d’une sage-femme sur l’autopalpation mammaire. Elle décide alors de la pratiquer pour la toute première fois. Et elle sent quelque chose. Un geste simple.Quelques secondes seulement.Qui vont changer toute sa vie. 🧠 Le brouillard mental après les traitements L’un des sujets les plus importants abordés dans cet épisode est le brouillard mental après cancer. Delphine décrit avec beaucoup de justesse : les troubles cognitifs, les problèmes de mémoire, les difficultés de concentration, la fatigue extrême, et l’impact psychologique de l’hormonothérapie. Elle explique aussi combien cette souffrance reste encore trop minimisée malgré son impact sur la qualité de vie des patientes. 🤝 Transformer la maladie en entraide : la naissance de M.ON Collectif Très vite, Delphine ressent le besoin de partager ce qu’elle traverse. Elle découvre un manque immense : peu d’informations accessibles, peu d’échanges entre patientes, peu d’accompagnement dans l’après-cancer. Alors elle décide de créer M.ON Collectif. Aujourd’hui, l’association propose : des groupes de parole, des séjours de reconnexion après la maladie, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences autour du cancer du sein et de l’après-cancer. Une manière pour Delphine de transformer la douleur en quelque chose d’utile, profondément humain et rempli de sororité. 📝 Transcription complète de l’épisode 🎙️ Au cœur du cancer du sein : reconstruire sa vie et redonner du sens après la maladie « Ma vie d’avant, c’était la liberté » Avant la maladie, Delphine venait de sortir d’une relation toxique. Elle recommençait enfin à vivre, à reprendre confiance en elle et à profiter pleinement de sa liberté retrouvée. « Avant la maladie, je reprenais le dessus sur ma vie. Je reprenais goût, je vivais à nouveau. Vraiment, c’était ça. Juste avant le diagnostic, je vivais à nouveau. » Elle parle aussi de sa famille, profondément marquée par la maladie et le décès de sa sœur Stéphanie. « Ma sœur aînée, Stéphanie, est décédée à l’âge de 34 ans. Elle avait une sclérose en plaques… sauf qu’elle avait une forme très rare de cette maladie à évolution très rapide. » Le poids de la maladie dans une famille Delphine raconte avec émotion ce que sa famille a traversé. « Elle était consciente… mais enfermée dans son corps. Son corps ne pouvait plus bouger. » Quelques années plus tard, une autre de ses sœurs est diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. « Trois ans après le décès de ma sœur, mon autre sœur a été diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. » Cette succession d’épreuves bouleverse profondément toute la famille. L’autopalpation qui lui sauve la vie Après une consultation avec une sage-femme, Delphine découvre l’autopalpation mammaire. Un soir, après le sport, elle décide de la pratiquer. « Je me dis : tiens, c’est vrai, elle m’avait parlé de ça. Il faudrait peut-être que je le fasse. » Elle sent alors quelque chose d’inhabituel. « Je me rends compte que dans l’un des deux seins, le ressenti n’est pas le même. J’ai l’impression de sentir quelque chose. » Les examens et l’angoisse Les rendez-vous médicaux s’enchaînent rapidement. Mammographie.Échographie.Biopsies. Petit à petit, l’inquiétude grandit. « Là, je commence à avoir peur. Je me dis : merde, c’est un truc vraiment grave. » Le choc du diagnostic du cancer du sein Puis vient l’annonce. Brutale.Inattendue.Violente. « Madame, vous avez pris rendez-vous parce qu’on a reçu les résultats de la biopsie et effectivement, il y a bien des cellules cancéreuses. » Delphine se fige. « Mais ça veut dire que j’ai un cancer ? » Et très vite, une autre douleur prend toute la place. « Je pleurais pas parce que j’étais malade. Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Continuer à vivre malgré les traitements Pendant la chimiothérapie, Delphine continue autant que possible à vivre normalement. Elle continue le sport, sort, garde son autonomie. « Au sport, je me sentais hyper vivante. » Elle subit : la chimiothérapie, la mastectomie, la reconstruction mammaire, la radiothérapie, puis l’hormonothérapie. Le brouillard mental après cancer L’après-cancer est finalement plus difficile qu’elle ne l’imaginait. L’hormonothérapie provoque : des douleurs, des troubles du sommeil, une fatigue intense, mais surtout un brouillard mental permanent. « On se rend compte soi-même qu’on a un déclin cognitif. » Elle décrit les difficultés de concentration, les oublis fréquents et l’impact sur son travail dans l’informatique. « Je ne connaissais plus les basiques de mon métier. » La reconstruction après la maladie Peu à peu, Delphine comprend qu’elle doit revoir ses priorités. Elle décide d’arrêter certaines opérations de reconstruction pour préserver sa santé mentale et physique. « La priorité, c’est toi. » Transformer la douleur en entraide Très vite, Delphine ressent le besoin de partager son expérience et de créer du lien entre patientes. Elle réalise que beaucoup de femmes manquent d’informations sur : la reconstruction, les effets secondaires, le brouillard mental, ou encore les possibilités d’accompagnement. « Je trouvais ça dingue qu’on ne soit pas informé. » C’est ainsi qu’est née l’association M.ON Collectif. La naissance de M.ON Collectif L’association propose aujourd’hui : des groupes de parole, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences, et des séjours de reconnexion après cancer. « Pendant tout le week-end, elles n’ont à penser qu’à elles. » Pour Delphine, cette aventure associative a changé sa vie. « Le fait d’avoir transformé ce que j’ai vécu en quelque chose d’utile… ça m’a permis de trouver ma voie. » Une nouvelle femme Aujourd’hui, Delphine se décrit comme une femme plus forte, plus audacieuse et plus libre. « Maintenant, je n’ai plus peur. » Et si elle devait adresser un message aux femmes qui traversent un cancer du sein ou l’après-cancer, ce serait celui-ci : « Exprime-toi. Ne garde pas tout pour toi. Trouve juste les bonnes personnes à qui le dire. » ❓ FAQ – Cancer du sein, autopalpation et après-cancer Comment Delphine a-t-elle découvert son cancer du sein ? Delphine a découvert une anomalie grâce à une autopalpation mammaire réalisée après une consultation avec une sage-femme qui lui avait expliqué ce geste de prévention. Un soir, après le sport, elle décide de pratiquer cette autopalpation pour la première fois et ressent une différence inhabituelle dans l’un de ses seins. « Je me rends compte que dans l’un des deux seins, le ressenti n’est pas le même. » L’autopalpation peut-elle réellement sauver une vie ? Oui.L’autopalpation permet de mieux connaître son corps et de repérer rapidement une anomalie inhabituelle. Même si elle ne remplace pas : les examens médicaux, les mammographies, ou le suivi gynécologique, elle peut contribuer à une détection précoce du cancer du sein. Dans le cas de Delphine, cette autopalpation a été déterminante. À partir de quel âge faut-il pratiquer l’autopalpation mammaire ? Il n’existe pas d’âge “parfait” pour apprendre à connaître sa poitrine. L’objectif principal est : d’être attentive à son corps, de remarquer un changement inhabituel, et de consulter rapidement en cas de doute. Le cancer du sein peut aussi toucher des femmes jeunes, comme le rappelle le témoignage de Delphine. Quels signes peuvent alerter lors d’une autopalpation ? Certains signes doivent pousser à consulter : une boule, une zone plus dure, une différence inhabituelle entre les seins, un changement de texture, une douleur persistante, un écoulement, ou une modification de la peau ou du mamelon. Pourquoi le diagnostic du cancer a-t-il été si brutal pour Delphine ? Parce qu’elle ne savait pas encore officiellement qu’il s’agissait d’un cancer lorsqu’on lui annonce la présence de cellules cancéreuses. « Mais ça veut dire que j’ai un cancer ? » Le choc émotionnel est immense et immédiat. Pourquoi Delphine parle-t-elle autant de culpabilité ? Parce qu’au-delà de la maladie, elle porte le poids de l’histoire familiale. Sa sœur Stéphanie est décédée d’une forme rare de sclérose en plaques, puis une autre sœur a été diagnostiquée d’un cancer de la thyroïde. Quand Delphine apprend son cancer du sein, elle pense immédiatement à ses parents. « Je pleurais parce qu’il allait falloir annoncer à mes parents que leur troisième fille était malade. » Cette culpabilité est fréquente chez de nombreux patients, même si elle est rarement exprimée. Quels traitements Delphine a-t-elle suivis ? Delphine a suivi plusieurs traitements : chimiothérapie, mastectomie, reconstruction mammaire, radiothérapie, hormonothérapie. Elle explique que les traitements lourds ont été difficiles, mais que l’après-cancer a parfois été encore plus compliqué. Qu’est-ce que l’hormonothérapie dans le cancer du sein ? L’hormonothérapie est un traitement utilisé dans certains cancers hormonodépendants. Le principe : bloquer la production hormonale, ou empêcher certaines hormones d’alimenter les cellules cancéreuses. Dans le cas de Delphine, son cancer du sein était hormonodépendant. Quels effets secondaires l’hormonothérapie peut-elle provoquer ? Delphine évoque : des douleurs articulaires, des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, une fatigue importante, et surtout des troubles cognitifs. « Là, j’ai senti que j’étais en train de me battre. » Qu’est-ce que le brouillard mental après cancer ? Le brouillard mental désigne des troubles cognitifs pouvant apparaître pendant ou après les traitements contre le cancer. Cela peut inclure : difficultés de concentration, pertes de mémoire, sensation de lenteur mentale, oublis fréquents, fatigue cognitive. Delphine explique combien cette réalité reste encore minimisée. « On se rend compte soi-même qu’on a un déclin cognitif. » Pourquoi la reprise du travail a-t-elle été difficile ? Après les traitements, Delphine reprend rapidement son travail dans l’informatique. Mais les troubles cognitifs, la fatigue et le bruit en open-space deviennent extrêmement difficiles à supporter. « Je ne connaissais plus les basiques de mon métier. » Cette situation finit par provoquer un épuisement profond. Pourquoi l’après-cancer est-il parfois plus dur que les traitements ? Parce qu’une fois les traitements terminés, beaucoup de personnes pensent que “tout est fini”. Or, les conséquences restent souvent présentes : fatigue chronique, douleurs, anxiété, troubles cognitifs, isolement, reconstruction physique, difficultés professionnelles. L’après-cancer peut être une période très déstabilisante. Pourquoi Delphine a-t-elle créé M.ON Collectif ? Delphine ressentait un immense manque : manque d’informations, manque de partage, manque d’accompagnement humain. Elle souhaitait créer un espace : de parole, d’entraide, de sororité, et de reconnexion après la maladie. Que propose M.ON Collectif ? L’association propose : des groupes de parole, des ateliers de sensibilisation à l’autopalpation, des conférences, des séjours de reconnexion après cancer, et un accompagnement pour les patientes et aidants. Pourquoi les séjours organisés par M.ON Collectif sont-ils importants ? Parce qu’ils permettent aux femmes : de souffler, de sortir du quotidien médical, de rencontrer d’autres patientes, et de se reconnecter à elles-mêmes. « Pendant tout le week-end, elles n’ont à penser qu’à elles. » Le cancer a-t-il changé la manière dont Delphine voit sa vie ? Oui, profondément. Le cancer lui a permis : de revoir ses priorités, de quitter un travail qui ne lui convenait plus, de s’engager dans l’accompagnement des patientes, et de construire une vie plus alignée avec ses valeurs. « Le fait d’avoir transformé ce que j’ai vécu en quelque chose d’utile… ça m’a permis de trouver ma voie. » Quel message Delphine souhaite-t-elle transmettre aux femmes touchées par le cancer ? Un message simple mais essentiel : « Exprime-toi. Ne garde pas tout pour toi. Trouve juste les bonnes personnes à qui le dire. » Parce qu’aucune femme ne devrait traverser la maladie seule. Ressources utiles 📱 Instagram de Delphine :@lescoulissesdemoncancer 🤝 M.ON Collectif :@m.oncollectif.brest 🎗️ Informations sur le cancer du sein :Institut National du Cancer 💬 Votre avis compte Cet épisode vous a touché ? Vous vous êtes reconnu(e) dans certaines émotions abordées ? N’hésitez pas à : laisser un commentaire, partager cet épisode, déposer votre avis, ou raconter votre propre expérience. Parce que parler… peut aussi aider d’autres femmes à se sentir moins seules.
- Au cœur d’une tumeur rare de l’ovaire : mon histoire avec le Struma Ovarii
Le témoignage fondateur d’États Dames Struma Ovarii : témoignage sur une tumeur rare de l’ovaire Mon témoignage sur le Struma Ovarii et l’errance médicale Dans ce témoignage sur le Struma Ovarii, je raconte comment une tumeur rare de l’ovaire a bouleversé ma vie à seulement 21 ans. “En 2016, ma vie a basculé.” Avant États Dames, avant les témoignages, avant le podcast…il y a eu une jeune femme de 21 ans qui ne comprenait plus son corps. Un ventre qui gonfle. Des essoufflements. Une fatigue constante. Et cette sensation étrange que quelque chose n’allait pas. Dans cet épisode profondément intime, je raconte pour la première fois mon histoire :la découverte d’une tumeur rare de l’ovaire appelée Struma Ovarii. Une maladie rare qui a bouleversé : mon corps, ma santé mentale, ma féminité, et ma vie entière. Pourquoi cet épisode est si important pour moi Parce que c’est cette expérience qui a participé à la naissance d’États Dames. Je sais ce que signifie : ne pas être prise au sérieux, minimiser ses douleurs, vivre l’errance médicale, avoir peur, se sentir seule face à la maladie. Et aujourd’hui, à travers ce podcast, je veux que plus aucune femme ne traverse cela seule. 🎙️ Les moments clés de l’épisode Une consultation médicale qui change une vie Ce qui devait être un simple rendez-vous pour reprendre le sport devient le début d’un bouleversement médical et personnel. Le choc du regard des autres Dans les transports, certaines personnes pensent que Stéphanie est enceinte à cause de son ventre gonflé. Une situation qui devient progressivement douloureuse émotionnellement. La découverte d’une énorme masse ovarienne L’IRM révèle une masse de plus de 11 cm comprimant déjà plusieurs organes et impactant sa respiration. L’urgence opératoire Les médecins décident d’opérer rapidement face à la taille impressionnante du kyste et aux risques pour sa santé. L’angoisse avant le bloc La peur de l’anesthésie, le froid des couloirs de l’hôpital, l’impression de perdre le contrôle de son corps. Le réveil après l’opération La douleur physique, les agrafes chirurgicales, la cicatrice, la vulnérabilité totale du corps après l’intervention. Le véritable diagnostic : un Struma Ovarii Ce qui semblait être un simple kyste dermoïde se révèle finalement être une tumeur rare de l’ovaire composée de tissus thyroïdiens. Les récidives et la perte d’un ovaire Le Struma Ovarii récidivera plusieurs fois jusqu’à entraîner l’ablation de l’ovaire gauche et de la trompe en 2022. ✍️ Transcription de l’épisode “2016. J’ai 21 ans.” Une année très marquante pour moi. J’étais étudiante à la fac. J’avais ma routine, mes habitudes, ma petite vie d’étudiante. Mais depuis plusieurs mois, quelque chose changeait dans mon corps. Mon ventre gonflait progressivement. Dans les transports en commun, certaines personnes pensaient même que j’étais enceinte. Elles me proposaient leur place avec bienveillance. Au début, j’en souriais. Puis, avec le temps, c’est devenu gênant. Vexant aussi. Alors je décide de reprendre le sport. Je prends rendez-vous chez un médecin pour obtenir un certificat médical afin de reprendre la danse. Mais cette consultation va complètement bouleverser ma vie. “Je pense que vous avez un kyste.” Le médecin m’examine. Puis son visage change brutalement. L’ambiance devient lourde. Il me regarde et me dit :“Je pense que vous avez un kyste. Je vous envoie en urgence chez un confrère.” Sur le moment, je suis choquée par sa manière de me parler. J’ai 21 ans. Je me sens humiliée. Je me dis qu’il exagère sûrement. Mais quelques jours plus tard, les examens tombent. L’IRM révèle une énorme masse ovarienne. Plus de 11 cm. Le moment où tout s’accélère À partir de là, tout va très vite. On m’explique que l’opération est urgente. Que le kyste est énorme. Qu’il comprime déjà certains organes. Et soudain, je comprends. Les essoufflements. La gêne. La fatigue. Mon corps essayait de me parler depuis longtemps. L’entrée au bloc opératoire Je me souviens encore du froid. Du lit qui avance dans les couloirs de l’hôpital. Des lumières. Des machines. Des chirurgiens concentrés. J’essaie même de plaisanter pour détendre l’atmosphère, mais personne ne rit. Alors je commence à avoir peur. Une peur immense. Je demande plusieurs fois :“Vous êtes sûrs que je ne vais pas me réveiller pendant l’opération ?” Puis le masque se pose sur mon visage. Et tout devient noir. Le réveil Quand j’ouvre les yeux, tout est flou. Je panique. Je n’arrive plus à respirer correctement. Une infirmière tente de me calmer doucement en me parlant de mes proches qui m’attendent. Plus tard, dans ma chambre, je soulève les pansements. Je découvre les agrafes. La longue cicatrice. Et là, je craque. Je pleure. Mais même pleurer me fait souffrir physiquement. Le diagnostic du Struma Ovarii Au départ, les médecins pensent à un kyste dermoïde. Mais des années plus tard, grâce à l’hôpital Tenon, le véritable diagnostic tombe : 👉 un Struma Ovarii. Une tumeur rare de l’ovaire composée de tissus thyroïdiens. Une maladie rare qui récidivera plusieurs fois. Une histoire qui continue encore aujourd’hui Le Struma Ovarii finira par m’enlever mon ovaire gauche et ma trompe en 2022. Cette histoire a profondément transformé mon rapport : à mon corps, à la féminité, à la peur, à la médecine, et à la résilience. Et quelque part, c’est aussi cette expérience qui a participé à la naissance d’États Dames. ❓FAQ complète — Struma Ovarii, kyste ovarien et parcours médical Qu’est-ce qu’un Struma Ovarii ? Le Struma Ovarii est une tumeur rare de l’ovaire appartenant à la famille des tératomes ovariens.Sa particularité est qu’elle est composée majoritairement de tissus thyroïdiens. Autrement dit : du tissu semblable à celui de la thyroïde se développe à l’intérieur de l’ovaire. Cette maladie est extrêmement rare et représente moins de 1 % des tumeurs ovariennes. Le Struma Ovarii est-il un cancer ? Dans la majorité des cas, le Struma Ovarii est bénin. Cependant : certaines formes peuvent devenir malignes, certaines peuvent récidiver, et d’autres nécessitent un suivi médical très régulier. Chaque situation est différente et nécessite une prise en charge spécialisée. Quels sont les symptômes du Struma Ovarii ? Les symptômes varient énormément d’une femme à l’autre. Les plus fréquents sont : ventre gonflé, douleurs pelviennes, sensation de masse abdominale, fatigue importante, essoufflement, troubles digestifs, douleurs pendant les règles, douleurs abdominales chroniques, gêne pour marcher ou respirer lorsque la masse devient volumineuse. Certaines femmes n’ont presque aucun symptôme avant la découverte. Pourquoi mon ventre gonflait autant ? Dans mon cas, la tumeur était devenue très volumineuse. Elle occupait beaucoup d’espace dans l’abdomen et commençait même à comprimer certains organes, ce qui expliquait : le ventre très gonflé, les difficultés respiratoires, les essoufflements, et certaines douleurs. Comment le diagnostic a-t-il été découvert ? Le diagnostic a commencé par : un examen clinique, puis une IRM, et ensuite une opération chirurgicale. Au départ, les médecins pensaient qu’il s’agissait d’un kyste ovarien “classique” ou d’un kyste dermoïde. C’est seulement plus tard, grâce à des analyses plus poussées et à l’hôpital Tenon, que le diagnostic de Struma Ovarii a été posé. Pourquoi parle-t-on d’errance médicale ? Parce que les maladies rares sont souvent difficiles à identifier. Les symptômes peuvent être minimisés, mal interprétés ou attribués à autre chose : stress, anxiété, alimentation, hormones, fatigue. Quand on est une jeune femme, certains signes peuvent aussi être banalisés. L’errance médicale, c’est le temps passé sans réponses claires malgré des symptômes bien réels. Est-ce qu’un simple kyste ovarien peut devenir dangereux ? Oui, certains kystes peuvent devenir problématiques selon : leur taille, leur évolution, leur localisation, ou leur nature. Même lorsqu’ils sont bénins, certains kystes peuvent : comprimer des organes, provoquer des douleurs importantes, entraîner des complications, ou nécessiter une chirurgie urgente. Pourquoi l’opération était-elle urgente ? Dans mon cas, la masse était très volumineuse. Elle commençait à : comprimer certains organes, impacter ma respiration, et créer des risques médicaux importants. Les médecins ont donc décidé d’opérer rapidement. Comment se passe une opération pour un kyste ovarien volumineux ? Chaque intervention est différente. Dans mon cas : l’opération a nécessité une ouverture abdominale, une hospitalisation prolongée, des soins post-opératoires importants, et une longue période de récupération. Le réveil a été physiquement et émotionnellement très difficile. Est-ce normal d’avoir peur avant une opération ? Oui. Complètement. Avant une chirurgie, beaucoup de patients ressentent : peur de l’anesthésie, peur de mourir, peur de ne pas se réveiller, perte de contrôle, anxiété intense. Ces émotions sont légitimes. Pourquoi le réveil post-opératoire peut-il être traumatisant ? Après une anesthésie générale, certaines personnes peuvent ressentir : confusion, angoisse, sensation d’étouffement, crise de panique, douleur intense, désorientation. Le corps et le cerveau vivent un véritable choc physique et émotionnel. Pourquoi y avait-il des agrafes chirurgicales ? Lorsque l’incision est importante, les chirurgiens peuvent utiliser des agrafes médicales pour maintenir la fermeture de la plaie pendant la cicatrisation. C’est fréquent dans certaines chirurgies abdominales. Même si cela peut être impressionnant à découvrir lorsqu’on ne s’y attend pas. Peut-on récidiver après un Struma Ovarii ? Oui. Même après une première opération, certaines patientes peuvent connaître : des récidives, de nouvelles masses, ou des complications gynécologiques nécessitant d’autres interventions. Un suivi médical régulier est essentiel. Pourquoi avez-vous perdu un ovaire et une trompe ? À cause des récidives du Struma Ovarii, l’ablation de mon ovaire gauche et de ma trompe est devenue nécessaire en 2022. Ce type de décision médicale est toujours extrêmement difficile, autant physiquement qu’émotionnellement. Peut-on avoir des enfants après ce type d’opération ? Oui, dans certains cas. Tout dépend : de l’état de l’autre ovaire, du parcours médical, des éventuelles complications, et de chaque situation personnelle. Beaucoup de femmes vivent aussi un deuil ou des angoisses autour de la fertilité après ce type de chirurgie. Quel impact psychologique une maladie rare peut-elle avoir ? Une maladie rare peut profondément bouleverser : l’image du corps, la féminité, la confiance en soi, la santé mentale, la relation à la médecine, et le sentiment de sécurité. La peur des récidives peut également devenir très présente. Pourquoi avoir créé le podcast États Dames ? Parce que cette expérience m’a montré à quel point les femmes peuvent se sentir seules face à la maladie. États Dames est né du besoin : de donner la parole aux femmes, de parler sans tabou, de mettre des mots sur les émotions, et de créer un espace où chacune peut se sentir comprise. Pourquoi partager une histoire aussi intime publiquement ? Parce que derrière chaque diagnostic, il y a une personne. Et parfois, entendre une histoire similaire : rassure, aide, informe, déculpabilise, ou permet simplement de se sentir moins seule. Si ce témoignage peut aider une seule femme à écouter davantage son corps, alors il aura déjà eu du sens. 🔗 Ressources utiles Informations médicales Institut National du Cancer (INCa) Orphanet – Maladies rares Hôpital Tenon – service gynécologie Centres spécialisés en tumeurs gynécologiques rares Soutien & accompagnement Associations autour des maladies rares Groupes de parole sur l’errance médicale Soutien psychologique post-opératoire Communautés autour de la santé gynécologique Ressources autour de la santé des femmes Endométriose SOPK Douleurs pelviennes chroniques Santé mentale et maladie chronique 💜 Soutenir États Dames Si cet épisode vous a touché, vous pouvez soutenir le podcast en : ⭐ laissant une note et un avis sur votre plateforme d’écoute 🎧 vous abonnant à États Dames 📲 partageant cet épisode autour de vous 💬 en parlant de santé des femmes sans tabou Parce qu’en mettant des mots sur ces parcours de santé, nous brisons l’isolement. Et peut-être qu’une femme, quelque part, se sentira enfin comprise.











