Au cœur du TDAH et du TAG : un quotidien invisible
- 7 mai
- 11 min de lecture
On me voit souvent sourire. Être dynamique. Parler vite. Rire fort. Avoir mille idées à la seconde.
Mais à l’intérieur… tout est plus intense. Plus rapide. Plus épuisant aussi.
Dans cet épisode d’États Dames, je vous ouvre les portes de mon quotidien avec un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et un trouble anxieux généralisé (TAG).
Un quotidien qui ne se voit pas toujours… mais qui impacte chaque aspect de ma vie : la maternité, le travail, le couple, l’organisation, les émotions, le corps, le mental.
Parce qu’un handicap invisible reste un handicap. Même quand personne ne le remarque.
⚠️ Trigger warning
Anxiété, dissociation, épuisement mental, surcharge émotionnelle, handicap invisible.
Quand le cerveau ne s’arrête jamais
Le TDAH et le TAG, ce n’est pas “être un peu distrait” ou “un peu stressé”.
C’est vivre avec un cerveau qui tourne en permanence.
Dans cet épisode, je raconte cette fatigue invisible : celle qui arrive d’un coup, après des heures à fonctionner en hyperfocus sans ressentir les besoins de base.
Oublier de manger.
Oublier de boire.
Oublier d’aller aux toilettes.
Enchaîner les tâches sans réussir à s’arrêter.
Quand quelque chose me passionne, comme le podcast, je peux travailler pendant des heures sans voir le temps passer.
Mais derrière cette énergie, il y a aussi un épuisement immense.
Le trouble anxieux généralisé : vivre dans l’anticipation permanente
Le trouble anxieux généralisé est comme un bruit de fond constant.
Même quand tout va bien, le cerveau imagine le pire.
Traverser une route peut devenir un scénario catastrophe en quelques secondes : imaginer un accident, l’hôpital, les proches qui pleurent…
Tout cela sans qu’il ne se passe rien.
Et cette hypervigilance mentale devient épuisante.
Dans les moments de stress intense, mon corps peut même dissocier : malaise, sensation de ne plus être là, perte de contact avec la réalité.
Être maman avec un TDAH
La maternité avec un TDAH est remplie d’amour… mais aussi de culpabilité.
J’aime profondément mes filles. On rit énormément ensemble. Je fais des voix, des personnages, des imitations.
Avec elles, je peux être pleinement moi-même.
Mais tenir une routine, poser un cadre ou gérer l’organisation quotidienne peut devenir très difficile.
Et cette difficulté invisible provoque souvent beaucoup de culpabilité.
Le masque social : cacher son fonctionnement pour “rentrer dans la norme”
Pendant longtemps, j’ai appris à me contrôler.
À cacher certaines réactions. À surveiller ma façon de parler. À retenir mes gestes, ma spontanéité, mon énergie.
Parce qu’au travail, dans certains environnements, je sentais les regards.
Alors je faisais semblant.
Et faire semblant en permanence, ça épuise énormément.
Aujourd’hui, pour la première fois, je travaille dans un environnement où je peux être moi-même. Et ça change tout.
Le diagnostic TDAH : comprendre enfin son fonctionnement
Le jour de mon diagnostic, j’ai pleuré.
Pas de tristesse. De soulagement.
Parce que d’un coup, toute ma vie prenait sens :
mes réactions,
mes difficultés,
mon anxiété,
mon hypersensibilité,
mon besoin de bouger,
mon cerveau qui part dans tous les sens.
Pendant des années, j’ai cru que j’étais “trop”.
Trop intense. Trop émotive. Trop dispersée. Trop différente.
Et finalement, j’ai compris que mon cerveau fonctionnait simplement autrement.
Le TDAH : un handicap invisible… mais aussi une force
Le TDAH peut être épuisant.
Mais il apporte aussi :
une créativité immense,
une pensée rapide,
une grande capacité d’adaptation,
de l’intuition,
des idées permanentes,
une intensité émotionnelle forte.
Quand je suis dans un environnement bienveillant, où je peux être comprise et respectée, cette différence devient une vraie force.
Les oublis du quotidien : une réalité souvent minimisée
Dans cet épisode, je parle aussi de ces petites choses que beaucoup ne voient pas :
oublier le feu allumé,
laisser couler l’eau,
oublier ses clés,
oublier une tâche en plein milieu,
perdre la notion du temps,
commencer dix choses sans réussir à les terminer.
Des situations qui peuvent paraître “banales” de l’extérieur… mais qui deviennent très lourdes au quotidien.
Pourquoi parler du TDAH chez les femmes est essentiel
Le TDAH chez les femmes reste encore largement sous-diagnostiqué.
Beaucoup de femmes passent des années à penser :
qu’elles sont désorganisées,
paresseuses,
“trop sensibles”,
incapables,
mauvaises mères,
ou simplement “pas normales”.
Alors qu’en réalité, leur cerveau fonctionne différemment.
Parler du TDAH féminin, du TAG et des handicaps invisibles permet de :
mieux comprendre ces troubles,
réduire la culpabilité,
améliorer la prise en charge,
et surtout rappeler aux femmes concernées qu’elles ne sont pas seules.
Une réalité invisible… mais bien réelle
Le TDAH et le trouble anxieux généralisé ne se voient pas toujours.
Mais ils impactent profondément :
les relations,
le travail,
la parentalité,
l’estime de soi,
l’organisation,
la santé mentale.
Et pourtant, derrière cette fatigue invisible, il y a aussi énormément de force.
Aujourd’hui, j’apprends encore : à ralentir, à m’écouter, à accepter mon fonctionnement, et à arrêter de me comparer aux autres.
💬 Si vous vous reconnaissez dans cet épisode…
Si vous vous sentez souvent “en décalage”, épuisée mentalement ou submergée par vos pensées…
Sachez une chose : vous n’êtes pas seule.
🎧 Écouter l’épisode complet
Transcription complète
Découvrez la transcription complète de l’épisode « Au cœur du TDAH et du TAG : un quotidien invisible » du podcast États Dames.
Dans cet épisode, je partage mon vécu avec un TDAH et un trouble anxieux généralisé : charge mentale, anxiété, hyperactivité mentale, oubli, épuisement invisible, maternité et handicap invisible.
Vous, ça vous arrive parfois.
Moi, c’est tout le temps.
Et ça ne se voit pas.
Mais ça change toute une vie.
Dans cet épisode, je vais vous partager mon quotidien avec un TDAH et un trouble anxieux généralisé.
Un quotidien invisible, mais qui impacte chaque moment de ma vie.
Ce que vous allez entendre, c’est ma réalité, sans filtre.
Oui, tout le monde peut oublier, stresser ou se disperser.
Mais dans le TDAH et le TAG, ce n’est pas ponctuel. C’est amplifié, permanent et souvent incontrôlable.
Et c’est ça qui change tout.
Vous écoutez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Excellente écoute.
On me voit souvent souriante, très joyeuse, parfois même comme une enfant. On me l’a déjà dit plusieurs fois.
Mais à l’intérieur, ce n’est pas aussi simple.
Je suis fatiguée. Et cette fatigue, je ne la ressens pas comme tout le monde.
Souvent, je ne la sens même pas arriver. Et quand elle arrive, c’est déjà trop tard.
Je suis vidée. J’ai de grosses migraines. Je n’ai plus d’énergie.
Le plus souvent, ça arrive quand je suis à fond dans quelque chose.
Le podcast, par exemple.
Ça me passionne tellement que je ne vois plus les heures passer. Je peux enchaîner sans m’arrêter.
Alors qu’en réalité, derrière, je gère tout toute seule : trouver les invités, préparer les épisodes, écrire les questions, enregistrer, monter, publier, faire la promotion…
Et en même temps, je suis maman de trois enfants.
Parfois, je me demande sincèrement comment je fais.
Parce que oui, c’est un handicap invisible. Et il est partout : dans mon couple, dans mon travail, dans ma vie de mère.
Le plus dur, c’est que j’ai souvent l’impression que ça dérange davantage les autres que moi.
Et à force de le ressentir, ça finit par me blesser aussi.
Parce que je sens bien que je ne rentre pas dans la norme.
Mon cerveau, lui, ne s’arrête jamais.
Et ça, c’est aussi lié à mon anxiété.
J’ai un trouble anxieux généralisé.
C’est comme un fond permanent, toujours présent, même quand tout va bien.
Je peux m’inquiéter pour tout, tout le temps.
Je vais immédiatement imaginer le pire.
Mais vraiment le pire : des scénarios catastrophes dignes d’un film d’horreur.
Et ça, encore et encore.
C’est épuisant.
Par exemple, quand je traverse une route, ce n’est pas juste :« Je regarde à droite, à gauche, il n’y a pas de voiture, je traverse. »
Non.
Pendant que je traverse, mon cerveau a déjà imaginé : l’accident, l’ambulance, mes proches en pleurs, mon enterrement…
Tout ça en quelques secondes.
Alors qu’il ne s’est absolument rien passé.
Parfois, quand le stress devient trop fort, mon corps lâche.
Je commence à me sentir partir, comme si je n’étais plus vraiment là.
Et ça peut aller jusqu’au malaise.
Ma psychiatre m’a expliqué que c’était de la dissociation.
Et ça peut arriver pour des choses qui semblent simples, comme la peur d’être en retard pour aller chercher mes filles.
La dernière fois, ça m’est arrivé dans le bus.
Et ce qui était difficile, c’est que j’étais avec mes deux plus petites filles et que j’allais chercher la grande.
Un homme m’a rattrapée.
Et ça, c’est dur.
Parce qu’à l’extérieur, rien ne se voit.
On a toujours l’impression que je gère.
Avec mes filles, pourtant, c’est un bonheur immense.
On rigole tout le temps.
Par contre, quand je dois m’énerver ou poser un cadre, c’est compliqué.
J’ai du mal à tenir une routine.
Et ça me fait culpabiliser quand je regarde les autres mamans.
Mais l’amour que j’ai pour elles est immense.
Avec elles, je peux être moi-même.
Je fais des voix, des personnages, des imitations.
On rit énormément ensemble.
Et avec elles, je ne me sens pas bizarre.
Parce qu’elles ne me jugent pas.
Depuis toujours, j’ai ce besoin de jouer avec ma voix, de changer d’intonation.
Ça sort naturellement.
Mais pendant longtemps, je me suis demandé si c’était “trop”.
Si j’étais bizarre.
J’ai vite compris que je ne pouvais pas être moi-même partout, surtout au travail.
Je sens les regards. Les silences. Les réactions.
Alors je me coupe immédiatement.
Je me contrôle.
Et souvent, le simple fait de me sentir observée me stresse encore plus.
Je perds mes moyens.
Et c’est épuisant.
Aujourd’hui, dans mon travail actuel, pour la première fois, je peux être moi-même.
Mes collègues m’acceptent comme je suis.
Je peux être spontanée, rire, être naturelle.
Et ça change tout.
Ma responsable est également au courant de mon TDAH et de mon trouble anxieux généralisé.
Je suis reconnue RQTH, travailleuse handicapée.
On a appris à travailler ensemble, à s’adapter.
Et sincèrement, ça fait toute la différence.
Le jour de mon diagnostic, j’ai pleuré.
Mais pas de tristesse.
De soulagement.
Parce que tout prenait enfin sens :mes réactions, mes difficultés, mes souvenirs d’enfance…
Petite, je dansais partout.Même dans les magasins.
Ma mère n’en pouvait plus.
Mais elle avait fini par comprendre que c’était plus fort que moi.
La danse était une façon de m’exprimer, d’évacuer.
Quand j’ai reçu mon diagnostic, j’ai compris que je n’étais pas “bizarre”.
Mais j’ai aussi ressenti de la tristesse.
Parce que pendant des années, j’ai cru que tout ça, c’était simplement “moi”.
Alors je me suis demandé :
« Si je n’avais pas de TDAH… qui serais-je ? »
Et ça, ça a été difficile.
Mais j’ai aussi compris une chose importante :
Le TDAH n’est pas uniquement un handicap.
C’est aussi une force.
Quand je suis bien entourée et à ma place, je suis extrêmement créative.
Je vais vite. J’ai énormément d’idées. Je fais des liens rapidement.
Quand quelque chose me passionne, je peux me donner à 200 %.
Mais cette intensité peut faire peur.
Parce qu’elle sort du cadre.
Et parfois, ça m’a même fait perdre certains postes.
Quand les gens ne savent pas, le quotidien devient une lutte permanente.
Le nombre de fois où j’ai entendu :
« Ah bon ? Toi, tu as un TDAH ? Ça ne se voit pas. »
Ou : « Je connais quelqu’un qui a un TDAH et tu ne lui ressembles pas du tout. »
Mais chaque personne est différente.
Nous n’avons pas tous les mêmes symptômes, les mêmes comorbidités ou les mêmes fonctionnements.
Le quotidien reste compliqué.
Je peux oublier que je suis en train de cuisiner.
Oublier le feu allumé.
Laisser couler l’eau.
Même avec des alarmes.
Parce que mon cerveau part ailleurs en une seconde.
Avec mon conjoint, on a donc réparti certaines tâches.
La cuisine, par exemple, c’est lui.
Par sécurité.
Quand je suis concentrée sur quelque chose, je peux oublier de manger, de boire ou même d’aller aux toilettes.
Puis d’un coup, tout revient.
Il y a aussi des choses très simples qui deviennent compliquées.
Comme se laver les dents.
Ça paraît bête à dire, mais c’est une vraie réalité du TDAH.
Mes émotions sont toujours très fortes.
Je peux pleurer pour une remarque.
Passer d’une immense joie à un effondrement très rapidement.
Mon cerveau ne se repose jamais.
Je commence plein de choses, mais j’ai du mal à les terminer.
Je dois tout noter.
Sinon, j’oublie.
Même des choses importantes.
Quand je pars de chez moi, c’est tout un scénario.
Je prends mes affaires. Je sors. Puis je me rends compte que j’ai oublié quelque chose.
Alors je rentre.
Puis je ressors.
Puis j’oublie encore autre chose.
Et ça recommence plusieurs fois.
Parfois, je laisse même la porte ouverte sans m’en rendre compte.
Mes filles attendent devant pendant que je repars faire autre chose.
Et ensuite, je culpabilise énormément.
Aujourd’hui, j’apprends encore à m’écouter.
À ralentir.
À accepter que mon fonctionnement est différent.
Et que ce n’est pas forcément un défaut.
Ce qui m’aide aussi parfois, ce sont les vidéos humoristiques sur le TDAH ou le TSA.
Parce que je me reconnais dedans.
Et surtout, parce que ça me fait me sentir moins seule.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Mais si vous vous reconnaissez dans ce que je raconte, si vous vous sentez souvent en décalage…
Sachez une chose :
Vous n’êtes pas seule.
Ce n’est peut-être pas visible.
Mais c’est bien réel.
Extraits vidéo et contenus Instagram autour du TDAH et du TAG
Pour sensibiliser davantage au TDAH adulte, au trouble anxieux généralisé et aux handicaps invisibles, découvrez également les publications Instagram liées à cet épisode d’États Dames.
États Dames — Podcast santé & témoignages
États Dames donne la parole aux femmes sur leurs parcours de santé physique et mentale, avec des témoignages intimes, authentiques et sans filtre.
Parce que derrière chaque diagnostic, il y a une histoire humaine.
Questions fréquentes autour du TDAH et du trouble anxieux généralisé
Le TDAH et le TAG restent encore très mal compris, surtout chez les femmes adultes. Entre idées reçues, symptômes invisibles et diagnostic tardif, beaucoup de questions reviennent souvent.
Pour aller plus loin après ce témoignage, voici quelques réponses aux questions les plus fréquentes autour du TDAH, du trouble anxieux généralisé et du quotidien avec un handicap invisible.
Qu’est-ce que le TDAH chez l’adulte ?
Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) peut provoquer des difficultés de concentration, une impulsivité, une fatigue mentale importante, des oublis fréquents et une surcharge cognitive au quotidien.
Qu’est-ce qu’un trouble anxieux généralisé (TAG) ?
Le TAG est une anxiété permanente et excessive. Les pensées tournent en boucle, le cerveau anticipe constamment le pire et le stress devient difficile à contrôler, même sans danger réel.
Le TDAH peut-il être invisible ?
Oui. Beaucoup de femmes avec un TDAH développent des stratégies pour masquer leurs difficultés. De l’extérieur, elles peuvent sembler organisées, sociables ou performantes, alors qu’à l’intérieur tout est beaucoup plus difficile.
Pourquoi le TDAH chez les femmes est-il souvent diagnostiqué tardivement ?
Chez les femmes, le TDAH est souvent moins visible que chez les garçons. Les symptômes peuvent être confondus avec de l’anxiété, de la fatigue ou une hypersensibilité émotionnelle.
Peut-on avoir un TDAH et un TAG en même temps ?
Oui, ces troubles sont fréquemment associés. L’anxiété peut être renforcée par les difficultés du TDAH : oublis, surcharge mentale, peur de l’échec ou difficulté à gérer le quotidien.
Quels impacts le TDAH peut-il avoir dans la vie quotidienne ?
Le TDAH peut impacter :
le travail,
la parentalité,
l’organisation,
les relations,
la gestion des émotions,
la fatigue mentale,
la confiance en soi.
Pourquoi certaines personnes avec un TDAH oublient-elles de manger ou de dormir ?
Lorsqu’une personne TDAH est hyperfocus sur une tâche ou une passion, son cerveau peut totalement oublier certains besoins essentiels comme manger, boire ou se reposer.
Le TDAH est-il reconnu comme un handicap ?
Dans certains cas, oui. Certaines personnes peuvent obtenir une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) lorsque le trouble impacte fortement leur quotidien professionnel.
Comment aider une personne vivant avec un TDAH ou un TAG ?
L’écoute, la patience, l’absence de jugement et la compréhension du fonctionnement neuroatypique sont essentielles. Les remarques minimisant les difficultés peuvent être très douloureuses.
Où écouter l’épisode “Au cœur du TDAH et du TAG : un quotidien invisible” ?
Vous pouvez écouter l’épisode directement sur le podcast États Dames, le podcast au cœur de votre santé.
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