Divorce, deuil, maternité : comprendre les émotions qui bouleversent la santé — avec Marine Manard, neuropsychologue
- 27 nov. 2025
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 mai
Comprendre les émotions lors des transitions de vie
Cet épisode aide à comprendre les émotions ressenties lors du divorce, du deuil ou de la maternité.
Aujourd’hui, nous explorons un sujet fondamental : les émotions ressenties lors des transitions de vie et leurs impacts directs sur la santé mentale et physique des femmes.
Divorce, deuil, maternité… Ces moments clés ne sont pas que des “étapes de vie”. Ce sont de véritables séismes émotionnels, capables d’épuiser le corps, d’asphyxier le mental, et parfois même de déséquilibrer toute une identité.
Pour éclairer ces bouleversements invisibles, j’ai le plaisir de recevoir Marine Manard, neuropsychologue et docteure en sciences psychologiques. Grâce à sa vision humaine, scientifique et profondément sensible, elle nous aide à mieux comprendre ce que ces transitions réveillent en nous et comment traverser ces périodes sans se perdre.
🚨 Trigger Warning
Ce contenu aborde :
le divorce
le deuil
la charge émotionnelle
la maternité et ses zones d’ombre
les phobies d’impulsion
Si ces thèmes sont sensibles pour vous, pensez à écouter l’épisode dans un moment calme et sécurisant.
💡 Le saviez-vous ?
Les transitions de vie activent dans le cerveau les mêmes circuits que le stress traumatique.Le corps se met en alerte, l’humeur varie, la motivation baisse, le sommeil se dérègle.
➡️ Non, ce n’est pas “dans la tête”.
➡️ Oui, les émotions transforment réellement le corps.
🧠 Citation marquante de l’épisode
« Chaque transition de vie implique un deuil : celui d’une ancienne version de nous. » — Marine Manard
🌸 Moments clés de l’épisode
🔹 1. Les transitions de vie : le point commun
Selon Marine Manard, toutes les transitions divorce, deuil, maternité ont un point commun essentiel :
👉 le changement d’équilibre.Le cerveau cherche à revenir à “l’ancien normal”, ce qui crée :
anxiété
fatigue émotionnelle
surcharge cognitive
agitation
tristesse
Le problème n’est pas le changement en lui-même, mais notre tentative de “retrouver la vie d’avant”.
🔹 2. Divorce : émotions intenses, rejet, colère, et reconstruction
Marine Manard explique :
le divorce active les circuits du rejet social, aussi puissants que la douleur physique
la tristesse et la colère sont “normales et nécessaires”
prendre quelques jours pour tout lâcher est même thérapeutique
mais il faut surveiller que cela ne s’installe pas sur des semaines
Elle rappelle aussi que haïr l’autre entretient une forme de haine envers soi… Et que l’objectif n’est pas de “retourner en arrière”, mais de réinventer un nouvel équilibre.
🔹 3. Deuil : un chemin unique, sans règle ni délai
Marine Manard décrit le deuil comme :
une séparation brutale
un processus individuel
un chemin où les émotions varient en vague, pas en ligne droite
un vécu qui ne “disparaît jamais”, mais qui s’apprivoise
Elle met en garde contre :
la culpabilité de ressentir de la joie
l’isolement
l’effondrement de la motivation
Vivre avec le manque : voilà, selon elle, le véritable sens du deuil.
🔹 4. Maternité : une transition puissante, sous-estimée et taboue
Marine Manard partage un point essentiel :
👉 La maternité implique un deuil de la vie d’avant.
Les nouvelles mères cherchent désespérément à “retrouver leur vie d’avant”… ce qui est impossible.
C’est ce qu’elle appelle : le deuil invisible de la maternité.
Elle aborde aussi :
le baby blues
les colères
la culpabilité
les disputes dans le couple
le stress d’être responsable d’un être fragile
la fatigue extrême
et un sujet tabou : les phobies d’impulsion, vécues par 80 à 100% des parents
Son message :
➡️ Vous n’êtes pas “dangereuse” ni “anormale”.
➡️ Ces pensées sont fréquentes, humaines, et ne prédisent en rien la maltraitance.
➡️ En parler libère.
🔹 5. Comment traverser ces transitions ?
Marine Manard propose des pistes concrètes :
écouter ses besoins
se donner la permission de s’effondrer un temps
s’offrir du bien-être (nature, massage, repos, sport…)
exprimer ses émotions
se réaligner petit à petit
demander de l’aide quand le quotidien est trop perturbé
trouver le bon professionnel, celui avec qui le courant passe
La clé : s’autoriser à redevenir humaine, pas parfaite.
💬 Pour aller plus loin
Retrouvez Marine Manard
Les transitions de vie ne nous brisent pas. Elles nous obligent à grandir.
Avec beaucoup de justesse, Marine Manard, neuropsychologue, nous rappelle que :
chaque émotion a un sens
chaque transition est un terrain d’apprentissage
personne ne traverse cela sans trembler
demander de l’aide est un acte de force
et que chaque femme peut créer un nouvel équilibre, même après un bouleversement profond
FAQ – Émotions et transitions de vie : divorce, deuil, maternité
Pourquoi parler des transitions de vie dans un podcast sur la santé des femmes ?
Parce que les grandes transitions de vie comme une séparation, un deuil ou la maternité ne sont pas de simples étapes personnelles. Elles peuvent bouleverser profondément l’équilibre émotionnel, mental et physique. Même si elles ne sont pas des maladies, elles peuvent avoir un impact réel sur le bien-être global.
Qu’est-ce qu’une transition de vie ?
Une transition de vie est une période de changement important. Elle marque souvent la fin d’un chapitre et le début d’un autre. Ce changement demande de se réinventer, de retrouver un nouvel équilibre et d’accepter que la vie d’avant ne reviendra pas toujours telle qu’elle était.
Pourquoi les transitions de vie provoquent-elles autant d’émotions ?
Parce qu’elles bouleversent nos repères. Divorce, deuil ou maternité impliquent souvent une forme de perte : perte d’une relation, d’un être cher, d’une ancienne identité ou d’un équilibre connu. Ces changements peuvent faire émerger de la tristesse, de la colère, de la culpabilité, de l’anxiété ou encore un sentiment de perte de contrôle.
Pourquoi le divorce ou la séparation peuvent-ils être si douloureux ?
Une séparation peut réveiller un sentiment de rejet, de colère, de culpabilité ou de profonde tristesse. Elle oblige à reconstruire un équilibre différent, parfois avec des enjeux familiaux, financiers ou émotionnels importants. Ces émotions sont légitimes et peuvent faire partie du processus de reconstruction.
Est-ce normal d’avoir envie de tout lâcher après une séparation ?
Oui. Avoir besoin de pleurer, de rester au calme, de se replier quelques jours ou de se protéger émotionnellement peut être une réaction normale. L’important est que cet état ne s’installe pas durablement au point d’empêcher de vivre, de fonctionner ou de demander de l’aide si nécessaire.
Pourquoi est-il important d’accueillir sa tristesse ?
Accueillir sa tristesse permet de reconnaître ce que l’on traverse au lieu de l’enfouir. Pleurer, ralentir, prendre soin de soi ou s’autoriser à être vulnérable peut être une étape nécessaire pour traverser une séparation, un deuil ou une autre période de transition.
Comment apaiser la rancœur après une séparation ?
Lorsque cela est possible et sécurisant, faire la paix avec certains aspects de l’histoire peut aider à avancer. Cela ne signifie pas oublier ou excuser ce qui a fait mal, mais éviter que la haine ou la rancœur ne continuent à peser sur soi. Garder en mémoire aussi ce qui a existé de bon peut parfois permettre de retrouver une forme de paix intérieure.
En quoi le deuil ressemble-t-il à une séparation ?
Le deuil est une séparation brutale et non choisie avec une personne aimée. Comme dans certaines séparations, il peut provoquer du choc, de la colère, de la tristesse profonde, de la culpabilité ou une difficulté à accepter la réalité de la perte.
Quelles sont les étapes du deuil ?
On évoque souvent plusieurs étapes : le choc, la sidération, la colère, la tristesse profonde, puis une forme d’acceptation. Mais ces étapes ne sont pas linéaires. Chaque personne vit le deuil à son rythme, selon son histoire, sa relation au défunt, ses croyances, sa culture et son environnement.
Faire son deuil, est-ce oublier la personne ?
Non. Faire son deuil ne signifie pas fermer la porte ou faire comme si la personne n’avait jamais existé. C’est plutôt apprendre à vivre avec son absence, avec le manque, et avec l’idée que cette personne continue d’exister autrement, dans les souvenirs et dans le cœur.
Quand faut-il s’inquiéter pendant un deuil ?
l faut être vigilant lorsque la tristesse, la colère ou la culpabilité empêchent durablement de vivre, de sortir, de travailler, de prendre soin de soi ou de ressentir à nouveau des moments de joie. Dans ce cas, être accompagné par un professionnel peut être précieux.
Pourquoi peut-on culpabiliser d’aller mieux après un deuil ?
Beaucoup de personnes se sentent coupables de rire, de sortir ou de ressentir du bonheur après la perte d’un proche. Pourtant, reprendre goût à la vie ne signifie pas oublier la personne disparue. Cela peut aussi être une manière d’honorer la vie et l’amour partagé.
Pourquoi la maternité est-elle aussi une transition de vie ?
La maternité transforme profondément l’identité, le corps, le quotidien, le couple et les priorités. Même lorsqu’elle est heureuse, elle implique un changement majeur et parfois le deuil d’une vie d’avant. Devenir parent demande de créer un nouvel équilibre plutôt que de retrouver exactement l’ancien.
Pourquoi faut-il arrêter de dire aux parents qu’ils vont “retrouver leur vie d’avant” ?
Parce que la vie d’avant ne revient pas à l’identique. La parentalité modifie durablement le quotidien et l’identité. L’enjeu n’est donc pas de retrouver l’ancien équilibre, mais d’en construire un nouveau, adapté à cette nouvelle réalité.
Quelles émotions peut provoquer la maternité ?
La maternité peut provoquer une immense joie, mais aussi de la fatigue, de l’anxiété, un sentiment de responsabilité intense, une perte de contrôle, des tensions dans le couple parental ou encore une grande vulnérabilité émotionnelle. Les bouleversements hormonaux, le stress et le manque de soutien peuvent aussi favoriser le baby blues ou la dépression postpartum.
Qu’est-ce que les phobies d’impulsion chez les parents ?
Les phobies d’impulsion sont des pensées ou images intrusives dans lesquelles le parent imagine qu’il arrive du mal à son enfant, parfois même par sa propre faute. Elles sont très anxiogènes et culpabilisantes, mais elles sont fréquentes chez les parents et ne signifient pas que l’on est un mauvais parent.
Les phobies d’impulsion veulent-elles dire qu’on risque de faire du mal à son enfant ?
Non. Selon Marine Manard, ces pensées ne disent rien de la qualité du parent ni d’un risque de maltraitance. Elles sont souvent liées à l’anxiété, à la responsabilité parentale et au besoin de protection. En parler permet souvent de diminuer fortement la honte et la peur.
Comment mieux traverser les émotions liées aux transitions de vie ?
Il est important de s’écouter et de trouver ce qui fait du bien : pleurer, se reposer, marcher dans la nature, faire du sport, pratiquer le yoga, la relaxation, demander du soutien ou consulter un professionnel. Il n’existe pas une seule bonne manière de traverser ces périodes.
Quand demander de l’aide ?
Il est important de demander de l’aide lorsque les émotions deviennent trop fortes, trop envahissantes ou qu’elles empêchent de vivre normalement. Psychologues, neuropsychologues, professionnels de santé, amis ou personnes ressources peuvent accompagner ces moments difficiles.
Comment choisir le bon professionnel ?
Il ne faut pas hésiter à rencontrer plusieurs professionnels si nécessaire. L’essentiel est de trouver une personne dont l’approche, le discours et la manière d’accompagner correspondent à ses besoins, dans un cadre sécurisant, respectueux et adapté.




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