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- Au cœur de la prématurité extrême : naissance à 26 semaines
Le témoignage bouleversant de Caroline sur la prématurité extrême et le deuil périnatal Dans ce témoignage sur la prématurité extrême, Caroline raconte le bouleversement provoqué par la naissance prématurée de ses jumelles à 26 semaines. ⚠️ Trigger warning Cet épisode aborde : la prématurité extrême, la réanimation néonatale, le deuil périnatal, la perte d’un enfant, la culpabilité maternelle, le traumatisme hospitalier. Ce témoignage sur la prématurité extrême met aussi en lumière le deuil périnatal et la reconstruction familiale. Une grossesse gémellaire qui bascule brutalement Quand Caroline apprend qu’elle attend des jumelles, c’est un immense bonheur. Une première grossesse remplie de joie, même si les médecins surveillent attentivement cette grossesse monochoriale biamniotique, une grossesse gémellaire à risque où les deux bébés partagent le même placenta. Pendant plusieurs mois, tout semble pourtant bien évoluer. Les échographies sont rassurantes, les bébés grandissent correctement et Caroline profite pleinement de cette grossesse. Mais dans la nuit du 20 au 21 juin 2013, à seulement 26 semaines d’aménorrhée, tout bascule brutalement. Les contractions commencent, l’urgence s’installe et Caroline accouche prématurément de ses deux filles. « Le berceau était là. Pas mes bébés. » Après l’accouchement, ses jumelles sont immédiatement transférées en réanimation néonatale dans un hôpital de niveau 3. Caroline, elle, reste seule dans une chambre de maternité vide. « C’est très difficile de se retrouver dans une chambre de maternité avec un berceau dans la chambre sans bébé. » Autour d’elle, les pleurs des nouveau-nés résonnent dans les couloirs.Dans sa chambre : le silence, l’attente et l’angoisse. Le saviez-vous ? 🧠 Qu’est-ce qu’un grand prématuré ? Un bébé est considéré comme : prématuré avant 37 semaines d’aménorrhée, grand prématuré avant 32 semaines, extrêmement prématuré avant 28 semaines. Les bébés nés à 26 semaines nécessitent souvent : une assistance respiratoire, une hospitalisation longue en néonatalogie, une surveillance neurologique intensive, et des soins spécialisés. La décision impossible Quelques jours après la naissance, les médecins annoncent que l’une des jumelles souffre d’une hémorragie cérébrale de stade 4. Les parents doivent alors prendre une décision inimaginable. « Dans tous les cas, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il y a une décision à prendre. » Caroline et son compagnon choisissent de laisser leur fille partir pour ne pas prolonger ses souffrances. Un choix qui marquera profondément leur vie entière. La culpabilité après la prématurité et le deuil périnatal Dans cet épisode, Caroline parle avec une immense sincérité de la culpabilité maternelle qui l’a longtemps accompagnée. Ne trouvant aucune explication rationnelle à cet accouchement prématuré, elle finit par se considérer elle-même comme responsable. Elle évoque aussi les phrases maladroites souvent entendues après un deuil périnatal : « Au final, il t’en reste quand même une. » Des mots profondément blessants qui montrent à quel point le deuil périnatal reste encore tabou. 174 jours d’hospitalisation Après le décès de Léa, Caroline continue de se battre aux côtés de Zoé, hospitalisée pendant 174 jours en néonatalogie. Pendant près de six mois : les allers-retours à l’hôpital deviennent quotidiens, la fatigue physique et psychologique s’accumule, le corps fonctionne “en mode robot”, et chaque journée est une lutte pour tenir. « Dodo, manger, hôpital. Dodo, manger, hôpital. » La reconstruction après le traumatisme Malgré la douleur, Caroline réussit peu à peu à se reconstruire. Elle donne ensuite naissance à une petite fille née à terme, puis quelques années plus tard à des jumeaux. Une nouvelle grossesse gémellaire vécue cette fois comme une revanche sur la vie. Aujourd’hui, Léa continue d’avoir une place entière dans leur famille. « Après bientôt 13 ans, je peux enfin dire que je suis en paix avec moi-même et avec toute mon histoire. » FAQ – Comprendre la prématurité extrême et le deuil périnatal Qu’est-ce qu’un bébé prématuré ? Un bébé est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (SA). Plus la naissance survient tôt, plus les risques médicaux sont importants. Qu’est-ce que la prématurité extrême ? La prématurité extrême concerne les bébés nés avant 28 semaines d’aménorrhée. Dans l’épisode, les jumelles de Caroline sont nées à 26 SA + 5 jours. À ce stade, les organes ne sont pas encore totalement développés, notamment : les poumons, le cerveau, le système digestif, le système immunitaire. Ces bébés nécessitent une prise en charge immédiate en réanimation néonatale. Qu’est-ce qu’une grossesse monochoriale biamniotique ? Il s’agit d’une grossesse gémellaire où : les deux bébés partagent un même placenta, mais possèdent chacun leur propre poche amniotique. Ce type de grossesse présente davantage de risques et nécessite une surveillance renforcée. Qu’est-ce que le syndrome transfuseur-transfusé (STT) ? Le syndrome transfuseur-transfusé est une complication spécifique aux grossesses gémellaires monochoriales. Le sang circule de manière déséquilibrée entre les deux bébés à travers le placenta : un bébé reçoit trop de sang, l’autre pas assez. Cette complication peut devenir grave et nécessite parfois une intervention médicale urgente. Pourquoi les bébés prématurés sont-ils hospitalisés en néonatalogie ? Les bébés grands prématurés ont besoin : d’une assistance respiratoire, d’une surveillance cardiaque, d’une alimentation adaptée, d’une surveillance neurologique, et parfois d’une oxygénothérapie. L’hospitalisation peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Qu’est-ce que la réanimation néonatale ? La réanimation néonatale est un service spécialisé qui prend en charge les nouveau-nés les plus fragiles ou les plus prématurés. Les équipes médicales y surveillent : la respiration, la fréquence cardiaque, le cerveau, l’oxygénation, la croissance, et les infections potentielles. Qu’est-ce qu’une hémorragie cérébrale chez le prématuré ? Les hémorragies cérébrales peuvent survenir chez les grands prématurés en raison de la fragilité des vaisseaux sanguins du cerveau. Dans l’épisode, l’une des jumelles de Caroline présente une hémorragie cérébrale de stade 4, la forme la plus sévère. Qu’est-ce que le deuil périnatal ? Le deuil périnatal correspond à la perte d’un bébé : pendant la grossesse, à la naissance, ou dans les premiers jours ou mois de vie. Ce deuil reste encore très tabou malgré son impact psychologique immense sur les familles. Pourquoi la culpabilité est-elle si fréquente après une naissance prématurée ? De nombreux parents cherchent une explication à ce qu’ils vivent. Lorsqu’aucune cause claire n’est identifiée, certains finissent par se sentir responsables : de l’accouchement prématuré, de la maladie, ou du décès de leur enfant. Caroline explique avoir porté cette culpabilité pendant de nombreuses années. Combien de temps peut durer l’hospitalisation d’un grand prématuré ? Chaque situation est différente. Dans certains cas, les bébés restent hospitalisés jusqu’à leur terme théorique initial. Zoé, la fille de Caroline, est restée hospitalisée pendant 174 jours. Pourquoi certains parents parlent-ils encore de leur bébé décédé des années après ? Parce que le lien parental continue d’exister malgré l’absence. Le deuil périnatal ne signifie pas oublier son enfant. Beaucoup de familles continuent : de parler de leur bébé, de lui donner une place dans la famille, et de faire vivre sa mémoire au quotidien. Comment aider une famille confrontée à la prématurité ou au deuil périnatal ? La présence, l’écoute et le respect sont essentiels. Certaines phrases peuvent être très blessantes, même si elles se veulent réconfortantes, comme : « Au moins, il t’en reste un. » Le plus important est souvent : d’écouter sans juger, de ne pas minimiser la douleur, et de respecter le rythme émotionnel des parents. Existe-t-il des associations pour accompagner les parents ? Oui. Plusieurs associations accompagnent les familles confrontées à la prématurité et au deuil périnatal : SOS Préma, Petite Émilie, Agapa, Naître et Vivre. Caroline est aujourd’hui bénévole chez SOS Préma sur la ligne nationale d’écoute. Ressources utiles 🤍 L’association Lézextra : accompagner les familles touchées par la prématurité et le deuil périnatal À travers son témoignage dans le podcast États Dames, Caroline ne partage pas seulement son histoire. Elle transforme également cette épreuve en engagement pour aider d’autres familles confrontées à la prématurité extrême, au handicap néonatal et au deuil périnatal. C’est dans cette démarche qu’est née l’association Lézextra, créée en hommage à sa fille Léa. L’objectif de l’association est de : libérer la parole autour du deuil périnatal, accompagner les parents confrontés à la prématurité, sensibiliser au vécu des familles en néonatalogie, et rappeler que chaque bébé, même absent, garde une place entière dans son histoire familiale. À travers des actions de sensibilisation, du partage d’expérience et du soutien humain, Lézextra souhaite briser le silence qui entoure encore trop souvent ces parcours de vie bouleversants. 📱 Vous pouvez suivre l’association Lézextra sur Facebook :Association Lézextra Cette volonté d’aider les autres résonne profondément dans l’épisode, où Caroline explique aujourd’hui être enfin en paix avec son histoire après des années de reconstruction. Son engagement associatif est une manière de continuer à faire vivre Léa tout en soutenant les familles qui traversent à leur tour l’impensable. Associations SOS Préma Agapa Petite Émilie Naître et Vivre Numéros et aides Psychologues spécialisés en deuil périnatal Groupes de parole pour parents endeuillés Services hospitaliers de néonatalogie Transcription complète de l’épisode Au cœur de la prématurité : quand tout bascule à 26 semaines – avec Caroline Introduction Caroline : « Le médecin nous a convoqués en nous disant que notre fille faisait une hémorragie cérébrale de stade 4 et que les solutions étaient soit l'acharnement thérapeutique ou la laisser partir. On ne peut pas imaginer vivre ça et encore moins porter ce poids. On était de fait préparé à accueillir deux enfants à la maison. Nous sommes rentrés avec un seul bébé. » Introduction de Stéphanie Jary Quand on devient parent, on imagine les premiers pleurs, les premiers regards, les premiers instants peau à peau. On imagine rentrer à la maison avec son bébé dans les bras. Mais parfois, la vie écrit une toute autre histoire. Une histoire faite d’incubateurs, de machines, de couloirs d’hôpital et d’une peur impossible à décrire. Caroline attendait des jumelles. Deux petites filles déjà immensément aimées. Et puis, à seulement 26 semaines de grossesse, tout a basculé. Dans cet épisode d’États Dames, Caroline raconte : la prématurité extrême, la réanimation néonatale, le deuil périnatal, la culpabilité silencieuse, la reconstruction, et cette façon d’aimer un enfant absent tout en continuant à vivre pour ceux qui sont là. La découverte de la grossesse gémellaire Caroline raconte que son histoire débute en janvier 2013, lorsqu’elle apprend avec son ex-mari qu’ils attendent non pas un, mais deux bébés. Elle décrit un immense bonheur, mêlé rapidement aux questionnements liés à l’organisation d’une grossesse gémellaire. Malgré tout, ils ressortent de l’échographie de datation « avec un sourire jusqu’aux oreilles ». Très vite, la grossesse est considérée comme à risque : grossesse monochoriale biamniotique, surveillance renforcée, échographies régulières, suivi en maternité spécialisée. Le risque de syndrome transfuseur-transfusé Au fil des semaines, les médecins évoquent un possible syndrome transfuseur-transfusé (STT), une complication spécifique des grossesses gémellaires partageant un même placenta. Caroline explique avec émotion la fascination qu’elle ressentait déjà pour ses jumelles : « Ces jumeaux sont génétiquement identiques… et ça nous émerveillait énormément. » Finalement, début juin, aucun risque immédiat n’est confirmé. Les parents repartent rassurés. « Dans la nuit du 20 au 21 juin, tout a basculé » Quelques jours plus tard, Caroline commence à ressentir des contractions. Rien d’alarmant selon les médecins. Puis, dans la nuit du 20 au 21 juin : les douleurs s’intensifient, les contractions deviennent régulières, et elle comprend progressivement qu’elle est en train d’accoucher à seulement 26 semaines de grossesse. Elle raconte : « Mon corps, dans l’urgence, me disait : là, le travail a commencé. » L’accouchement prématuré En pleine nuit, Caroline réveille son mari et lui demande de l’emmener d’urgence à la maternité la plus proche. Arrivée à l’hôpital : tout s’accélère, les équipes médicales interviennent, les jumelles naissent à 6h20 et 6h24, puis sont transférées en hélicoptère vers un service de réanimation néonatale. « Le berceau était là… pas mes bébés » Après l’accouchement, Caroline est installée dans une chambre de maternité vide. Elle entend les autres nouveau-nés pleurer dans les couloirs alors que ses propres bébés sont en réanimation. « C’est très difficile de se retrouver dans une chambre de maternité avec un berceau dans la chambre sans bébé. » La culpabilité maternelle Quelques heures plus tard, les médecins expliquent que les jumelles ont été stabilisées, mais qu’à ce stade de prématurité, les risques neurologiques restent très importants. Caroline entre alors dans une immense culpabilité. Ne trouvant aucune explication rationnelle à cet accouchement prématuré, elle finit par se considérer elle-même comme responsable. « La seule responsable, c’était moi. » La première rencontre avec ses filles Caroline ne rencontre ses jumelles que deux jours après leur naissance. Malgré les machines, les alarmes et les tuyaux médicaux, elle ne voit qu’une chose :ses filles sont magnifiques. « Je n’ai vu que mes filles. » Elle reste alors persuadée qu’elles rentreront toutes les deux à la maison. L’annonce de l’hémorragie cérébrale Puis survient l’impensable. Les médecins convoquent les parents et leur annoncent que l’une des jumelles souffre d’une hémorragie cérébrale de stade 4. Deux possibilités sont alors évoquées : poursuivre les soins, ou laisser leur fille partir. « Dans tous les cas, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il y a une décision à prendre. » Le deuil périnatal Caroline et son compagnon prennent ensemble la décision de ne pas prolonger les souffrances de leur fille. Elle évoque : la douleur indescriptible, la culpabilité, le doute, et cette question qui revient encore parfois : « Avons-nous bien fait ? » Continuer à vivre pour Zoé Après la perte de Léa, Caroline doit continuer à avancer pour sa deuxième fille, Zoé, toujours hospitalisée. Elle raconte : « Là, un bébé de parti… pas deux. » Pendant des mois : elle cache sa vulnérabilité, s’accroche aux moments de peau à peau, et refuse de s’effondrer devant sa fille. 174 jours d’hospitalisation Zoé reste hospitalisée pendant 174 jours avant de pouvoir rentrer à la maison avec une oxygénothérapie. Le quotidien devient : hôpital, fatigue, tirage de lait, angoisse, et survie psychologique. « Dodo, manger, hôpital. » La reconstruction après le traumatisme Peu à peu, Caroline réapprend à vivre. Entourée de ses proches, elle réussit progressivement à : sortir, reprendre contact avec le monde extérieur, profiter de sa fille, et retrouver une forme d’apaisement. Une nouvelle grossesse comme une revanche sur la vie Quelques années plus tard, Caroline donne naissance à une petite fille née à terme, puis à des jumeaux. Elle décrit cette nouvelle grossesse comme : « une véritable nouvelle chance que la vie nous offre. » « Je suis maman de cinq enfants » Aujourd’hui, Caroline explique que Léa continue d’avoir une place entière dans leur famille. Ses enfants lui rappellent régulièrement : « Non maman, tu es l’heureuse maman de cinq enfants. » Et après près de treize années de reconstruction : « Je peux enfin dire que je suis en paix avec moi-même et avec toute mon histoire. » Le message de Caroline aux familles Pour conclure, Caroline rappelle l’importance : du soutien, du respect du rythme de chacun, et des associations spécialisées dans la prématurité et le deuil périnatal. Aujourd’hui bénévole pour SOS Préma, elle accompagne à son tour les parents traversant ces épreuves. « Vous n’êtes pas seuls. »
- Au cœur du cancer du sein triple négatif : “Mon cancer, quelle chance !”
⚠️ Trigger Warning : cancer du sein, chimiothérapie, peur de mourir, santé mentale, fatigue chronique, traumatismes familiaux. Dans cet épisode profondément intime d’États Dames, Adeline Pasteur raconte son parcours face à un cancer du sein triple négatif diagnostiqué après la découverte d’un ganglion sous son aisselle. Très vite, une peur immense surgit : celle de revivre l’histoire de sa mère et de sa grand-mère, toutes deux emportées par la maladie. Pendant des jours, elle pleure “toutes les larmes de son corps”, persuadée qu’elle est peut-être condamnée à suivre le même chemin. Mais au fil des traitements, des chimiothérapies et des prises de conscience, Adeline transforme cette épreuve en un véritable chemin de reconstruction intérieure. Cancer du sein triple négatif : quand le corps envoie un signal d’alarme Avant même le diagnostic officiel, Adeline sent que quelque chose ne va pas. Une boule dure sous l’aisselle. Des migraines chroniques. Un corps constamment sous tension. Pendant des années, elle vit dans une pression permanente : toujours être forte, toujours réussir, toujours faire plaisir, toujours nourrir les autres avant elle-même. Jusqu’au jour où son corps dit stop. “Mon corps m’a dit : On n’en peut plus, ça suffit.” Héritage familial et transmission invisible L’un des aspects les plus bouleversants de cet épisode est la réflexion d’Adeline autour des schémas transgénérationnels. Même sans marqueur génétique identifié, elle réalise qu’autre chose semble s’être transmis sur trois générations :la pression,le perfectionnisme,le besoin d’être aimée à travers la performance,et cette habitude de s’oublier soi-même. Elle évoque aussi une symbolique forte autour du sein : “Le sein est l’organe nourricier.” Une réflexion profondément humaine sur la charge émotionnelle portée par de nombreuses femmes. Les traitements : chimiothérapie, fatigue et perte de repères Dans cet épisode d’États Dames, Adeline parle sans filtre des traitements :la chimiothérapie, la fatigue, la perte des cheveux, les effets secondaires,les rendez-vous médicaux constants, et ce quotidien entièrement dicté par la maladie. Elle raconte aussi comment certaines visualisations positives et thérapies complémentaires l’ont aidée à traverser cette période avec un peu plus de sérénité. “Mon cancer, quelle chance” : une phrase bouleversante Le titre du livre d’Adeline peut surprendre. Et pourtant, derrière cette phrase, il ne s’agit pas de glorifier la maladie. Il s’agit de raconter comment cette épreuve lui a permis : de ralentir, de se reconnecter à elle-même, de sortir du déni, et de transformer profondément sa manière de vivre. “Le cancer m’a offert cette opportunité de souffler.” Aujourd’hui, cinq ans après, Adeline explique qu’elle vit une vie plus alignée, plus consciente et plus authentique. Pourquoi écouter cet épisode d’États Dames ? Cet épisode peut résonner auprès : des femmes touchées par le cancer du sein, des proches de malades, des personnes en épuisement émotionnel, des femmes vivant sous pression constante, ou simplement de toutes celles qui cherchent à se reconnecter à elles-mêmes. C’est un épisode profondément humain sur le corps, les émotions, les héritages invisibles et la reconstruction. Transcription de l’épisode Adeline Si je reviens au moment où tout a basculé… en fait, c’était presque avant l’annonce. J’ai compris assez vite que j’avais un cancer, même si une partie de moi était vraiment dans le déni. J’ai senti une boule très dure sous mon aisselle et mon médecin m’a dit que c’était un ganglion infecté. Mais clairement, pour avoir vu ma mère et ma grand-mère avoir un cancer du sein… surtout ma mère… j’avais bien compris intérieurement que s’il y avait un ganglion touché, c’est qu’il y avait quelque chose de pas cool en amont. Et elle avait aussi senti une masse dans le sein. Donc je me suis raccrochée à l’idée que ce n’était pas grave. Ma conscience s’est raccrochée à cette idée. Mais en réalité… je savais très bien que c’était grave. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant à peu près deux semaines, jusqu’à ce qu’on me confirme que j’avais un cancer du sein triple négatif. Et ce qui me traumatisait profondément à ce moment-là, c’était de savoir que ma mère et ma grand-mère en étaient mortes avant moi. Alors bien sûr, autre époque, autres traitements, autre histoire. Mais j’ai dû lutter très fort contre cette idée que j’étais peut-être condamnée à vivre exactement la même chose. Ça m’a demandé un effort surhumain de mobiliser des pensées positives et de me dire :“Non. Je ne suis pas condamnée à suivre le même chemin.” Quand on m’a annoncé officiellement le cancer, la première émotion que j’ai ressentie… c’est étrange… mais je me suis sentie comme une chef de projet. J’étais déjà dans l’action. Je prenais des notes méthodiquement dans un petit carnet pendant que le chirurgien m’expliquait :la chimiothérapie,l’opération,la radiothérapie… Je notais tout comme si j’étais en réunion. Je pense que c’était un système de protection. J’étais en mode :“Ça va aller. Tu vas trouver des solutions. Tu vas travailler ce sujet et tu vas en faire quelque chose.” Je me disais presque :“Tu vas réussir ce cancer.” C’est bizarre à dire… mais il y avait cette idée de réussir ma guérison. Mon monde s’est écroulé… mais en même temps, pour éviter qu’il ne s’effondre complètement, j’ai essayé de me raccrocher à l’idée que j’avais un pouvoir d’action. J’ai toujours été sensible aux thérapies alternatives. J’avais vu ma mère essayer beaucoup de choses quand elle était malade. Certaines l’aidaient énormément. Et puis j’avais cette conviction profonde :je pense qu’on peut créer certaines conditions favorisant la maladie. Pas dans un sens culpabilisant.Jamais. On fait toujours de notre mieux. Mais parfois, avec la pression,les violences qu’on s’impose,le fait de trop vouloir plaire,de vivre à côté de soi-même… Tout ça peut devenir violent pour le corps. Je me suis dit :“Si malgré moi j’ai créé les conditions de cette maladie… alors peut-être que j’ai aussi le pouvoir de dénouer certaines choses.” J’ai voulu comprendre. Comprendre pourquoi cette maladie arrivait.Comprendre ce qu’elle venait dire. Comprendre ce que je pouvais transformer en moi. C’est vraiment ce qui a guidé toute ma démarche autour du cancer. Et aujourd’hui, si j’arrive à en parler comme d’une chance… c’est parce que cette maladie m’a permis de nettoyer énormément de choses :émotionnellement,intérieurement,dans mon histoire personnelle. Ça m’a mise sur un chemin de mieux-être extrêmement important. Avant le diagnostic, il y avait déjà énormément de signaux. Je faisais des migraines chroniques.J’avais constamment mal à la tête. Mon cerveau était en ébullition permanente. Mais moi, je ne me pensais pas stressée. Au contraire, je regardais les autres se plaindre de fatigue ou de stress et je me disais :“Franchement… ce sont des petites natures.” Je pensais maîtriser les choses. Alors qu’en réalité, j’étais dans un état d’épuisement profond. Et je m’en suis vraiment rendu compte quand je me suis retrouvée en arrêt maladie. Là, tout à coup, je me suis sentie autorisée à tout lâcher. Et j’ai ressenti un soulagement immense. C’est à ce moment-là que j’ai compris que ma vie n’était qu’une succession de violences faites à mon corps,à mon mental,à mes émotions. Alors qu’au fond, je n’avais qu’une seule envie :tout arrêter…et souffler. Et finalement, le cancer m’a offert cette opportunité de souffler. Il m’a envoyé un premier message :“Tu vois… tu n’étais pas aussi bien que ça dans ta vie.” Les traitements sont extrêmement éprouvants. La chimiothérapie est impressionnante.On perd ses cheveux,on a des problèmes digestifs,des problèmes de peau,une fatigue immense… Mais chacun le vit différemment. Moi, ce qui m’a beaucoup aidée pendant les perfusions, c’était la visualisation. Je me forçais à imaginer quelque chose de positif :un liquide doré,un arc-en-ciel,quelque chose de bénéfique qui entrait dans mon corps. J’envoyais à mon cerveau le message que ce traitement allait m’aider. Et je pense sincèrement que ça a réduit certains effets secondaires. Le quotidien devient complètement millimétré. On ne s’appartient plus. Entre les prises de sang,les chimiothérapies,les traitements,les rendez-vous,les soins… On a un agenda de ministre. Et paradoxalement, quand les médecins nous disent :“Ça y est, vous êtes en rémission”… on ne sait plus tellement comment vivre sans cet agenda imposé par la maladie. Pendant cette période, j’ai énormément cherché de réponses. Je lisais des livres,j’écoutais des podcasts,je consultais des thérapeutes alternatifs… Et petit à petit, j’ai compris qu’il existait une reproduction de schémas entre ma grand-mère, ma mère et moi. Même sans marqueur génétique identifié. Nous nous étions transmis autre chose :le perfectionnisme,la pression,le besoin d’être parfaite pour être aimée,le fait de nourrir les autres avant soi-même. Et la symbolique est forte quand on parle du sein. Le sein est un organe nourricier. Je me suis rendu compte que toute ma vie, j’avais essayé :d’être la meilleure,de plaire,de répondre à des injonctions,de remplir des objectifs impossibles… Je vivais complètement à côté de moi-même. Je tirais tellement sur la machine que mon corps a fini par m’envoyer une énorme alerte. Et cette alerte… ça a été le cancer. Mon corps m’a dit : “On n’en peut plus.Tu ne peux plus vivre comme ça.” La peur, finalement, je ne me l’autorisais pas. Je me suis mise en mode combattante. Je voulais croire que tout ce que je faisais — les traitements conventionnels, les thérapies alternatives, le travail sur moi — allait empêcher le cancer de revenir. Très rapidement, j’ai commencé à voir cette épreuve autrement. Comme une transformation intérieure. Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que le cancer a été le début d’un immense travail sur moi. Cinq ans après, je continue encore. Et je peux dire que ma vie aujourd’hui est :plus alignée,plus consciente,plus authentique. La vie avant le cancer me paraît parfois floue. La vie après…a plus de couleurs. Dire :“Mon cancer, quelle chance”… c’est évidemment provocateur. Mais ce que je veux montrer, c’est qu’on peut aussi voir cette maladie comme une étape de transformation intérieure. Comme une opportunité de se réaligner profondément avec soi-même. Aujourd’hui, je reste quelqu’un de dynamique. Mais les choses partent désormais d’un autre endroit intérieur. Je ne fais plus semblant que tout va bien. Je regarde les choses en face.Je traite les problèmes.Je ne me mets plus d’œillères. Écrire mon livre Mon cancer, quelle chance ! m’a permis de retracer tout ce parcours. Et surtout, d’aider d’autres femmes à se reconnaître dans ce vécu. Ce que j’ai envie de transmettre aujourd’hui, c’est : N’ayez pas peur. Oui, il faut combattre cette maladie. Mais elle a aussi quelque chose à vous apprendre. Écoutez ce qu’elle vient dire.Cherchez en vous.Parlez.Lisez.Échangez. Parce qu’il y a énormément d’espoir. Et même après un cancer…on peut se créer une vie encore plus belle que celle qu’on avait avant. Ce cancer peut devenir le début d’un nouveau chapitre. Et c’est tout le bien que je vous souhaite. FAQ — Cancer du sein triple négatif et reconstruction Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Le cancer du sein triple négatif est une forme particulière de cancer du sein qui ne possède ni récepteurs hormonaux, ni récepteurs HER2. Il nécessite souvent des traitements lourds comme la chimiothérapie. Quels ont été les premiers symptômes ressentis par Adeline ? Adeline raconte avoir découvert une boule dure sous son aisselle ainsi qu’une masse dans son sein. Avant même le diagnostic, elle sentait intérieurement que quelque chose n’allait pas. Pourquoi cet épisode parle-t-il autant d’épuisement émotionnel ? Adeline explique avoir vécu pendant des années sous pression constante : toujours devoir être forte, performante et répondre aux attentes des autres. Elle décrit le cancer comme une alerte envoyée par son corps. Que signifie la phrase “Mon cancer, quelle chance !” ? Cette phrase ne minimise pas la violence de la maladie. Adeline explique qu’elle parle de “chance” parce que cette épreuve lui a permis de ralentir, de se reconnecter à elle-même et de transformer profondément sa vie. Existe-t-il un lien génétique dans son histoire familiale ? Même si sa mère et sa grand-mère ont également eu un cancer du sein, Adeline précise qu’aucun marqueur génétique n’a été retrouvé à ce jour dans sa famille. Pourquoi Adeline évoque-t-elle les schémas transgénérationnels ? Elle explique avoir pris conscience d’une transmission émotionnelle entre générations : le besoin d’être parfaite, de toujours tenir, de nourrir les autres avant soi-même et de vivre sous pression permanente. Comment Adeline a-t-elle vécu la chimiothérapie ? Elle décrit les traitements comme extrêmement éprouvants physiquement et mentalement : fatigue, perte des cheveux, problèmes digestifs et bouleversement du quotidien. Quelles pratiques l’ont aidée pendant les traitements ? En complément du suivi médical, Adeline raconte avoir utilisé des visualisations positives, des thérapies alternatives, des lectures et un important travail intérieur pour l’aider à traverser la maladie. Pourquoi parle-t-elle de la symbolique du sein ? Adeline évoque le sein comme un “organe nourricier”. Elle fait le lien entre cette symbolique et le fait d’avoir passé sa vie à nourrir émotionnellement les autres avant de penser à elle-même. Ce témoignage peut-il aider d’autres femmes malades ? Oui. Adeline a écrit son livre et partagé son histoire pour permettre à d’autres femmes de se reconnaître, de se sentir moins seules et d’oser entamer leur propre chemin de reconstruction. Où écouter l’épisode d’États Dames avec Adeline Pasteur ? L’épisode est disponible sur toutes les plateformes d’écoute ainsi que sur le site du podcast États Dames. Où trouver le livre Mon cancer, quelle chance ! ? Le livre d’Adeline Pasteur est disponible en librairie et en ligne. Elle y approfondit tout son parcours, ses prises de conscience et sa reconstruction après le cancer. Ressources utiles et soutien Si vous traversez un cancer du sein ou une période émotionnellement difficile : rapprochez-vous d’un professionnel de santé, échangez avec des associations spécialisées, parlez de vos émotions, et rappelez-vous que vous n’êtes pas seule. Le livre d’Adeline Pasteur : Mon cancer, quelle chance ! Dans cet épisode d’États Dames, Adeline Pasteur évoque également son livre profondément intime : 📖 Mon cancer, quelle chance ! À travers cet ouvrage, elle retrace tout son parcours face au cancer du sein triple négatif : l’annonce de la maladie, les chimiothérapies, les peurs liées à son histoire familiale, les schémas transgénérationnels, mais aussi l’immense travail intérieur né au cœur de cette épreuve. Plus qu’un récit sur la maladie, ce livre est une réflexion sur : le rapport au corps, l’épuisement émotionnel, les violences invisibles que l’on s’inflige parfois, le besoin de perfection, et la possibilité de se reconstruire autrement après le chaos. Adeline y partage ses prises de conscience avec beaucoup de sincérité, dans l’espoir d’aider d’autres femmes à se sentir moins seules et à regarder leur propre parcours avec davantage de douceur et de conscience. Comme elle l’explique dans l’épisode : “J’ai écrit ce livre pour partager et pour aider d’autres personnes.” Un témoignage puissant, humain et profondément introspectif, qui prolonge l’expérience de cet épisode d’États Dames.
- Au cœur de l’adoption : grandir avec les silences, les blessures et la reconstruction
⚠️ Trigger Warning : adoption, violences sexuelles, santé mentale, pensées suicidaires, traumatismes, harcèlement scolaire. Adoption internationale et quête d’identité Dans cet épisode profondément bouleversant d’États Dames, Geeti livre un témoignage rare sur l’adoption internationale, les blessures invisibles, la quête des origines, la santé mentale et la reconstruction après les violences. Adoptée en Inde alors qu’elle était bébé, elle grandit avec un sentiment d’abandon difficile à expliquer. Très tôt, elle ressent ce décalage entre ce qu’elle montre au monde et ce qu’elle porte en silence. Harcèlement scolaire, racisme, violences psychologiques et sexuelles, hospitalisations en pédopsychiatrie, pensées suicidaires… derrière son sourire se cache une immense souffrance intérieure. Mais cet épisode raconte aussi autre chose : la résilience. La possibilité de se reconstruire, de retrouver sa lumière et de transformer ses blessures en force. Adoption internationale : grandir avec le sentiment d’abandon Quand on parle d’adoption, beaucoup imaginent une “chance” ou une “nouvelle vie”. Pourtant, derrière cette image, certaines personnes adoptées grandissent avec des questions profondes : Pourquoi ai-je été abandonnée ? Qui suis-je vraiment ? Pourquoi est-ce que je ne me sens jamais totalement à ma place ? Dans cet épisode, Geeti met des mots sur cette peur constante de ne jamais être “assez”. Une blessure invisible qui influence les relations, l’estime de soi et la construction identitaire. Le poids du regard des autres et du racisme Grandir entre deux cultures peut créer un profond tiraillement identitaire. Geeti raconte les remarques liées à ses origines indiennes, le racisme ordinaire, le harcèlement scolaire et cette sensation de devoir constamment prouver sa légitimité. À travers son témoignage, elle rappelle combien les mots peuvent laisser des traces durables, surtout lorsqu’ils s’ajoutent à des blessures déjà présentes. Santé mentale : quand les blessures deviennent trop lourdes Dans cet épisode d’États Dames, Geeti aborde sans filtre : les hospitalisations en pédopsychiatrie les pensées suicidaires les traumatismes psychologiques le sentiment d’être incomprise la solitude intérieure Un témoignage fort qui montre à quel point la santé mentale mérite d’être écoutée, accompagnée et prise au sérieux. Violences sexuelles et reconstruction après le traumatisme Geeti évoque également les violences sexuelles qu’elle a subies et les conséquences psychologiques laissées par ces traumatismes. Elle parle du rapport au corps après un viol, de la difficulté à se reconstruire, mais aussi du cheminement vers une forme d’apaisement. Avec beaucoup de sincérité, elle explique que la reconstruction n’est jamais linéaire. Certains jours sont plus difficiles que d’autres, mais chaque étape compte. Retrouver sa lumière malgré les tempêtes Malgré les blessures, Geeti transmet un message profondément humain : il est possible de continuer à avancer. À travers la parole, l’introspection et la résilience, elle apprend peu à peu à se reconnecter à elle-même. Cet épisode rappelle qu’il ne faut jamais minimiser les souffrances invisibles et qu’une personne peut sourire tout en traversant une immense tempête intérieure. Pourquoi écouter cet épisode d’États Dames ? Cet épisode peut résonner auprès : des personnes adoptées des familles adoptives des personnes confrontées aux traumatismes des femmes ayant vécu des violences des personnes touchées par la santé mentale de toutes celles et ceux qui cherchent à comprendre les blessures invisibles C’est un épisode intime, puissant et profondément humain. Transcription de l’épisode FAQ — Adoption, santé mentale et reconstruction Comment l’adoption peut-elle impacter la santé mentale ? Certaines personnes adoptées peuvent ressentir une peur de l’abandon, une difficulté identitaire ou un sentiment de rejet. Chaque parcours est unique, mais ces blessures invisibles peuvent avoir un impact émotionnel important. Pourquoi parler des violences psychologiques et sexuelles est-il important ? Parce que le silence isole. Mettre des mots sur les traumatismes permet de sensibiliser, de libérer la parole Peut-on se reconstruire après des traumatismes ? Oui, même si la reconstruction prend du temps. L’accompagnement psychologique, le soutien de proches et la parole peuvent jouer un rôle essentiel. Ressources utiles et soutien Si cet épisode réveille des émotions difficiles ou un besoin d’aide, n’hésitez pas à vous tourner vers : un professionnel de santé mentale une association spécialisée des groupes de parole les numéros d’écoute et de soutien psychologique Vous n’êtes pas seul(e).
- Au cœur du cancer du sein : l’annonce, le combat et la renaissance
⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : le cancer du sein la chimiothérapie la mastectomie la fatigue chronique la peur de la récidive la santé mentale les impacts du cancer sur le couple et la féminité Cancer du sein : comment retrouver sa féminité et se reconstruire après les traitements À 32 ans, Élodie découvre une boule dans son sein droit.Au départ, elle pense à un simple kyste. Puis viennent les examens, la biopsie… et cette phrase qui bouleverse une vie entière : « C’est un cancer du sein. » Dans cet épisode bouleversant du podcast États Dames, Élodie raconte sans filtre son parcours face au cancer du sein : l’annonce, les chimiothérapies, la perte de ses cheveux, la mastectomie, la peur de mourir… mais aussi la reconstruction, la féminité, l’amour, la maternité et cette force intérieure née dans l’épreuve. Un témoignage profondément humain sur ce qu’on ne voit pas toujours derrière la maladie : le mental, les émotions, les traumatismes invisibles… et la renaissance possible après le chaos. Le diagnostic du cancer du sein à 32 ans Élodie raconte ce moment où tout bascule.Une boule découverte presque par hasard par son compagnon. Une inquiétude minimisée. Puis les examens en urgence. Ce jour-là, lors de l’échographie et de la biopsie, elle comprend déjà intérieurement que quelque chose ne va pas. Quand le verdict tombe le 4 février 2025, son monde s’effondre. Comme beaucoup de femmes touchées par un cancer du sein jeune, elle décrit ce mélange brutal de : déni sidération peur dissociation besoin immédiat de survivre Elle explique aussi combien l’annonce reste, encore aujourd’hui, le moment le plus violent de tout son parcours. Les traitements du cancer du sein : chimiothérapie, fatigue et survie Après le diagnostic, tout s’accélère : pose du PICC line préservation des ovocytes premières chimiothérapies effets secondaires fatigue extrême brouillard mental Élodie raconte avec une grande sincérité cette sensation de voir sa vie mise à l’arrêt. Pendant les chimiothérapies EC, elle reste parfois plusieurs jours alitée, incapable de manger correctement, épuisée physiquement et mentalement. Mais au milieu de cette tempête, elle développe aussi une nouvelle relation à elle-même. Elle répète des mantras.Elle apprend à parler à son corps avec douceur.Elle comprend peu à peu que : « Se reposer, ce n’est pas ne rien faire. C’est guérir. » Un message extrêmement fort pour toutes les femmes qui culpabilisent de ralentir pendant la maladie. Cancer du sein et féminité : perdre ses cheveux, ses cils et un sein L’un des passages les plus puissants de cet épisode concerne la féminité. Élodie parle : de la perte des cheveux de la chute des cils et des sourcils du regard des autres de l’image dans le miroir de la mastectomie du sein droit Elle explique combien le cancer du sein touche aussi l’identité profonde des femmes. La découverte de sa cicatrice après l’opération représente un véritable choc émotionnel. Pourtant, avec le temps, elle apprend à regarder ce corps autrement. La danse devient alors une forme de reconstruction. Danser malgré les cicatrices.Danser malgré le crâne rasé.Danser pour continuer d’exister. Le couple face au cancer du sein Dans cet épisode, Élodie parle aussi sans tabou du couple pendant la maladie. Elle évoque : la charge mentale du compagnon les tensions liées à la fatigue la culpabilité le besoin de solitude l’absence de libido pendant les traitements l’importance de communiquer Son compagnon devient un pilier essentiel pendant toute cette période : gestion de la maison soutien émotionnel présence constante soutien parental auprès de leur fille Mais elle insiste aussi sur une chose importante : le proche aidant souffre lui aussi. Un sujet encore trop peu abordé lorsqu’on parle du cancer. La peur de la récidive après un cancer du sein Après la radiothérapie, Élodie entre officiellement dans l’après-cancer. Mais contrairement aux idées reçues, cette période n’est pas forcément synonyme de soulagement immédiat. Elle parle avec beaucoup de justesse : du « scanxiety » des angoisses avant les examens des douleurs persistantes des traitements hormonaux de la fatigue chronique du deuil de son ancienne vie Elle explique que l’après-cancer est aussi une reconstruction psychologique. Une nouvelle vie commence.Différente.Plus lente parfois.Mais profondément vivante. Les réseaux sociaux comme espace de reconstruction Très rapidement après l’annonce, Élodie décide de partager son parcours sur les réseaux sociaux. Son objectif : sensibiliser au cancer du sein chez les jeunes femmes aider d’autres patientes parler sans filtre briser les tabous Sa communauté devient alors un véritable espace de sororité. À travers ses vidéos, ses danses, ses mots et sa vulnérabilité, elle transmet un message essentiel : « Être forte, ce n’est pas aller bien tout le temps. C’est s’autoriser à ne pas aller bien. » Transcription de l’épisode Bonjour à toutes et à tous. D’abord, je suis super honorée de pouvoir prêter ma voix pour États Dames. Et si mon histoire peut faire écho à certaines femmes, ou simplement apporter un peu de baume au cœur… alors tout cela aura du sens. Mon histoire commence quand mon compagnon sent une boule dans mon sein droit.Au début, je n’y prête pas attention. Je suis jeune, je me dis que c’est sûrement un kyste, quelque chose d’hormonal… Je continue ma vie normalement. Mais lui insiste. Il me dit : « Cette boule est toujours là… ça m’inquiète. » Et aujourd’hui, je peux dire que cette insistance m’a probablement sauvé la vie. L’annonce du cancer du sein Je passe une échographie, une mammographie, puis une biopsie en urgence. Le 4 février 2025, tout bascule. On m’annonce : « Vous avez un cancer du sein. » J’ai 32 ans. Je crois que personne n’est préparé à entendre ces mots.Même quand une partie de vous le pressent déjà. Je me souviens avoir regardé mon reflet dans le miroir de la voiture après l’annonce… et m’être demandé : « Est-ce que c’est vraiment moi ? » Comme si cette conversation concernait quelqu’un d’autre. Mon compagnon posait déjà des questions aux médecins.Il cherchait des solutions. Et moi… j’étais complètement perdue. Le début des traitements Très vite, tout s’enchaîne. Je découvre un nouveau vocabulaire : biopsie oncologue chimiothérapie PICC line hormonothérapie Je me renseigne énormément. Parce que comprendre me donnait l’impression de reprendre un peu le contrôle. Je découvre que mon cancer est hormonodépendant.Et paradoxalement, dans cette annonce horrible, j’essaie déjà de me raccrocher aux éléments positifs. Avant les traitements, je fais aussi congeler mes ovocytes.Parce qu’on ne sait jamais ce que les traitements peuvent provoquer sur la fertilité. Puis arrive le premier jour de chimiothérapie. Je me souviens m’être parlé à moi-même : « Tout va bien aller.Ces traitements vont te sauver. » Je me répétais ça comme un mantra. Les chimiothérapies et la fatigue extrême Les premières chimiothérapies ont été extrêmement difficiles. La fatigue… je ne m’attendais pas à ça. Je pouvais rester quarante-huit heures au lit. Je n’avais plus de goût.Tout avait un goût métallique. Parfois, je ne savais même plus si j’avais faim ou si j’étais simplement nauséeuse. Et surtout… j’ai dû apprendre quelque chose que je n’avais jamais appris avant :ralentir. Moi qui avais toujours besoin d’être dans l’action, je devais accepter que me reposer faisait partie du combat. Petit à petit, j’ai changé mon regard sur moi-même. Je me suis dit : « Tu n’es pas en train de ne rien faire.Tu es en train de guérir. » Les effets secondaires invisibles Ensuite sont arrivées les neuropathies. Je ne sentais plus correctement mes doigts. Je n’arrivais plus à attraper un cure-dent sur une table. C’était perturbant. Alors l’équipe médicale a décidé d’arrêter les chimiothérapies un peu plus tôt pour éviter des séquelles irréversibles. Au début, j’ai eu peur. J’avais l’impression d’échouer. Puis les médecins m’ont rassurée : « Quatorze chimiothérapies sur seize, c’est déjà énorme. » Et j’ai compris l’importance d’écouter mon corps. La perte des cheveux et la féminité Quand mes cheveux ont commencé à tomber, j’avais invité mes copines à la maison. On a mis de la musique.On a ouvert l’apéro. Et on a rasé mes cheveux. Je pensais pleurer. Mais en réalité… je me suis sentie soulagée. Comme si le plus dur, finalement, c’était l’attente. Par contre, perdre mes cils… ça, ça a été beaucoup plus difficile. Parce que là, je trouvais qu’on voyait immédiatement la maladie sur mon visage. Je me maquillais davantage. Pas pour cacher qui j’étais. Mais pour me réapproprier mon image. Je redessinais mes sourcils. Je portais parfois de faux cils. Et surtout… je dansais. La danse m’a énormément aidée. Danser malgré les cicatrices.Danser malgré le crâne rasé. Continuer à vivre malgré tout. La mastectomie Après les chimiothérapies vient l’opération. Une mastectomie du sein droit. Quand on vous annonce qu’on va vous retirer un sein, il y a forcément quelque chose qui s’effondre. Parce qu’un sein, ce n’est pas juste une partie du corps. C’est aussi : la féminité l’identité l’image de soi Après l’opération, j’ai mis du temps avant de regarder ma cicatrice dans un miroir. Mais quand je l’ai découverte, j’ai aussi ressenti du soulagement. Parce que symboliquement, le cancer n’était plus dans mon corps. Le couple pendant le cancer Le cancer bouleverse aussi le couple. Mon compagnon a été extraordinaire. Il a tout pris en charge : la maison notre fille l’organisation du quotidien Grâce à lui, j’ai pu me concentrer entièrement sur ma guérison. Mais il y a aussi eu des moments compliqués. Parce qu’on ne vit plus du tout au même rythme. Lui continuait à travailler.Moi, je restais parfois au lit plusieurs jours. Et même si je savais qu’il avait besoin de continuer à vivre… parfois, ça me faisait mal. On a dû apprendre à communiquer autrement. À comprendre que ses besoins existaient aussi. Le sujet tabou : l’intimité On parle très peu de l’intimité pendant le cancer. Et pourtant, c’est important. Pendant les traitements, ma libido avait complètement disparu. Quand on pense cancer vingt-quatre heures sur vingt-quatre… on ne pense plus au reste. Heureusement, mon compagnon l’a compris. On s’est respectés. Et ça aussi, ça compte énormément dans un parcours comme celui-là. Les réseaux sociaux et la mission d’aider les autres femmes Très vite après l’annonce, j’ai commencé à parler de mon cancer sur les réseaux sociaux. Parce que je ressentais un besoin immense :celui d’aider d’autres femmes. Je voulais parler sans filtre. Montrer les moments difficiles… mais aussi comment essayer de traverser tout ça. Et les messages des femmes ont changé quelque chose en moi. Je me suis sentie utile. Je me suis dit : « Si mon histoire peut aider une seule femme, alors ça vaut la peine. » L’après-cancer Après les chimiothérapies, la mastectomie et la radiothérapie… je pensais que tout allait redevenir comme avant. Mais l’après-cancer est une autre épreuve. Aujourd’hui encore, j’ai : l’hormonothérapie une thérapie ciblée une ménopause artificielle Et il y a toujours cette peur de la récidive. Avant chaque examen médical, l’angoisse revient. Mais malgré tout, j’avance. Plus lentement parfois. Différemment surtout. J’apprends encore à accepter cette nouvelle version de moi. Le message qu’Élodie souhaite transmettre S’il y a une chose que j’aimerais transmettre aujourd’hui, c’est celle-ci : Soyez douces avec vous-mêmes. Même les petits pas comptent. Se lever.Prendre une douche.Faire une petite marche. Tout cela est déjà immense quand on traverse un cancer. Et surtout : être forte ne veut pas dire aller bien tout le temps. Être forte, c’est aussi : pleurer demander de l’aide ralentir accepter ses limites continuer malgré les vagues Aujourd’hui, je suis encore en reconstruction. Mais je suis là. Et ça, c’est déjà énorme. Conclusion de l’épisode Après tout ce parcours, une nouvelle envie est née en moi :continuer à aider les femmes. C’est pour cela que je crée aujourd’hui un podcast autour de la féminité, de la reconstruction et de la vie après le cancer. Parce qu’aucune femme ne devrait traverser cela seule. Merci infiniment à États Dames pour cet espace de parole. Et merci à toutes les femmes qui écouteront ce témoignage. Ce qu’il faut retenir de cet épisode Cet épisode d’États Dames rappelle une chose essentielle : Le cancer du sein ne touche pas uniquement le corps.Il bouleverse : l’identité le couple la maternité la confiance en soi la féminité le rapport au temps le regard sur la vie Mais à travers ce témoignage, Élodie montre aussi qu’il est possible : de se reconstruire d’apprendre à s’aimer autrement de retrouver de la lumière de continuer à vivre malgré les cicatrices FAQ – Cancer du sein : comprendre la maladie et ses impacts Quels sont les premiers signes d’un cancer du sein ? Les symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre, mais les plus fréquents sont : une boule dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la peau, une douleur inhabituelle, un écoulement du mamelon, un changement de forme ou de taille du sein. Certaines femmes ne ressentent aucune douleur au début, d’où l’importance de l’autopalpation et du dépistage. Peut-on avoir un cancer du sein jeune ? Oui. Même si le risque augmente avec l’âge, le cancer du sein peut toucher des femmes jeunes, parfois avant 35 ans. Dans cet épisode d’États Dames, Élodie apprend son cancer du sein à seulement 32 ans. La chimiothérapie fait-elle toujours perdre les cheveux ? Certaines chimiothérapies provoquent effectivement la chute des cheveux, des cils et des sourcils. Cela dépend du protocole utilisé. La perte des cheveux est souvent vécue comme une étape très difficile psychologiquement, car elle rend la maladie visible. Qu’est-ce qu’une mastectomie ? Une mastectomie est une opération chirurgicale consistant à retirer un sein, partiellement ou totalement, afin de traiter un cancer du sein. Cette opération peut avoir un impact important sur : l’image corporelle, la féminité, la confiance en soi, la vie intime. Le cancer du sein impacte-t-il la santé mentale ? Oui. Le cancer du sein peut provoquer : anxiété, dépression, stress post-traumatique, peur de la récidive, isolement, épuisement émotionnel. Un accompagnement psychologique peut être essentiel pendant et après les traitements. Pourquoi l’après-cancer est-il parfois difficile à vivre ? Contrairement aux idées reçues, la fin des traitements ne signifie pas toujours un retour immédiat à une vie “normale”. De nombreuses femmes doivent encore gérer : les douleurs, la fatigue chronique, les traitements hormonaux, la peur des contrôles médicaux, le changement de regard sur leur corps. L’après-cancer est souvent une période de reconstruction physique et psychologique. Peut-on rester féminine après un cancer du sein ? Oui, même si le rapport au corps peut être profondément bouleversé. Chaque femme reconstruit sa féminité différemment : maquillage, vêtements, danse, tatouages réparateurs, reconstruction mammaire, acceptation des cicatrices, réappropriation de son image. Dans cet épisode, Élodie explique comment la danse l’a aidée à reconnecter avec son corps malgré les cicatrices. Le couple peut-il survivre à la maladie ? Oui, mais le cancer peut profondément bouleverser l’équilibre du couple. Fatigue, charge mentale, peur, sexualité, rôle d’aidant… beaucoup de choses changent pendant les traitements. La communication et le soutien mutuel jouent souvent un rôle essentiel. Pourquoi parler du cancer du sein sur les réseaux sociaux aide-t-il autant ? Les réseaux sociaux permettent à de nombreuses femmes : de briser l’isolement, de partager leurs émotions, de sensibiliser, de trouver du soutien, de montrer la réalité de la maladie sans filtre. Les témoignages comme celui d’Élodie permettent aussi à d’autres femmes de se sentir comprises et moins seules. Peut-on se reconstruire après un cancer du sein ? Oui. Même si la maladie laisse parfois des cicatrices physiques et psychologiques, beaucoup de femmes parlent aussi d’une transformation intérieure profonde. La reconstruction peut passer par : la thérapie, le sport, l’art, la parole, les proches, les projets de vie, ou simplement le fait de réapprendre à vivre à son rythme. Comme le dit Élodie dans cet épisode : « Je suis encore en reconstruction… mais je suis là. Et ça, c’est déjà énorme. » Ressources utiles et soutien Ligue contre le cancer Ruban Rose Institut National du Cancer Associations de patientes atteintes de cancer du sein Groupes de parole et soutien psychologique
- Au cœur de la leucémie : traverser la maladie, perdre un enfant… puis se reconstruire
Trigger Warning : cet épisode aborde la leucémie aiguë, la perte d’un enfant, une interruption médicale de grossesse (IMG), les AVC, le traumatisme physique et psychologique, ainsi que le deuil de soi. La leucémie : entre peur de mourir et envie de vivre Dans cet épisode bouleversant du podcast États Dames, une femme raconte l’enchaînement d’épreuves qui a transformé sa vie : un grave accident de voiture, deux AVC, la perte de son fils, puis l’annonce brutale d’une leucémie aiguë alors qu’elle était enceinte. Mais derrière la douleur, il y a aussi une reconstruction. Une renaissance. Une femme qui refuse d’abandonner. Une femme qui apprend à vivre autrement, à aimer son nouveau corps, à continuer malgré les traitements et à retrouver un sens à travers les tempêtes. Le saviez-vous ? La leucémie aiguë lymphoblastique est un cancer du sang qui touche les cellules de la moelle osseuse. Certaines formes rares, comme la leucémie aiguë lymphoblastique à chromosome Philadelphie, nécessitent des traitements particulièrement lourds et rapides. Au-delà des soins médicaux, les patientes doivent souvent faire face à : la perte de repères, l’isolement hospitalier, les changements physiques, la peur de mourir, mais aussi au deuil de leur “ancienne vie”. Une vie bouleversée par les épreuves Tout commence le 19 octobre 2020. Un accident de voiture grave. Traumatisme crânien, commotion cérébrale, jambe paralysée pendant plusieurs semaines… Puis deux AVC successifs qui lui font perdre progressivement la sensibilité du côté droit. Après avoir traversé ces premières épreuves, elle tente pourtant de continuer à vivre pleinement : voyager, aimer, découvrir le monde. Mais la vie bascule une nouvelle fois lorsqu’elle perd son premier enfant à six mois et demi de grossesse. Quelques mois plus tard, enceinte à nouveau, elle se rend à l’hôpital pour des saignements. Ce qui devait être une simple consultation devient le début d’un cauchemar : une leucémie aiguë extrêmement agressive est diagnostiquée en urgence. “Je ne comprenais pas pourquoi toutes ces épreuves étaient sur mon chemin” L’un des passages les plus forts de cet épisode est sans doute celui où elle raconte l’incompréhension totale face à l’accumulation des drames. Accident. AVC. Perte d’un enfant. Cancer. Elle décrit ce moment où les médecins lui annoncent qu’elle doit commencer une chimiothérapie immédiatement pour survivre. Elle apprend aussi qu’elle devra subir une IMG pour sauver sa propre vie. Dans cet état de sidération, elle reste longtemps dans le déni. Elle pense à une erreur médicale. Son cerveau refuse de comprendre que tout cela est réel. Le deuil de soi : quand le corps change brutalement Pendant un mois et demi, elle vit enfermée dans une chambre stérile en hématologie. Les traitements transforment progressivement son corps : prise de poids, rétention d’eau, fatigue extrême, perte des cheveux. Dans cet épisode, elle évoque avec beaucoup de justesse ce que vivent de nombreuses femmes malades : le rapport au miroir, la sensation de ne plus reconnaître son corps, la peur du regard des autres. Elle explique avoir choisi de raser ses cheveux elle-même avant que le cancer ne décide à sa place. Un geste symbolique fort, presque une manière de reprendre le contrôle. Le mental comme survie Malgré la douleur physique, elle décide de continuer le sport, de s’alimenter coûte que coûte et de garder une discipline mentale stricte. Elle répète souvent dans l’épisode : “Comment combattre l’invisible ?” Pour elle, la visualisation devient essentielle. Se projeter vivante. Imaginer l’après. Imaginer la guérison. Cette force mentale l’aide à traverser les chimiothérapies, les infections, les complications médicales et l’épuisement psychologique. L’importance de l’entourage dans la maladie Dans cet épisode, elle parle avec énormément d’émotion du rôle de son mari, de sa famille et de ses proches. Elle décrit leur présence comme un véritable “mur porteur”. Mais elle évoque aussi la souffrance silencieuse des aidants. Son mari qui encaisse sans parler. Qui reste malgré tout. Qui continue d’espérer quand elle-même ne voit plus que du noir. Ce passage rappelle une réalité souvent oubliée : la maladie touche aussi profondément l’entourage. Une renaissance malgré tout Aujourd’hui, elle est toujours en protocole de chimiothérapie. Pourtant, son regard sur la vie a changé. Elle parle d’un “deuil de soi”, mais aussi d’une renaissance. Elle apprend à : écouter sa fatigue, ralentir, se prioriser, accepter que la femme qu’elle était avant n’existe plus totalement, et découvrir une nouvelle version d’elle-même. Cette phrase résume parfaitement son parcours : “Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est aussi une renaissance.” “Le chemin que j’ai parcouru, il est énorme… aujourd’hui je suis une nouvelle personne.” Ce que cet épisode transmet Cet épisode d’États Dames ne parle pas seulement du cancer. Il parle : de survie, de résilience, du corps qui change, de la maternité brisée, du regard des autres, de l’amour, du mental, et surtout de cette capacité humaine à continuer malgré tout. C’est un témoignage profondément humain, brut et nécessaire. Transcription de l’épisode Au cœur de la leucémie : traverser la maladie et se reconstruire Introduction Il y a des histoires qui bouleversent profondément. Des histoires où la vie bascule brutalement… encore et encore… jusqu’à pousser une femme à devoir réapprendre à vivre autrement. Dans cet épisode d’États Dames, elle raconte l’accident, les AVC, la perte de son fils, puis cette annonce brutale : une leucémie aiguë diagnostiquée alors qu’elle était enceinte. Mais derrière la violence des épreuves, il y a aussi la résilience, l’amour, le mental… et cette volonté immense de survivre malgré tout. Bienvenue dans États Dames.Le podcast au cœur de votre santé. Témoignage Si je devais parler du début de mon histoire, je parlerais de ce fameux 19 octobre 2020. J’ai eu mon premier accident de voiture avec un camion alors que je ne conduisais pas. J’en suis sortie avec une commotion cérébrale, un traumatisme crânien, un traumatisme rachidien et une jambe paralysée pendant trois semaines. S’en sont suivis trois mois d’hospitalisation. Et puis après ça, j’ai eu cette envie de vivre. Cette envie de découvrir autre chose. Alors je suis partie à New York sur un coup de tête. Là-bas, j’ai rencontré mon mari. J’ai énormément voyagé. Puis j’ai eu mon premier AVC. J’ai perdu 30 % de sensibilité du côté droit. Après une semaine d’hospitalisation et beaucoup de rééducation, je suis partie au Canada… où, six mois plus tard, j’ai eu mon second AVC. Cette fois, j’ai perdu totalement la sensibilité du côté droit. Je me suis retrouvée en fauteuil roulant pendant plus d’un mois et demi. Je ne pouvais plus marcher correctement. Alors j’ai encore fait énormément de rééducation. Ensuite, je suis partie vivre en Australie. Mais j’avais tellement de problèmes de santé que j’ai fini par rentrer en France. En rentrant en France, je suis tombée enceinte d’un petit garçon qui s’appelait Solane. À six mois et demi de grossesse, j’ai malheureusement accouché prématurément. Son cœur s’est arrêté. Il ne supportait plus les contractions. Après ça, j’ai été opérée de l’utérus à cause d’un fibrome qui provoquait énormément de complications et d’hémorragies. C’était insupportable. Puis je suis retombée enceinte très rapidement. Et le 16 août 2025… on m’a annoncé un cancer. J’étais enceinte de mon deuxième enfant. J’avais des saignements anormaux alors je suis allée consulter à l’hôpital. On m’a assuré que tout allait bien. Mais le lendemain, les saignements ont commencé à s’intensifier. Et après avoir déjà perdu un enfant… j’étais terrorisée à l’idée que l’histoire recommence. Alors j’y suis retournée. Ils m’ont dit que par précaution ils allaient me faire une prise de sang, mais que mon col était fermé et que le bébé allait bien. Je suis donc rentrée chez moi. Et quatre heures plus tard… l’hôpital m’appelle encore et encore. Je ne répondais pas parce que j’avais l’habitude des numéros inconnus. Mais au sixième appel, je me suis dit que c’était bizarre. Alors j’ai répondu. Et là, on m’a dit :“Madame, il faut revenir immédiatement. Vos résultats sanguins ne sont pas bons.” Je pensais qu’on allait simplement me dire que j’étais anémiée. Je ne voyais pas pourquoi je devrais revenir à 22 heures. Mais ils ont insisté. Alors j’ai pris mes clés, mon sac… sans imaginer que je ne rentrerais pas chez moi avant un mois et demi. Quand je suis arrivée à l’hôpital, trois médecins m’attendaient avec un énorme dossier médical. Mon mari était en déplacement. J’étais seule. Je l’ai appelé parce qu’il était inconcevable pour moi de recevoir une mauvaise nouvelle sans lui. Et là… ils m’ont parlé de leucémie aiguë. Je ne comprenais pas immédiatement que c’était un cancer. C’est quand j’ai entendu mon mari pleurer au téléphone que j’ai compris que c’était grave. Je leur ai demandé :“Est-ce que je vais mourir ?” Mais ils restaient silencieux. Leur regard était vide. Puis ils m’ont expliqué que je devais commencer la chimiothérapie immédiatement. Que mon état était beaucoup trop grave. Que mon cœur pouvait s’arrêter à tout moment. À ce moment-là, j’étais dans un déni total. Je pensais qu’ils s’étaient trompés de prise de sang. Je me voyais déjà leur faire un procès. Je ne réalisais pas. Puis je suis montée dans l’ambulance pour partir en réanimation, à une heure de chez moi. Je voyais les brancardiers stressés. Et moi, je continuais à croire qu’il y avait une erreur. Quand je suis arrivée en réanimation, les symptômes ont commencé à apparaître. Des taches rouges sur tout le corps.Des démangeaisons intenses. J’ai appris ensuite que c’était dû au manque de plaquettes et d’hémoglobine. Puis un médecin m’a dit :“Si vous étiez venue deux jours plus tard, vous seriez morte dans votre lit.” Et juste après… il m’a annoncé qu’on devait arrêter ma grossesse. Je suis restée sans voix. Je me demandais ce que j’avais fait pour mériter encore une épreuve. J’ai dû subir une IMG très rapidement. Normalement, il existe un délai de réflexion de quatorze jours. Mais moi… on ne me laissait même pas deux jours de vie. J’ai signé tous les papiers sans vraiment comprendre ce qui m’arrivait. Et pendant l’opération, tout s’est très mal passé. J’ai fait une hémorragie interne. J’ai perdu presque trois litres de sang. J’ai dû être transfusée. Puis j’ai fait une allergie à la morphine. Mais malgré tout ça… j’étais encore dans le déni. Ensuite, j’ai été transférée en hématologie. Je suis restée un mois et demi dans une chambre stérile. Sans pouvoir voir ma famille. Sans ouvrir une fenêtre.Sans sentir l’air dehors. Toujours les mêmes murs. Les mêmes prises de sang. Le même programme télé. Psychologiquement, c’était extrêmement dur. La première émotion que j’ai ressentie face au cancer, ça a été l’incompréhension. Après un accident, deux AVC, la perte de mon fils… puis un cancer… je ne comprenais plus rien. Je trouvais ça injuste. Puis la colère est arrivée. Et ensuite la peur. La peur de mourir. La peur de ne pas réussir à survivre encore une fois. Avec la maladie, mon rapport au corps a énormément changé. Quelques mois auparavant, j’avais accouché de mon fils. Je devais déjà accepter ce corps qui venait de traverser une grossesse. Et quatre mois plus tard, j’apprenais que j’avais un cancer. Les traitements ont complètement transformé mon corps. Je faisais énormément de rétention d’eau. Je prenais du poids. Mais malgré ça, j’ai continué le sport. Je me suis obligée à garder une routine. Parce que je voulais montrer à mon corps qu’il était encore capable. Je me répétais constamment :“Tu vas y arriver.” Même quand je n’avais pas faim… je mangeais quand même. Parce que je savais que mon corps avait besoin de force pour supporter les traitements. Petit à petit, c’est comme ça que j’ai réussi à avancer. Les traitements ont été très difficiles. J’ai attrapé un staphylocoque doré. Je ne pouvais plus avaler. Mon œsophage était brûlé. J’avais des cloques dans toute la bouche. Mais même là… je me forçais à manger une compote. Une seule cuillère parfois. Parce qu’il fallait continuer. Dans cette épreuve, mon entourage a été essentiel. Ma mère, mon père, mon mari, mes amis… Ils ont été des murs porteurs. Ils m’ont soutenue sans jamais me définir par la maladie. Et ça m’a énormément aidée. Avant de perdre mes cheveux, j’ai décidé de les raser moi-même. Je ne voulais pas laisser le cancer choisir à ma place. Alors j’ai tout rasé d’un coup. C’était douloureux de voir mes cheveux tomber. Mais les raser… ça m’a redonné une forme de contrôle. J’ai aussi ressenti énormément de culpabilité envers mon mari. J’avais l’impression de lui faire subir trop de choses. Je me disais qu’il ne méritait pas une femme aussi malade. Et pourtant… il est resté. Il a toujours été là. Notre couple a souffert… mais il s’est aussi renforcé. Mentalement, ce qui m’a aidée, c’est la visualisation. Le fait de m’imaginer guérie. De me voir vivre encore. Je savais que je ne pouvais pas abandonner. Parce que j’avais encore des choses à vivre. Parce que mon mari avait déjà perdu notre fils… et que je refusais qu’il perde aussi sa femme. Aujourd’hui, je suis toujours en protocole de chimiothérapie. Mais après tout ça, j’ai appris à lâcher prise. À écouter mon corps.À me prioriser.À accepter que la femme que j’étais avant n’existe plus totalement. Et finalement… ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Parce qu’aujourd’hui, je suis une nouvelle version de moi-même. Si une femme malade écoute cet épisode aujourd’hui… j’aimerais lui dire que ça va aller. Qu’elle traversera des moments de doute, de peur et de colère. Mais que toutes ces émotions sont normales. Parce qu’une maladie, c’est aussi le deuil de soi. La personne qu’on était avant ne sera plus exactement la même. Mais ce n’est pas seulement une fin. C’est aussi une renaissance. Outro Merci d’avoir partagé ce moment avec moi.Chaque histoire est unique, mais certains parcours de santé s’entremêlent. Vous n’êtes jamais seule. Vous écoutiez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. FAQ Qu’est-ce qu’une leucémie aiguë lymphoblastique ? La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est un cancer du sang qui touche les cellules produites par la moelle osseuse. Elle provoque une multiplication anormale de globules blancs immatures qui empêchent le bon fonctionnement des cellules saines du sang. Cette maladie évolue rapidement et nécessite souvent une prise en charge urgente avec chimiothérapie intensive. Qu’est-ce que le chromosome Philadelphie dans une leucémie ? Le chromosome Philadelphie est une anomalie génétique retrouvée dans certaines leucémies. Lorsqu’il est présent, il rend généralement la maladie plus agressive et nécessite des traitements spécifiques, en plus de la chimiothérapie classique. Dans cet épisode, la témoignante explique être atteinte d’une leucémie aiguë lymphoblastique à chromosome Philadelphie, une forme particulièrement lourde à traiter. Peut-on découvrir un cancer pendant une grossesse ? Oui. Certains cancers peuvent être diagnostiqués pendant la grossesse, parfois à la suite de symptômes inhabituels ou d’analyses sanguines réalisées en urgence. Cette situation est extrêmement complexe car les médecins doivent prendre en compte à la fois la santé de la mère et celle du bébé. Pourquoi certaines patientes doivent-elles subir une interruption médicale de grossesse (IMG) ? Une IMG peut être proposée lorsque la santé de la mère est gravement menacée ou lorsque les traitements nécessaires mettent en danger la grossesse. Dans certains cancers agressifs, comme certaines leucémies aiguës, les traitements doivent être commencés immédiatement pour sauver la vie de la patiente. Quels sont les effets secondaires fréquents de la chimiothérapie ? Les effets secondaires varient selon les traitements, mais peuvent inclure : une grande fatigue, des nausées, une perte de cheveux, des douleurs, une baisse des défenses immunitaires, des infections, des changements physiques importants, une fragilité émotionnelle. Dans cet épisode, la témoignante évoque notamment la rétention d’eau, les douleurs, les difficultés à manger et la perte de ses cheveux. Pourquoi la perte des cheveux est-elle si difficile à vivre ? La perte des cheveux liée à la chimiothérapie peut être très violente psychologiquement. Elle rend la maladie visible aux yeux des autres et bouleverse souvent l’image de soi. Certaines femmes choisissent de raser leurs cheveux avant leur chute pour garder une forme de contrôle sur ce changement. Comment vivre l’isolement pendant les traitements ? Les traitements lourds nécessitent parfois des hospitalisations longues en chambre stérile afin de protéger les patientes des infections. Cet isolement peut provoquer : solitude, anxiété, perte de repères, fatigue mentale, impression d’être coupée du monde extérieur. Le soutien des proches et l’accompagnement psychologique jouent alors un rôle essentiel. Le mental peut-il aider pendant un cancer ? Le mental ne guérit pas un cancer, mais il peut aider à traverser les traitements, à garder espoir et à mieux supporter les épreuves psychologiques liées à la maladie. Dans cet épisode, la visualisation, le sport adapté et la volonté de continuer à vivre ont été des ressources importantes pour la témoignante. Quel rôle joue l’entourage dans la maladie ? L’entourage peut devenir un véritable pilier émotionnel pendant la maladie. Soutien moral, présence, écoute, aide au quotidien… les proches jouent souvent un rôle fondamental dans le parcours de soin. Mais la maladie impacte également profondément les aidants, qui vivent eux aussi peur, impuissance et épuisement émotionnel. Peut-on se reconstruire après un cancer ? Oui, même si cette reconstruction prend du temps. Beaucoup de patientes parlent d’un “avant” et d’un “après” la maladie. La reconstruction peut passer par : l’acceptation du nouveau corps, le travail psychologique, la redéfinition de ses priorités, la reconnexion à soi, ou encore le fait de redonner du sens à son parcours. Comme le dit la témoignante dans cet épisode : “Ce n’est pas seulement une fin… c’est aussi une renaissance.” Ressources utiles et soutien Ligue contre le cancer RoseUp Association Cancer Info Service Associations de soutien aux parents endeuillés Soutien psychologique spécialisé en oncologie 🎧 Retrouvez cet épisode du podcast États Dames – Au cœur de votre santé sur toutes les plateformes d’écoute.
- Au cœur des TCA : quand l’image du corps mène la danse
Comprendre les troubles des conduites alimentaires avec Amanda Forissier, thérapeute en TCC Troubles des conduites alimentaires, image du corps, honte, culpabilité, contrôle, perfectionnisme… Dans cet épisode d’États Dames, je reçoit Amanda Forissier, thérapeute en TCC (thérapies cognitives et comportementales), pour parler des TCA avec douceur, pédagogie et humanité. Un échange essentiel pour comprendre ce qui se joue derrière l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie ou encore l’ARFID, mais aussi pour rappeler que les TCA ne sont jamais “une question de volonté”. Trigger Warning ⚠️ Cet épisode aborde : les troubles des conduites alimentaires (TCA) l’image du corps les comportements de restriction et de compensation la souffrance psychique les idées suicidaires la honte et la culpabilité liées au corps et à l’alimentation Si ces sujets sont sensibles pour vous, écoutez cet épisode à votre rythme et entourez-vous si besoin. Le saviez-vous ? 💡 Les TCA (troubles des conduites alimentaires) sont des maladies psychiques complexes qui touchent toutes les générations, tous les genres et tous les corps. I ls peuvent prendre différentes formes : anorexie mentale boulimie hyperphagie boulimique ARFID (trouble de l’alimentation sélective ou évitante) Les TCA ne sont pas “un caprice” ni “un manque de volonté”.Ils sont souvent liés à : l’anxiété le perfectionnisme les traumatismes l’image corporelle le besoin de contrôle la pression sociale “Votre valeur ne dépend pas de votre corps ou de votre assiette.” — Amanda Forissier Amanda Forissier est thérapeute en TCC (thérapies cognitives et comportementales).Dans sa pratique, elle accompagne notamment les personnes souffrant : d’anxiété de troubles de l’image du corps de TCA de difficultés émotionnelles Son approche repose sur des outils concrets, progressifs et scientifiquement validés pour aider les patients à retrouver davantage de sécurité intérieure et de flexibilité. Les moments clés de l’épisode 🎧 Comprendre les différents TCA Amanda explique avec des mots simples : ce qu’est l’anorexie mentale la boulimie l’hyperphagie l’ARFID Elle rappelle surtout que derrière chaque trouble, il y a une souffrance émotionnelle profonde. Pourquoi la honte et la culpabilité sont si présentes Dans les TCA, les émotions prennent énormément de place : honte de manger peur du regard des autres culpabilité après une crise sentiment d’échec permanent Amanda partage des phrases d’apaisement et des outils de validation émotionnelle utilisés en séance. Le perfectionnisme et le besoin de contrôle L’épisode aborde également : les “il faut” les règles rigides le checking les pesées répétées les comportements compensatoires Autant de mécanismes qui rassurent sur le moment… mais entretiennent le trouble à long terme. Le rôle essentiel des proches Comment aider sans juger ?Quels mots éviter ?Comment soutenir sans contrôler ? Amanda donne des exemples très concrets pour maintenir le lien sans pression. TCC, exposition progressive et autocompassion L’épisode explore aussi : les fiches de pensées les exercices d’exposition les techniques d’ancrage la pleine conscience l’autocompassion Des outils accessibles qui permettent de retrouver peu à peu plus de liberté. Transcription de l’épisode ✍️ Introduction Stéphanie Jary : Bienvenue sur États Dames, le podcast au cœur de votre santé. Dans cet épisode, nous allons explorer le lien entre l’image du corps et les troubles des conduites alimentaires avec pour objectif : comprendre, prévenir et agir. Mon invitée est Amanda Forissier, thérapeute en TCC — thérapies cognitives et comportementales — une approche validée scientifiquement qui propose des outils concrets pour reprendre du pouvoir sur son quotidien. Amanda publie également des notebooks d’auto-aide autour du deuil, de la dépression, des ruptures et de nombreuses thématiques liées à la santé mentale. Vous retrouverez tous les liens en description de cet épisode. Excellente écoute. Amanda Forissier se présente Amanda Forissier :Je suis thérapeute cognitive et comportementale. Mon approche se concentre sur l’action et les outils concrets. Les TCC visent à comprendre comment les pensées, les émotions et les comportements s’influencent mutuellement. Mon rôle est d’aider les personnes à identifier les schémas qui les font souffrir pour les modifier pas à pas. Comprendre les TCA Amanda explique les différences entre : anorexie boulimie hyperphagie ARFID Elle rappelle que : “Ce n’est jamais une question de volonté, mais une souffrance psychique qui s’exprime par le corps et l’alimentation.” La honte et la culpabilité Les émotions les plus fréquentes chez les patients sont : la honte la culpabilité la peur du jugement la peur de grossir la peur de perdre le contrôle Amanda insiste sur l’importance de la validation émotionnelle. Le perfectionnisme et le contrôle L’épisode explore : les pensées rigides les “je dois” les comportements de vérification les rituels alimentaires Amanda explique comment les TCC permettent progressivement d’assouplir ces mécanismes. Les proches et le soutien Amanda partage plusieurs exemples de phrases aidantes : “Je vois que tu souffres.” “Je suis là pour toi.” “Que puis-je faire pour t’aider ?” Et rappelle qu’il vaut mieux éviter les remarques sur : le poids l’assiette le physique Les outils TCC L’épisode aborde : les fiches de pensées les expositions progressives l’autocompassion la pleine conscience les techniques d’ancrage Message d’espoir Amanda Forissier :“Vous n’êtes pas votre TCA. La guérison est possible. Votre valeur ne dépend pas de votre corps ou de votre assiette.” Ressources utiles 🤍 Si vous souffrez d’un TCA ou pensez être concerné(e), parlez-en à : un médecin un psychologue un psychiatre un professionnel spécialisé dans les TCC Vous n’avez pas à traverser cela seul(e). 💬 FAQ : les questions les plus posées Qu’est-ce qu’un trouble des conduites alimentaires (TCA) ? Un TCA est une maladie psychique qui perturbe la relation à l’alimentation, au corps et aux émotions.Les TCA peuvent avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales importantes. Ils ne sont jamais “un caprice” ou “un manque de volonté”. Quels sont les principaux troubles des conduites alimentaires ? Les principaux TCA sont : l’anorexie mentale la boulimie l’hyperphagie boulimique l’ARFID (trouble de l’alimentation sélective/évitante) Chaque trouble possède ses spécificités, mais tous impliquent une souffrance réelle. Quelle est la différence entre anorexie et boulimie ? L’anorexie mentale se caractérise souvent par : une restriction alimentaire importante une peur intense de prendre du poids une perte de poids parfois sévère La boulimie se manifeste par : des crises alimentaires un sentiment de perte de contrôle des comportements compensatoires (vomissements, sport excessif, jeûne…) Qu’est-ce que l’hyperphagie boulimique ? L’hyperphagie boulimique correspond à des épisodes où la personne mange de grandes quantités de nourriture en peu de temps avec une sensation de perte de contrôle, sans comportements compensatoires réguliers. Qu’est-ce que l’ARFID ? L’ARFID est un trouble alimentaire basé sur : des hypersensibilités sensorielles des peurs alimentaires des difficultés avec certaines textures ou odeurs Contrairement à d’autres TCA, il n’est pas lié à une peur de grossir. Les TCA touchent-ils uniquement les adolescentes ? Non.Les TCA peuvent toucher : les enfants les adolescents les adultes les hommes comme les femmes Ils peuvent apparaître à tout âge. Peut-on avoir un TCA sans être maigre ? Oui.Une personne souffrant d’un TCA peut avoir n’importe quelle morphologie. Le poids ne permet pas à lui seul d’évaluer la souffrance ni la gravité du trouble. Les TCA sont-ils liés uniquement à l’alimentation ? Non.Les TCA concernent aussi : l’image du corps l’estime de soi les émotions le contrôle l’anxiété le perfectionnisme La nourriture devient souvent un moyen de gérer une souffrance plus profonde. Quelles émotions sont fréquentes dans les TCA ? Les personnes souffrant de TCA ressentent souvent : de la honte de la culpabilité de l’anxiété de la solitude de la peur du jugement une perte de contrôle Pourquoi les TCA sont-ils si difficiles à arrêter ? Les comportements alimentaires deviennent souvent des stratégies pour : calmer l’anxiété reprendre du contrôle éviter certaines émotions Même s’ils font souffrir, ils peuvent donner un sentiment temporaire de sécurité. Quels sont les signes d’alerte d’un TCA ? Certains signes doivent alerter : obsession autour du poids ou de la nourriture restriction importante crises alimentaires vomissements fatigue extrême isolement social compulsions sportives anxiété autour des repas checking du corps ou des calories Quand faut-il consulter ? Il est important de consulter rapidement si : les pensées autour de l’alimentation deviennent envahissantes la souffrance psychique augmente le corps montre des signes d’épuisement les comportements alimentaires prennent trop de place dans le quotidien Quels professionnels peuvent aider ? La prise en charge peut inclure : médecin généraliste psychiatre psychologue thérapeute TCC nutritionniste diététicien spécialisé Le travail en équipe est souvent précieux. Qu’est-ce qu’une TCC ? Les TCC (thérapies cognitives et comportementales) sont des thérapies validées scientifiquement. Elles aident à : identifier les pensées automatiques modifier les comportements problématiques réduire l’anxiété développer des outils plus apaisants Comment les TCC aident-elles dans les TCA ? Les TCC permettent notamment : d’assouplir les règles rigides de travailler l’image du corps de réduire les comportements de contrôle de gérer les émotions de retrouver une relation plus sereine avec l’alimentation Qu’est-ce que le “checking” ? Le checking correspond aux comportements de vérification répétés : se peser souvent regarder son corps dans le miroir compter les calories vérifier les étiquettes se comparer aux autres Ces comportements rassurent temporairement mais entretiennent l’anxiété. Pourquoi parle-t-on autant du perfectionnisme dans les TCA ? Le perfectionnisme pousse souvent à vouloir : contrôler son corps manger “parfaitement” atteindre des standards irréalistes Cette pression constante entretient le trouble. Les réseaux sociaux peuvent-ils aggraver les TCA ? Oui, parfois.Les comparaisons permanentes, les standards irréalistes ou certains contenus liés au corps peuvent renforcer : la honte l’insatisfaction corporelle les comportements alimentaires problématiques Peut-on guérir d’un TCA ? Oui.La guérison est possible, même si le chemin peut être long et non linéaire. Chaque petit pas compte. Une rechute signifie-t-elle un échec ? Non.Les rechutes peuvent faire partie du processus de guérison. Elles ne remettent pas en cause les progrès déjà réalisés. Comment aider un proche souffrant d’un TCA ? Il est important : d’écouter sans juger d’éviter les remarques sur le poids ou l’assiette de maintenir le lien d’encourager doucement vers une aide professionnelle Quelles phrases vaut-il mieux éviter ? Éviter par exemple : “Tu devrais faire un effort.” “Ce n’est pas si grave.” “Tu es pourtant très mince.” “Il suffit de manger.” Même avec de bonnes intentions, ces phrases peuvent accentuer la culpabilité. Quels mots peuvent soutenir ? Des phrases simples et empathiques peuvent aider : “Je vois que tu souffres.” “Je suis là.” “Tu n’as pas à traverser ça seul(e).” “Que puis-je faire pour t’aider ?” Les TCA peuvent-ils avoir des conséquences physiques graves ? Oui.Les TCA peuvent entraîner : fatigue importante troubles cardiaques carences troubles digestifs perturbations hormonales perte de règles complications médicales sérieuses Pourquoi l’autocompassion est-elle importante dans les TCA ? L’autocompassion aide à sortir : de la honte de l’autocritique permanente des pensées rigides Elle permet de développer une relation plus douce envers soi-même. Peut-on retrouver une relation apaisée avec son corps ? Oui, progressivement.L’objectif n’est pas toujours “aimer son corps immédiatement”, mais apprendre : à moins se juger à réduire le contrôle à retrouver de la sécurité intérieure à vivre davantage que survivre. 📚 Ressources utiles Notebooks d’auto-aide d’Amanda Forissier (deuil, dépression, rupture…) Anorexie Boulimie Info Écoute (ABIE) — 0 810 037 037 Fil Santé Jeunes — 0 800 235 236 SOS Amitié — 09 72 39 40 50 Numéro national de prévention du suicide : 3114 Autres épisodes d’États Dames sur la santé mentale et l’image du corps
- Au cœur de l’endométriose digestive : survivre à l’errance médicale
Vivre avec une endométriose digestive au quotidien Pendant des années, Lettie a entendu que ses douleurs étaient “normales”. Dans cet épisode d’États Dames, elle raconte l’errance médicale, les violences gynécologiques invisibles et le moment où une autre femme lui a parlé d’endométriose… changeant toute la suite de son parcours. ⚠️ Trigger Warning Cet épisode aborde : douleurs chroniques, errance médicale, violences gynécologiques, santé mentale, maladie chronique. 💡 Le saviez-vous ? En France, l’endométriose touche environ 1 femme sur 10.Pourtant, le diagnostic peut prendre plusieurs années, notamment lorsque les symptômes digestifs sont minimisés. “C’est la première fois qu’on me disait que mes douleurs n’étaient pas normales.” 🎙️ Les moments clés de l’épisode Les premières douleurs menstruelles de Lettie L’impact de l’errance médicale Les consultations où sa douleur a été minimisée La rencontre qui a changé sa vision de ses symptômes Le diagnostic d’endométriose digestive Le rôle essentiel des professionnels de santé à l’écoute L’importance de parler entre femmes sans tabou La transcription complète de l’épisode Stéphanie — Introduction Pendant longtemps, Lettie a pensé qu’elle était simplement « douillette ». Comme beaucoup de femmes, elle a appris à continuer malgré la douleur. Continuer d’aller en cours. Continuer de travailler. Continuer de performer. Continuer de faire semblant que tout allait bien. Mais derrière ces douleurs de règles se cachait une maladie chronique inflammatoire : l’endométriose digestive. Aujourd’hui, elle raconte son parcours, les consultations, les humiliations, les moments où elle n’était plus capable de tenir debout… mais aussi l’importance d’être enfin entendue par un professionnel de santé. Vous écoutez États Dames, le podcast au cœur de votre santé. « J’ai eu mal dès mes premières règles » Lettie Bonjour Stéphanie.Je m’appelle Lettie, j’ai 22 ans. Je suis étudiante en philosophie politique et je travaille actuellement dans l’édition. Aussi loin que je me souvienne, j’ai eu mal pendant mes règles. J’ai eu mes premières règles vers 11 ou 12 ans et, dès le premier jour, j’ai ressenti des douleurs très fortes. À l’époque, je ne m’inquiétais pas vraiment parce que je ne connaissais rien d’autre. Je découvrais simplement ce que c’était, les menstruations. Je n’avais aucun point de comparaison. J’avais aussi des règles extrêmement abondantes, mais je ne savais pas que ce n’était pas forcément « normal ». Je pensais juste que toutes les femmes vivaient ça. Des douleurs qui deviennent handicapantes Lettie Au lycée, les douleurs sont devenues de plus en plus fortes. Je faisais beaucoup de danse à cette époque et pourtant, même pliée en deux, je continuais toujours d’aller en cours et au sport. Je prenais du Doliprane, du Spasfon, des anti-inflammatoires… mais presque rien ne fonctionnait réellement. Je commençais à me dire qu’il y avait peut-être un problème. Une première consultation violente Lettie Je suis allée voir la gynécologue de ma mère.Je pensais qu’elle allait m’aider. Je lui ai expliqué mes douleurs, mes règles abondantes, le fait que je cherchais une solution. Et elle m’a simplement répondu : « Prenez la pilule. » Quand j’ai demandé s’il existait d’autres solutions, elle m’a répondu sèchement : « Si vous voulez être enceinte à 16 ans… » Je suis sortie du cabinet en pleurant. Je voulais juste qu’on m’écoute. « C’est la première fois qu’on me disait que mes douleurs n’étaient pas normales » Lettie Plus tard, j’ai consulté une autre gynécologue. Et cette fois, quelque chose a changé. Elle m’a regardée. Elle m’a écoutée. Elle m’a prise au sérieux. C’est la première fois qu’on me disait que mes douleurs n’étaient pas normales. Elle me demandait toujours mon consentement avant chaque examen. Je me suis sentie en sécurité. Elle m’a dit : « On va chercher. » Ces mots-là ont changé énormément de choses pour moi. Une première suspicion d’endométriose Lettie Elle m’a prescrit une échographie pelvienne pour rechercher une éventuelle endométriose. L’examen n’a rien montré. À ce moment-là, je me suis retrouvée entre deux émotions : le soulagement qu’il n’y ait « rien », et le désespoir de ne toujours pas avoir de réponse. Je continuais malgré tout à souffrir. Études, fatigue chronique et douleurs invisibles Lettie Je suis ensuite partie faire mes études supérieures. Le stress aggravait énormément mes douleurs. Je prenais toujours la pilule pour pouvoir tenir le rythme de mes études. J’avais l’impression que mes règles naturelles pouvaient m’empêcher d’atteindre les objectifs que je m’étais fixés. Puis je suis partie un an au Canada. J’ai arrêté la pilule en me disant que peut-être, avec l’âge, mes douleurs s’étaient calmées. Mais ça a été une catastrophe. Des douleurs très fortes. Des saignements abondants.Une fatigue immense. Et surtout des symptômes digestifs de plus en plus présents. « J’ai les mêmes symptômes qu’elle » Lettie Au Canada, je vivais avec une colocataire atteinte d’endométriose diagnostiquée. Elle me parlait de ses douleurs digestives, de son alimentation anti-inflammatoire, de son quotidien. Et un jour, je me suis dit : « Mais j’ai exactement les mêmes symptômes. » C’est ce qui m’a poussée à refaire des examens plus tard. La crise qui fait tout basculer Lettie Quand je suis revenue à Paris, je travaillais dans une bibliothèque universitaire. Un matin, j’avais mes règles et les douleurs sont devenues insupportables. Je suis restée travailler malgré tout. Puis, à un moment, je ne pouvais plus tenir debout. Je me suis retrouvée recroquevillée par terre dans la bibliothèque, incapable de bouger. Le PC sécurité est venu. Quand j’ai dit que c’était des douleurs de règles, un homme m’a répondu : « Ma femme aussi a mal quand elle a ses règles. » Je criais de douleur.Je n’arrivais plus à parler. Une femme de la sécurité a immédiatement compris que quelque chose n’allait pas. Elle a demandé qu’on appelle le Samu. Au téléphone, on m’a demandé plusieurs fois si j’étais enceinte. Le médecin pensait que j’étais peut-être en train d’accoucher. « Quand on pense que vous accouchez, ce n’est peut-être pas une douleur normale » Lettie À ce moment-là, j’ai compris que ce que je vivais n’était pas « juste des règles douloureuses ». Je n’avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. Et pourtant, dès que je disais « douleurs de règles », la situation semblait soudain moins grave pour les autres. La consultation qui change tout Lettie J’ai ensuite pris rendez-vous avec une sage-femme. J’étais terrorisée à l’idée de ne pas être prise au sérieux une nouvelle fois. Mais elle a été incroyable. Elle a pris le temps. Elle m’a écoutée pendant près de 45 minutes. Elle m’a crue immédiatement. Elle m’a dit : « On va continuer les examens jusqu’à ce qu’on trouve. » Elle m’a prescrit une IRM. Et cette IRM a finalement révélé une endométriose digestive, avec atteinte du rectum, d’un ovaire et du ligament utéro-sacré. Le diagnostic : soulagement et effondrement Lettie Quand j’ai reçu les résultats, j’ai pleuré toute l’après-midi. À la fois parce que j’étais soulagée. Mais aussi parce que ça faisait plus de 10 ans que je cherchais des réponses. Je me suis dit : « Je le savais. » Je savais que quelque chose n’allait pas. Une maladie encore trop mal connue Lettie Ma sage-femme a pris le temps de tout m’expliquer : les mécanismes inflammatoires, les douleurs digestives, le fonctionnement de l’endométriose, les traitements possibles. Puis j’ai été envoyée vers un spécialiste. Mais là encore, la consultation a été très violente. Il n’a même pas regardé mes IRM. Il m’a juste dit : « Continuez la pilule. » Le rendez-vous a duré quelques minutes. Je suis ressortie épuisée. La fatigue de devoir toujours se battre Lettie À un moment, j’en ai eu marre. Marre des consultations. Marre des examens. Marre de devoir prouver ma douleur. Aujourd’hui, j’ai enfin un diagnostic.J’ai trouvé une pilule qui soulage énormément mes symptômes. J’ai adapté mon alimentation. Mes douleurs ont été divisées par dix. Et surtout, j’ai compris que ce que je vivais était réel. « J’aurais aimé qu’on me dise : je te crois » Lettie Si je pouvais revenir en arrière, j’aurais aimé entendre plus tôt : « Je te crois. » J’aurais aimé qu’on me dise : que mes douleurs étaient réelles, que je n’étais pas folle, que je connaissais mon corps, et que ce que je ressentais méritait d’être entendu. Parce que pendant longtemps, j’ai cru que j’étais simplement « chochotte ». Mais quand une douleur vous fait vomir, vous fait vous évanouir et pousse les gens à croire que vous êtes en train d’accoucher… Alors ce n’est pas une douleur normale. Conclusion Le témoignage de Lettie rappelle à quel point l’écoute médicale peut transformer un parcours de soin. Parler entre femmes peut parfois permettre de mettre des mots sur des symptômes ignorés depuis des années. Mais seul un professionnel de santé pourra poser un diagnostic adapté et proposer un suivi. L’endométriose digestive reste encore largement méconnue et sous-diagnostiquée. Merci à Lettie pour sa confiance et pour ce témoignage profondément sincère. FAQ Qu’est-ce que l’endométriose digestive ? L’endométriose digestive est une forme d’endométriose où des lésions se développent sur certains organes du système digestif, comme le rectum, le côlon ou les intestins. Elle peut provoquer des douleurs importantes et des troubles digestifs au quotidien. Quels sont les symptômes de l’endométriose digestive ? Les symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre, mais incluent souvent : des douleurs menstruelles très intenses, des douleurs digestives, des ballonnements, des diarrhées ou constipations, des douleurs pendant les rapports, des nausées, une fatigue chronique. Pourquoi l’endométriose est-elle souvent diagnostiquée tardivement ? Parce que les douleurs menstruelles sont encore trop souvent banalisées. Beaucoup de femmes entendent pendant des années que leurs douleurs sont “normales”, ce qui retarde les examens et le diagnostic. Peut-on voir l’endométriose sur une échographie ? Pas toujours. Certaines formes d’endométriose, notamment digestive, nécessitent des examens complémentaires comme une IRM spécialisée ou d’autres explorations médicales. L’endométriose digestive peut-elle impacter la santé mentale ? Oui. Les douleurs chroniques, l’épuisement, l’errance médicale et le manque de reconnaissance peuvent avoir un impact psychologique important : anxiété, fatigue émotionnelle, isolement ou perte de confiance envers le corps médical. Pourquoi est-il important de parler de ses symptômes ? Le partage entre femmes peut aider à reconnaître certains signes, à mettre des mots sur des douleurs vécues et à encourager à consulter un professionnel de santé. Parler peut parfois orienter vers un diagnostic plus rapidement. Que faire si mes douleurs de règles sont très fortes ? Des douleurs qui empêchent de vivre normalement ne doivent pas être minimisées. Il est important de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un avis médical adapté et, si nécessaire, des examens complémentaires. 🤍 Ressources utiles EndoFrance ENDOmind Fil Santé Jeunes Annuaire spécialistes endométriose Centres experts endométriose
- Au cœur de l’hydrocéphalie : tout réapprendre après un accident médical
Le témoignage bouleversant de Juliette Caro dans États Dames “Pourquoi mon corps ne me soutient plus ? Pourquoi ma tête ne tient plus ? Pourquoi je suis un nouveau-né de 34 ans ?” Certaines histoires marquent profondément.Celles qui bouleversent notre regard sur le corps, la résilience et la fragilité humaine. Dans cet épisode du podcast États Dames, Juliette Caro livre un témoignage rare et bouleversant sur l’hydrocéphalie, les conséquences d’un accident médical brutal et le long chemin de reconstruction qui a suivi. En quelques jours, elle perd l’usage de ses bras, de ses jambes, la parole et la vue.À 34 ans, elle doit réapprendre à vivre. Un épisode profondément humain, où l’on parle : de handicap invisible, de douleurs chroniques, de mémoire effacée, de maternité, de rééducation, mais aussi d’humour, d’amour et d’espoir. ( Spotify, Apple Podcasts, Deezer, Ausha…) Une vie bouleversée en quelques secondes Juliette Caro est née avec une hydrocéphalie.Depuis l’enfance, elle vit avec cette maladie neurologique nécessitant plusieurs interventions chirurgicales. Mais il y a 34 ans, tout bascule. Après une opération, son corps cesse progressivement de répondre. Elle raconte : “Je m’écroule littéralement comme un château de cartes.” En une semaine seulement, elle perd : la marche, la parole, la vue, l’autonomie, et une partie de sa mémoire. Réapprendre les gestes les plus simples Dans cet épisode, Juliette décrit avec une sincérité bouleversante la réalité de sa rééducation. Tenir sa tête.Réapprendre à écrire.Réussir à porter une cuillère.Faire quelques pas. Des gestes que beaucoup considèrent comme “normaux” deviennent des montagnes à gravir. Elle évoque aussi : la douleur physique constante, le regard des autres, la peur, la colère, l’épuisement psychologique, mais aussi l’importance des soignants qui ont cru en elle. Le poids du handicap invisible L’un des sujets forts de cet épisode est la notion de handicap invisible. Aujourd’hui encore, Juliette vit avec : des douleurs neurologiques, une fatigue chronique, des troubles moteurs, des limitations physiques, des séquelles invisibles au premier regard. Un rappel essentiel :on peut souffrir énormément sans que cela ne se voie. L’écriture comme reconstruction Juliette Caro est également l’autrice du livre L’effet diapason, disponible notamment à la Fnac et sur Amazon. Dans ce livre, elle raconte : son accident médical, sa reconstruction, son combat intérieur, et son rapport au corps après le traumatisme. L’écriture devient alors un moyen de reprendre le pouvoir sur son histoire. Ce que cet épisode transmet Cet épisode d’États Dames rappelle que : la résilience n’efface pas la douleur, le handicap peut être invisible, le corps garde parfois des cicatrices à vie, mais qu’il reste possible de retrouver du sens, de la lumière et des projets malgré tout. Le témoignage de Juliette est brut, sincère et profondément humain. FAQ — Au cœur de l’hydrocéphalie : tout réapprendre après un accident médical Qu’est-ce que l’hydrocéphalie ? L’hydrocéphalie est une maladie neurologique liée à une accumulation anormale de liquide céphalo-rachidien dans le cerveau. Elle peut provoquer une pression intracrânienne importante et nécessiter des opérations neurochirurgicales régulières. Quels symptômes Juliette a-t-elle ressentis avant son accident médical ? Juliette décrit des maux de tête violents, des vomissements, une perte de connaissance, puis une dégradation extrêmement rapide de son état neurologique. En quelques jours, elle perd la vue, la parole et l’usage de ses bras et de ses jambes. Pourquoi Juliette parle-t-elle d’un “nouveau-né de 34 ans” ? Après l’opération, son corps ne répond plus. Elle doit réapprendre les gestes les plus simples : tenir sa tête, se retourner dans un lit, marcher, écrire ou encore ouvrir un pot de yaourt. Elle compare cette période à celle d’un bébé qui doit tout apprendre. Quelles séquelles garde-t-elle aujourd’hui ? Juliette vit encore avec : des douleurs chroniques permanentes, des troubles de l’équilibre, une mobilité réduite, une paralysie partielle de la main droite, une fatigue importante, des séquelles neurologiques invisibles. Pourquoi parle-t-on de handicap invisible dans cet épisode ? Parce que certaines séquelles de Juliette ne se voient pas forcément au premier regard. Pourtant, elles impactent fortement son quotidien : douleurs, fatigue, troubles moteurs ou pertes de mémoire. Juliette a-t-elle perdu la mémoire ? Oui. Après son accident médical, plusieurs mois de sa vie ont totalement disparu de sa mémoire. Elle évoque le choc de découvrir des événements dont elle n’a plus aucun souvenir. Combien d’opérations Juliette a-t-elle subies ? Juliette explique avoir déjà subi 23 opérations au cours de sa vie liées à son hydrocéphalie et ses complications neurologiques. Pourquoi a-t-elle écrit le livre L’effet diapason ? L’écriture a été une manière de mettre des mots sur son traumatisme, sa douleur et sa reconstruction. Même si ce processus a été très difficile émotionnellement, il lui a permis de raconter son histoire avec authenticité et humour. Que signifie “l’effet diapason” ? Juliette utilise cette expression pour décrire les vibrations douloureuses qu’elle ressent dans son corps lorsqu’on touche certaines parties de ses jambes ou de son bras. Mais cela symbolise aussi l’effet de résonance et de soutien créé autour d’elle par ses proches. Quel message Juliette souhaite-t-elle transmettre aux femmes qui traversent une maladie ou un handicap ? Elle encourage les femmes à croire en leurs ressources intérieures, même dans les moments les plus sombres. Son témoignage rappelle qu’il est possible de se reconstruire, même après un traumatisme majeur. 📝 Transcription de l’épisode Au cœur de l’hydrocéphalie : tout réapprendre après un accident médical Si je reviens au tout début de mon histoire, avant cet accident médical, la femme que j’étais à ce moment-là était une mère de deux jeunes enfants de quatre et neuf ans. Je galérais un petit peu dans la vie avec des petits boulots. J’avais déjà eu plusieurs opérations suite à cette hydrocéphalie diagnostiquée très jeune, mais j’y reviendrai un peu plus tard. J’étais une maman assez active, un peu fêtarde aussi. J’aimais profiter de soirées avec mes amis, sortir quand j’en avais l’occasion et profiter de la vie. Je suis née avec une hydrocéphalie. Elle a été découverte à l’âge de huit mois par notre médecin de famille, qui s’est rendu compte que mon périmètre crânien était supérieur à la moyenne. Lors des visites mensuelles des bébés, cette mesure est systématiquement faite. Il a immédiatement demandé à mes parents de m’emmener consulter au CHU situé à une heure de route de chez eux. C’est là que tout s’est mis en place. J’ai été opérée très rapidement après la découverte de l’hydrocéphalie. Vivre avec cette maladie depuis l’enfance a été particulier pour moi, parce que je ne me suis pas tout de suite rendu compte que j’étais malade. On n’en parlait pas vraiment dans ma famille. Ce dont je me rendais compte, c’est que j’avais régulièrement des radios, des scanners et des rendez-vous médicaux. Pourtant, les visites chez le neurochirurgien étaient presque une fête pour moi. On allait à la capitale de la région, on profitait de la cafétéria, et j’aimais beaucoup ce médecin. Je vivais cela comme une sortie. Je trouvais ça même plutôt sympa. À l’adolescence, j’ai été réopérée à l’âge de 13 ans. J’ai passé quinze jours allongée à l’hôpital pendant qu’on réapprenait progressivement à mon corps la verticalisation. Mon frère et ma sœur m’avaient surnommée « le chevalier avec sa cotte de mailles » à cause des pansements autour de ma tête. Je prenais encore tout cela avec beaucoup d’humour. C’est à l’âge de 20 ans que j’ai réellement pris conscience de la gravité de la situation. J’ai dû être réopérée en urgence après une violente migraine sur mon lieu de travail. À ce moment-là, j’ai compris que ma maladie n’était pas anodine. Plus tard, j’ai découvert que mon hydrocéphalie était liée à une autre maladie neurologique rare : la dystrophie cornéenne polymorphe. En février 2013, j’ai encore été opérée en urgence après un œdème cérébral. La veille, tout allait bien. Nous faisions des crêpes en famille. Le lendemain matin, je me suis réveillée avec le visage gonflé, des vomissements et des maux de tête terribles. Mon père a immédiatement appelé une ambulance pour me faire transporter au CHU. J’ai été opérée dans la nuit du 13 au 14 février. Après l’opération, j’ai même plaisanté avec mon neurochirurgien en lui souhaitant une bonne Saint-Valentin. Après cette opération, la vie a repris son cours. Je continuais mon travail, ma vie de mère, ma vie de femme. Malgré les difficultés, je profitais toujours de la vie. Puis est arrivé le mois de mai 2014. Ce matin-là, après avoir déposé mes enfants à l’école, j’ai appelé une amie pour qu’elle vienne boire un café à la maison. Pendant que je terminais de me préparer dans ma chambre, je me suis effondrée brutalement. Je me suis mise à vomir, la douleur dans ma tête était insupportable, puis j’ai perdu connaissance très rapidement. Quand je me suis réveillée à l’hôpital, j’étais terrifiée. Très vite, les médecins se sont rendu compte que quelque chose n’allait pas. Mes jambes et mes bras devenaient extrêmement douloureux. Mon cœur battait très faiblement et ils ont dû utiliser de l’atropine pour le relancer. Personne ne comprenait ce qui se passait. Moi non plus. En quelques jours seulement, j’ai perdu l’usage de mes bras, de mes jambes, la vue et la parole. Les douleurs étaient indescriptibles, comme si on enfonçait des barres de fer brûlantes dans mon corps. Ma vue s’est troublée très rapidement jusqu’à disparaître complètement. Quelques jours plus tard, je ne pouvais presque plus parler. La dégradation a été extrêmement violente. Le mardi suivant, j’ai été opérée. À mon réveil, j’ai eu l’impression terrible que je n’avais plus de corps, seulement une tête. Quand les soignants ont essayé de me remettre debout, je me suis écroulée comme un château de cartes. Ma tête ne tenait plus, mes jambes ne me soutenaient plus. Je me suis mise à hurler en larmes. Je ne comprenais pas pourquoi mon corps de femme de 34 ans ne répondait plus. Redevenir dépendante des autres à cet âge-là a été extrêmement difficile. Je ne voyais plus. Je devais faire confiance uniquement aux voix des personnes autour de moi. Il a fallu tout réapprendre. Me retourner dans un lit. Tenir ma tête. Réapprendre à parler. Réapprendre à marcher. Réapprendre à ouvrir un pot de yaourt. Réapprendre à tenir un stylo. Pendant ma rééducation, une amie m’avait même offert des petits chocolats emballés pour travailler ma dextérité. Beaucoup finissaient sur le lit de ma voisine de chambre, ce qui nous faisait beaucoup rire. J’ai passé quarante-cinq jours à l’hôpital et je suis sortie en fauteuil roulant. La rééducation a été longue et éprouvante. Certains jours, j’étais convaincue que je n’y arriverais jamais. Mais je pensais sans cesse à mes enfants. Ils étaient ma motivation pour continuer à me battre. Je me sentais prisonnière de mon propre corps. Aujourd’hui encore, je garde d’importantes séquelles invisibles. J’ai des douleurs permanentes de l’abdomen jusqu’aux jambes. Je marche avec une canne à cause de gros troubles de l’équilibre. Ma main droite reste partiellement paralysée. Accepter que certaines séquelles ne disparaîtraient jamais a été un très long chemin. J’ai également perdu six mois de mémoire. Des souvenirs entiers de ma vie ne reviendront probablement jamais. J’ai dû faire le deuil de cette partie de mon histoire. Le regard des autres sur le handicap invisible ne m’a jamais vraiment arrêtée. Depuis l’enfance, cette différence faisait partie de moi. Elle est même devenue une force. En revanche, je me suis souvent sentie abandonnée par certains médecins. Après mon accident médical, plusieurs douleurs ont été minimisées malgré mes alertes répétées. Écrire mon livre, « L’Effet diapason », a été une épreuve extrêmement difficile. J’ai mis deux ans à l’écrire. À chaque page, je pleurais. Mais ce livre m’a aussi permis de mettre des mots sur mes maux. L’effet diapason représente cette sensation de vibration permanente dans mes jambes et mes bras, mais aussi la résonance humaine incroyable qui s’est créée autour de moi grâce à ma famille, mes amis et mes proches. Aujourd’hui, quand je regarde tout ce que j’ai traversé, je suis fière de moi. À 34 ans, j’ai dû tout réapprendre. Tout reconstruire. Et pourtant, je suis toujours là. Ma résilience fait partie de moi depuis toujours. Je sais aujourd’hui que je suis devenue encore plus combative. Quand quelque chose semble impossible, je recommence encore et encore jusqu’à y arriver. La vie après tout ça, je la vois aujourd’hui comme belle, intense et précieuse. Même si je sais qu’il y aura encore des opérations et des obstacles, rien ne pourra jamais être pire que ce que j’ai déjà traversé. La force que j’ai découverte en moi vient en grande partie de mes enfants. Si une femme traverse aujourd’hui une maladie neurologique, un handicap invisible ou une reconstruction après un traumatisme médical, j’aimerais lui dire une chose : crois en toi. Même quand tout semble perdu, il existe en nous des ressources incroyables. Il faut continuer à avancer. Toujours. 📚 Ressources utiles 📖 Livre cité L’effet diapason — Juliette Caro Amazon Fnac 🧠 Ressources autour du handicap invisible et de l’hydrocéphalie Associations de patients spécialisés en neurologie Groupes de soutien autour des douleurs chroniques Ressources sur le handicap invisible Informations sur l’hydrocéphalie adulte 💬 Partagez votre ressenti Cet épisode vous a touché ? Vous pouvez : laisser un commentaire sous cet article, partager votre expérience, soutenir le podcast avec une note ⭐ sur votre plateforme d’écoute, ou partager l’épisode autour de vous. Chaque témoignage contribue à briser le silence autour des parcours de santé invisibles. 🌿 États Dames — Le podcast au cœur de votre santé Des témoignages immersifs. Des émotions brutes. Des parcours de vie qui résonnent. Parce que chaque femme mérite d’être entendue.
- Fausse couche et deuil périnatal : faut-il consulter un psychologue ? – Avec Betty Jereczek, psychologue
Une fausse couche, qu’elle soit précoce ou tardive, n’est jamais un “simple incident médical”. C’est un choc physique, émotionnel et parfois spirituel, qui peut laisser une trace profonde dans la vie d’une femme, d’un couple, et d’une famille. Dans cet épisode d’États Dames, Stéphanie Jary accueille Betty Jereczek, psychologue depuis 13 ans, qui a accompagné plus de 3000 personnes sur des thématiques comme les traumatismes, les chocs émotionnels, l’hypersensibilité ou encore le manque de confiance en soi. Ensemble, elles abordent une question essentielle : Après une fausse couche, faut-il consulter un psychologue, même si “ça va à peu près” ? ⚠️ Fausse couche et deuil périnatal : pourquoi en parler peut être difficile ? Betty le dit très clairement : “Je ne reçois pas assez de femmes pour ce motif, et c’est bien le signe que ce n’est pas encore un réflexe.” Pourquoi ? Parce que la fausse couche reste un sujet tabou, même aujourd’hui. Parce que l’entourage minimise souvent (“c’était tôt”, “c’est mieux comme ça”, “tu en auras un autre”). Parce que beaucoup de femmes se disent qu’elles ne sont pas légitimes à consulter : “Ce n’était qu’une fausse couche précoce…” “Je devrais laisser ma place à quelqu’un qui va plus mal…” Résultat : de nombreuses femmes traversent cette épreuve seules, dans le couple, en famille, au travail… alors même qu’un soutien psychologique pourrait leur éviter de porter ce poids pendant des années. 🧠 Une fausse couche, est-ce vraiment un deuil périnatal ? Oui, pour beaucoup de femmes, il s’agit bien d’un deuil périnatal, même si la grossesse était très peu avancée. Dès les premières semaines : le corps est bouleversé par les hormones, la femme commence souvent à s’attacher intérieurement à ce bébé, un projet de vie se met en route, surtout quand la grossesse était très désirée. Betty explique qu’une fausse couche, c’est : un processus de deuil, une empreinte émotionnelle et psychologique, parfois aussi un traumatisme physique (intervention, passage aux urgences, injections, etc.). Peu importe le stade de grossesse : si tu ressens que “quelque chose s’est brisé” en toi, tu es légitime à parler de ce que tu vis. 🔍 Quels signes montrent que j’aurais besoin d’aide après une fausse couche ? Il n’y a pas de “bonne” réaction à une fausse couche. Mais certains signes doivent alerter, surtout s’ils durent dans le temps : Tristesse intense qui ne diminue pas Perte de sens, impression que la vie est en “pause” Difficulté à se projeter dans l’avenir Ruminations : “Pourquoi ça n’a pas marché ?”, “Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?” Culpabilité, honte, sentiment d’échec Rancœur ou incompréhension vis-à-vis du conjoint ou de l’entourage Isolement, envie de se couper du monde Colère contre le corps, la vie, la médecine Symptômes de dépression : fatigue extrême, perte d’envie, idées noires Betty rappelle que beaucoup de femmes consultent tard, parfois un an ou plus après, lorsque le deuil devient ce qu’on appelle en psychologie un deuil pathologique (la souffrance reste aussi intense que les premiers jours). 👉 Message clé :Tu n’as pas besoin “d’aller très mal” pour consulter. Même une seule séance peut aider à intégrer cet événement dans ton histoire, avec douceur. 😔 Pourquoi est-ce que je me sens coupable alors que je n’y suis pour rien ? La culpabilité est omniprésente après une fausse couche : “Mon corps n’a pas su…” “J’aurais dû faire autrement…” “Je n’ai pas réussi à donner un enfant en bonne santé…” Betty explique que : La culpabilité essaie de redonner une illusion de contrôle (“si c’est de ma faute, c’est que j’aurais pu faire quelque chose”). Mais en réalité, dans la grande majorité des cas, la femme n’est pas responsable de ce qui s’est passé. Le travail thérapeutique permet de : différencier responsabilité et culpabilité, redonner sa place au corps : non pas comme ennemi, mais comme allié qui a fait ce qu’il pouvait, reprendre confiance en soi et en la vie. 🧺 Pourquoi consulter même si “je pense gérer” ma fausse couche ? Parce que : Mettre le couvercle sur ses émotions n’efface pas l’événement. La souffrance peut ressurgir plus tard : nouvelle grossesse, difficultés à concevoir, accouchement, autre événement de vie… Le fait d’intégrer cet épisode à son histoire évite que la blessure reste ouverte pendant des années. Betty encourage vivement à : ne pas attendre d’être au fond du trou, consulter même une seule fois, pour déposer ce qui a été vécu et le regarder avec un regard bienveillant. “C’est un événement important de ta vie. Il mérite qu’on en prenne soin, comme on prend soin d’une cicatrice pour qu’elle guérisse mieux.” 🤝 Comment l’entourage peut-il vraiment aider après une fausse couche ? Ce qui aide le plus, ce n’est pas forcément de “trouver les bons mots”, mais : Être là, physiquement. Offrir une épaule, un câlin, un silence sécurisant. Éviter les phrases qui minimisent : “Tu en auras d’autres” “C’est mieux comme ça” “Ce n’était pas encore un bébé” À la place, on peut dire : “Je suis là pour toi, tu peux m’en parler si tu veux.” “Ce que tu vis est important, tu as le droit d’être triste.” “Est-ce que tu veux que je reste avec toi ? Que je t’aide pour quelque chose de concret ?” Et surtout : ne pas casser les croyances qui aident à tenir. Si une femme se raccroche à un symbole (un oiseau, un signe, une date…), ce n’est pas “ridicule”. C’est souvent ce qui lui permet de respirer encore un peu. 👨👩👧 Faut-il en parler aux enfants de la famille ? Oui, mais avec des mots adaptés à leur âge. Les enfants : ressentent très vite que quelque chose ne va pas, se placent au centre de l’histoire (“si maman est triste, c’est peut-être de ma faute”), peuvent se croire responsables si personne ne leur explique. Betty propose une façon simple de l’expliquer à un enfant : “Maman est très triste en ce moment parce que j’avais un petit bébé dans mon ventre. Malheureusement, il n’était pas en bonne santé et son cœur s’est arrêté de battre. Ce n’est pas à cause de toi. Toi, tu peux continuer à jouer, à rire, à vivre ta vie d’enfant. Ma tristesse, c’est à moi, je vais m’en occuper.” Ce type de parole : soulage l’enfant, le rassure, montre que l’émotion existe, mais qu’elle est prise en charge par l’adulte. 🩺 Faut-il consulter avant une grossesse ou seulement après une fausse couche ? Les deux sont possibles, et les deux sont utiles. Beaucoup de femmes consultent : en projet de grossesse, pour travailler sur : leurs peurs, leur histoire familiale, leur crainte de reproduire certains schémas. pendant la grossesse, notamment dans le cadre d’un accompagnement en hypnose périnatale. après une fausse couche ou un accouchement, pour intégrer l’expérience vécue. Consulter avant peut permettre de : repérer des freins émotionnels, déposer d’anciennes blessures, aborder la maternité plus sereinement. 💬 Comment se passe un accompagnement avec une psychologue comme Betty Jereczek ? Betty Jereczek En séance, Betty : accueille sans jugement tout ce qui se passe : colère, tristesse, incompréhension, culpabilité, questions spirituelles… aide à mettre des mots sur l’expérience, replace la fausse couche dans l’histoire globale de la personne, donne des clés pour : communiquer avec le conjoint, poser ses besoins (“j’ai besoin que tu me prennes dans tes bras”, “j’ai besoin que tu m’écoutes sans minimiser”), se reconnecter à son corps avec douceur. Elle peut aussi utiliser des outils comme l’hypnose pour : accompagner le processus de séparation, permettre de dire au revoir, donner du sens à ce qui a été vécu (y compris sur un plan plus spirituel, si cela parle à la personne). 🚨 Et si je n’en peux plus, vers qui me tourner ? Si tu te reconnais dans ces phrases : “Je ne vois plus le sens de ma vie.” “Je me demande à quoi bon continuer.” “Je me sens au bord du gouffre.” ➡️ Parle-en immédiatement à quelqu’un : à un proche de confiance, à ton médecin traitant, ta sage-femme, ton gynécologue, à un(e) psychologue ou psychiatre. Et en cas d’idées noires ou suicidaires : 📞 3114 – Numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24, 7j/7. Tu as le droit d’être aidée. Tu n’as pas à traverser ça seule. 🌷 En résumé : faut-il consulter après une fausse couche ? La réponse de Betty est claire : Oui, dès que tu en ressens le besoin – même si ce besoin te semble “petit” ou “pas légitime”. Consulter ne veut pas dire que tu es “faible” ou que tu dramatises. Consulter, c’est : reconnaître que ce que tu as vécu compte, prendre soin de ta santé mentale, donner une place à ce deuil dans ton histoire, t’offrir une chance d’avancer avec plus de douceur et moins de solitude. FAQ – Au cœur du deuil périnatal : l’importance de consulter Pourquoi consulter après une fausse couche ? Consulter après une fausse couche permet de déposer ce qui a été vécu, de reconnaître la douleur émotionnelle et d’intégrer cet événement dans son histoire de vie. Même une seule séance peut aider à ne pas rester seule avec cette épreuve. Une fausse couche précoce peut-elle être traumatisante ? Oui. Même lorsqu’elle survient tôt, une fausse couche peut laisser une empreinte émotionnelle, psychologique et parfois physique. Dès le début de la grossesse, certaines femmes se projettent déjà et créent un lien affectif avec ce bébé ou cette grossesse. Est-ce normal de se sentir coupable après une fausse couche ? Oui, beaucoup de femmes ressentent de la culpabilité, même si elles ne sont pas responsables. Cette culpabilité peut être une tentative du cerveau de reprendre du contrôle sur une situation vécue comme injuste et impuissante. Pourquoi la fausse couche est-elle encore un sujet tabou ? Parce qu’on invite souvent les femmes à “passer à autre chose” rapidement, à minimiser leur douleur ou à ne pas en parler avant les trois mois de grossesse. Ce silence peut renforcer l’isolement et empêcher le processus de deuil. Faut-il attendre d’aller très mal pour consulter ? Non. Il ne faut pas attendre d’être en grande détresse pour demander de l’aide. Si l’idée de consulter apparaît, c’est déjà un signal que quelque chose mérite d’être accueilli et accompagné. Le conjoint ou la conjointe peut-il aussi être concerné par le deuil périnatal ? Oui. Même si le vécu corporel est différent, le partenaire peut aussi être touché. La fausse couche peut fragiliser le couple si chacun vit le deuil différemment ou si la communication devient difficile. Comment l’entourage peut-il soutenir une femme après une fausse couche ? Le plus important est d’écouter sans minimiser. Éviter les phrases comme “ce n’était pas encore un bébé” ou “tu en referas un autre”. Être présent, proposer un câlin, demander ce dont la personne a besoin et reconnaître sa douleur peut déjà beaucoup aider. Faut-il parler d’une fausse couche à ses enfants ? Oui, avec des mots simples et adaptés à leur âge. Les enfants sentent souvent la tristesse des parents. Leur expliquer que maman est triste, que ce n’est pas de leur faute et qu’ils peuvent continuer leur vie d’enfant peut les rassurer. Comment expliquer la perte à un enfant ? On peut utiliser des images douces, comme celle du cycle des saisons : une graine, un arbre, des feuilles qui tombent, puis un nouveau printemps. L’objectif est de parler de la vie et de la mort avec des mots accessibles, sans entrer dans trop de détails. Pourquoi certaines femmes se sentent-elles seules après une fausse couche ? Parce que leur entourage ne sait pas toujours comment réagir, ou parce que la société banalise encore trop cette perte. Certaines femmes retournent travailler très vite, sans avoir eu le temps de vivre leur douleur. Existe-t-il un “bon” délai pour faire son deuil ? Non. Chaque femme avance à son rythme. Le deuil peut prendre du temps, et il n’y a pas de norme. En revanche, si la tristesse reste aussi intense après de longs mois ou empêche de vivre, un accompagnement peut être nécessaire. Pourquoi l’annonce médicale est-elle si importante ? La manière dont une fausse couche est annoncée peut marquer profondément. Une annonce brutale, sans empathie ni soutien, peut aggraver la souffrance. Prendre quelques minutes pour reconnaître l’émotion de la patiente peut changer beaucoup de choses. Peut-on vivre une fausse couche comme une perte réelle ? Oui. Pour certaines femmes, il ne s’agit pas “juste” d’une grossesse interrompue, mais d’un bébé déjà imaginé, attendu, aimé. Ce ressenti est légitime, quelle que soit la durée de la grossesse. Les croyances personnelles peuvent-elles aider à traverser le deuil ? Oui. Certaines femmes trouvent du réconfort dans la spiritualité, les symboles, les signes ou les rituels. L’important est de respecter ce qui aide la personne à donner du sens à ce qu’elle traverse. Quel message retenir de cet épisode ? Une fausse couche n’est jamais anodine. Chaque femme a le droit d’être écoutée, soutenue et accompagnée, sans justification ni comparaison. Demander de l’aide, c’est prendre soin de soi et de son histoire.
- Au cœur de l’anxiété : conseils pratiques pour la surmonter au quotidien – Avec Élodie Crouïgneau, psychologue
Au cœur de l’anxiété : conseils pratiques pour la surmonter au quotidien L’anxiété fait aujourd’hui partie du quotidien de nombreuses femmes. Pensées envahissantes, peur de l’avenir, crises d’angoisse, fatigue mentale, irritabilité, troubles du sommeil… Derrière ces manifestations parfois invisibles se cache souvent une souffrance profonde difficile à expliquer à l’entourage. Dans cet épisode du podcast États Dames – Au cœur de votre santé, Stéphanie Jary reçoit Élodie Crouïgneau, psychologue clinicienne spécialisée dans l’accompagnement des femmes face à l’anxiété et au stress chronique. À travers un échange à la fois accessible, bienveillant et concret, Élodie partage des clés essentielles pour mieux comprendre les mécanismes de l’anxiété, identifier les signaux d’alerte et apprendre à retrouver un équilibre émotionnel plus apaisé. Psychologue spécialisée en thérapies cognitives et comportementales (TCC), Élodie accompagne depuis plusieurs années des femmes confrontées à : l’anxiété généralisée les crises d’angoisse les phobies les TOC les traumatismes le stress chronique les pensées envahissantes la surcharge émotionnelle Elle anime également le podcast et le compte Instagram Take it zen, où elle partage des outils simples et accessibles pour mieux comprendre son fonctionnement psychologique. En parallèle, elle co-anime un programme d’accompagnement “corps & esprit” avec une praticienne en médecine chinoise afin d’aider les femmes à se reconnecter à leurs émotions, leur corps et leurs cycles naturels. Comprendre l’anxiété : stress, angoisse ou trouble anxieux ? Durant l’épisode, Élodie rappelle une distinction essentielle entre plusieurs termes souvent confondus : Le stress Le stress est une réaction normale du corps face à une situation identifiée : un examen, une prise de parole, un changement important ou un événement marquant. L’angoisse L’angoisse, elle, apparaît sans cause clairement identifiable. Le corps réagit fortement sans que l’on comprenne réellement pourquoi. L’anxiété L’anxiété correspond davantage à une anticipation d’un danger potentiel. On imagine des scénarios catastrophes, même lorsqu’aucun danger réel n’est présent. Les différents troubles anxieux évoqués dans l’épisode Élodie revient sur plusieurs formes d’anxiété fréquemment rencontrées : les phobies spécifiques la phobie sociale le trouble panique l’agoraphobie les TOC les phobies d’impulsion le stress post-traumatique l’anxiété généralisée Elle évoque notamment les phobies d’impulsion, encore très taboues, qui peuvent apparaître après une grossesse ou un accouchement et provoquer une grande détresse psychologique chez certaines femmes. Les signes qui doivent alerter L’épisode permet également d’identifier plusieurs symptômes fréquents : fatigue intense irritabilité douleurs physiques troubles du sommeil troubles alimentaires difficulté de concentration besoin excessif de contrôle pensées envahissantes ruminations perte d’énergie anxiété constante Lorsque ces symptômes s’installent durablement et commencent à impacter la vie quotidienne, il devient important de demander de l’aide. Quand consulter un professionnel ? Élodie rappelle un message essentiel : Plus on attend, plus l’anxiété risque de s’installer profondément. La psychothérapie peut être extrêmement efficace, notamment grâce : aux thérapies cognitives et comportementales (TCC) à l’EMDR à l’hypnose aux approches psychocorporelles Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut aussi servir de soutien temporaire afin d’apaiser les symptômes les plus envahissants. L’objectif n’est jamais de “supprimer” les émotions, mais de mieux comprendre ce qu’elles racontent. Une approche globale : corps, émotions et mental L’un des points forts de cet épisode est la vision globale proposée par Élodie. Selon elle, l’anxiété ne se résume pas uniquement au mental. Le corps joue également un rôle central. C’est pourquoi elle travaille autour de plusieurs axes : le sommeil l’alimentation les émotions les cycles féminins le système nerveux la respiration les habitudes quotidiennes le dialogue intérieur Elle insiste aussi sur l’importance d’adopter une approche plus bienveillante envers soi-même, loin de la culpabilité et des injonctions permanentes. FAQ – Au cœur de l’anxiété : conseils pratiques pour la surmonter au quotidien Comment différencier le stress, l’angoisse et l’anxiété ? Le stress est une réaction normale face à une situation identifiée. L’angoisse apparaît sans cause clairement identifiable. L’anxiété, elle, correspond à l’anticipation d’un danger ou d’un scénario négatif qui n’est pas réellement présent. Quels sont les signes d’une anxiété importante ? Une anxiété importante peut provoquer : des pensées envahissantes des ruminations des troubles du sommeil une fatigue intense des douleurs physiques de l’irritabilité des troubles alimentaires une difficulté à se concentrer un besoin excessif de contrôle À partir de quand faut-il consulter ? Lorsque les symptômes deviennent fréquents, s’installent dans le temps ou impactent le quotidien, il est important de demander de l’aide. Plus l’anxiété est prise en charge tôt, plus il est facile d’éviter qu’elle ne s’installe durablement. Peut-on souffrir d’anxiété sans s’en rendre compte ? Oui. Beaucoup de personnes pensent simplement être “stressées” ou “fatiguées” sans réaliser que leur corps est en état d’hypervigilance permanent. Quels troubles anxieux existent ? l existe plusieurs formes de troubles anxieux : l’anxiété généralisée les crises d’angoisse les phobies la phobie sociale les TOC l’agoraphobie les phobies d’impulsion le stress post-traumatique Qu’est-ce qu’une phobie d’impulsion ? La phobie d’impulsion correspond à des pensées intrusives très anxiogènes, comme la peur soudaine de faire du mal à quelqu’un ou à soi-même. Ces pensées sont extrêmement fréquentes dans les troubles anxieux et ne signifient pas qu’une personne va réellement passer à l’acte. Pourquoi l’anxiété fatigue autant ? Le corps reste constamment en état d’alerte. Le cerveau anticipe les dangers, analyse en permanence les situations et puise énormément d’énergie physique et mentale. Est-ce normal d’avoir des symptômes physiques liés à l’anxiété ? Oui. L’anxiété peut provoquer : des tensions musculaires des douleurs digestives des palpitations des vertiges une sensation d’oppression des maux de tête des troubles du sommeil Le corps exprime souvent ce que le mental tente de contenir. Quels professionnels peuvent aider face à l’anxiété ? Plusieurs professionnels peuvent accompagner : psychologue psychiatre sophrologue hypnothérapeute thérapeute EMDR professionnels spécialisés dans les TCC L’essentiel est de se sentir en confiance avec la personne choisie. Les médicaments sont-ils obligatoires ? Non. Dans certaines situations, la psychothérapie seule suffit. Dans d’autres cas, un traitement peut être proposé temporairement pour aider à apaiser les symptômes les plus envahissants. Pourquoi est-il important d’en parler ? Le silence entretient souvent la honte, la culpabilité et l’isolement.Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet déjà de sortir du cercle vicieux de l’anxiété. L’anxiété peut-elle mener à une dépression ? Oui.Lorsqu’elle dure longtemps, l’anxiété peut provoquer un épuisement physique et émotionnel important pouvant conduire à une dépression. Peut-on aller mieux ? Oui, absolument. Avec un accompagnement adapté, des outils concrets et davantage de compréhension de soi, il est possible d’apaiser durablement son anxiété et de retrouver un équilibre plus serein. Ce qu’il faut retenir de cet épisode Cet échange rappelle une chose essentielle :l’anxiété n’est ni une faiblesse, ni un manque de volonté. C’est un signal. Un signal que le corps et le mental essaient d’envoyer lorsqu’ils sont en surcharge, en insécurité ou en épuisement. Apprendre à écouter ces signaux, demander de l’aide et sortir du silence peut profondément changer les choses. Ressources utiles 🎧 Podcast d’Élodie Crouïgneau : Take it zen 📱 Instagram : @take_it_zen ☎️ Numéro national prévention suicide : 3114 Service gratuit, disponible 24h/24 et 7j/7. 🎙️ États Dames – Au cœur de votre santéUn podcast créé par Stéphanie Jary.
- Comment comprendre et traiter la dépression ? – Avec Marine Manard, neuropsychologue
La dépression touche des millions de personnes, souvent sans qu’elles s’en rendent compte. Fatigue, perte de motivation, tristesse persistante… Comment faire la différence entre un simple coup de mou et une véritable dépression ? Dans cet épisode, la neuropsychologue Marine Manard décrypte les signes, les causes et les solutions thérapeutiques possibles, pour mieux comprendre ce trouble et retrouver l’équilibre. 🧠 Qu’est-ce que la dépression, réellement ? Quand on entend le mot dépression, on imagine souvent la personne recroquevillée dans le noir, incapable de sortir du lit. Mais comme le rappelle Marine Manard : “La dépression a plein de visages. Elle peut être sévère, mais aussi très discrète, parfois bien cachée derrière un grand sourire.” La dépression, c’est avant tout un déséquilibre global entre le cerveau, le corps et l’environnement. Elle résulte souvent d’une combinaison de facteurs : Neurochimiques, liés à des neurotransmetteurs qui régulent l’humeur. Environnementaux, comme un deuil, un burn-out, des difficultés professionnelles ou familiales. Psychologiques, tels qu’une perte de confiance ou d’estime de soi. Ce trouble ne se résume donc pas à une simple faiblesse morale : c’est une maladie qui mérite une prise en charge adaptée. ⚙️ Comment reconnaître les symptômes de la dépression ? Selon Marine Manard, la première alerte, c’est la perte de motivation : “Vous n’avez plus envie de voir du monde, de sortir, de faire ce que vous aimiez. Tout devient une contrainte.” Parmi les signes les plus fréquents : Diminution de la motivation et du plaisir Fatigue persistante Tristesse, anxiété ou irritabilité Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) Troubles de l’appétit (perte ou prise de poids) Difficultés de concentration et de mémoire Baisse de l’estime de soi, sentiment d’inutilité Idées noires ou suicidaires La dépression crée un cercle vicieux : plus la personne se replie, moins elle trouve de plaisir, plus elle s’enfonce. Et souvent, il faut une main tendue pour en sortir. 🔍 Les différents visages de la dépression Marine Manard distingue plusieurs formes de dépression : Les dépressions légères ou chroniques, souvent supportées pendant des années, mais qui épuisent petit à petit. Les dépressions sévères, qui deviennent invalidantes et nécessitent un accompagnement rapide. Certaines personnes fonctionnent malgré tout elles vont au travail, sourient, rient même mais vivent une souffrance silencieuse. “Il ne faut pas attendre d’être au plus mal pour consulter. Plus la prise en charge est précoce, plus le rétablissement est rapide.” 💊 Psychologue, psychiatre… qui consulter ? Le public confond souvent les deux métiers. Marine explique clairement leur complémentarité : Le psychiatre : médecin spécialisé, il peut diagnostiquer, prescrire un traitement médicamenteux et suivre la stabilisation de l’humeur. Le psychologue : professionnel de la santé mentale formé à la thérapie, il aide à comprendre et traiter le fond du problème. “Les médicaments peuvent servir de béquille. Le travail thérapeutique, lui, aide à marcher à nouveau.” Les deux approches ne s’opposent pas : elles se complètent. Et dans les cas sévères, le travail conjoint psychiatre + psychologue est souvent le plus efficace. 🧩 Comment se déroule un accompagnement thérapeutique ? Spécialisée en thérapies cognitivo-comportementales (TCC), Marine Manard commence souvent par des petites actions concrètes. “Je pars du quotidien. Si la personne ne mange plus, on travaille sur le fait de refaire à manger, pas seulement pour survivre, mais pour retrouver du plaisir.” Ces micro-changements ont un impact immense : Ils redonnent un sentiment de contrôle, Réactivent le plaisir, Rendent possible un travail plus profond sur les causes de la dépression. Petit à petit, les pièces du puzzle se remettent en place. 💬 Travailler sur l’estime de soi : une clé essentielle Beaucoup de dépressions trouvent leur racine dans un manque d’estime de soi.Les personnes se sentent “pas assez”, “inutiles”, “incapables”… Marine insiste : “Ce n’est pas qu’elles ne vont pas bien ‘sans raison’, c’est qu’elles ont appris à se juger durement. Le travail, c’est d’apprendre à se parler avec douceur.” Les TCC permettent d’identifier les pensées automatiques négatives et de reconstruire une image de soi plus juste. 🚨 Quand la dépression devient dangereuse Certains signes nécessitent une attention immédiate : Idées suicidaires ou auto-agressives Discours sur la mort, la disparition Isolement total Geste auto-destructeur Dans ces cas, il faut agir sans attendre : 📞 3114 – Numéro national de prévention du suicide (gratuit, 24h/24).Et surtout, ne pas rester seul : contacter un proche, un professionnel, ou aller aux urgences. “La détresse émotionnelle peut rendre la pensée irrationnelle. Ce n’est pas un manque de force, c’est une perte d’équilibre.” 🌱 Prévenir la dépression au quotidien Selon Marine Manard, certaines habitudes simples peuvent aider à préserver sa santé mentale : Bouger un peu chaque jour, même 10 minutes Manger de façon équilibrée Dormir suffisamment Avoir des activités plaisantes Maintenir le lien social Éviter les excès d’alcool ou de substances S’autoriser le repos, la lenteur, le droit d’aller moins vite “On ne peut pas empêcher la pluie de tomber, mais on peut apprendre à construire un parapluie.” La dépression n’est pas une fatalité. Elle peut être comprise, accompagnée et soignée. Marine Manard rappelle que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais de courage.C’est le premier pas vers un nouvel équilibre, une reconnexion à soi, et une vie plus apaisée. FAQ – Au cœur de la dépression : comprendre les causes et explorer les solutions Qu’est-ce que la dépression exactement ? La dépression est un trouble psychique complexe qui impacte l’humeur, la motivation, les émotions et le fonctionnement quotidien. Elle ne se résume pas à une simple tristesse passagère. Quels sont les premiers signes de la dépression ? Les premiers symptômes peuvent inclure : une perte de motivation, un isolement progressif, une fatigue importante, une perte de plaisir, des troubles du sommeil, ou encore des difficultés de concentration. Peut-on souffrir de dépression tout en ayant “l’air d’aller bien” ? Oui. Certaines personnes continuent à sourire, travailler ou avoir une vie sociale tout en vivant une profonde souffrance intérieure. La dépression peut être discrète et invisible. Quelles sont les causes possibles de la dépression ? La dépression peut être liée à : des facteurs neurochimiques, un burn-out, un deuil, des difficultés familiales ou professionnelles, des traumatismes, des problèmes financiers, ou une accumulation de stress chronique. Pourquoi parle-t-on de “cercle vicieux” dans la dépression ? La perte de motivation entraîne souvent l’isolement, une baisse de l’estime de soi et une diminution des activités agréables, ce qui alimente encore davantage la dépression. Quels symptômes physiques peut provoquer la dépression ? La dépression peut entraîner : des troubles du sommeil, de l’hypersomnie ou de l’insomnie, des troubles de l’appétit, une fatigue chronique, des douleurs, de l’irritabilité, ou une sensation d’épuisement permanent. Quelle différence entre une dépression légère et une dépression sévère ? Une dépression légère peut permettre à la personne de continuer à fonctionner malgré une souffrance persistante. Une dépression sévère devient invalidante et peut s’accompagner d’idées noires ou suicidaires. Quand faut-il demander de l’aide ? Il est important de consulter lorsque : la souffrance dure dans le temps, le quotidien devient difficile, les idées noires apparaissent, ou que la personne ne parvient plus à retrouver du plaisir ou de l’énergie. Quelle différence entre un psychologue et un psychiatre ? Le psychiatre est médecin et peut prescrire des traitements médicamenteux. Le psychologue accompagne par la thérapie et le travail psychique de fond. Les deux approches peuvent être complémentaires. Les antidépresseurs sont-ils obligatoires ? Non, pas systématiquement. Dans certains cas, ils peuvent être une aide précieuse pour stabiliser l’état émotionnel et permettre un travail thérapeutique plus serein. En quoi consiste la thérapie cognitivo-comportementale ? Cette approche aide à travailler : les pensées négatives, les comportements qui entretiennent la souffrance, et les difficultés du quotidien pour reconstruire progressivement un mieux-être. Pourquoi travailler sur de “petites choses du quotidien” peut aider ? Retrouver des activités simples comme cuisiner, marcher ou reprendre un loisir peut redonner du plaisir, recréer une routine positive et relancer progressivement la motivation. La dépression peut-elle impacter l’estime de soi ? Oui. Beaucoup de personnes dépressives développent un fort sentiment de dévalorisation, de culpabilité ou l’impression de “ne plus être capables”. Pourquoi certaines personnes passent-elles à l’acte ? Lors d’une détresse émotionnelle intense, la souffrance peut prendre le dessus sur le raisonnement rationnel. C’est pourquoi un accompagnement rapide est essentiel en cas d’idées suicidaires. Peut-on prévenir la dépression ? Certaines habitudes peuvent aider à préserver sa santé mentale : prendre du repos, maintenir du lien social, pratiquer des activités plaisantes, bouger régulièrement, demander de l’aide, et cultiver la bienveillance envers soi-même. Quel message retenir de cet épisode ? La dépression a de multiples visages et peut toucher tout le monde. Demander de l’aide n’est pas une faiblesse. Il existe des solutions, des accompagnements et des chemins possibles vers un mieux-être.
- Comment comprendre et gérer la colère ? – Avec Marine Manard, neuropsychologue
La colère… une émotion souvent mal perçue, parfois redoutée, mais pourtant profondément humaine. Dans cet épisode d'Éclairages d'États Dames, capsule du podcast États Dames, la neuropsychologue et docteure en sciences psychologiques Marine Manard nous aide à mieux comprendre cette émotion complexe. D’où vient-elle ? Que nous dit-elle ? Et surtout, comment la gérer sans qu’elle ne nous submerge ? Plongeons ensemble au cœur de cette émotion pour apprendre à la transformer en force d’équilibre et de compréhension de soi. 🔔 Trigger Warning Cet épisode aborde des thématiques émotionnelles fortes liées à la colère, la frustration et la gestion des impulsions.Si vous traversez une période de grande irritabilité ou de tension émotionnelle, prenez le temps d’écouter cet épisode dans un moment calme, et n’hésitez pas à en parler à un professionnel si certaines émotions vous semblent trop difficiles à gérer seule. 🧩 Le saviez-vous ? La colère est une émotion fondamentale et utile : elle signale une injustice, une frustration ou une perte de contrôle. Ce n’est pas une émotion à éliminer, mais à comprendre et à canaliser.Bien exprimée, elle permet de poser ses limites, d’affirmer ses besoins et de retrouver un sentiment de cohérence intérieure. 💬 Citation marquante de l’épisode « La colère n’est pas une ennemie. C’est une émotion qui nous parle de nous, de nos besoins et de nos limites. L’apaiser, ce n’est pas la nier, c’est l’écouter. »— Marine Manard, neuropsychologue 🌿 Les moments clés de l’épisode 🕊️ 1. Comprendre l’origine de la colère Marine Manard explique que la colère naît souvent d’un sentiment de perte de contrôle, d’injustice ou de frustration. Elle peut être déclenchée par des causes externes (un conflit, une contrainte, une situation injuste) ou internes (douleurs, anxiété, fatigue). La colère devient problématique quand elle est réprimée ou exprimée de manière violente. 🔥 2. Ce que la colère fait à notre corps Lorsqu’elle monte, notre corps se prépare à réagir : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, respiration désorganisée… C’est un réflexe biologique hérité de notre instinct de défense. Mais à long terme, une colère refoulée ou chronique abîme la santé mentale et physique : troubles du sommeil, anxiété, fatigue émotionnelle, douleurs corporelles. 🧘♀️ 3. Apprendre à la gérer sans l’étouffer Marine propose des outils concrets pour réguler la colère : Respiration consciente ou cohérence cardiaque : inspirer, bloquer, expirer et bloquer de manière égale pour calmer le corps. “Pousser les murs” : exercice physique simple pour décharger l’énergie accumulée. Crier sans son : une technique amusante et libératrice, même à pratiquer avec des enfants. Exprimer verbalement sa colère, plutôt que de la ruminer ou de la taire. 💡 Conseil de Marine : “Refuser sa colère, c’est lui donner encore plus de pouvoir. L’accueillir, c’est commencer à la transformer.” 🎨 4. Transformer la colère en force créative Pour certaines personnes, l’expression artistique aide à canaliser la colère. Marine partage l’exemple d’une patiente qui coloriait sa colère chaque jour, observant son intensité évoluer au fil du temps. Une autre personne apprenait à rediriger son énergie : transformer l’impulsivité en ancrage physique, ou la tension en mouvement (marche, sport, danse). 💭 5. Identifier ce qui se cache derrière La colère masque souvent d’autres émotions : la peur, la honte, la tristesse ou la déception. Marine encourage à explorer la cause profonde : “De quoi ai-je peur ?” “Qu’est-ce qui me paraît injuste ?” “Quel besoin n’a pas été respecté ?” Cette introspection permet de désamorcer la colère et d’en faire un signal d’alarme utile plutôt qu’un feu destructeur. ❤️ Les conseils clés de Marine Manard Acceptez votre colère. Elle est une émotion légitime. Ne culpabilisez pas. L’objectif n’est pas de ne plus être en colère, mais d’apprendre à la traverser. Exprimez-la sainement. Parlez-en, écrivez, bougez, respirez. Pratiquez la bienveillance envers vous-même. Prenez soin de vos besoins fondamentaux : sommeil, repos, alimentation, relations apaisées. FAQ – Au cœur des émotions : comprendre et gérer la colère Qu’est-ce que la colère ? La colère est une émotion naturelle qui apparaît souvent lorsqu’on ressent une injustice, une frustration ou une perte de contrôle. Elle sert à nous alerter qu’un besoin, une limite ou une valeur importante n’est pas respecté. Quelle différence entre colère et frustration ? La frustration survient lorsqu’un besoin ou une attente n’est pas satisfait. La colère peut ensuite apparaître comme une réaction émotionnelle à cette frustration. Les deux émotions sont donc souvent liées. Pourquoi certaines personnes se mettent-elles plus facilement en colère ? Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’irritabilité : le stress, l’anxiété, le manque de sommeil, les douleurs chroniques, la surcharge mentale, ou encore certaines expériences émotionnelles passées. Quand le système nerveux est déjà fragilisé, la tolérance à la frustration diminue. Quels sont les effets de la colère sur le corps ? La colère active le système de défense du corps. Elle peut provoquer : une accélération du rythme cardiaque, des tensions musculaires, une respiration plus rapide, de la transpiration, ou une sensation d’agitation intérieure. Le corps se prépare alors à “attaquer” ou à “se défendre”. Est-il mauvais de ressentir de la colère ? Non. La colère n’est pas une mauvaise émotion. Ce qui peut devenir problématique, c’est la manière dont elle est exprimée ou refoulée. Une colère ignorée ou accumulée peut affecter la santé mentale et physique. Pourquoi certaines colères deviennent-elles chroniques ? Lorsqu’une colère n’est jamais exprimée ou comprise, elle peut devenir plus sourde et permanente. Cela peut entraîner : une irritabilité constante, des pensées négatives, une hypersensibilité aux conflits, ou une impression que “tout devient agressif”. Qu’est-ce qu’un biais cognitif lié à la colère ? Quand nous sommes en colère, notre cerveau peut interpréter les situations de manière plus hostile ou menaçante qu’elles ne le sont réellement. Ce mécanisme s’appelle un biais cognitif. Comment calmer une montée de colère rapidement ? Certaines techniques peuvent aider : ralentir sa respiration, pratiquer la cohérence cardiaque, s’isoler quelques minutes, marcher, pousser contre un mur pour décharger la tension, ou verbaliser ce que l’on ressent. Pourquoi la respiration aide-t-elle à gérer la colère ? La respiration permet de calmer le système nerveux et de réduire l’état d’alerte du corps. Elle aide à retrouver progressivement un sentiment de contrôle émotionnel. Peut-on apprendre à mieux gérer sa colère ? Oui. La gestion émotionnelle s’apprend progressivement grâce à : la conscience de ses émotions, la communication, des outils de relaxation, des exercices cognitifs, et parfois un accompagnement thérapeutique. Qu’est-ce que la réévaluation cognitive ? La réévaluation cognitive consiste à regarder une situation sous un autre angle afin de modifier notre perception émotionnelle. Cela aide à diminuer l’intensité de la colère ou de la frustration. Pourquoi certaines personnes explosent alors que d’autres se replient sur elles-mêmes ? Chaque personne exprime ses émotions différemment selon : son histoire, son environnement, son éducation, sa culture, et ses capacités de régulation émotionnelle. La colère peut-elle avoir un impact sur les relations ? Oui. Une colère mal exprimée peut fragiliser les relations familiales, amicales ou professionnelles. À l’inverse, apprendre à communiquer ses émotions peut renforcer les liens. Quand faut-il demander de l’aide ? Il peut être important de consulter si : la colère devient incontrôlable, elle entraîne des conflits fréquents, elle provoque de la souffrance, ou si elle s’accompagne d’anxiété, d’épuisement ou de violences verbales ou physiques. Quel message retenir de cet épisode ? La colère n’est pas un ennemi. C’est une émotion qui cherche à nous transmettre une information. L’écouter, la comprendre et apprendre à l’exprimer sainement permet de retrouver plus de sérénité, de contrôle et d’équilibre émotionnel. 🪞 Ressources utiles et soutien Consultation d’un psychologue ou neuropsychologue pour un accompagnement personnalisé. Exercices de cohérence cardiaque (applications gratuites comme RespiRelax). Lecture recommandée : “Libérer la colère” de Claude Steiner. Podcasts États Dames : 🎧 Comment comprendre et traiter la dépression ? – Avec Marine Manard 🎧 Comment savoir si je souffre d’un trouble anxieux généralisé ? – Avec Élodie Crouïgneau Apprendre à comprendre et gérer la colère, c’est se donner le droit d’exister pleinement. Cette émotion, souvent mal comprise, peut devenir une boussole intérieure lorsqu’elle est écoutée et respectée. Grâce aux conseils de Marine Manard, on découvre qu’il ne s’agit pas d’éteindre le feu, mais d’apprendre à danser avec lui.











